La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Le pays lui-même... là où seront réalisées la majorité des missions.

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Mangetsu Kukan
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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Mangetsu Kukan » dim. 23 août 2009, 19:11

Mangetsu acheva le dernier signe et un clone apparut à côté d’elle. La copie semblait encore plus réelle que la précédente mais au bout de quelques secondes à peine elle sembla perdre en netteté puis disparut tout simplement.
*J’ai encore échoué, celle-ci aussi a disparu.*
Se passant la main dans les cheveux, elle se gratta l’arrière de la tête machinalement et s’intéressa à l’échange qui avait lieu entre Soi Fon et Miyu mais il n’y avait presque plus rien à voir. Tout s’était passé pendant qu’elle s’entraînait au clonage mais la jeune fille put quand même entendre la mise en garde que fit sa senseï à la jounin Kirienne et quand elle lui dit qu’elle pouvait faire disparaître les cicatrices. Instinctivement, Mangetsu regarda vers son ventre où quelques semaines auparavant Miyu avait justement fait disparaître une cicatrice qu’elle avait reçue pendant une mission.

Toujours aussi enthousiaste, Miyu applaudit son élève tout en lui disant qu’elle avait bien travaillé. Mangetsu pensait qu’elle progressait lentement mais sa senseï savait ce qu’elle faisait, la chounin n’en avait jamais douté. D’après elle Mangetsu était proche de la réussite et la jeune fille s’en réjouit.
« Merci sensei. »
Si elle était si proche de réussir elle aurait aimé pouvoir continuer à s’entraîner plutôt que d’aller manger mais elle ne protesta pas et sourit à sa senseï avant de lui emboîter le pas pour aller s’installer près du feu sur les tapis qui avaient été disposés un peu plus tôt.

Soi Fon semblait un peu ennuyée elle aussi de devoir cesser son entraînement. Elle était restée un instant à regarder les fioles que lui avait données Miyu et le regret se lisait sur son visage mais comme Mangetsu, elle ne protesta pas et les suivit pour manger, alors que les garçons les rejoignaient eux aussi. Elle se demandait à quoi les autres avaient consacré leur entraînement, pour Soi Fon elle avait entendu que c’était une sorte de technique de soin pendant qu’elle s’entraînait mais le gros de son attention avait été consacré à son clonage.

Elle se chargea avec plaisir de servir ceux qui désiraient des légumes avant de s’octroyer une portion généreuse, de prendre un bout de pain pour saucer et de commencer à manger, assise en tailleur, son assiette callée sur ses jambes.
Pendant le repas, Miyu leur expliqua le principe de la veillée de ce soir. Mangetsu qui avait préparé son personnage pendant l’après-midi allait pouvoir s’en servir et aurait pour mission de se rapprocher de Mizaki mais il ne serait pas seul et avec lui il y aurait une diplomate que jouerait Soi Fon.
*Soi Fon en diplomate ?! S’il y a bien un rôle dans lequel je ne l’aurais pas vu c’est celui-là, cette femme est une brute !*

Le repas terminé, ils eurent un peu de temps pour se préparer et Mangetsu alla prendre dans son sac une robe simple qu’elle avait emportée justement pour le cas où elle devrait jouer un rôle. Avec le henge elle n’en aurait normalement pas eu besoin mais elle trouvait plus simple de donner l’impression qu’elle portait une autre robe que de donner l’impression d’en porter une. Dans un cas il s’agissait juste de transformer le vêtement qu’elle portait alors que dans l’autre elle devait entièrement créer sa robe. Plutôt que d’entièrement se changer, elle avait juste passé la robe par-dessus son débardeur et son pantalon.
Une fois habillée, elle forma un henge pour changer son aspect mais pas son physique. Sa robe se fit soudain plus élaborée pendant que sa coupe de cheveux passait de la simple queue de cheval à une coupe parsemée de perles et de piques à cheveux somptueuses. Sa robe n’était pas en reste car si elle était plus élaborée, le tissu en était également plus beau et elle comportait à présent de nombreux ornements et était à crinoline. Elle ne changea pas ses chaussures qui étaient de toute façon masquées.

Mizaki avait opté pour une apparence plus enrobée et Soi Fon portait maintenant un kimono qui n’avait rien à envier à la robe de Mangetsu, ainsi que des zories. Les cheveux de la Kirienne paraissaient également plus longs et elle les portait à présent remontés sur sa nuque.
Mangetsu demanda leur nom à Mizaki et Soi Fon puis Miyu frappa 3 fois 2 bouts de bois ensemble et donna ainsi le départ de leur saynète. Mangetsu se tenait à quelques mètres de Mizaki et Soi Fon, un verre à la main. Elle regardait dans leur direction, avec insistance, cherchant le regard de Mizaki pendant qu’il parlait avec Soi Fon. Le noble que jouait Mizaki finit par remarquer la présence de cette jeune fille et interrompit un instant sa conversation pour faire signe à Mangetsu d’approcher d’un geste de la main mais son geste n’avait rien de chaleureux. Elle s’exécuta sans hésiter, elle trouvait l’attitude du noble un peu grossière mais elle devait l’approcher et ne voulait pas tout faire rater dès le début.

« Que me voulez vous pour me regarder sans cesse comme cela ? » demanda Mizaki d’un ton qui confirma à Mangetsu qu’elle n’était pas exactement la bienvenue.
Regardant Soi Fon, la chounin hésita un instant, prenant un air un peu gêné puis elle se décida enfin à prendre la parole pour répondre à la question de Mizaki, ne voulant pas le faire attendre trop longtemps pour éviter qu’il ne devienne carrément hostile.
« Je me demandais si vous étiez aussi important qu'on le dit et à vous voir avec Takechi-san j'en suis venue à me demander jusqu'où s'étendait votre influence. » dit-elle en souriant, essayant de ne pas croiser le regard de Mizaki comme s’il l’impressionnait.
« Il existe encore des gens qui doutent de mon influence ici ? Vous ne devez clairement pas être d'ici, d'où venez vous ? »

Mizaki jouait vraiment bien son personnage et Mangetsu ressentit même de l’agacement devant le ton moqueur qu’il avait employé pour lui parler, elle n’en montra cependant rien.
« Tu n'es probablement pas une habituée de notre monde très chère si tu l'ignores. Cela se voit d'ailleurs, tu ne t'es pas présentée. » le ton de Soi Fon ne permettait pas de se faire une véritable idée sur sa position mais elle venait de faire remarquer une erreur commise par Mangetsu.
Réfléchissant à toute vitesse, la chounin chercha comment réparer son erreur et joua la fille si impressionnée par les personnes présentes qu’elle en perdait ses moyens.
« Veuillez m'excuser pour mon impolitesse, c'est que je suis un peu intimidée par tous ces nobles qui sont présents ce soir. Je me nomme Mehara Fujitani, j'appartiens à une famille de marchands du pays du vent. » Elle conclut sa présentation par une légère révérence avant de répondre à Mizaki :
« Je ne remettais pas votre influence en question, elle est grande et je le sais mais je me demandais jusqu'où elle pouvait bien s'étendre. »

Lorsqu’elle avait réfléchi à son personnage, Mangetsu avait pensé jouer une fille de marchand parce que c’était un milieu qu’elle connaissait un peu par l’intermédiaire de son père et elle l’avait déjà entendu parler d’un monsieur Fujitani avec qui il lui arrivait d’être en affaire, par contre le prénom était de son invention.

« Le fait de savoir que celle ci est grande ne vous suffit-elle pas ? A quoi cela pourrait-il bien servir à une fille de marchands de connaître précisément tout cela ? »
Le noble devenait de plus en plus désagréable mais pour le moment leur conversation suivait à peu près le chemin qu’elle voulait car on la prenait à présent pour une simple fille de marchands et il était temps pour elle d’abattre son premier atout, l’argent.
« C'est vrai, je ne suis qu'une fille de marchands, sans le moindre titre, mon père me le rappelle souvent, mais notre famille est riche et possède de l'influence. Peut-être avez-vous déjà entendu parler de mon père, Kira Fujitani. Savoir jusqu'où s'étend votre influence m'importe car vous êtes de la noblesse et peut-être qu'une alliance pourrait nous être mutuellement profitable. »

« Mmmmh ... Et que vendez vous exactement ? Je ne connais pas ce nom mais j'avoue ne pas connaître vraiment tous les colporteurs du pays du vent. »
Le ton avait changé mais restait méfiant, elle devait le mettre en confiance et lui faire miroiter de belles choses pour qu’elle puisse arriver à ses fins.
*Maintenant l’appâter tout en continuant de lui donner l’impression qu’il m’est supérieur. Je me demande si des espions ont déjà brisé leur rôle parce que leur interlocuteur était énervant… ça m’étonnerait, il ne faut jamais compromettre sa couverture, on danse sur les crocs de la bête m’a dit Miyu et à chaque instant elle peut s’en rendre compte et nous croquer.*

« Intéressant... Mehara, est-ce un titre que tu recherches ? Ta famille et toi tentez de rejoindre les rangs de la noblesse ? » demanda la diplomate d’un ton curieux.
Mangetsu avait un peu plus de mal à se faire une idée de son opinion que pour le noble qui affichait clairement ce qu’il pensait d’elle, alors que la diplomate ne se dévoilait pas trop. Si ça avait été le noble qui avait posé cette même question, Mangetsu était pratiquement sûre que le ton aurait été moqueur.
« Nous ne sommes pas des colporteurs, nous vendons principalement des soieries mais nous faisons aussi dans le commerce des épices et des bois précieux. Dans le milieu le nom des Fujitani est connu et respecté mais nous sommes des roturiers et ma famille essaye effectivement d'accéder à la noblesse. »
Elle venait de lui montrer qu’elle avait besoin de lui mais également que sa famille n’était pas à négliger, un tel commerce étant celui de gens riches.

« Ce sont des choses bien luxueuses que vous semblez vendre, cela peut paraître tentant effectivement mais je ne suis pas homme à prendre des décisions comme cela sans concertation. Je vous ferai recontacter ultérieurement pour en parler si cela nous semble intéressant. »
Mangetsu allait répondre mais Soi Fon la prit de vitesse comme lorsqu’elle lui avait demandé si c’était bien après un titre de noblesse qu’elle en avait. La diplomate lui demandait de patienter et elle parlait à présent avec le noble mais la jeune fille n’entendit pas ce qu’ils se disaient.
La réaction du noble fut moins rapide que les fois précédentes mais son attitude avait changé, devenant moins froide, sans pour autant être amicale.
« Très bien. Est ce qu'une entrevue demain pour le déjeuner avec quelques uns de mes conseillers vous conviendrait ? »

Ce n’était pas tout à fait ce qu’avait espéré Mangetsu, elle aurait préféré une entrevue un peu plus privée, mais ce repas serait l’occasion de se rapprocher un peu plus de ce noble en continuant de lui faire miroiter la possibilité d’une alliance avec une riche famille de marchands sous la forme d’un mariage arrangé, bien que ça n’était pas explicite et une fois assez proche de lui elle pourrait obtenir les informations qu’elle désirait.
« Ce sera avec plaisir Murata-san. » dit-elle en souriant après avoir acquiescé.
Cette dernière réplique marqua la fin de leur pièce de théâtre et Mangetsu rompit son henge avant de s’étirer et d’étouffer un bâillement, la journée l’avait tout de même un peu fatiguée.

« Mizaki, vous étiez très bon dans votre rôle, le personnage était vraiment détestable. Soi Fon, je ne sais pas ce que vous avez dit à Mizaki mais merci pour votre aide. »
Une fois que chacun eut dit ce qu’il avait à dire, Mangetsu souhaita une bonne nuit à tout le monde et alla se coucher dans sa tente pour prendre un repos bien mérité en attendant la journée de demain, pendant laquelle elle pourrait sans doute poursuivre son entraînement.

Après une bonne nuit de sommeil, ils se remirent en route, avançant à un rythme parfaitement supportable pour Mangetsu et ils n’eurent pas besoin de faire de pause avant midi pour manger. Si le rythme avait été plus important, alors sans doute auraient-ils fait davantage de pauses. C’est peu après cette pause que Miyu leur désigna une série de pics rocheux tout en leur annonçant le prochain exercice pour Mangetsu, l’air très contente d’elle.
*A ce rythme je serai devenue une experte de l’infiltration et de l’espionnage avant qu’on arrive à destination, mais c’est mieux de s’entraîner maintenant. Au moins là je ne risque rien.*

Elle jouerait à nouveau le personnage de la veille, Soi Fon conservait également son rôle mais Mizaki était à présent son garde du corps. Miyu devenait la tutrice de Mangetsu et enfin Shiyu et Aoshi étaient des amis à elle. Le but de sa mission était cette fois d’obtenir les meilleures chambres possibles ainsi qu’un bon repas. Normalement ce serait plus simple que de se rapprocher d’un noble méfiant, le tenancier de l’établissement ne risquant pas de faire de difficultés s’ils lui commandaient ses meilleures chambres et un repas de qualité supérieure qu’il ne manquerait pas de leur facturer à un prix tout aussi supérieur que celui du plat du jour.
Répondant au clin d’œil complice, Mangetsu hocha la tête pour signifier à Miyu qu’elle avait compris ce qu’on attendait d’elle.
« D’accord madame ma tutrice. » cette remarque la fit rire de bon cœur.

Ils arrivèrent au relais en fin d’après-midi et lorsqu’il fut en vue, Mangetsu avait repris son apparence de la veille depuis un petit moment déjà afin qu’on ne risque pas de la voir faire. Dès l’instant où elle avait formé son henge, elle était entrée dans la peau de son personnage et voyait à présent chacun différemment. Le garçon qu’elle aimait n’était plus qu’un simple ami, son cousin également, Mizaki était payé pour veiller sur elle et Soi Fon avait été rencontrée en chemin il y a peu de temps, par contre Miyu représentait toujours l’autorité suprême...
Le bâtiment où ils s’arrêtèrent étaient plutôt grand avec son écurie et ses 3 étages. Mangetsu se promit d’ailleurs d’aller voir ces fameuses écuries lorsqu’elle en aurait l’occasion.

Elle laissa Mizaki entrer le premier puis marcha à ses côtés dans la pièce où ils étaient arrivés. Il y avait une dizaine de clients et plusieurs serveuses pour assurer le service mais elles avaient l’air suffisamment occupées pour que Mangetsu aille plutôt s’adresser à l’homme qui se tenait derrière le comptoir.
L’homme, la quarantaine passée, les accueillit avec un sourire et leur demanda ce qu’il pouvait pour eux.
« Bonsoir monsieur, mes amis et moi-même aimerions des chambres pour la nuit mais nous aimerions ce que vous avez de mieux, tant que le prix reste raisonnable bien entendu. Il nous faudrait, voyons… » elle se tourna vers les autres puis à nouveau vers le gérant et reprit : « Je pense que mes deux amis peuvent partager une chambre et vous Takechi-san, accepteriez-vous de partager une chambre avec moi ? A moins que vous ayez des chambres individuelles mais sinon ce n’est pas grave. Quant à ma tutrice et mon garde du corps je pense qu’ils pourront s’arranger avec une seule chambre ? »
Elle se tourna à nouveau vers le restant de l’équipe, quêtant leur approbation.
« Nous voudrions également manger, à cette fin j’aimerais savoir si vous faites des plats végétariens ? De plus nous souhaiterions pouvoir manger tranquillement, donc un peu à l'écart si possible. »

Le gérant ne fut pas difficile à convaincre, Mangetsu laissa alors sa tutrice s’occuper du paiement des chambres et du repas, puis ils purent aller s’installer à une table un peu à l’écart comme l’avait demandé Mangetsu. Une serveuse vint rapidement prendre leur commande. Mangetsu prit une salade composée accompagnée d’un jus d’orange.
Ils mangeaient tranquillement mais ils furent interrompus en plein milieu du repas alors qu’il y avait de l’agitation à une autre table. Se tournant vers leur provenance la jeune fille vit qu’un client était en train d’essayer d’embrasser une serveuse, vivement encouragé par ses camarades.
« Ne te découvre pas. Va dehors et je t'envoie le paquet » dit soudain Mizaki.
Reportant son attention sur leur table, elle vit que la Kirienne trouvait le comportement de ces hommes aussi intolérable que Mangetsu mais à sa différence elle semblait prête à foncer tête baissée dans la mêlée.

La jeune fille laissa un peu de temps à Soi Fon, puis elle haussa la voix sans pour autant crier, ça n’aurait pas correspondu à son personnage, afin qu’on puisse l’entendre, au moins depuis les tables les plus proches. De toute façon plus personne ne parlait dans la salle et personne ne semblait décidé à agir vu comme ils avaient tous les yeux rivés vers leurs assiettes. Il n’y avait que le gérant qui semblait prêt à leur tenir tête et il s’était dirigé vers la table des malotrus mais ils étaient 4 et étaient armés de katana, aussi Mangetsu craignait qu’il ne fasse pas le poids et ainsi justifia-t-elle l’intervention de Mizaki :
« Allez aider cette femme s'il vous plaît et faites sortir ces hommes, leur présence m'incommode. »
Il était son garde du corps après tout et devait veiller à son bien être. Maintenant c’était aux 2 Kiriens de jouer, en tant que fille de marchand elle n’avait aucune raison de se mêler à des combats, elle devait rester crédible dans son personnage mais l’attitude des autres clients la mettait un peu mal à l’aise.

Les trouble-fêtes étaient 4 et armés et Mangetsu espérait que c’était uniquement pour ça que personne n’osait agir, en tout cas elle ne pouvait leur reprocher de ne pas oser bouger. Ce qui l’inquiétait c’était qu’ils fassent partie d’un groupuscule quelconque et que ce soit leur influence et les conséquences qui résulteraient d’une confrontation avec eux qui faisaient que personne n’osait bouger, mais si le gérant se préparait à agir, c’était soit qu’il était extrêmement courageux, soit que c’était bien parce qu’ils étaient nombreux et possédaient chacun un sabre que les clients n’osaient rien faire.
Dernière modification par Mangetsu Kukan le sam. 29 août 2009, 18:40, modifié 1 fois.
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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Soi Fon » mar. 25 août 2009, 23:31

Le premier mouvement avait déjà été amorcé par Mangetsu… La petite Kukan se trouvait à quelques pas d’eux, Mizaki et Soi Fon, tous deux en train de discuter de la situation Kirienne et d’un moyen de bouter la Mayoi hors du pays, conversation plutôt amusante quand on connaissait les pensées réelles de Mizaki à l’égard de l’organisation et le double jeu que jouait actuellement Soi Fon vis-à-vis de cette même organisation, même s’il était peu probable qu’ils soient totalement dupes.
Ce premier mouvement amorcé par Mangetsu était tout simple, fixer Mizaki en sirotant tranquillement le contenu de son verre et bien entendu le junin ne manqua pas de s’en rendre compte. Soi Fon s’en rendit compte lorsque Mizaki lui fit signe de stopper momentanément la conversation et qu’il fit signe à Mangetsu de venir. Lorsqu’elle fut là, il lui demanda ce qu’elle voulait d’un ton froid. Elle l’avait observé avec insistance après tout et il était censé être arrogant, cela collait donc bien au personnage qu’il incarnait.

Soi Fon, elle, arborait un air neutre, la diplomate qu’elle jouait ne sachant pas ce que leur voulait cette jeune fille et pour le moment elle en était encore à la jauger en attendant de pouvoir prendre une décision à son sujet.
Après avoir un instant hésité en regardant Soi Fon, Mangetsu s’était décidée à prendre la parole mais elle avait le regard fuyant, bien qu’elle souriait. Sans doute était-elle un peu mal à l’aise. ‘‘Je me demandais si vous étiez aussi important qu’on le dit et à vous voir avec Takechi-san j’en suis venue à me demander jusqu’où s’étendait votre influence.’’ Elle connaissait son nom, ils s’étaient présentés un peu avant le début de l’exercice et Soi Fon avait nommé son personnage Mihane Takechi.

‘‘Il existe encore des gens qui doutent de mon influence ici ? Vous ne devez clairement pas être d’ici, d’où venez vous ?’’ Le ton de Mizaki fit sourire intérieurement la junin. Il était vraiment dans son personnage et qu’importe ce qu’il ressentait à l’égard de la Sunite, les liens d’amitié n’existaient plus, il était juste un noble arrogant qui se considérait, peut-être à raison, comme supérieur à ce qui semblait n’être qu’une simple courtisane.
‘‘Tu n’es probablement pas une habituée de notre monde très chère si tu l’ignores. Cela se voit d'ailleurs, tu ne t’es pas présentée.’’ Toujours aussi impassible, la jeune femme était curieuse de voir comment Mangetsu allait réagir à cette première pique de sa part. Ce n’était pas vraiment une attaque mais ce genre d’erreur serait forcément relevé dans une telle situation si la conversation dépassait le stade du premier échange verbal.

‘‘Veuillez m’excuser pour mon impolitesse, c’est que je suis un peu intimidée par tous ces nobles qui sont présents ce soir. Je me nomme Mehara Fujitani, j’appartiens à une famille de marchands du pays du vent.’’ Elle avait terminé sa phrase par une petite révérence. Soi Fon avait regardé vers Mizaki, voulant voir son expression. La justification avait été rapidement trouvée, sinon préparée à l’avance, mais en faisant cela elle se plaçait définitivement comme étant leur inférieure. Ils faisaient partie d’un monde qu’elle arpentait à présent mais qu’elle découvrait visiblement tout juste, ce qui la plaçait en situation d’infériorité, un moyen comme un autre de mettre son interlocuteur en confiance étant donné que leurs personnages ne pouvaient savoir la vérité à propos de celui de Mangetsu.

Mangetsu poursuivit en répondant à la question de Mizaki mais Soi Fon ne voyait pas au juste où la chunin voulait en venir, du moins pour le moment. ‘‘Je ne remettais pas votre influence en question, elle est grande et je le sais mais je me demandais jusqu’où elle pouvait bien s’étendre.’’
‘‘Le fait de savoir que celle-ci est grande ne vous suffit-il pas ? À quoi cela pourrait-il bien servir à une fille de marchands de connaître précisément tout cela ?’’ Mizaki avait raison en disant cela. *Où veux-tu en venir Mangetsu ? Tu te laisses dominer, est-ce pour endormir notre vigilance ?*

‘‘C’est vrai, je ne suis qu’une fille de marchands, sans le moindre titre, mon père me le rappelle souvent, mais notre famille est riche et possède de l’influence. Peut-être avez-vous déjà entendu parler de mon père, Kira Fujitani. Savoir jusqu’où s’étend votre influence m’importe car vous êtes de la noblesse et peut-être qu’une alliance pourrait nous être mutuellement profitable.’’
‘‘Mmmmh… Et que vendez-vous exactement ? Je ne connais pas ce nom mais j’avoue ne pas connaître vraiment tous les colporteurs du pays du vent.’’

Donc elle présentait les choses ainsi, Soi Fon trouvait risqué de balancer sur le tapis un personnage soi-disant connu car il y avait toujours le risque que parmi ses interlocuteurs elle trouve quelqu’un qui s’y connaissait réellement dans le domaine dont il était question, à moins bien sûr qu’elle ne fasse référence à quelqu’un existant pour de vrai mais là aussi c’était à double tranchant car se présenter comme étant la fille d’untel pouvait amener son lot de complications également. *Risqué si elle marche au bluff… risqué aussi si la personne dont elle parle est réelle. Que fera-t-elle si elle tombe sur son "père" par exemple, ou pire sur elle-même ? Boulot à risque tout ça mais pas le genre de risques que j’aime. En tout cas Mizaki semble un minimum intéressé, mais aussi suspicieux… et moi je me demande si… ouais, faut demander, c’est le plus simple.*

‘‘Intéressant… Mehara, est-ce un titre que tu recherches ? Ta famille et toi tentez de rejoindre les rangs de la noblesse ?’’ Le ton était curieux et tout ceci n’était pas sans lui rappeler sa propre histoire, elle aussi avait cherché l’ascension sociale, bien qu’elle n’avait pas cherché à accéder à la noblesse. Ça c’était carrément hors de sa portée, la fille d’une prostituée qui deviendrait une noble ? Rien que de devenir une kunoichi dans sa situation -quand on ne possédait même pas sa propre liberté- était compliqué, alors devenir noble, autant ne pas y penser.
‘‘Nous ne sommes pas des colporteurs, nous vendons principalement des soieries mais nous faisons aussi dans le commerce des épices et des bois précieux. Dans le milieu le nom des Fujitani est connu et respecté mais nous sommes des roturiers et ma famille essaye effectivement d’accéder à la noblesse.’’ Cette réponse plut à Soi Fon et la diplomate qu’elle jouait trouvait la proposition intéressante bien que nécessitant un temps de réflexion, comme chaque proposition d’alliance.

‘‘Ce sont des choses bien luxueuses que vous semblez vendre, cela peut paraître tentant effectivement mais je ne suis pas homme à prendre des décisions comme cela sans concertation. Je vous ferai recontacter ultérieurement pour en parler si cela nous semble intéressant.’’ Si Mihane appréciait un tant soit peu le noble, elle ne le laisserait pas commettre une erreur pareille car là il venait purement et simplement d’envoyer chier cette fille de marchands, au risque de perdre des alliés intéressants et probablement, la perte la plus importance pour le noble, une bonne source de profits.
S’adressant tout d’abord à Mangetsu, la junin lui parla d’une voix douce. ‘‘Un instant je te prie.’’ Puis elle se tourna vers Mizaki et se mit à lui parler tout bas. ‘‘Je ne suis pas ta conseillère et c’est en amie que je te donne le conseil suivant, tu ne devrais pas la repousser comme tu viens de le faire. Le nom de sa famille m’est inconnu mais comme toi je ne connais pas tous les commerçants de Kaze no kuni et s’ils sont bien tels qu’elle les a décrits, laisse-la au moins espérer car tu n’es peut-être pas le seul noble sur sa liste. Cependant tu as raison d’être prudent et de ne pas prendre de décision hâtive.’’

En faisant cela elle avait certainement donné un petit coup de pouce à Mangetsu mais son personnage voyait déjà la belle affaire passer sous le nez d’un ami un peu trop arrogant et c’est par amitié qu’elle voulait lui éviter cette perte. C’était également parce que la bonne humeur de son "ami" pourrait lui être utile à elle et si au final cette proposition n’était pas intéressante, on ne pourrait pas dire qu’elle ne lui avait pas recommandé d’être prudent.
Mizaki s’accorda un instant pour réfléchir puis ayant visiblement pris sa décision, il se tourna vers Mangetsu pour lui faire une proposition, déjà plus diplomatique. Au moins là elle conservait ses espoirs pour cette alliance qu’elle souhaitait. ‘‘Très bien. Est-ce qu’une entrevue demain pour le déjeuner avec quelques-uns de mes conseillers vous conviendrait ?’’ Le ton était un peu moins froid mais on ne pouvait toujours pas dire qu’il était chaleureux. Enfin ça, après, ça n’était plus guère le problème de la diplomate, surtout vu la réaction de Mehara qui semblait satisfaite de cet arrangement. ‘‘Ce sera avec plaisir Murata-san.’’

Avec cette réplique s’était achevé leur échange et Mangetsu reprit son apparence habituelle en même temps que Soi Fon rompait elle aussi son henge. La Sunite s’étira avant d’étouffer un bâillement, c’est vrai qu’ils avaient bien avancé aujourd’hui, même si Soi Fon ne se sentait pas fatiguée mais ils n’avaient pas tous la même endurance. La junin se situait plutôt dans la moyenne haute en matière d’endurance, son style de combat n’y étant pas pour rien.
Mangetsu félicita Mizaki pour son interprétation et remercia Soi Fon pour l’aide qu’elle avait pu fournir pendant leur jeu de rôle. Soi Fon fut un peu surprise par ces remerciements mais elle esquissa un petit sourire avant de répondre. "Pas de quoi, ton personnage a su me convaincre."

Elle ne lui dit pas pourquoi, mais ceux qui tentaient de briser les carcans qui leur étaient imposés depuis la naissance étaient toujours les bienvenus chez elle. Elle n’aimait pas l’idée que naître dans une caste soit une fatalité et qu’on soit condamné, et nos enfants après nous, à ne pouvoir accéder à quelque chose de mieux, ou simplement quelque chose d’autre, bien que de passer de bourgeois à noble était moins important que de passer du statut d’esclave à celui de femme libre, même si le système de gérance des maisons closes de Kiri avait semble-t-il évolué depuis son départ, ce qui était tant mieux.
Briser les carcans demandait d’avoir des alliés, un certain acharnement, si ce n’est une volonté de fer, ainsi qu’un courage certain. Des quolibets elle en avait entendus à son sujet mais aujourd’hui où était-elle ? Aujourd’hui elle était junin, une réussite sociale indiscutable pour une fille de prostituée, et pour tous ceux ayant embrassé la même voie qu’elle.

Soi Fon ne tarda pas elle aussi à aller se coucher, poursuivre son entraînement à cette heure lui semblant exclu et il n’y avait pas grand-chose d’autre à faire dans le coin. Sa nuit fut calme, comme toujours depuis qu’elle avait fait la paix avec elle-même et qu’elle savait les siens en sécurité. Mizu s’était endormi le premier, lové contre le ventre de son amie.
Le lendemain, elle se réveilla tôt, moins que Mizaki qui était toujours le premier levé, mais tôt quand même. Mue par un instinct quelconque, elle prépara le petit-déjeuner pour les autres, laissant Mizu continuer de dormir.

Elle prit tranquillement son café qu’elle accompagna d’un sandwich à la pâte à tartiner, Mizu, probablement réveillé par les odeurs de nourriture vint finalement réclamer sa part de tartines et de lait, le café ne semblant pas trop sa… tasse de thé ? *C’était naze… je te demanderais bien de sortir mais bon, faut bien finir le post.* Ouaip.

Lorsque tous furent prêts, Miyu donna le signal du départ et ils repartirent pour une journée de voyage. Le rythme était un peu lent pour Soi Fon qui était habituée à ses escapades à travers le continent avec Mizaki où tous deux se déplaçaient à l’aide du shunshin, au maximum de leur vitesse, il faut dire qu’on les appelait souvent en urgence ou qu’on les envoyait chez des gens qui n’étaient pas du genre à accepter le moindre retard ou même d’attendre. En un mot c’était toujours la course lorsqu’elle et Mizaki voyageaient seuls et pourtant elle savait qu’il préférait les rythmes plus lents où il pouvait invoquer ses tigres, se séparer d’eux lui étant pénible. Il avait d’ailleurs à coup sûr dormi avec l’un d’eux, Soi Fon pariait sur Awayuki qui revenait le plus souvent ces derniers temps. En fait c’était avec lui qu’il avait réellement commencé à tisser des liens avec la famille d’invocations de Sekkei si la jeune femme avait tout bien compris mais elle ne connaissait pas les détails de l’histoire, qui ne la regardaient pas.

La junin eut une pensée pour Quan, sa propre invocation. Elle ne connaissait même pas son niveau réel et n’avait pour le moment pas osé faire appel à lui en situation de combat. Il faut dire que depuis qu’elle était capable de l’invoquer, elle n’avait rencontré que des ennemis surpuissants, ou alors trop faibles pour qu’elle daigne déranger son invocation. Leur heure viendrait, elle le savait et à ce moment elle tisserait peut-être aussi des liens avec les autres membres de la famille de son invocation. Ils seraient d’excellents alliés, elle n’en doutait pas.

Ce n’est que vers midi qu’ils s’arrêtèrent, pour manger. Ils ne s’arrêtèrent pas longtemps et peu de temps après qu’ils soient repartis, Miyu leur désigna une série de sommets escarpés pour les informer qu’ils s’arrêteraient là-bas, dans un relais. Autant dire qu’ils en avaient encore pour de longues heures et qu’il allait peut-être falloir voir à passer à la vitesse supérieure. Miyu leur expliqua également qu’ils allaient pouvoir en profiter pour continuer la formation d’espionne de Mangetsu et qu’à cette fin ils auraient tous un rôle. Mangetsu conservait celui de la veille, de même que Soi Fon mais Mizaki devenait le garde du corps de Mehara et Miyu sa tutrice. Quant à Shiyu et Aoshi, ils étaient simplement des amis de Mangetsu.
Cette fois ce serait les quidams qu’ils rencontreraient que Mangetsu allait devoir tromper, ainsi que le gérant du relais où ils s’arrêteraient afin qu’ils aient les meilleures chambres possible et un bon repas.

Visiblement, Mangetsu et Miyu partageaient un lien fort. Soi Fon était heureuse pour elles, la relation professeur élève étant quelque chose d’important… même si elle ne se voyait pas dans le rôle du professeur. N’était-elle pas qu’une brute après tout ? Un incomprise plutôt, car quoi qu’en pensent les gens, Soi Fon n’est pas une brute, même si elle possède des méthodes parfois expéditives. En tout cas la réponse que fit Mangetsu à Miyu la fit sourire intérieurement, peut-être simplement à cause du rire de la jeune fille même si au final la raison était sans importance.

Tous ensemble, ils marchèrent à un bon rythme jusqu’en fin d’après-midi, moment où ils atteignirent le relais. Soi Fon avait demandé l’une ou l’autre fois à Mizu de changer d’épaules, voir de voler pour ne pas avoir à le porter tout le temps pendant le trajet, en plus ça lui faisait du bien de bouger un peu, fallait pas qu’il s’empâte.
Au moment de leur arrivée, ils avaient déjà changé d’apparence depuis un petit moment, Mangetsu initiant la manœuvre et Mizu s’était caché dans la besace de Soi Fon. Ils avaient profité d’un endroit à couvert pour user du henge et ainsi Soi Fon avait repris la même apparence que la veille, de même que Mangetsu elle ne s’était pas embêtée à inventer une nouvelle tenue. Pour quoi faire puisque l’illusion était propre ?
Le relais était plutôt pas mal à première vue, il comportait trois étages et même des écuries, mais y avait-il le wi-fi ? La junin s’était attendue à quelque chose de plus petit, comme la plupart des auberges où elle s’arrêtait durant ses voyages mais ce relais était bien plus important. *En fait c’est pas super étonnant, vu qu’il est sur la route commerciale. En tout cas on voit qu’on approche de Tsuchi no kuni.* Le paysage changeait.

Mangetsu laissa Mizaki pénétrer le premier dans l’édifice. Soi Fon les laissa faire même si d’ordinaire c’était plutôt elle qui passait en tête, encore que ces dernier temps les clones de Mizaki servaient pas mal d’éclaireurs. La junin suivit directement Mangetsu et lorsqu’ils furent tous dans la salle commune, la chunin les dirigea vers le bar où elle prit contact avec le gérant pour obtenir des chambres et le repas comme le lui avait demandé Miyu.
En marchant Soi Fon observa un peu la topographie des lieux et jeta un bref coup d’œil aux clients, certains étaient déjà bien partis… la junin admira également le ballet incessant des serveuses qui virevoltaient de table en table, s’occupant des commandes de chacun.
La tâche de Mangetsu n’était pas particulièrement compliquée et Soi Fon ne pensait pas intervenir, cependant lorsque la jeune fille se tourna vers eux pour savoir si la répartition qu’elle avait proposée leur convenait, Soi Fon prit finalement la parole. ‘‘Ma chère Mehara, je pense qu’il serait mieux que je prenne une chambre seule. Nous ne nous sommes rencontrées qu’il y a peu, et puis ainsi ta tutrice pourra veiller sur toi de près. Je paye ma chambre, bien entendu.’’ Ses derniers mots étant autant pour le gérant que pour Mangetsu, enfin en l’occurrence Mehara.

Une fois les chambres et les repas payés, ils purent s’installer à une table où une jolie serveuse, tant qu’à faire, vint prendre leur commande. Soi Fon commanda une grande assiette de bœuf au curry ‘‘Comme pour deux.’’ et en resta à l’eau pour les boissons, elle prendrait un thé avec son éventuel dessert.
Ils étaient en plein milieu de leur repas, parlant de choses et d’autres -Soi Fon passant de petits bouts de viande à Mizu qui restait sagement, ou paresseusement dans le sac de Soi Fon- lorsque des éclats de voix se firent entendre en provenance d’une des autres tables. Regardant dans la direction du bruit, la junin vit qu’il s’agissait d’un des groupes qu’elle avait repéré en entrant car déjà un brin éméchés pour certains.

Ce qu’elle vit ne lui plut pas, pas du tout même. L’un des types de cette tablée avait attrapé une des serveuses et encouragé par ses petits camarades il tentait à présent de l’embrasser. Cette scène lui rappelait un évènement qui s’était produit peu après son inscription à l’académie, c’était au Mizutea, un étudiant du nom de Baku Ningato avait tenté de s’en prendre à l’une des serveuses, se croyant supérieur parce qu’il était inscrit à l’académie. Un certain Makoro Tenro et Soi Fon s’étaient occupés de calmer ses ardeurs mais ces types qui se croyaient tout permis et traitaient les femmes comme leurs jouets… IMPARDONNABLE ! La jeune femme tremblait de fureur, le sang lui battait aux tempes et les dents serrées elle fit mine de se lever mais Mizaki l’interrompit dans son élan. ‘‘Ne te découvre pas. Va dehors et je t’envoie le paquet.’’ Se découvrir ? Elle ne voyait pas ce qu’il voulait dire, elle ne comptait pas annuler son henge, juste leur coller une dérouillée avec l’aide du gérant qui semblait être la seule personne présente à oser leur tenir tête. Courageux homme car en face ils étaient quatre et étaient tous armés d’un katana. *Putain, pas un qui réagit. Tant qu’ils y sont, ils ne veulent pas la tenir pendant qu’il la viole sur le comptoir, non ?*
‘‘Très bien, fais vite s’il te plaît.’’

Se levant, la jeune femme quitta la pièce le plus discrètement possible, ne passant pas par le centre de l’attention mais en longeant les murs. Une fois dehors, elle rompit son henge et sortit son épée. Elle ne comptait tuer personne mais au moins avec ça on ne risquait pas d’accuser leur groupe, personne n’exhibant une telle arme. Son rouleau d’armes était décidemment bien pratique.
Sa fureur était toujours visible, encore plus maintenant qu’elle n’était plus sous henge et qu’on voyait ses veines saillir. Ces salopards allaient payer ! Mizaki tint son engagement, quelques instants plus tard les quatre hommes étaient dehors. Appuyée sur son épée, partiellement enfoncée dans le sol, la junin leur laissa une petite seconde de répit, le temps qu’ils puissent commencer à réfléchir à ce qui leur était arrivé, puis elle porta la main au cache qu’elle portait sur l’œil mais suspendit son geste, la Sorcière s’étendant doucement sur son bras jusqu’à prendre sa forme de combat. Contrôle, elle devait garder le contrôle et pour ça mieux valait ne pas utiliser ce jutsu.

Cette fameuse technique qu’elle gardait secrète pour le moment, personne ne devait savoir et ceux qui savaient devaient mourir. C’était aussi simple que ça, elle avait trop à perdre avec pareille technique et la politique Kirienne qui n’avait à sa connaissance pas trop changé malgré l’investissement du village par la Mayoi.
‘‘Messieurs, j’ai vu des choses qui ne m’ont pas plu par la fenêtre. De cet établissement.’’ Sans plus d’explications, elle se jeta sur eux, son épée en arrière, un air de profonde colère peint sur son visage. Dire qu’elle était énervée aurait été un bel euphémisme, en vérité on était bien loin du compte mais semer des cadavres sur leur route risquait de compromettre leur mission et elle n’avait pas le droit de saboter leurs opérations de la sorte. Par contre la réaction des clients la troublait et elle entendait bien obtenir des réponses à ce sujet.

Lorsqu’elle arriva au contact de ses adversaires, la junin frappa du plat de son arme, mais ses assauts étaient bien suffisants pour leur coller une migraine de tous les diables et leur briser quelques côtes. Ces hommes avaient beau porter le sabre, ils ne possédaient pas la maîtrise d’Hitashiro dans son maniement et en quelques instants elle les eut neutralisés. Du travail presque propre, les blessures qu’elle avait causées saignaient pour certaines, et s’approchant de celui qui avait l’air le plus clair du groupe, elle lui marcha sur l’entrejambe, exerçant une pression légère mais suffisante pour s’assurer de son attention. ‘‘J’espère que ce petit échange vous a servi de leçon. Vous pouvez vous dire que demain vous serez loin mais je n’oublie jamais un visage et j’ai bien envie de vous tenir un peu à l’œil tous les quatre.’’ Elle demanderait à Mizaki de les filer avec un kage bunshin, en espérant qu’il accepte. ‘‘Maintenant si tu tiens à ta panoplie du père de famille nombreuse, va falloir que tu m’éclaires sur un point. Pendant que toi et tes potes foutiez la merde, les autres personnes présentes n’étaient pas spécialement réactives. Pourquoi ? Et vous bossez pour qui tous les quatre ?’’

Lorsqu’elle en eut fini avec eux, elle prit le large et revint à l’auberge par un chemin détourné, usant du shunshin pour faire le plus vite possible. Elle regagna la salle commune en sortant par les toilettes dont elle avait un peu forcé la fenêtre, mais c’était pour la bonne cause.
Sous son apparence de diplomate elle regagna leur table et poursuivit son repas, comme si de rien n’était. Parlant bas, elle leur raconta ce qu’avait dit l’homme qu’elle avait interrogé et demanda à Mizaki de les faire suivre par un kage bunshin pour s’assurer qu’ils ne recommencent pas leurs âneries dès qu’ils se sentiraient en sécurité.
Après le repas, Miyu proposa à Mangetsu de poursuivre son entraînement dans un endroit discret et invita Soi Fon à se joindre à elles. La proposition fut acceptée avec plaisir par la junin. ‘‘Ma foi, ce sera avec plaisir car j’ai comme dans l’idée qu’on aura pas juste à faire à des types comme nos tocards de tout à l’heure.’’

[hj] : l’entraînement viendra sur le prochain post. Serait-il par contre possible de faire des posts avec moins de choses sur lesquelles réagir ? Autant je suis super content d’avoir matière à réagir, autant là ça fait des posts carrément monstrueux, même en les découpant ^^.
Dernière modification par Soi Fon le mar. 01 sept. 2009, 23:58, modifié 1 fois.
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Aoshi Tsukyo
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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Aoshi Tsukyo » jeu. 27 août 2009, 17:57

Aoshi était resté un peu passif pendant toute la première partie du voyage. Après de courtes explications, Miyu s’était mise en marche entraînant dans son sillage sa fine équipe. La troupe marcha dans le désert jusqu’au coucher du Soleil. Le Tsukyo ne prit pas part aux discutions, se contentant de suivre la jounin. Il était anxieux, et dans ses moments là, Wakajini avait tendance à roder un peu plus autour de lui.

La noire jeune fille tournait autour de l’archer, laissant flotter autour d’elle son sombre linceul. De temps en temps, elle plongeait, frôlant le visage du jeune homme, lui murmurant quelque funeste parole et repartant aussi vite qu’elle était arrivée. Oiseau de proie se nourrissant de la peur. Parfois, sa capuche se soulevait, découvrant pour quelques instant son faux visage angélique, son faciès tantôt inexpressif, tantôt affublé de mimiques caricaturales, caché en partie par ses longs cheveux noirs.
Aoshi n’aimait pas son arc. Elle l’effrayait et ce n’était pas pour la déplaire. Il avait pourtant essayé de la calmer, lui offrant un corps fait de chair. Ce ne l’avait que satisfait pour quelques instant. Le corbeau n’était pas à la hauteur de ses attentes. Pouvoir briser mentalement ses ennemis l’avait rassasié un temps, mais maintenant, elle désirait des plaies, des gerbes de sang, elle voulait contempler toutes les abominables images qu’elle se plaisait tant à insuffler dans les esprits. Elle exigeait un nouveau corps, sous peine de prendre possession une bonne fois pour toute de celui de son charmant archer.

Apprendre le second niveau de l’invocation était la meilleure chose à faire, mais Aoshi redoutait les rencontres avec son arc. C’était dérangeant de se retrouver plongé au fond de soi, de se faire marteler par toutes ses peurs, ses frustrations, ses déceptions. Tout ce qu’il avait enterré au fond de lui était le purin sur lequel Wakajini avait fleuri. Elle s’était nourrie de tout ses sentiments délétères, avait grandi, jouant avec les émotions tarées du Tsukyo.
Malgré tout, il ne pouvait pas se permettre de n’être pas maître de toutes ses émotions pendant une mission aussi importante. S’il perdait l’usage de son corps, ne serait-ce que pour un seul moment, alors il mettrait en danger la réussite de la mission, mais aussi ses coéquipiers. Et ce n’était pas une chose qu’il se permettait. Aoshi refusait que son arc puisse entraîner des blessures chez celle qu’il chérissait tant. Cette possibilité le mettait hors de lui. Peu importait alors les peines qui pleureraient sur lui quand il la rencontrerait. Les douleurs qu’il y rencontrerait lui faisaient peur, mais Aoshi était prêt à les endurer.

« Alors tu viens chez moi ? »
Wakajini se tenait face à Aoshi, son visage à quelques centimètres du sien. Elle arbora un air inexpressif un long moment avant d’avoir un de ses rictus malsain puis de sourire bêtement comme une adolescente niaise.
« Super ! Je ferai du thé ! »
Elle fit volte-face et avant de disparaître elle regarda par dessus son épaule Aoshi et dit d’un air sensuel : « Ne me fait pas attendre… »

La nuit tombait déjà. Aoshi avait passé toute la journée absorbé par la contemplation silencieuse de Wakajini. Elle le dégoûtait autant qu’elle le fascinait. Le campement fut mis en place rapidement et le Tsukyo alla chasser.

Le paysage avait complètement changé. Plus de sable, de l’herbe, des arbres, des cailloux de taille normale. Aoshi n’eut pas de mal à trouver quelques lapins et oiseaux qu’il abattit en quelques jets de sembons. La chair était moins abîmée.

Revenant au camp, le chounin ne prit pas part aux entraînements. Ce n’était pas le moment de plonger en lui, il ne se sentait pas encore assez fort pour l’affronter. Il s’allongea et dormit d’un sommeil sans rêves jusqu’au repas.
Il regarda l’air absent Mangetsu jouer. Elle possédait son personnage sans problème, ne laissant rien transparaître de son ancien caractère. C’était un spectacle agréable à voir.


Le lendemain, Aoshi allait mieux. Sa nuit avait été reposante. Pas de cauchemars, une nuit dormie d’une traite. Aoshi avait cessé de dormir avec son arc. Elle avait cessé de le rassurer depuis qu’il la connaissait vraiment. Avant c’était une arme, maintenant, c’était un artefact hostile. Il préférait avoir sa dague au creux de la main.

L’équipe se remit en route, avançant à un rythme soutenu. Leur objectif était encore loin, il était inutile de traîner en chemin. La première pause de la journée fut à midi. Miyu indiqua une montagne au loin. En la regardant plus attentivement, on observait une série de pics qui pointaient haut vers le ciel. Aoshi fut surpris par cette montagne d’un tout nouveau genre. Les seules montages qu’il avait vu avant étaient dans le désert et ne défiaient pas le ciel aussi fougueusement. Cette fois, les ordres étaient formels, tout le monde prenait part à la pièce. Aoshi soupira. Malgré l’éducation artistique qu’il avait reçu de sa famille, la seule chose à laquelle son corps n’était pas resté hermétique était la musique. Le théâtre, la danse classique, le dessin, la sculpture, le lancer de noyaux de prune, Aoshi appréciait beaucoup, mais n’arrivait même pas à les pratiquer convenablement. Encore plus depuis que le lancer de chaise et la danse post-contemporaine et beaucoup-trop-contemporaine aient été retiré car jugés trop vulgaire. Le chounin maîtrisait le henge et savait se mettre en veille, ça serait suffisant pour ne pas trop se faire repérer.

Enfin fin d’après-midi, ils furent au relais. Aoshi avait eu le temps de penser à son « personnage ». Un ami de Mehara Fujitani se devait d’appartenir au même milieu qu’elle. Donc, il était devenu un fils de marchant et s’était doté d’une éducation bourgeoise. Il avait imposé à son personnage de se comporter comme quand la tante du Tsukyo venait déjeuner à la maison et comme parler correctement pendant plus de cinq minutes était trop compliqué pour Aoshi, il avait décidé de rendre le garçon froid et renfermé, en accord avec son éducation de gentilhomme.
Son apparence fut rapide à imaginer, un kimono riche, les cheveux blond longs et lisses, la peau plus pâle que celle du sunite moyen. A sa ceinture, un katana. Son père avait insisté pour qu’il apprenne le maniement du sabre, en accord avec les grands desseins qu’il avait pour lui. Certes, il voulait que son fils reprenne l’affaire, mais aussi qu’il accède à une classe plus élevée de la société. Apprendre le kendo avait donc été un impératif pour compléter son éducation. Le nom fut plus compliqué à trouver. Hakachi lui sembla un bon prénom. Le personnage ressemblait un peu au premier corbeau. Yaïkato était aussi un bon nom de famille. Là, il n’y avait pas de sens, son cerveau avait associé aléatoirement des syllabes. Hakachi Yaïkato.

L’auberge était grande. Un bâtiment de trois étages et une écurie. Une route commerciale passait à côté, c’était normal de rencontrer un bâtiment aussi massif au milieu d’une montagne. Mehara et son garde du corps rentrèrent en premier, la diplomate rencontrée en chemin les suivit. Les deux amis de la fille de commerçante rentrèrent en dernier. Après tout, malgré leur amitié avec la Fujitani, leur place était ici.

Après avoir réservé les meilleures chambres et une table, tous s’essayèrent et mangèrent. Hakachi commanda du poulet façon Tandori. Ils bavardèrent, parlant de tout et de rien, Aoshi essayant de ne pas prendre part aux conversations pour ne pas dévoiler les mauvais tics de langage qu’il avait adopté après de longues années à fréquenter un milieu populaire.

Des éclats de voix se firent entendre. Quatre jeunes hommes s’en prenaient à une serveuse. Hakachi soupira. Querelles de pecnots gangrenés par l’alcoolisme. Les codes d’honneurs lui ordonnaient de se lever pour aider une jeune fille en danger, mais Hakachi n’avait pas envie de se battre contre de telles personnes. Il ne sortait son sabre que contre des gens qui avaient un certain rang. Il n’avait pas envie de se battre dans la poussière avec des ivrognes.
Son amie demanda à son garde du corps d’évacuer ces troubles-fête. Si Mehara le désirait, alors, Hakachi allait s’exécuter.

Aoshi n’était pas du même avis. L’envie le chauffait de percer la peau de ces quatre enfoirés. Quatre kunaï et il y aurait quatre corps inertes. A cette distance, il ne pouvait pas les manquer. Leur coller son poing dans la figure était aussi alléchant.
Malgré toutes ses envies bestiales, il y avait un impératif à ne pas oublier. Ils étaient en mission et même s’ils étaient loin de la ville où ils devaient enquêter, chaque coup qu’ils donnaient, risquait de se payer d’une manière ou d’une autre lors de la mission. Chaque personne qu’ils mettaient en colère étaient un bâton en plus dans leurs roue.
Malgré tout ses principes, Aoshi ne se leva pas. Soi Fon était dehors et Mizaki les faisaient sortir. Le kirien avait une carrure beaucoup plus impressionnante que le sunite, les quatre hommes seraient moins tentés de se battre.
Hakachi non plus ne pouvait pas se battre. La raison était simple : son sabre, c’était du vent. Il pouvait toujours essayer de les intimider en bombant le torse et en posant une main sur la poignée, mais au moment de dégainer, le henge serait découvert. Si Hakachi se battait avec les poings, en désaccord avec l’image qu’il s’était donné, alors, les gens verraient la contradiction. Sa couverture serait découverte et les observateurs aguerris comprendraient qu’ils étaient des shinobi. La nouvelle serait sue des gens influents du coin et ils ne pourraient plus enquêter en paix.

La raison s’emporta sur le dégoût. Aoshi tint en place, Hakachi resta stoïque.
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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Mizaki Taro » sam. 29 août 2009, 17:40

[HRP : tout d'abord franchement désolé pour le retard dans mon post :oops:, vraiment il m'a été totalement impossible niveau temps de pouvoir faire un tour ici ne serait-ce que pour lire (donc pour poster …) :winkk:.
Pour Mangetsu et Soi Fon je donne le nom du noble dans le post :).

Euh sinon j'ai un peu été emmerdé au niveau du placement de l'entrainement et du petit jeu de théâtre, parce que dans un post précédent j'avais déjà mis que le repas de Mizaki avait été pris avant même les entrainements (vu qu'avant le repas ben il faisait la bouffe tout simplement :P) et que directement suite au repas il était parti s'entrainer, donc là annoncer le repas après les entrainements et le tout suivi par le jeu de rôle ça a été un petit soucis pour moi :P. Donc j'ai réédité un de mes derniers posts (>>celui du 17 juillet<<) pour modifier cela et me remettre dans la dernière situation :).

J'ai mis des petits séparations entre les différentes choses abordées dans le post par soucis de clarté, parce que vraiment il y avait un paquet de trucs à mettre dedans donc ben c'est un peu le merdier :P.

(désolé par contre j'ai pas relu, je le ferai dans la soirée, la j'ai la tete un peu farcie ...)]




Fin de la première partie d'entrainement :

Même si la réussite ne fut pas totalement au rendez vous, les fruits de ses réflexions et de sa tentative précédente portèrent leurs fruits de manière visible pour un Mizaki pourtant absorbé par la réalisation de sa technique. Le clone et Awayuki avaient distinctement eut des mouvements oscillants même si ceux ci restaient encore insuffisants, l'inclusion de l'image du sommeil avait visiblement fonctionné.

Le clone jouait le jeu en n'utilisant naturellement pas sa capacité à effectuer un kai, puis s'adressa à son original une fois que ce dernier eut relâché son genjutsu.

 « Je pense que tu as vu que l'effet de sommeil à l'air de commencer à fonctionner donc je ne vais pas épiloguer sur ce point mais plutôt sur la quantité de plumes. Ça n'a plus rien à voir avec les premiers essais, le nombres de plumes, leur danse, tout cela est désormais suffisant sans l'ombre d'un doute, le voile qu'elles dressent est quasi parfait, ou tout du moins il est au moins aussi garni que celui que Tenshi avait dressé sur nous, enfin sur toi et ton esprit à l'époque. »

L'élément de comparaison utilisé par le clone était suffisant à Mizaki pour dire qu'il n'y avait effectivement plus d'amélioration particulière à apporter sur ce point là, que la chose était désormais suffisante. Mizaki revoyait l'image des plumes qui tombaient lorsque Tenshi l'avait soumis à cette technique alors qu'il revenait tout juste de sa première mission, cette danse de plumes qui l'avait fait sombrer irrémédiablement dans le sommeil, il s'imaginait donc ce que le clone avait pu voir lors de sa dernière tentative.

Il restait ne restait donc plus qu'une chose, et pas des moindres, travailler sur l'effet de sommeil, chose qui venait d'être plutôt bien entamée avec sa prestation précédente. Dans l'euphorie, Mizaki allait se lancer dans un nouvel essai mais fut bien vite rappelé à la réalité par un souvenir, ou plutôt une sensation olfactive …

 «Merde la bouffe !! »

Mizaki se mit alors à courir vers le campement afin d'éviter la catastrophe. Le clone en profita pour disparaître, l'entrainement était en pause et surtout cela ne servait pas à grand chose de rester, cela aurait fait une bouche de plus à nourrir.
Arrivant en trombe devant la nourriture qui continuait de cuire, le jounin se rendit compte avec satisfaction et en poussant un grand ouf de soulagement que rien n'avait brulé.
*Je crois que je peux remercier le Kanji Fuuin qu'elle m'a apposé … Sans ça je n'aurai senti la nourriture de loin que si elle avait été définitivement cramée ...*


Repas et jeu de rôle :

Le jounin ne laissa pas mijoter plus longtemps et appela pour le repas. Chacun mangea ce dont il avait envi, et surtout à son rythme, celui de Mizaki étant bien plus élevé que celui des autres, avalant littéralement sa part sans même prendre le temps de mastiquer les aliments, pressé de retourner à l'entrainement. Alors qu'il allait se relever avec encore la bouche pleine pour partir s'entrainer de nouveau, Miyu prit la parole pour annoncer quelque chose qui surprit au plus haut point le jounin.

*Que je joue un noble ? Elle parle de quoi là ?* pensa le jounin tout en ruminant, manquant de s'étouffer à plusieurs reprises tant la quantité ingurgité n'avait de bouchée que le nom.
Miyu explique ensuite à Soi Fon et Mizaki les caractères et de quoi il retournait, l'entrainement personnel attendrait, il s'agissait donc de proposer à Mangetsu une sorte de jeu de rôle pour l'orientation d'espionne qu'elle semblait avoir choisi.

*Froid et arrogant …*
Mizaki était pensif, cherchant à imaginer dans quel état d'esprit se mettre pour coller au mieux au personnage et offrir à Mangetsu une simulation la plus réelle possible. Jouer la comédie, voilà un exercice pour lequel Mizaki ne se sentait pas forcément à l'aise, lui qui était incapable de mentir, dont on flairait les mensonges à des milliers de kilomètres tant il ne savait pas s'y prendre. Même s'il s'était amélioré avec le temps, jouer la comédie était loin d'être devenu un domaine de prédilection.
*Froid j'y arriverai sans le moindre soucis, mais arrogant ça risque d'être plus compliqué … Encore qu'en jouant un noble ça devrait simplifier la tache, du moins si Mangetsu joue quelqu'un de moins aisé, sinon je vais avoir du mal ...*
Mizaki pouvait jouer des rôles de personnes ayant des traits de caractères similaires à ceux qu'ils possédait lui même ou qu'il avait possédé un jour, ce qui était bien maigre comme talent d'acteur, mais ce qui faisait que pour lui jouer quelqu'un de froid allait être particulièrement aisé.

Mangetsu se para d'une robe et d'un henge, le jeu de rôle devait être total, si bien que Mizaki consentit à effectuer à son tour un henge, prenant la forme d'un bon gros noble tout bedonnant et richement habillé. Soi Fon utilisa le henge à son tour, puis Mangestu demanda le nom de personnage de chacun avant de commencer. Trouver un nom, voilà quelque chose qui était encore bien compliqué pour un Mizaki dont l'imagination était bien loin d'être débordante …
*Kuchiki Murata* le nom sorti d'outre tombe, le nom de son contact lors d'un examen que lui avait fait passer Tenshi, le nom de cette personne avec qui le courant était plutôt mal passé, le nom de cette personne arrogante ...
Soi Fon se plaça en face de Mizaki, Mangetsu allant au loin, le moment était venu de débuter la pièce.

Mizaki ne regardait que dans la direction de Soi Fon, absorbé par son rôle, mais ne put s'empêcher de voir Mangetsu qui s'était placée dans un angle idéal pour se faire remarquer, si bien que le jounin accepta cette manière de se faire remarquer en faisant signe à la jeune fille de se rapprocher d'un geste de la main des plus dédaigneux, bras tendu devant, la paume tournée vers le bas, agitant très légèrement les doigts d'un bloc.
Lorsqu'elle fut à ses cotés, Mizaki annonça la couleur …
 « Que me voulez vous pour me regarder sans cesse comme cela ? », menton relevé, voix sans la moindre affinité, l'air de dire « Si la réponse ne me plait pas j'appelle ma garde personnelle pour te foutre dehors à coups de pompes dans le train ».
Le temps d'hésitation de la chounin ne fut pas suffisamment long pour que Mizaki puisse lancer son personnage dans une colère qui aurait certainement été irréversible, premier bon point pour Mangestu selon Mizaki.
« Je me demandais si vous étiez aussi important qu'on le dit et à vous voir avec Takechi-san j'en suis venue à me demander jusqu'où s'étendait votre influence. ».
Le sourire aurait été suffisamment convainquant pour Mizaki lui même, mais pas pour le rôle qu'il jouait. Soi Fon continuait à jouer de manière neutre, elle allait être en quelque sorte l'arbitre de cette rencontre, enfonçant Mangetsu si jamais la prestation était moyenne, ou au contraire en allant dans son sens si cela était convainquant, Miyu l'avait bien dit, Mangetsu devait s'en attirer les faveurs, elle allait être le baromètre de cette conversation. Ainsi, n'attendant pas de réaction de la part de sa coéquipière qui interviendrait au moment opportun, Mizaki poursuivit sans son rôle, Mangetsu venait de tendre une perche magnifique au jounin pour jouer l'arrogance.
 «  Il existe encore des gens qui doutent de mon influence ici ? Vous ne devez clairement pas être d'ici, d'où venez vous ? »
Malgré la petite fierté qu'il ressentait d'avoir réussi à trouver cette phrase, Mizaki était parvenu à s'agacer lui même intérieurement, dieu que son personnage était con … Le ton relativement moqueur et presque rieur à l'égard de la jeune fille visait à prendre le personnage de Soi Fon comme complice dans la moquerie, l'air de dire « regarde celle qui vient nous interrompre alors qu'elle n'a l'air de ne pas en connaître plus que ça sur moi. »
« Tu n'es probablement pas une habituée de notre monde très chère si tu l'ignores. Cela se voit d'ailleurs, tu ne t'es pas présentée. »
La réponse de la jounin était suffisamment clair pour faire comprendre que la jeune fille avait oublié un élément capital et qu'elle n'était clairement pas rangée de son coté à ce moment là, en clair Mangetsu venait de s'engager sur la pente savonneuse et qu'il n'en faudrait pas beaucoup plus pour que le demi tour devienne impossible.
Mais malgré cela, la jeune fille ne se démonta pas, au contraire même, elle commença à inverser la tendance.
« Veuillez m'excuser pour mon impolitesse, c'est que je suis un peu intimidée par tous ces nobles qui sont présents ce soir. Je me nomme Mehara Fujitani, j'appartiens à une famille de marchands du pays du vent. »
Le tout suivi d'une révérence, flatter l'égo du personnage de Mizaki était une bonne manière pour inverser la tendance, mais certainement pas pour l'améliorer significativement, trop de flatterie pouvait clairement avoir un effet néfaste même sur des personnes possédant un égo surdimensionné. Cependant, malgré cette belle prestation, elle venait de tendre une nouvelle perche à Mizaki en parlant de famille de marchands, elle ne s'était pas présentée en tant que quelqu'un de relativement noble, il n'y avait rien de tel pour que Mizaki puisse faire preuve de dédain et poursuivre dans l'arrogance.
« Je ne remettais pas votre influence en question, elle est grande et je le sais mais je me demandais jusqu'où elle pouvait bien s'étendre. »
Malgré son début de phrase, Mangetsu revenait sur sa première question, de l'instance face à une personne comme le jouait Mizaki, c'était risqué … Si bien que Mizaki répondit dans la seconde qui suivi avec tous les arguments que venaient de lui donner la chounin.
« Le fait de savoir que celle ci est grande ne vous suffit-elle pas ? A quoi cela pourrait-il bien servir à une fille de marchands de connaître précisément tout cela ? »
Le ton était des plus dédaigneux, montrant de l'agacement face au fait qu'une simple fille de marchand vienne insister sur ses questions à lui, le noble. Mangestu dans sa dernière phrase venait de faire une nouvelle erreur selon Mizaki, mais une nouvelle fois elle s'en releva, et encore de plus belle manière que la fois précédente, elle avait visiblement bien prévu son coup et ce que Mizaki avait pris comme un erreur paraissait désormais être une partie d'un plan bien précis qu'elle avait déjà en tête.
« C'est vrai, je ne suis qu'une fille de marchands, sans le moindre titre, mon père me le rappelle souvent, mais notre famille est riche et possède de l'influence. Peut-être avez-vous déjà entendu parler de mon père, Kira Fujitani. Savoir jusqu'où s'étend votre influence m'importe car vous êtes de la noblesse et peut-être qu'une alliance pourrait nous être mutuellement profitable. »
Attiser l'appel de l'argent après avoir fait un peu de flatterie, la ligne de conduite de la jeune fille dans cet exercice plaisait à Mizaki qui se devait de réagir à cette proposition mais sans montrer d'enthousiasme, il ne fallait pas que Mangetsu sente la victoire se rapprocher afin de ne pas relâcher.
« Mmmmh ... Et que vendez vous exactement ? Je ne connais pas ce nom mais j'avoue ne pas connaître vraiment tous les colporteurs du pays du vent. »
Soi Fon prit alors la parole, posant une question qui aurait pu s'avérer être piège selon la manière dont la chounin répondrait, montrer des dents trop longues en ayant demandé avant l'étendue de l'influence du noble, cela aurait pu engendrer une méfiance supplémentaire chez ce dernier qui y aurait vu des roturiers cherchant à voir jusqu'où ils peuvent avoir de l'emprise en accédant à de nouveaux territoire et à la noblesse.
La réponse de Mangetsu fut satisfaisante sur ce point, n'affichant pas une grosse ambition en parlant d'étendue de territoire mais en parlant simplement de la noblesse en elle même, Mangetsu s'en sortait bien.
« Nous ne sommes pas des colporteurs, nous vendons principalement des soieries mais nous faisons aussi dans le commerce des épices et des bois précieux. Dans le milieu le nom des Fujitani est connu et respecté mais nous sommes des roturiers et ma famille essaye effectivement d'accéder à la noblesse. »
Qui plus est, elle ramenait le luxe à la table des discutions, tout cela était plutôt bien parti pour la jeune fille, cette réponse avait fortement plu au jounin mais Mizaki se décida à lui poser une nouvelle difficulté.
« Ce sont des choses bien luxueuses que vous semblez vendre, cela peut paraître tentant effectivement mais je ne suis pas homme à prendre des décisions comme cela sans concertation. Je vous ferai recontacter ultérieurement pour en parler si cela nous semble intéressant. »
Jouer la personne qui feint d'être in-intéressé par cette proposition, jouer la personne qui en veut toujours plus, attendant de voir si la chounin était capable de trouver moyen de surenchérir.
 « Un instant je te prie. »
Ce fut Soi Fon qui prit la parole la première, adressant un message des plus clairs à Mizaki. « Je ne suis pas ta conseillère et c’est en amie que je te donne le conseil suivant, tu ne devrais pas la repousser comme tu viens de le faire. Le nom de sa famille m’est inconnu mais comme toi je ne connais pas tous les commerçants de Kaze no kuni et s’ils sont bien tels qu’elle les a décrits, laisse-la au moins espérer car tu n’es peut-être pas le seul noble sur sa liste. Cependant tu as raison d’être prudent et de ne pas prendre de décision hâtive. »
Sans sorti de son rôle, Soi Fon venait de montrer qu'à elle aussi le discours précédent de Mangetsu avait bien plu, que cela était suffisant pour s'attirer les faveurs de la diplomate, et surtout que ce dernier test que proposait Mizaki n'était pas vraiment nécessaire pour confirmer le fait que Mangetsu s'en était bien sorti.
Afin de faire un peu languir, Mizaki se donna un instant de réflexion, du moins c'est ce qu'il voulait faire paraître, car dans son esprit les choses étaient parfaitement clair, Mangetsu venait de réussir à s'attirer les faveurs de la diplomate et avait poussé le noble à surenchérir par la volonté de Mizaki d'infliger à la chounin un test supplémentaire, c'était un bilan clairement positif mais il fallait finir de jouer le rôle.
 « Très bien. Est-ce qu’une entrevue demain pour le déjeuner avec quelques-uns de mes conseillers vous conviendrait ? »
Le ton avait changé, mais restait le plus possible dans la rôle, ne pas montrer que l'accord était dors et déjà signé, mais qu'elle avait au moins réussi à s'attirer les faveur du noble et de la diplomate comme l'avait stipulé Miyu.
 « Ce sera avec plaisir Murata-san »
Le sourire de Mangetsu mit fin à la petite représentation, Mizaki relâcha aussitôt son henge et souffla un grand coup, ce type d'exercice l'épuisait, ce rôle était bien trop éloigné de ce qu'il était pour pouvoir se sentir à l'aise dedans.

 « Mizaki, vous étiez très bon dans votre rôle, le personnage était vraiment détestable. Soi Fon, je ne sais pas ce que vous avez dit à Mizaki mais merci pour votre aide. »
 « Pas de quoi, ton personnage a su me convaincre »
Soi Fon venait de résumer parfaitement ce que pensait Mizaki qui n'ajouta rien qu'un geste d'approbation de la tête et un sourire, pas besoin de grand mot pour affirmer le fait qu'elle s'en était parfaitement sorti et pour la remercier sur le jugement de la performance qu'il venait de livrer.


Reprise de l'entrainement :

Le jeu de rôle terminé, Mizaki redevint parfaitement lui même avec son obsession : l'entrainement. Alors que tout le monde sembla se diriger vers le pays des songes, Mizaki indiqua à Miyu qu'il allait s'éloigner et se remettre à l'entrainement pour encore quelques temps avant d'aller se coucher, le rythme de voyage n'étant pas spécialement élevé il pourrait se reposer dans ces moments là et au pire en voyageant sur le dos d'Awayuki. Ainsi, afin de préserver son tigre, le jounin décida de lui demander de rentrer chez lui pour cette fois et qu'il le réinvoquerait pour dormir.

 « En revenant chez toi, préviens Aisu et Sekkei du fait que je vais les invoquer pour mon entrainement. »

Ce fut seul que Mizaki s'enfonça entre les arbres pour s'arrêter au même endroit que précédemment, de là il était sûr qu'il ne gênerait personne avec son entrainement.
*En même temps c'est un entrainement pour faire dormir ...*
Il commença par créer un nouveau kage bunshin qui à peine arrivé composa quelques sceaux, faisait apparaitre dans un premier temps Aisu et dans un deuxième Sekkei.

 « Je ne vais pas m'étendre, je pense que vous avez compris de quoi il retourne, j'ai besoin de vos impressions et de votre ressenti par rapport à mes essais. On y passera la nuit s'il le faut. »

Sans un mot tous se positionnèrent dans des positions relativement éloignés les uns des autres afin d'augmenter un peu la difficulté. Mizaki se remémora rapidement le dernier essai qu'il avait effectué avant de manger et reparti sur les mêmes bases.
Tout en maintenant le tao, le jounin chercha à regarder les réactions autour de lui et constata malheureusement qu'aucun d'entre eux ne vacilla.

 « Il y avait un petit quelque chose au niveau du sommeil, mais réellement trop peu même pour gêner. » répondit Aisu devant un Mizaki un peu perplèxe sur sa prestation.
 « Mmmh … Et au niveau des plumes? »
 « Comme tout à l'heure, c'était bien suffisant, comme tu avais rajouté deux tigres par rapport aux essais précédents tu as peut être un peu trop insisté sur les plumes. »

Le clone avait surement raison et Mizaki le savait, mais cela ne le rassurait pas vraiment, il n'avait ajouté qu'une seule personne dans son jutsu, avait réussi à avoir les plumes qu'il fallait pour chacun, mais cela au détriment de l'efficacité du jutsu, il restait encore du boulot, mais le jounin avait la nuit devant lui et comptait bien multiplier les essais afin d'y parvenir.

Ainsi, le jounin se lança dans un nouvel essai qui rappela celui fait juste avant de manger, une once de sommeil était belle et bien présente, mais ce n'était toujours pas suffisant pour provoquer le sommeil chez ses partenaires d'entrainement qui n'avaient pas grand chose à faire à part à rester planter sur place. Mizaki avait bien compris que ce n'était pas encore ça et se donna quelques instants pour réfléchir, demandant aux autres s'ils avaient quelques idées, mais sans succès.
Devant cet échec, le jounin leur demanda de décrire encore plus précisément ce qu'ils avaient ressenti, peut être qu'un piste pouvait se dégager de cela, du moins c'est ce qu'il espérait.

 « Je n'ai pas ressenti réellement un sentiment de lourdeur ou de fatigue ou je ne sais quoi encore, la seule chose que j'ai ressenti c'est que mes paupières ont commencé à descendre avec une légère perte d'équilibre. »
Sur ces propos d'Aisu, Mizaki et le clone semblèrent avoir une sorte d'éclaircissement de la situation et de la manière dont fonctionnait le jutsu.
 « Il y a donc une légère sensation de sommeil, mais ce ne serait pas suffisant dans le sens où on ne ressent pas tous les signes de sommeil... »
 « … Ce qui veut dire qu'il faut que je travaille sur chacun des aspects du sommeil et inconsciemment j'ai juste pensé aux paupières lourdes et au fait qu'endormi on ne peut se tenir debout ... »

La piste semblait suffisamment sérieuse pour être exploitée sans plus attendre. Le jounin se lança alors dans un nouvel essai, tentant de prendre en compte un aspect fatigue, donner l'illusion de cette fatigue pour qu'il ne s'agisse pas d'un simple clignement d'œil devant des plumes qui dansent.
L'essai ne fut pas tellement plus fructueux que le précédent, mais une légère amélioration pouvait se sentir malgré tout, si bien que les trois cobayes indiquèrent à Mizaki de poursuivre sur cette voie. Ainsi, le jounin s'évertua, essai après essai, à tenter d'inculquer une fatigue en chacun sans pour autant omettre l'aspect clignement d'yeux et celui de légère perte d'équilibre.
La tache ne fut clairement pas aisée, oubliant de tant à autre un de ces aspects, parfois en en négligeant simplement un par rapport aux autres, il fallait trouver un équilibre entre chacun et seule la pratique pouvait lui donner cette sensation.

Le genjutsu n'était pas son point fort, mais il était loin d'être le plus faible comme cela l'était quelques temps auparavant, si bien que l'équilibre fut finalement trouvé entre ces trois aspects, mais toujours pas de sommeil …

Mizaki ne comprenait pas, il était incapable de faire mieux sur ces trois aspects, et pourtant les trois protagonistes en face de lui ne s'effondraient toujours pas au sol … Répéter les essais dans ces conditions ne servirait assurément à rien à part à puiser encore un peu plus dans les réserves de chakra, il manquait encore quelque chose.

Le jounin fit alors signe de rassemblement à la petite troupe afin de discuter et éventuellement trouver une solution comme précédemment. Même s'il n'avait pas de sensei, Mizaki avait trouvé en ses clones et ses invocations de très bons partenaires d'entrainement, il était indispensable d'avoir ce type de personnes à coté pour donner des conseils ou des avis lorsqu'on était face à quelqu'un comme Mizaki qui en dehors de son rouleau d'invocation n'avait jamais le moindre rouleau de technique sur lui, pas même pour s'entrainer.
Mizaki exposa alors à ses convives le problème : il ne pouvait trouver meilleur équilibre entre les différents aspects, il fallait trouver ce qui manquait, parler des sensations, de l'aspect qui pouvait encore manquer, etc …

La discussion qui en suivit fut plutôt longue, aucun d'entre eux ne percevant ce qui pouvait manquer comme aspect au sommeil par rapport à tous les aspects déjà introduits dans la technique de Mizaki. En un sens, la technique était déjà presque utilisable comme cela, la sensation de fatigue et le clignement des yeux n'étant pas contournable sans kai c'était là un très bon moyen pour ouvrir la voie aux coéquipiers qui n'auraient plus qu'à taper pour assommer, mais ce n'était pas là le but de la technique qui était de ne même plus avoir à se déplacer pour taper et ainsi poursuivre tranquillement la mission …
Il fallait poursuivre, chercher à nouveau cet aspect manquant

L'éclair vint d'Aisu, ce dernier aspect n'allait clairement pas être le plus simple à inculquer, l'envie … Une personne qui est fatiguée, même si on lui ferme les yeux, si elle a décidé qu'elle ne voulait pas dormir alors elle ne dormirait pas, ou tout du moins très difficilement, il fallait donc persuader la victime du genjutsu qu'il fallait dormir, qu'elle en avait besoin. Après tout, n'est ce pas là le principe même du genjutsu que de réussir à faire croire en quelque chose qui n'est pas réel ?...

Le travail de persuasion avait déjà été bien amorcé avec les autres aspects, mais devant la difficulté de ce dernier cité par Aisu, le jounin préféra travailler celui ci séparément des autres, toujours bien évidemment accompagné des plumes.

Chacun reprit sa position, Mizaki se lançant dans un nouvel essai qui fut directement aussi efficace que le dernier qu'il avait fait avec les aspects de fermeture des yeux, celui de déséquilibre, et celui de fatigue réunis.

 « Cet aspect semble beaucoup plus efficace que les autres individuellement, en tout cas c'est ce que j'ai ressenti. A mon avis, lorsqu'il sera couplé aux autres il ne faudra pas qu'il soit en équilibre avec eux, les autres à coté ne sont que des artifices servant à aider cet aspect là. »

Il était vrai que le vacillement de chacun avait semblé un peu plus important lors de cet essai, ce qui avait plutôt surpris un Mizaki qui n'avait pas cru cet aspect aussi puissant, surtout qu'il s'agissait là d'un premier essai sur ce nouvel aspect du sommeil.
*Si on contrôle l'envie alors la personne ne pourra pas se défendre en dehors d'un kai, elle ne cherchera même pas à se défendre, je comprends mieux maintenant comment fonctionne ce genjutsu ...*

Fort de ce qui était plutôt une réussite comme essai, Mizaki poursuivit ses essais un long moment sur cet aspect uniquement, cherchant à le perfectionner, à le faire passer au stade de réflexe pour ne plus avoir à y réfléchir et surtout à s'y concentrer autant de temps. Entre le premier et le dernier essai, l'amélioration était significative de ce point de vue là, Mizaki avait gagné en rapidité d'exécution sur l'inclusion subliminale de l'envie de dormir, mais aussi sans s'en rendre compte était parvenu à maitriser la danse des plumes de manière beaucoup plus instinctive.

Le jounin stoppa ses essais lorsqu'il commença à constater d'une stagnation dans le vacillement de ses victimes du jour, chose que ces derniers lui confirmèrent. Mizaki était parvenu au mieux qu'il pouvait faire sur cet aspect et avait également besoin de reprendre un peu son souffle. Cela faisait déjà un grand nombre d'heure que le repas et le petit jeu de rôle étaient terminés, il n'avait fait que travailler depuis ce moment là et s'était accordé que de rares pauses pour discuter de la technique en elle même avec son clone et ses invocations. Qui plus est, même s'il ne dormait que très peu, Mizaki n'en restait pas moins humain et passer une nuit à s'entrainer après une journée de voyage, aussi lent soit-il, cela ne pouvait que rapprocher le jounin de ses propres limites.

L'heure d'aller dormir était maintenant proche, mais le jounin voulait tenter une dernière série avant d'y aller, il avait encore l'énergie pour et comptait bien en profiter. Il demanda à son clone de disparaître, pour cette dernière série d'essais il avait besoin de toutes les informations possible et donc du ressenti de son clone. Il n'y avait rien de tel pour voir comment fonctionnait la technique sur autrui.
Mizaki reçu alors toute l'expérience de son clone, la vision qu'il avait eu des plumes, la sensation ressentie face aux différents aspects, que ce soit la fermeture des yeux, le sentiment de déséquilibre, la fatigue, et surtout l'envie. Tout devenait clair pour le jounin, qui en plus de son expérience personnelle sur cette technique et le vague souvenir qu'il en avait de quand Tenshi l'avait utilisé sur lui, pouvait désormais utiliser l'expérience de la victime de ce genjutsu, mettre une image dessus en plus des mots qu'avait prononcé le clone tout au long de l'entrainement, l'expérience acquise par Mizaki était encore plus proche d'être complète grâce à son clone.

Avec ces nouveaux éléments, Mizaki décida de se lancer dans des essais regroupant tous les éléments de cette technique, en préservant la pluie de plumes comme lors de tous les essais précédents et en y ajoutant les quatre aspects simultanément.
*J'ai déjà utilisé les trois premiers ensemble, il ne me reste plus que le quatrième que j'ai travaillé séparément à ajouter.*

Le jounin fit signe aux deux cobayes restants, Aisu et Sekkei, qu'il allait lancer un nouvel essai, puis joignit les mains devant lui pour former le tao correspondant, souffla légèrement pendant sa phase de concentration, puis relâcha le jutsu en se remémorant chacune des parties de ses essais précédent et de ce que le clone lui avait transmis.

[HRP : au niveau de la progression dans l'entrainement j'ai donc fais comme tu as dis pour le nombre d'essais indéterminés, mais au niveau de la progression j'avoue ne pas avoir su comment faire (ou tout du moins jusqu'où je pouvais aller ) :oops:. Donc si tu trouves que c'est trop n'hésite pas à me le dire et je réduirai ça :winkk: (et si comme ça ça te va alors j'attends le prochain résultat :D).]


Nuit et lendemain :

Suite à ses derniers essais, Mizaki fit signe aux tigres de s'en aller, puis rappela Awayuki.

 « Je pense que tu t'es bien reposé, tu vas pouvoir continuer à dormir ici et demain je pense que tu auras surement à me porter... »

Le tigre se contenta d'acquiescer et accompagna Mizaki jusqu'au campement, restant comme à son habitude dehors pour dormir plutôt que de rentrer dans ces bâtisses de toile, il avait toujours préféré dormir à la belle étoile ou au pire dans un de ses abris de bois, mais une tente très peu pour lui. Awayuki s'allongea, Mizaki posa la tête sur le flanc du tigre et sombra très rapidement au pays des songes pour se réveiller comme à son habitude dès l'aube, quand on a un rythme de réveil le matin il est difficile de s'en défaire, et ce même en cas de fatigue.

Mizaki n'était pas vraiment fringuant lorsque le départ fut donné, mais cela suffisait amplement pour pouvoir faire le voyage par lui même à la vue du rythme imprimé. Malgré tout, Mizaki succomba rapidement à l'envie de voyager sur le dos de son animal, sautant sur celui ci pour s'étaler de tout son long sur son dos, se laissant ainsi porter par l'animal jusqu'au moment du repas où Miyu annonça quelques nouveaux éléments concernant la suite du voyage.

*Un nouveau jeu de rôle ? Enfin celui là est en situation réelle. En tout cas garde du corps je n'aurai pas à me forcer comme avec le noble pour jouer un rôle, c'est parfait pour moi ça.*

Cependant, malgré cette pensée, Mizaki afficha une pointe de déception, cette nouvelle mission signifiait qu'Awayuki ne serait pas de la suite du voyage, se balader avec un tigre blanc de cette taille c'était assurément la couverture qui sautait.
Mizaki forma un henge, non pas pour changer sa garde robe ou sa corpulence, mais pour changer de visage et ainsi faire disparaître les signes distinctifs de fuuin qu'il avait, s'il les avait laissé apparents alors certaines personnes auraient pu éventuellement y reconnaître un ninja. Il était peu probable que des personnes cherchent à deviner les significations de ces marques, mais mieux valait être prudent malgré tout.

Mizaki marcha ainsi couvert de son henge aux cotés de Mangetsu jusqu'à l'auberge où il passa devant, assurant son rôle du mieux qu'il pouvait, et il n'y avait pas à dire, celui ci lui convenait nettement plus que celui du noble. Il servit de portier au groupe en inclinant légéèrement la tête en avant sans un mot, puis se replaça sur le coté de Mangetsu, légèrement en arrière malgré tout pour la laisser parler et faire la réservation des chambres.
Mizaki allait se retrouver avec Miyu, Mangetsu avec Soi Fon, et enfin Aoshi et Shiyu ensembles, chose que corrigea Soi Fon juste après, demandant une chambre seule. Miyu et Mangetsu se trouvaient ainsi dans la même chambre, ce qui posait au final problème pour Mizaki qui se retrouvait seul dans une chambre pour deux. Ainsi, Mizaki prit la parole à son tour en se tournant vers Mangetsu, ou plutôt Mehara.

 « Ne vous faites pas de soucis pour moi je resterai devant la porte où vous dormirez avec madame votre tutrice, je pourrai plus facilement m'occuper de votre sécurité ainsi. »

Une fois les négociations de chambres terminées, tous s'attablèrent, chacun mangea selon sa convenance mais pour Mizaki il manquait quelque chose, cela lui en avait presque passé l'envie de manger à cause d'un petit blues qui s'était installé en lui : il mangeait sans rien partager avec ses tigres … La mine déconfite devant cette chose pourtant loin d'être grave, Mizaki avala quand même ce qu'il avait dans l'assiette jusqu'à ce qu'un refus se fasse entendre non loin d'eux, la serveuse de faisait pour l'instant simplement alpaguer par quatre hommes, mais il était clair que ça ne s'arrêterait pas à ça …

Cependant, ce qui attira le plus l'attention de Mizaki, c'était l'attitude des gens autour...
*C'est quoi ce délire ils regardent tous les fond de leur assiette ?*
Il n'y avait que deux explications, soit les quatre hommes étaient réellement trop forts, soit ils appartenaient à un groupe ou des autorités influentes et qu'on ne conteste pas. Quoi qu'il en soit, dans les deux cas il n'en restait pas moins qu'il s'agissait bien là de quatre connards profitant de leur situation. Seulement, connards ou pas, s'il s'agissait juste d'homme trop forts pour la foule alors toute la tablée de ninja aurait pu se lever leur foutre une branlée, si en revanche il s'agissait d'hommes dépendant d'une quelconque autorité influente alors la couverture qu'ils avaient ne devaient pas sauter, s'ils étaient liés à l'organisation sur laquelle ils devaient enquêter alors cela pourrait avoir des conséquences par la suite. Même si les probabilités pour que cette situation purement pessimiste se produise étaient faibles, elles n'en étaient pas pour autant nulles. Qui plus est, Miyu leur avait confié des rôles, Mizaki considérait qu'ils devaient s'y tenir au maximum des cas, en cette instant même si elle jouait le rôle d'une tutrice il n'est restait pas moins qu'elle restait leur supérieure avec ses ordres. Seulement, comment faire … même s'il n'était pas du style à réagir au quart de tour il n'en restait pas moins que le spectacle n'était pas du tout du goût de Mizaki, il y avait certes de situations où il aurait perdu son self-control et son rôle pour foncer dans le tas, mais là il était encore capable de discernement pour trouver un moyen d'arrêter ça sans sortir de son rôle.

L'idée lui vint lorsque Soi Fon montra les premiers gestes d'énervement lorsque le pauvre patron se dirigea vers le groupe sans la moindre chance de victoire.
« Ne te découvre pas. Va dehors et je t’envoie le paquet »
 « Très bien, fais vite s’il te plaît. »
Mizaki répondit d'un simple sourire, elle n'avait pas à s'inquiéter pour cela, il n'attendait qu'une seule chose qui arriva dans la seconde qui suivi, couvrant ainsi la sortie discrète de Soi Fon.

« Allez aider cette femme s'il vous plaît et faites sortir ces hommes, leur présence m'incommode. »

Mizaki se leva en prenant bien soin de faire grincer la chaise par terre, pour attirer l'attention de tout le monde, les quatre agresseurs compris, vers lui. Entre ce bruit volontaire et les paroles de Mangetsu, les personnes autour avaient relevé légèrement le nez de leurs assiettes et les quatre hommes avaient momentanément cessé leurs agissements. Debout, Mizaki tira une révérence à celle qui le commandait tout en prenant le ton le plus neutre possible.

 « Comme il vous plaira madame. »

Le plus difficile allait commencer pour Mizaki, les faire sortir sans user de ses compétences en ninjutsu ou genjutsu, se battre avec des techniques d'armes et de taijutsu pas trop évoluées pour pouvoir être confondu avec quelqu'un d'autre qu'un ninja. Malgré cette difficulté, Mizaki avait une petite idée de comment s'y prendre.

Il tira son wakizashi et se précipita vers ces hommes, deux d'entre eux se détachèrent pour foncer sur Mizaki qui bifurqua brusquement sur l'un d'entre pour envoyer un semblant de Kage Buyou, la main au sol, un coup de pied volontairement légèrement excentré pour ne pas envoyer le mec percer le plafond mais juste pour lui faire faire un vol plané dans une des fenêtres pour l'envoyer à l'extérieur.
Le second à ce moment là était tout proche de Mizaki et avait déjà amorcé son coup de katana, ils n'étaient pas si mauvais que cela finalement, mais réellement peu rapides, un coup comme celui ci Mizaki n'aurait eu aucun mal à s'en dégager, mais cela aurait pu éveiller quelques soupçons sur sa propre vitesse, ce qui fait qu'il se contenta de mettre la lame de son wakizashi en opposition puis en inclinant pour faire passer la lame sur le coté et qu'elle se plante dans le sol. Mizaki avait les épaules au sol suite à cette parade qui avait suivi sa précédente technique, il agrippa d'une main la cheville de l'homme pour la tirer vers lui et ainsi provoquer son déséquilibre, mais également pour tendre l'autre bras et diriger sa lame vers la tête de l'homme en train de chuter.
Le wakizashi passa en travers de l'oreille de l'homme qui se mit à hurler. Mizaki profita de ce moment pour se relever rapidement mais le troisième était déjà là, armant son épée en haut afin de l'abattre sur le crane du jounin qui envoya un grand coup de poing dans le ventre de l'homme tout en gardant un genoux au sol. Le coup de point asséné n'était pas un simple coup de poing, il s'agissait d'un Naihatsushoo qui envoya l'homme voler à travers la même vitre que précédemment pour s'écraser non loin de son pote qui l'avait précédé.
Alors que celui qui avait l'oreille percé se roulait de douleur au sol, Mizaki eut tout le temps de se relever pour voir le dernier commencer à paniquer et à menacer en prenant la serveuse comme otage, demandant à Mizaki de relâcher son wakizashi, ce qu'il fit aussitôt. L'homme éjecta littéralement la serveuse afin de se précipiter vers Mizaki qui était désarmé, mais àa sa grande surprise celui qui faisait office de garde du corps ne recula pas, au contraire, il s'était élancé vers l'assaillant. Pris au dépourvu, il envoya un grand coup d'épée qui passa très proche du visage du jounin qui fut quelque peu surpris à son tour par la dextérité de l'homme dans cette situation, à ne pas utiliser sa vitesse Mizaki venait de se faire une belle frayeur. Il envoya de nouveau un Naihatsushoo en plein abdomen de l'homme qui alla rejoindre ses petits camarades dehors. C'en était terminé, ou tout du moins il restait celui à l'oreille percé que le jounin agrippa par le col pour le trainer jusqu'à l'extérieur.

Le jounin tira une révérence vers le patron et sa serveuse qu'il aidait à se relever.

 « Je suis sincèrement désolé pour les dégâts occasionnés, je pense que madame ma maitresse vous dédommagera de tout cela. » puis il alla ramasser son wakizashi, prenant bien soin d'attirer l'attention sur lui pendant que le ménage extérieur s'effectuait.
*A ton tour Soi Fon ...*
La pensée du jounin était clairement destinée à sa coéquipière qui avait du faire réception du colis à l'extérieur.


Une fois tous de retour à table, Soi Fon y compris, celle ci adressa une requête à Mizaki qui accepta bien volontiers, c'était à son tour d'aller aux toilettes pour passer par la fenêtre. Elle leur rapporta également ce qu'avaient répondu les quatre hommes à la question sur leur appartenance, ce qui conforta encore plus le fait de répondre favorablement à la requête de Soi Fon de les filer, voir s'ils avaient pu éventuellement mentir ou non et pourquoi pas découvrir quelque chose s'ils appartenaient à une organisation quelconque.
Le clone s'en alla, sous encore un autre henge, accompagné par l'aigle avec qui il partagea la vision pour pouvoir pister ces hommes sans se faire repérer, si le clone se faisait détruire alors c'est qu'il y aurait un gros morceau dans les environs en plus des quatre hommes, le clone n'ayant pas l'intention de faire abstraction de ses capacités de ninja pour cette filature.


[HRP : fini :D

J'avoue que j'attends la réponse à la question que Soi Fon concernant l'appartenance des quatre gars, mais quoi qu'il en soit Mizaki envoie son clone et son aigle en filature, l'aigle survolant, Mizaki restant le plus loin possible. Le but est de voir s'ils peuvent appartenir à un quelconque groupe et donc pourquoi pas en apprendre un peu plus sur les organisations se trouvant dans ce coin :) (si tu as besoin de précisions sur cette filature Miyu hésite pas à demander :winkk:)).

Au niveau de la chambre j'ai donc décidé de dire que Mizaki allait rester devant la porte, ce qui n'est pas totalement vrai, il y placera un clone et lui ira dormir un peu plus loin. Si un de ses clones disparaît, que ce soit celui devant la porte ou celui envoyé en filature, il le saura instantanément, donc il surveille comme cela en se mettant dans un position pouvant le faire réagir à l'une ou l'autre des situations :).

Et enfin donc il y a le truc de l'entrainement que j'ai fais (voir le HRP précédent :P), et Mizaki ne s'entrainera le soir que si l'Anmin n'est pas validé, si en revanche il est validé il se focalisera sur la filature :).

voilà j''en ai fini avec ce post :P]
Mizaki Taro , d'un certain grade dans un certain village...

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Miyu Renraku
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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Miyu Renraku » dim. 30 août 2009, 21:52

L'entretien
Le jeune homme eut une grimace douloureuse et répondit avec difficulté :
« Nous sommes de la maison du Lys, les roturiers connaissent leur place... »
Soi Fon put en déduire qu'ils étaient nobles et au vu de leur comportement il étaient du genre à avoir tout depuis l'enfance et à prendre le reste si cela leur faisait envie, tout simplement.

La Filature

Les jeunes gens se dirigèrent vers un petit groupe d'arbres à proximité de la route commerciale et s'endormirent sous ce toit naturel, serrés les uns contre les autres. Pas un mot n'avait été échangé mais leurs visages blêmes témoignaient de l'affront fait à leur clan et à leur nom.

L'auberge au retour de Soi Fon
La fin de soirée se termina sans anicroches. Les clients lançaient des regards curieux à la table mais les conversations avaient repris et l'ambiance s'était détendue. Le patron les remercia avec son employée qui lançait un regard brillant au « garde du corps » leur demanda à quelle heure ils comptaient prendre le petit déjeuner le lendemain. Miyu répondit en début de matinée vers 8h et le patron hocha la tête avant de retourner servir ses clients.
« Vous avez bien tenu vos rôles tous... » murmura la Renraku de façon à ce que personne d'autre ne les entende. « Je suis contente que tu n'ai pas craqué Aoshi... un chunin doit savoir contrôler ses émotions. »
Les filles montèrent peu après pour parfaire l'apprentissage. Ils se retrouvèrent le lendemain au petit déjeuner. Miyu avait toqué une unique fois à toutes les portes des chambres occupées par l'équipe pour s'assurer que tout le monde soit débout à temps. Ils petit déjeunèrent de pain, de miel, d'oeufs, de fruits, de chocolat chaud ou de café.
Il n'y avait personne d'autre dans la salle et le patron sortit des cuisines, une tasse de café à la main.
« Je suppose que vous comptez prendre la route commerciale, je suis prêt à vous prêter des chevaux gratuitement. Ma façon à moi de payer ma dette pour l'aide d'hier soir. » Il avala une gorgée de café et jeta un regard à Soi Fon.
« Je ne mettrai pas non plus la réparation de la fenêtre des toilettes sur votre note. Un coup de vent l'aura certainement abîmée. Il souffle fort ces derniers temps... dans les bronches de ces jeunes coqs aussi je pense. Faites attention sur la route, même si vous semblez vous débrouiller correctement. Une sacré escorte que vous avez là. » conclue t-il en jetant un regard à Mangetsu par dessus sa tasse fumante.
Pas bête le tenancier.
« Des chevaux disiez vous ? » le relança Miyu avec un sourire chafouin. Sa manière de signifier à l'homme, qu'ils avaient compris le message.
« Oui. Mes employées sont en train de les seller. Laissez les au prochain relais, c'est comme ça qu'on fonctionne. Vous devrez descendre à pied du coup, mais le plus dur c'est la montée, ça sera déjà ça de fait. » termina t-il en regardant le liquide noir fumant tourner dans sa tasse.
« Vous êtes bien aimable et votre établissement est très bien tenu. Nous nous en souviendrons. »
L'échange s'arrêta là, le tenancier regagna ses cuisines avec un curieux sourire et Miyu croqua avec bonheur dans sa tartine.
« Voilà une excellente chose. J'espère que vous savez monter, dans le cas contraire vous ménagerez vos jambes mais pas vos popotins. » termina t-elle avec un petit rire.

Lorsqu'ils sortirent, les trois filles tenaient par la bride des juments sellées. Elles laissèrent les bêtes aux shinobis et rentrèrent dans le relais. Alors qu'elle passait à côté de Mizaki, celle qu'il avait sauvé lui effleura le haut de la cuisse en le regardant droit dans les yeux avec un sourire avant de suivre ses collègues.
Miyu expliqua les bases de la monte à ceux qui en avaient besoin. Réglage des étriers, façon de se tenir et de tenir le cheval... puis ils se mirent en route. C'était une belle journée ensoleillée et une brise taquine rafraîchissait agréablement les visages. Les bêtes étaient robustes et pleine de vie, elles arpentaient la route avec aisance. Mélange, de cailloux de poussière et d'herbe, elle était bordée par des rochers et des fleurs sauvages. Quelques arbres éparses poussaient, leurs troncs tordus pointés vers le soleil.
Ils croisèrent un groupe de caravanes colorées arborant l'emblème d'un des huit clans Ghi-Psy. Des Gens-du-Voyage comme d'autres les appelaient. Des enfants les saluèrent joyeusement alors que certains adultes les dévisageaient avec défiance.
Croisant le regard d'une très vieille femme qui conduisait une caravane, Miyu lui sourit et posa l'index et le majeur de sa main droite sur son coeur puis fit monta sa main jusqu'à son front sur lequel elle posa son poing fermé.
La vieille femme sourit en retour et réitéra le geste avant de crier d'une voix apaisante quelque chose dans une langue musicale qui évoquait une rivière coulant sur des pierres humides. Dés lors, les visages se firent plus amicaux. Ils les dépassèrent très vite, au son d'un violon dont jouait un petit garçon aux épais cheveux noir et au teint bronzé.
Ils s'arrêtèrent un quatuor d'heures plus tard pour déjeuner. Certaines fesses et cuisses étaient douloureuses. Ils avaient une jolie vue d'où ils étaient et apercevaient le début du désert dont ils venaient.
Ils parvinrent au relais en fin d'après midi.
« Inutile de rejouer la même scène que la dernière fois, nous redevenons ce que nous sommes vraiment ce soir. Tai m'a informé que tout les voyageurs que nous avons aperçus dans la salle hier soir allaient dans l'autre sens. C'est curieux quand même... tiens voilà votre mission pour ce soir. Essayez de vous renseigner sur la situation actuelle de la région et si possible des détails sur la ville. Bon du coup, vous voudrez peut être faire ça sous une fausse identité... comme vous voulez en fait. » conclue t-elle en haussant les épaules.
« Je vous laisse libre des moyens. »

Ils laissèrent leurs chevaux à un garçon d'écurie et pénétrèrent dans l'auberge. L'ambiance était sensiblement la même, Miyu annonça qu'elle allait prendre un bain avant le dîner et monta pour se débarrasser de la poussière de la route.
Il y avait différentes personnes dans la salle.
Un couple apparemment la quarantaine, en voyage avec leurs enfants, un garçon d'environ quinze ans, une fille de treize et la petite dernière qui ne devait pas en avoir plus de sept.
Une jeune femme habillée d'un riche kimono rouge et or, une coiffure compliquée, une maquillage étudié.
Des jumeaux, roux, habillés avec de confortables vêtements de voyages bleu et sable.
Deux hommes au physique diamétralement opposés : l'un la trentaine, grand et élancé, de longs cheveux noirs, le visage fin, habillé d'un vêtement rouge brodé d'or, une curieuse boucle d'oreille finement ciselée. L'autre de taille moyenne, bon vivant, une impressionnante moustache, habillé d'un costume émeraude chemise et lavallière.
Enfin, un vieil homme vêtu pour un long voyage, la barbe blanche, les yeux bleu, une canne en bois solide posée contre le mur, il était accompagné d'un petit garçon qui devait à peine avoir atteint la dizaine d'année, souriant, les cheveux blond en bataille, l'air malin.

HRP : Je vous laisse décider de ce que vous souhaitez demander, à qui etc et vous vous arrêtez dessus.
Les quatre nobliaux de la famille du Lys se sont levés vers 9h-10h et sont partis sur la route commerciale mais dans l'autre direction. ^^
N'hésitez pas à discuter entre vous pendant le voyage, à poser des questions, je peux répondre par mp. Vous pouvez commencer/continuer un entraînement. :)
Vous avez jusqu'à mercredi soir. Amusez vous bien ! :winkk:
Miyu Renraku, Jonin de Suna .

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Mangetsu Kukan
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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Mangetsu Kukan » mar. 01 sept. 2009, 23:31

Mizaki s’était levé en réponse à la requête de Mangetsu, sa patronne adorée. Il s’était levé bruyamment pour que ceux qui n’avaient pas entendu la demande de la jeune fille soient définitivement au courant qu’il fallait regarder par ici pendant qu’il se passait autre chose de l’autre côté. L’effet recherché avait été atteint, certains clients commençant à regarder vers eux et les 4 jeunes gens avaient soudain stoppé leurs agissements, tournant leur attention vers le garde du corps de la jeune fille. Elle s’inquiétait un peu pour Mizaki, il était jounin mais ses adversaires étaient tous armés et Mizaki ne pourrait pas utiliser ses techniques de ninja s’il ne voulait pas que les clients comprennent qui ils étaient réellement.
Après lui avoir fait une petite révérence, Mizaki répondit à Mangetsu pour ensuite aller s’occuper des trouble-fête.
« Comme il vous plaira madame. »

A côté d’elle, elle avait remarqué qu’Aoshi était en proie à des sentiments contradictoires et elle n’aurait su dire ce qu’il allait faire, pensant quand même qu’il viendrait en aide à Mizaki si jamais l’affrontement venait à tourner en faveur de leurs adversaires, tout comme elle le ferait si l’occasion se présentait et qu’elle ne se découvrait pas. Elle avait bien compris qu’en tant qu’espionne elle ne devait jamais se découvrir, quoi qu’il se passe sous ses yeux. Même si perdre sa couverture ici n’aurait pas les mêmes conséquences que si elle était en mission d’infiltration, elle ne pouvait prendre le risque d’être découverte, et déjà maintenant elle se rendait compte des difficultés qu’elle serait amenée à coup sûr à rencontrer en tant qu’espionne. Elle souhaitait ne jamais les rencontrer mais il n’y avait pas d’illusions à se faire, elle savait qu’un jour ou l’autre elle y serait confrontée, si elle ne mourait pas avant.

Ce qu’il se passa alors colla Mangetsu à son siège, elle était littéralement subjuguée par le combat de Mizaki. Dès le départ il avait un peu rétabli l’équilibre, mais à peine, en tirant son wakizashi mais en face il y avait 4 katana, mais ça n’est pas ça qui fascina Mangetsu. Le combat ne dura quelques secondes mais Mizaki parvint à les neutraliser avec une économie de mouvement et une efficacité tout bonnement époustouflantes. Jamais elle n’aurait dû douter de lui car même sans ses techniques de combat avancées, il dominait clairement la situation.
Dès les premiers instants il avait expulsé de la pièce l’un des hommes et s’il se retrouva au sol après avoir paré quelques coups, cela ne l’empêcha pas de neutraliser le second agresseur, les 2 derniers restant en retrait pour le moment. Lorsque le wakizashi de Mizaki transperça l’oreille du second homme, Mangetsu porta la main à sa bouche, pendant que le malheureux criait de douleur.
*Ouh, ça doit faire mal ça !*

Le troisième bien qu’ayant tenté de profiter de la situation pour neutraliser Mizaki n’eut pas plus de chance et le dernier prit même la serveuse en otage, exigeant de Mizaki qu’il lâche son arme, ce qu’il fit et l’homme lui fonça dessus pour profiter de l’apparente faiblesse de Mizaki mais même si un coup fit très peur à Mangetsu qui le vit passer à un cheveu du visage du jounin, celui-ci parvint à esquiver et à neutraliser ce dernier adversaire, finissant par tous les envoyer à l’extérieur de l’auberge.
Le combat avait été rapide mais intense. Il n’était pourtant pas terminé mais à présent c’était sur un autre terrain que les choses allaient se jouer et la jeune fille avait pitié d’eux car Soi Fon serait certainement pire que Mizaki avec eux, surtout qu’elle était libre d’utiliser toutes ses techniques comme elle était hors de vue.

Mizaki retourna auprès d’eux et Soi Fon ne tarda pas à les rejoindre, sortant des… toilettes. De retour elle reprit son repas comme si de rien était puis elle leur dit qu’elle avait interrogé l’un des trouble-fête et qu’il s’agissait de nobles de la maison du Lys mais elle n’en avait pas appris plus si ce n’est qu’ils étaient du genre à se croire tout permis mais ça ils l’avaient vu. La jounin demanda aussi à Mizaki s’il pourrait envoyer un kage bunshin pour les suivre et s’assurer qu’ils aient compris la leçon, il accepta volontiers et se leva pour aller aux toilettes.
« C’est une bonne idée, ça évitera aussi qu’il y ait des représailles. »

Au retour de Mizaki la soirée se poursuivit normalement, certains clients les regardant avec curiosité mais Mangetsu n’y fit pas attention. Le patron et la serveuse vinrent bientôt les remercier et Mangetsu sourit en voyant le regard de la serveuse, dirigé droit sur Mizaki. Elle s’était retenue de pouffer, cela ne correspondait pas à son personnage. Selon elle les bourgeoises pouffaient uniquement lorsque quelque chose leur semblait ridicule. Le gérant leur demanda également vers quelle heure ils comptaient petit-déjeuner et Miyu indiqua 8 heure. Mangetsu fit un peu la moue, elle aurait préféré pouvoir dormir un peu plus mais ils étaient en mission après tout. Elle pourrait faire la grasse matinée à son retour.
Le patron et l’amoureuse de Mizaki les laissèrent et Miyu leur dit sur le ton de la confidence qu’ils avaient bien joué et qu’elle était contente d’Aoshi qui avait su rester maître de lui. Mangetsu eut une pensée pour Soi Fon mais elle ne la regarda pas, craignant un peu de déclencher une réaction chez elle.

A la fin du repas Soi Fon et Mangetsu suivirent Miyu à l’étage pour continuer leurs entraînements respectifs. La jeune fille espérait réussir à maîtriser le clonage ce soir mais sinon ce serait pour le lendemain et cela irait très bien aussi comme ça, elle n’était pas si pressée, seulement cette technique serait d’une aide considérable en cas de combat, même si elle espérait ne pas avoir à trop combattre. Finalement le personnage de la jeune bourgeoise qui possédait un garde du corps lui convenait à merveille, puisqu’elle n’avait pas à se battre mais voir les autres souffrir autour d’elle ne lui plaisait pas plus.

Arrivée dans la chambre, Mangetsu se déchaussa et s’installa sur l’un des lits comme il était prévu qu’elle partage sa chambre avec sa nourrice.
Le but étant de s’entraîner, la jeune fille n’attendit pas pour commencer et joignit tout de suite ses mains pour former le tao de la chèvre et malaxer son chakra. Etant plutôt satisfaite de son dernier clone en date, elle se décida pour essayer d’en faire plusieurs d’un coup cette fois-ci, ce qui était le but final de la technique. Ne voulant pas aller trop vite en besogne, elle opta pour former 3 clones sur ce nouvel essai puis elle adapterait en fonction, ne sachant pas trop jusqu’où elle pouvait vraiment aller.

Reproduisant le schéma habituel, elle expulsa son chakra tout en gardant un lien de vie avec lui mais elle en avait concentré davantage cette fois et l’avait expulsé dans 3 directions différentes, 2 de part et d’autre d’elle sur le lit et le dernier devant elle, plus bas pour donner l’impression que le clone était assis par terre. Se concentrant elle commença à moduler son énergie afin d’agir sur sa forme et reproduire son apparence dessus. Elle tentait d’envoyer les mêmes informations aux 3 futurs clones afin qu’ils soient identiques, tentant de reproduire chaque détail qui la composait, le dernier étant très ressemblant selon elle. Elle repensa à chacune des choses auxquelles elle avait pensé les fois précédentes, chaque petit détail qui la composait et en chercha d’autres mais n’en trouva guère. Elle avait l’impression d’avoir fait le tour mais il lui fallait encore animer ses clones. Les faisant apparaître en utilisant un henge sur son propre chakra comme pour le kawarimi, elle se replia sur elle-même pour capter chacun des mouvements inconscients qu’elle effectuait comme respirer, battre des paupières, bouger imperceptiblement la bouche,…

A cause de ce repli, elle ne vit pas que l’apparition des clones n’était pas très bonne et qu’il aurait été facile de deviner laquelle des 4 Mangetsu était la véritable, mais au moins ils lui semblèrent corrects le temps où elle les maintint. Elle leva alors la main pour voir si les copies faisaient pareil et celles-ci n’étant que des reflets, elles l’imitèrent à la perfection, Mangetsu étant plutôt contente d’elle-même pour cela. Tournant la tête, elle observa alors le clone sur sa gauche et rouspéta un peu, le reflet de la lumière, elle n’avait pas pensé à le copier. C’était un détail mais elle se rendait compte qu’il était impossible de tout inventorier et de faire évoluer son reflet par soi-même, surtout en plein combat, aussi après avoir dissipé ses clones elle se décida pour passer à une autre tactique.

Concentrant à nouveau du chakra en quantité à peu prêt équivalente, elle se représenta mentalement tout en s’entourant de chakra puis elle sépara cette énergie en 4 parts plus ou moins égales et en expulsa 3 parts aux mêmes positions que précédemment. La dernière elle la gardait autour d’elle, tentant de synchroniser son apparence avec les 3 reflets d’elle qu’elle voulait créer. Grâce à cette synchronisation, elle irait plus vite après pour transformer ses clones, mais encore fallait-il que ça marche. Elle les fit alors apparaître avec le dernier signe mais le résultat lui sembla moins bon que l’essai précédent, sans doute à cause des changements qu’elle avait apportés.
« Désolée, j’ai changé quelque chose dans ma méthode et il faut que je m’adapte. » dit-elle à Miyu et Soi Fon.

Se préparant à un troisième essai, la jeune fille rejeta la tête en arrière, regardant quelques instants le plafond, un doigt sur les lèvres, l’air en pleine réflexion. Puis elle se mit à former les signes, formant le tao de la chèvre pour concentrer son chakra qu’elle fit circuler autour d’elle comme pour un henge afin qu’il s’imprègne de son apparence, puis avec le signe du cochon elle expulsa 3 parts de chakra dans 3 directions, changeant un peu les endroits où allaient apparaître les clones, l’un d’eux devant apparaître juste derrière elle, et les 2 autres juste devant en file indienne. Ensuite avec le signe du buffle elle voulut activer la synchronisation qu’elle cherchait à créer entre son chakra et l’image qu’elle donnait à ceux qui la regardaient puis avec le signe du chien elle fit apparaître les clones, espérant que cette fois-ci le résultat serait au moins à la hauteur du premier essai de la soirée.
Elle avait bien pensé se recouvrir d’un henge d’elle-même pour simplifier sa propre image mais si le bunshin devait passer par cette étape on l’aurait prévenue et puis ça lui semblait très bizarre.

Après une bonne nuit de sommeil, Mangetsu fut réveillée par Miyu et la jeune fille, bien reposée malgré la fatigue de la veille, se leva pour s’habiller et préparer ses affaires. Elle s’habilla rapidement et se passa un coup de brosse dans les cheveux mais le gros du travail fut réalisé avec le henge avec lequel elle reprit son apparence de la veille.
Descendant dans la salle commune, Mangetsu s’attabla avec les autres et se prépara des tartines avec une généreuse couche de miel, elle prit également un chocolat chaud et une orange pour les vitamines. Le patron leur fit le plaisir de sa présence et pour la plus grande joie de Mangetsu qui s’était promise d’aller voir les écuries, il leur proposa de leur prêter gratuitement des chevaux en remerciement de leur aide de la veille.

Le patron parla aussi de la fenêtre des toilettes que Soi Fon avait probablement forcée pour rentrer dans l’auberge, tournant son regard vers la jounin, avant de leur recommander d’être prudents sur la route bien que, se tournant cette fois vers Mangetsu, il fit remarquer que la jeune fille possédait une sacrée escorte. Ils avaient été percés à jour, au moins en partie mais elle supposait que ça n’était pas trop grave.
Miyu sembla fort intéressée par la proposition du gérant et le complimenta sur son hospitalité, puis lorsqu’il les quitta, elle dit espérer qu’ils sachent monter, la joie de Mangetsu descendit d’un niveau, c’est vrai qu’elle ne savait pas monter, mais elle apprendrait !

Remontant préparer ses affaires pour le départ qui était imminent, Mangetsu modifia légèrement son henge optant pour sa tenue habituelle mais dissimula ses armes dans son sac. Elle devait pouvoir continuer de passer pour une jeune bourgeoise, même si le gérant ne semblait plus trop croire à leur histoire. Elle utilisa finalement quand même un henge pour donner une impression de plus grande valeur à ses vêtements, comme s’ils avaient été faits sur mesure pour elle, et surtout pour que sa coiffure reste la même, elle n’avait pas le temps de vraiment se coiffer de la sorte, elle n’était même pas sûre d’y arriver toute seule.

A l’extérieur de l’auberge, les 3 serveuses les attendaient avec des juments sellées. Elles tendirent à chacun une paire de rênes, avec une jument au bout sinon c’est moins drôle, puis elles rentrèrent dans le relais. Mangetsu regardait avec un grand sourire sa monture et ne revint à la réalité que lorsque Miyu prit la parole pour leur expliquer les bases de l’équitation, la jeune fille écoutant attentivement les explications qui allaient à coup sûr lui servir.
Enfin ils montèrent en selle, Mangetsu devant s’y reprendre à 2 fois parce que sa jument était un peu grande pour elle, ou alors juste parce que c’était sa première fois. Ensuite les choses allèrent mieux, leur rythme étant plutôt tranquille, bien que la jeune fille devait se chamailler avec sa monture qui essayait régulièrement de brouter les quelques végétaux qui poussaient par là.
« Mais arrête ! Il n’y en a déjà pas beaucoup ! Et si tu manges tout le temps on n’arrivera jamais ! »

Sur la route, ils croisèrent un convoi de caravanes colorées que Mangetsu identifia comme appartenant à des gitans. Par son père elle connaissait un peu ce peuple qui commerçait parfois avec lui mais c’était la première fois qu’elle voyait ces fameuses caravanes, puisque autour de Suna il n’y en avait pas du tout, le désert les empêchant de progresser.
La jeune fille répondait joyeusement aux signes que leur faisaient les enfants mais les adultes ne semblaient pas aussi enthousiastes en les voyant et elle se demandait bien pourquoi. Ils n’étaient pourtant pas effrayants.
Miyu fit alors signe à une très vieille femme, peut-être même la doyenne de leur groupe, et la salua d’une étrange manière que Mangetsu mémorisa en voyant la femme y répondre puis probablement signaler aux autres qu’ils n’avaient rien à craindre d’eux, mais elle s’exprima dans un dialecte que la chounin ne comprenait pas mais qui sonnait joliment.

Vers la fin du convoi, ils croisèrent un petit garçon qui les accompagna de quelques notes de violon alors que les 2 groupes s’éloignaient l’un de l’autre.
« Senseï, c’étaient des gitans, n’est-ce pas ? Et quel était ce signe que vous avez fait à cette femme, je veux dire qu’est-ce qu’il signifie et implique ? »
« C'était des gitans oui. C'est un signe de reconnaissance et de paix que m'a transmis un Initié. Il veut simplement dire que nous ne leur voulons aucun mal, on pourrait le traduire par « Paix de Coeur et d'Esprit ». Il vous servira peut être à l'occasion. » lui dit Miyu en lui souriant.
« C’est toujours bon à savoir, merci senseï. »

Ils firent leur première pause un peu après midi, cela faisait déjà 4 heures qu’ils chevauchaient et même si Mangetsu prenait beaucoup de plaisir à se balader à cheval, elle sentit quand même bien la douleur dans son petit popotin et se dit qu’elle aurait probablement des courbatures le lendemain, ses cuisses la tiraient également un peu mais c’était beaucoup plus supportable. Voulant ménager ses fesses, elle mangea à genoux. En tout cas l’endroit valait le coup d’œil et après le repas la jeune fille prit quelques minutes pour admirer le paysage, regrettant de ne pas savoir dessiner, enfin savoir vraiment dessiner, pour reproduire ce qu’elle voyait. Les montagnes autour d’eux étaient sublimes, de grandes plaines avec quelques arbres les entouraient et tout autour d’eux des montagnes, impressionnantes et majestueuses.

Lorsqu’ils approchèrent du relais, Miyu leur dit qu’ils n’auraient pas de rôle à jouer, ou en tout cas que c’était inutile. Elle leur dit également que Taï lui avait fait savoir que tous les voyageurs allaient dans la même direction et maintenant qu’elle le faisait remarquer c’est vrai que personne ne les avait doublés. Pour cette raison elle leur demanda de se renseigner un peu à ce sujet une fois au relais pour savoir ce qu’il se passait dans la région et avoir quelques détails sur la ville où ils arrivaient. Ils pouvaient alors prendre une fausse identité s’ils le désiraient mais ça n’était pas obligatoire et Mangetsu choisit de rester elle-même pour ce soir, afin de ménager son chakra aussi.

Avant de rentrer dans l’auberge, ils rendirent les chevaux, ce qui était plutôt arrangeant pour eux puisqu’ils n’allaient pas rentrer avec dans le bâtiment. Après avoir récupéré des chambres, Miyu annonça qu’elle allait prendre un bain et après cette nouvelle journée de voyage, Mangetsu trouva que c’était une rudement bonne idée et l’imita.
Elle resta un petit moment dans l’eau, se reposant un peu puis une fois toute propre, elle changea de vêtements pour en mettre des propres et descendit dans la salle commune, les cheveux encore un peu humides. Elle regarda alors les personnes présentes et avisa 2 hommes, tous 2 bien vêtus mais si l’un était mince, le second avait un léger embonpoint. Elle s’approcha d’eux en souriant mais ne s’arrêta pas, allant commander un ninja-cola bien frais au bar puis elle retourna vers eux pour lancer la conversation.

« Bonjour, je me nomme Mangetsu Awa. Je voyage avec mes amis et depuis ce matin nous n’avons fait que croiser des voyageurs qui allaient dans le sens inverse du nôtre. C’est un peu inquiétant quand même, sauriez-vous s’il se passe quelque chose au cœur du pays ou bien dans la ville ? »
Dernière modification par Mangetsu Kukan le dim. 13 sept. 2009, 23:38, modifié 1 fois.
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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Soi Fon » mar. 01 sept. 2009, 23:55

Durant l’entretien la jeune femme n’avait pu s’empêcher d’appuyer un peu plus fort sur l’entrejambe de l’homme lorsqu’il avait dis que les roturiers connaissaient leur place. ‘‘Scuse, je deviens maladroite quand j’entends des conneries.’’ Elle s’était ensuite enfoncée dans la nuit, faisant mine de s’éloigner après avoir dis aux quatre hommes qu’elle les tiendrait à l’œil. Hors de leur vue, elle fit demi-tour, les contournant largement pour regagner l’auberge en utilisant le shunshin, afin que son absence ne soit pas trop suspecte.

De retour à sa place elle avait raconté aux autres à voix basse le peu qu’elle avait appris des quatre hommes. ‘‘Il s’agissait de nobliaux, sûrement le genre à se croire tout permis parce qu’ils sont nés avec une cuillère en argent dans la bouche. Ils ont dis appartenir à la maison du Lys mais ça ne me dis rien. Mizaki, j’aimerais que tu les fasses suivre par un clone. Je leur ai dis que j’allais les tenir un peu à l’œil, je n’aimerais pas qu’ils recommencent dès demain ici pour se venger ou bien ailleurs.’’ Son équipier accepta volontiers et se rendit à son tour aux toilettes, afin d’envoyer quelqu’un pour les suivre. Elle lui avait demandé d’utiliser un clone mais de toute façon elle doutait qu’il envoie l’un de ses tigres suivre ces hommes, en plus dans le genre discret on avait vu mieux.

Le restant du repas se passa tranquillement, certains clients jetant parfois des regards curieux en direction de leur table, peut-être parce qu’ils avaient repéré le petit manège de Soi Fon mais la jeune femme préférait l’idée que ce soit à cause des exploits de Mizaki qu’ils étaient par moment le centre d’attention. C’était plus parce que ça l’aurait embêtée de s’être faite griller alors qu’elle avait exprès fait des efforts pour ne pas se découvrir que parce qu’elle ne voulait pas qu’on sache qu’elle avait pris part à la neutralisation de ces sagouins. Prête comme elle l’était à leur sauter dessus dès le départ pour leur mettre une correction bien méritée, qu’on la voit mêlée à tout ceci ne l’aurait pas dérangée s’ils n’essayaient de faire profil bas.

De manière générale, l’ambiance avait retrouvé un peu de sa chaleur et les conversations avaient reprises, peut-être bien sur ce qu’il s’était passé pendant la soirée d’ailleurs. Si ça se trouvait on en parlerait même le lendemain dans un journal local, Mizaki serait alors célèbre et il publierait sa biographie : "Moi, le Kuran, la Mayoï et mes peluches". Il y avait malgré tout plus à parier que l’affaire serait étouffée si les gens savaient que les quatre types étaient de la noblesse.
Le patron était venu les remercier, accompagné de la serveuse qu’ils avaient sauvée. Elle n’avait d’yeux que pour Mizaki mais la junin ne pouvait lui en vouloir, c’était normal après tout puisqu’elle l’avait vu la sauver.
Comme l’annonça Miyu, en réponse à la question du gérant, ils prendraient leur petit-déjeuner le lendemain vers huit heure, la nuit serait bonne.

Dès que le patron les eut quitté pour s’occuper de ses autres clients, Miyu leur dit qu’ils s’étaient bien débrouillés, elle dit également à Aoshi qu’elle était contente qu’il ne se soit pas laissé emporter, un chunin ne devant pas se laisser aller à ses émotions. Soi Fon prit cela pour une attaque personnelle et répondit du tac au tac. ‘‘Si c’est pour moi que tu dis ça, j’aurais eu honte de brider mes émotions et de rester les bras croisés pendant que cette fille se faisait agresser. Mizaki pouvait régler le problème seul en tant que garde du corps, je te le concède, mais je n’ai pas pour habitude de laisser mes combats aux autres. Et une fille qui se fait opprimer par la gente masculine fait partie de mes combats.’’

À la surprise de Soi Fon, Miyu lui sourit après quelques instants avant de lui dire que si elle n’avait pas agi, elle l’aurait fait à sa place et que sa réflexion était bien pour Aoshi qui avait hésité à entrer dans la mêlée. Elle le considérait toujours comme son élève, tout chunin qu’il était. La junin poursuivit en lui disant que si elle avait eu un reproche à faire à la Kirienne, elle n’aurait pas usé de chemins détournés, puis elle conclut son explication par un éclat de rire.
‘‘Je vois.’’ Répondit simplement Soi Fon, ne voyant guère quoi ajouter. Elle était cependant contente d’apprendre qu’il ne s’agissait pas d’un reproche déguisé.

Après le repas, Miyu leur avait proposé de monter pour s’entraîner un peu, à l’abri des regards dans la chambre de Miyu. Avant de partir, Soi Fon s’était tournée vers Mizaki, qui n’avait pas de chambre. ‘‘Si tu le souhaites, tu peux passer la nuit dans ma chambre.’’ Ils avaient déjà dormis ensemble après tout, même si là il n’y aurait qu’un seul lit mais cela pourrait aller quand même. *Ce serait fun.* Malgré tout son équipier lui dit préférer aller dormir à l’extérieur avec l’un de ses tigres. *Je me demande ce qu’ils font ensemble la nuit :mrgreen:.* Après lui avoir sourit et lui avoir souhaité de passer une bonne nuit, la jeune femme monta à la suite des deux Sunites pour poursuivre son entraînement. Elle espérait que Mangetsu avait l’estomac bien accroché, son entraînement à elle risquant d’être plutôt écoeurant…

Mangetsu s’étant déchaussée en rentrant dans la chambre, Soi Fon fit de même. Il s’agissait de la chambre de Mangetsu et de Miyu après tout, si elle avait bien suivi, il était donc normal qu’elle suive leurs règles.
Elles étaient là pour travailler mais si Mangetsu ne perdit pas une seconde pour débuter son entraînement, la junin prit davantage son temps, en commençant par laisser Mizu sortir de son sac et lorsqu’il ferait suffisamment sombre elle lui ouvrirait la fenêtre afin qu’il puisse sortir se dégourdir un peu les ailes. Elle avait ensuite pris l’une des précieuses seringues que lui avait donné Miyu et contempla un instant son bras, semblant un peu hésitante mais elle savait que pour maîtriser cette technique elle allait devoir se malmener un peu. Pour se donner du courage elle garda à l’esprit qu’ici elle se trouvait dans un environnement sous contrôle et que Miyu était une spécialiste des techniques de soin, il aurait donc été difficile de pouvoir apprendre cette technique dans de meilleures conditions, néanmoins c’était peu engageant.

‘‘Très bien… allons-y.’’ Joignant le geste à la parole elle retira le capuchon de protection de la seringue et posa l’extrémité d’où sortait l’aiguille contre son avant-bras avant d’actionner l’autre extrémité pour justement faire sortir l’aiguille. Elle ressentit une petite piqûre puis rapidement ses sensations diminuèrent au niveau de l’avant-bras avant de complètement disparaître, ses nerfs étant à présent totalement endormis. *Je suppose que je devrais les prévenir que ça ne va pas être vraiment joli à regarder… je ne risque pas de choquer Miyu, elle a dû en voir d’autre mais c’est Mangetsu qui m’inquiète davantage.*
‘‘Je préfère prévenir, mon entraînement ne va pas être super joli à voir donc évite de regarder par là Mangetsu.’’

Se faisant la jeune femme s’installa par terre en tailleur, tournant le dos à la chunin puis sortit une serviette de son sac quelle posa, pliée en trois, sous son bras. Elle prit ensuite son shinobi gatana et en pressa la pointe contre l’intérieur de son avant-bras, exerçant une légère pression dessus. Elle remonta du poignet au coude, serra les dents au début mais l’anesthésique était efficace et rapidement elle se détendit, même si la vue du sillon sanglant qu’elle traçait n’avait rien de transcendante. Quelque part c’était étrange de voir ses chairs s’ouvrir ainsi et de ne rien ressentir physiquement alors que la douleur aurait normalement dû être fulgurante, de même il était perturbant de s’infliger des mutilations volontaires, Soi Fon n’étant pas du genre à se tailler les veines en se disant que la vie c’était de la merde.
*Go, le temps joue contre moi et plus j’irai vite pour soigner ça, moins je saloperai ma serviette.*

Concentrant son chakra la jeune femme en envoya tout de suite une bonne quantité au niveau de la plaie et baigna celle-ci avec son chakra. Elle se concentra ensuite pour que son chakra vienne former une couche au niveau des différentes plaies, quelles soient internes ou externes, et ainsi les colmater en maintenant les lèvres de chacune des plaies l’une contre l’autre, cependant elle avant encore du mal avec cette technique car si elle pouvait réussir à visualiser les plaies externes, il n’en était pas de même avec toutes celles qui se situaient sous le derme, de même qu’en combat elle n’aurait pas le temps de se concentrer sur chacune de ses plaies, une à une. Sa technique marchait, mais uniquement sur une seule petite plaie alors qu’il s’agissait de guérir de ses blessures, un temps seulement, mais quelle que soit leur importance, quoique il devait tout de même y avoir une limite à ce jutsu, en plus de sa durée d’effet.

Sur le coup, plutôt que de chercher à agir sur chacune des plaies de manière précise en se servant de son chakra pour faire un pansement qui rétrécirait ensuite de manière à attirer les deux bords de la plaie l’un contre l’autre, elle se décida pour agir de façon plus bourrine en baignant simplement la zone ciblée avec son chakra et en le faisant agir de telle sorte qu’il entoure les zones lésées. Elle tenta donc de procéder ainsi, baignant son avant-bras de chakra pour ainsi entourer la plaie externe, mais également celles qui se situaient sous la peau et qu’elle ne pouvait donc pas voir, de sorte à ce qu’elles se referment. Si elle avait simplement cherché à boucher les trous avec son chakra, elle courrait le risque de couper sa circulation sanguine si elle n’était pas assez précise et elle n’aurait pas le temps d’être précise en combat.

Cet essai ne fut qu’une réussite partielle, la plaie se refermant pour se rouvrir immédiatement derrière alors que Soi Fon rompait sa concentration. Pour ce qu’elle savait de cette technique il n’était pas utile de rester concentré dessus lorsqu’on la maîtrisait, aussi devait-elle encore progresser. Sans perdre de temps, elle se lança dans un nouvel essai, surmontant la répulsion que son bras ainsi incisé commençait à lui causer. La blessure n’était pas petite et certainement pas bénigne, après cet essai il lui faudrait probablement demander à Miyu de soigner son bras, qu’elle ait réussi ou non son jutsu.
Envoyant à nouveau du chakra dans cette zone, la jeune femme baigna une fois encore son bras de chakra, tentant de le faire coller à ses blessures pour qu’il les entoure comme on banderait son bras par exemple. Cela restait invisible mais elle voyait déjà le saignement de sa blessure s’arrêter alors que ses chairs se refermaient miraculeusement. Elle laissa son chakra concentré à cet endroit tout en faisant circuler son chakra dans tout son corps afin de continuer à alimenter la technique. C’était la réponse qu’elle donnait à son problème.

Cette fois la blessure ne se rouvrit pas immédiatement et Soi Fon attendit quelques secondes avant de s’adresser à Miyu puis de stopper sa technique. ‘‘Miyu, je vais arrêter ma technique et je vais avoir besoin de tes soins pour refermer la blessure.’’ La junin acquiesça et prépara son jutsu de soin pendant que Soi Fon stoppait sa technique, un mince filet de sang réapparaissant sur son bras à mesure que les lèvres de la plaie se séparaient. Son bras fut baigné quelques instants par le chakra de Miyu et bientôt il ne resta rien de la blessure, pas même une cicatrice. ‘‘C’est un travail impressionnant, il faudra que je me mette aux techniques de soin un jour ou l’autre.’’ Effectivement, il faudrait qu’elle s’y mettre un jour, même si c’était Mizaki le spécialiste en ninjutsu de leur duo mais ça ne l’empêchait pas de prendre quelques connaissances pour son usage personnel. Ils n’étaient pas toujours ensemble, comme à cet instant précis.

Il était dommage de gâcher un si bel effort que celui de Miyu mais la maîtrise de cette technique ne passait pas uniquement par le soin temporaire des coupures. La jeune femme se saisit de trois senbon qu’elle demanda à Miyu de stériliser avant de se les enfoncer dans l’avant-bras sans autre forme de procès. Cette fois la tâche allait être double puisqu’il lui faudrait à la fois guérir de cette blessure mais également expulser les corps étrangers. Temporaire ou non, elle supposait qu’il était possible de faire ressortir les senbon de son corps grâce à son jutsu de guérison.

Faisant circuler son chakra dans tout son corps, la jeune femme en concentra une bonne quantité à l’endroit où étaient plantés les senbon, remerciant intérieurement Miyu de lui avoir fourni des anesthésiques, sans quoi elle n’en serait certainement pas là. Elle voulait bien encaisser les attaques de ses adversaires mais de là à se blesser elle-même, il y avait un monde et la douleur n’aidait en rien pour la concentration.
À l’aide du chakra concentré au niveau de la plaie, elle chercha à repousser les senbon hors de son avant-bras. Elle aurait pu les retirer elle-même mais ça n’était pas le cas de toutes les armes aussi préférait-elle apprendre tout de suite à expulser des corps étrangers de ses blessures. Elle vit les armes bouger légèrement mais ne parvint pas à les faire sortir, même au prix d’un important effort de concentration.

Après s’être accordée quelques minutes de pause, durant lesquelles elle vérifia le temps qu’il lui restait avant que l’anesthésie ne fasse plus effet, la jeune femme fit une nouvelle tentative, ne se laissant pas abattre par un simple échec. Ça n’était pas parce que le premier essai avait échoué que sa méthode était mauvaise. Lors de son nouvel essai, la jeune femme ne changea rien à sa méthode, mais elle se concentra davantage sur le mouvement d’expulsion des armes en dehors de son corps. Si elles étaient rentrées, elles pouvaient sortir. Pour rentrer elle leur avait imprimé un mouvement dans un sens, aussi en leur imprimant le mouvement inverse avec son chakra elle devrait être en mesure de les faire ressortir. Cette fois ils bougèrent perceptiblement mais cela ne suffisait pas à la jeune femme qui les remit en place, espérant ne pas se mutiler trop gravement.

Faisant une nouvelle tentative, elle voulut ajouter un mouvement de rotation à son chakra pour faire ressortir plus facilement les senbon mais ça elle n’y arriva pas du tout et dû se contenter d’appliquer le principe du suimen sur les senbon, ce qu’elle avait déjà fais lors de l’essai précédent mais cette fois-ci elle insista un peu plus et les armes finirent par ressortir pour de bon. Après cela la jeune femme passa à l’étape des soins. Ses chairs étaient déchirées, ça n’était pas par des dégâts tranchants mais le principe restait le même et grâce à son chakra elle parvint à refermer de manière acceptable ses blessures. Elle n’essaya en revanche pas de bouger la main, l’anesthésie l’en empêchant de toute façon mais en la touchant elle la sentit encore chaude et percevait son pouls au niveau du poignet, signes que le sang circulait toujours.
Elle demanda une nouvelle fois à Miyu de s’occuper de sa blessure et une fois soignée elle alla ouvrir la fenêtre à Mizu pour qu’il puisse aller se dégourdir les ailes, lui rappelant où se trouvait sa chambre à elle pour le moment où il voudrait rentrer, elle laisserait de toute façon sa fenêtre ouverte cette nuit.

Elle aurait pu traiter l’exemple de la fracture mais jusqu’à maintenant elle ne s’était jamais brisé aucun membre et comprenant mieux la théorie de sa technique elle pensait pouvoir guérir une telle blessure même si elle souhaitait vivement ne pas avoir à le faire. Il y avait tant de blessures possibles mais s’il y en avait encore une qu’elle devrait absolument traiter, c’était bien les brûlures. Le feu brûlait, le froid brûlait, l’électricité brûlait, cela représentait trop de techniques pour qu’elle néglige un tel domaine. Elle voulut d’abord demander son aide à Miyu pour la brûlure mais en voyant la lampe de chevet de l’un des lits elle eut une meilleure idée. Se levant elle alla l’allumer et après quelques secondes elle en retira l’abat-jour avant de placer l’ampoule brûlante contre sa peau qui commença à brûler, dégageant une odeur nauséabonde. ‘‘Désolé pour le désagrément.’’

La jeune femme réfléchit ensuite à la façon la plus maligne de soigner sa blessure. Le but de la technique était de résorber ses blessures durant un certain temps pour lui permettre de continuer à combattre peu importe les attaques subies auparavant. Concentrant son chakra, elle le fit circuler dans son corps et l’extériorisa au niveau de la blessure pour la recouvrir d’une couche de protection qui l’isolerait de l’air ambiant pendant que sous sa peau son chakra travaillait activement à stopper les dégâts et à se substituer aux cellules qui avaient été détruites. Le but était que son bras fonctionne comme si de rien était, et que la douleur ne lui soit pas transmise, l’empêchant de se concentrer parfaitement si elle était trop importante.

Du point de vue de la technique la jeune femme ne vit rien de particulier se passer mais en posant un doigt au niveau de la brûlure, elle sentit une légère résistance, preuve que son chakra était bien en place. Satisfaite elle se redressa et se tourna vers Miyu. ‘‘Pourrais-tu t’occuper de ma blessure s’il te plait ? Mais avant ça j’aimerais ton avis sur la stabilisation de la brûlure et sur les possibilités que j’aurais si je n’étais pas sous anesthésie. En gros est-ce que mon jutsu fonctionne ?’’ C’était la troisième fois de la soirée qu’elle demandait à être soignée. Après avoir poussé un soupir, elle reprit tout en tendant le bras vers Miyu, le coude légèrement plié. ‘‘Cette technique me sera probablement très utile mais son apprentissage est une véritable plaie… sans mauvais jeu de mot.’’ Conclut-elle en haussant les épaules.

Le lendemain matin, Soi Fon se réveilla, seule dans son lit, Mizu étant tout de même pelotonné à ses pieds. Pendant qu’elle s’habillait, un coup unique avait été frappé à sa porte. Utilisant le henge elle changea son apparence et entrouvrant la porte, elle vit Miyu reproduire son geste aux différentes portes, ce devait donc être l’heure du petit-déjeuner.
Une fois prête, elle demanda à Mizu de l’attendre sagement ici puis descendit dans la salle commune où une table avait déjà été dressée à leur intention. Soi Fon se beurra quelques tartines de miel et prit un chocolat chaud avant de commencer à manger avec appétit, elle remonterait des vivres pour Mizu lorsqu’elle aurait terminé. Elle n’était pas seule, Miyu et Mangetsu étant déjà là. Les autres ne tardèrent pas à les rejoindre.
Le gérant vint également les voir, leur proposant de leur prêter des chevaux puis se tournant vers Soi Fon il ajouta qu’il ne leur ferait pas non plus payer le prix de la fenêtre des toilettes. Mangetsu avait une bonne escorte selon lui, entre le garde du corps et la brute c’est sûr, mais p’têt même que la petite pourrait le surprendre. Elle était chunin après tout, ça ne devait pas être le fruit du hasard.

Miyu et le tenancier échangèrent encore quelques paroles afin d’obtenir des détails sur le prêt des chevaux et alors que l’homme retournait aux cuisines, Soi Fon s’était levée pour lui adresser quelques mots, ratant la plaisanterie de Miyu. ‘‘Désolée pour la fenêtre, la situation l’exigeait. Sois prudent à l’avenir, ces hommes étaient armés et si tu venais à être blessé par l’un d’eux, qui veillerait sur tes employées ? Eux peut-être ? Je ne doute pas qu’ils sauraient s’en occuper mais pas d’une manière qui nous plairait. Ce relais est sur une route commercial, tu devrais engager quelqu’un pour gérer ce genre d’affaires, par les temps qui courent ce n’est certainement pas de trop.’’

Finissant rapidement de petit-déjeuner, Soi Fon remonta dans sa chambre avec quelques toasts et un verre de lait. Ça n’était pas ce qu’il y avait de plus pratique mais demander une assiette de lait aurait été quelque peu suspect. À peine avait-elle refermé la porte que Mizu lui fit la fête en voyant ce qu’elle ramenait.
La junin le câlina un peu et voyant ce qu’il attendait, elle lui donna des petits bouts de toast avant de s’agenouiller, pour verser un peu de lait dans la paume de sa main et laisser le chat laper, puis elle recommença, alternant les morceaux de toast et le lait. Après cela elle rassembla les quelques affaires qu’elle avait éparpillée puis demanda à Mizu de retourner dans son sac, cette nuit il avait pu sortir un peu mais au moins le temps de partir, il ne devait pas être vu.

À l’extérieur de l’auberge, les filles du gérant les attendaient avec des chevaux. Soi Fon avait déjà eu l’occasion d’en voir mais jamais d’en monter et à vrai dire elle aurait préféré faire le voyage avec Quan mais les chevaux étaient plus passe-partout que son invocation. Le manège de la serveuse qu’avait sauvé Mizaki n’avait pas échappé à Soi Fon, lorsqu’elle et ses collègues étaient rentrées dans l’auberge, laissant le groupe de shinobi seuls avec leurs montures, sa main s’était faite baladeuse. Xuan l’aurait sans doute épinglée pour ça, et connaissant Mizaki ce geste l’embarrassait probablement plus qu’il ne lui donnait envie de revenir pour retrouver sa demoiselle en détresse.

Miyu leur fit un cours accéléré sur la façon de monter à cheval puis ils se mirent en route. C’était différent d’Awayuki, avec tout ce barda d’étriers et les rennes, et puis Awayuki ne cherchait pas à manger tous les trois pas, bien que, bizarrement, le cheval de Soi Fon n’arriva pas une seule fois à atteindre le sol pour brouter, se heurtant à une force plus grande que la sienne…
L’auberge était hors de vue depuis un petit moment déjà mais Soi Fon attendit encore un peu avant d’autoriser Mizu à sortir. Elle était toujours sous les effets de son henge, bien que la tenue avait changée, plus pratique pour faire du cheval mais restait de bonne coupe, alors qu’en réalité elle portait un simple treillis avec un t-shirt et ses bottes.

Finalement, la jeune femme finit par demander à Miyu si elle pouvait reprendre son apparence et laisser Mizu sortir de son sac. Devant la réponse affirmative de la junin, Soi Fon rompit son henge et ouvrit son sac pour laisser le chat en sortir, celui-ci venant s’installer devant elle, sur la selle, entre le haut de ses cuisses.
Sur la route, ils croisèrent des caravanes hautes en couleur. *Des Roms…* Tant qu’on ne les menaçait pas ça allait, mais c’était des gens aux us et coutumes assez particulières et mieux valait éviter de se les coller à dos. À Mizu no kuni ils étaient rares mais il arrivait malgré tout que certains accostent au port, tous n’utilisant pas des caravanes pour se déplacer. De manière générale, la junin ne les appréciait pas trop mais leurs réseaux pouvaient se révéler utiles.

Les enfants semblaient contents de les voir et Soi Fon répondit à quelque uns de leurs saluts par politesse, remarquant l’expression des adultes qui arboraient un air légèrement anxieux à leur égard. Tant que cette crainte ne se transformait pas en une envie subite de passer à l’extermination de ce qu’ils semblaient considéraient comme une menace, cela allait à Soi Fon. Ils ne faisaient que se croiser de toute façon, aussi ces Roms n’auraient pas à s’inquiéter longtemps, quelle que soit la raison de leur inquiétude.
Miyu procéda alors à un curieux échange de signes avec une vieille femme et aussitôt après la Rom cria quelque chose -ou plutôt chanta- à ses camarades et c’est à présent avec un regard sympathique qu’on les regardait passer. Ils dépassèrent rapidement le convoi, accompagnés de quelques notes de violon jouées par un garçon. *Dracu il se débrouille le môme !*

Un peu après midi, ils s’arrêtèrent afin de manger. En descendant de sa monture, Soi Fon avait un peu mal au cul mais il parait qu’on s’habitue à la longue. *C’est pour éviter ça que je ne couche pas avec les garçons.*
L’endroit où ils étaient était pas mal, ils n’étaient pas là pour faire du tourisme mais après ce qu’ils avaient vu, Mizaki et elle, au pays de la foudre, la jeune femme appréciait plus que jamais les beaux paysages. Elle se demandait comment se portait ce pays actuellement même si elle avait bien assez de soucis à se faire avec Mizu no kuni. Cette mission, s’il était peu probable qu’elle leur en apprenne plus long sur la Mayoi, leur permettrait au moins de se faire remarquer de l’organisation en cas de succès particulièrement important, ce qui les aiderait à monter dans la hiérarchie de l’organisation, afin d’obtenir la confiance des dirigeants, et de s’infiltrer toujours plus profondément jusqu’au jour où ils pourraient saper toute l’organisation. *Vaudrait mieux pas être trop pressés d’ailleurs.*

Alors qu’ils approchaient du relais, Miyu prit la parole pour les prévenir qu’ils n’auraient plus besoin de jouer un rôle quelconque. Si la nouvelle fut appréciée de Soi Fon, la suite l’intéressa encore davantage, puisque selon la junin tous les voyageurs qui s’étaient arrêtés à l’auberge avaient fais route dans la direction opposée, ce qui était pour le moins étrange comme l’avait fait remarquer Miyu. Ce serait d’ailleurs leur mission du jour, se renseigner. *Tché, encore de la récolte d’infos… mais elle a raison, plus on en saura sur ce qu’il se passe dans la région mieux ce sera.* Ils avaient carte blanche sur la façon de procéder mais la Kirienne supposait que par là elle entendait qu’ils pouvaient ou non prendre un rôle… de toute façon elle n’avait pas prévu de cogner qui que ce soit pour obtenir ses informations, par contre elle pourrait effectivement se retrouver à cogner si des olibrius du genre de ceux de la veille se présentaient et là autant en profiter pour obtenir quelques infos après tout.

Laissant leurs chevaux à un jeune homme qui était visiblement chargé des écuries, ils pénétrèrent dans l’auberge où l’ambiance était semblable à celle de la veille en début de soirée. Lorsqu’ils eurent leurs chambres, Soi Fon imita Miyu et Mangetsu en allant se débarrasser de la crasse accumulée pendant le voyage à l’aide d’une bonne douche après quoi elle redescendit dans la salle commune, les cheveux encore un peu humides (elle aussi, oui). Il y avait de quoi faire déjà ici pour se renseigner et des voyageurs seraient peut-être plus enclins à donner des informations que des habitants du cru qui eux sera encore là demain et le jour d’après et pourraient donc craindre des représailles.
Plusieurs personnes se trouvaient dans la salle et faisant le tour de la pièce du regard, Soi Fon s’arrêta sur une jeune femme bien habillée, à l’image de la diplomate qu’elle était hier, le maquillage en plus. Soi Fon ne se maquillait que rarement, pas qu’elle avait quelque chose contre cette pratique.

Allant se commander un verre pour se donner un alibi, Soi Fon s’approcha doucement de la table où était attablée la jeune femme. Elle attendit un instant qu’elle la remarque, ne voulant pas la brusquer et lorsque leurs regards se croisèrent, Soi Fon prit la parole la première. ‘‘Excuse-moi, cela te dérange si je m’assieds ?’’ La jeune femme lui fit signe de s’asseoir d’un hochement de tête et Soi Fon tira une chaise pour s’installer. ‘‘Je me nomme Soi Fon et voici Mizu.’’ Elle attendit alors pour entendre l’éventuelle réponse de la jeune femme ou au moins voir sa réaction, l’assaillir de questions si elle n’était pas du genre à parler ne lui semblant pas très malin. La jeune femme ne répondit rien, se contentant d’hausser un sourcil, l’air intriguée mais également un peu méfiante. Même si elle ne s’était pas présentée, Soi Fon supposait que pour un premier contact ça n’était pas trop mal. ‘‘C’est curieux, j’ai l’impression d’avoir déjà vu ton visage, mais je me fais peut-être des idées…’’ Regardant son interlocutrice Soi Fon chercha une réaction à ses paroles, restant discrète malgré tout pour ne pas éveiller de soupçons. ‘‘En tout cas c’est rare de voir une personne aussi richement vêtue voyager seule… à moins que tu ne sois pas seule. Nous, nous voyageons en groupe comme tu l’as peut-être vu quand nous sommes rentrés.’’
Dernière modification par Soi Fon le dim. 06 sept. 2009, 22:42, modifié 2 fois.
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Mizaki Taro
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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Mizaki Taro » mer. 02 sept. 2009, 15:29

[HRP : pour le résultat de l’entrainement de la veille et pour la progression qu’il y a ensuite dans l’entrainement cela a été vu par mp avec Miyu :).
Et désolé a nouveau pour le bordel a mettre des petits titres par ci par là dans mon post, mais comme il est mêlé temporellement à mon précédent j’ai pas trouvé mieux pour tenter de remettre les choses dans l’ordre ... (promis après je n'aurai plus à le faire :mrgreen:, normalement là c’est bon tout est recalé ^^)]



Fin de l’entrainement de la veille avant d’aller se coucher : (pour rajouter le résultat de Miyu simplement :))

Le mélange des quatre aspects du sommeil relatifs à l’Anmin portèrent leurs fruits, du moins partiellement … Les tigres eux s’affalèrent mais restèrent malgré tout éveillés. C’était un échec mais Mizaki n’était plus très loin de son but.

Attendant que tous récupèrent, il lança ensuite un nouvel essai mais qui cette fois ci ne fut pas plus fructueux, il était même moins bon que le précédent … Cela ne convenait évidemment pas au jounin qui voulait absolument en terminer avec cette technique avant d’aller se coucher, mais il fallait malgré tout se faire une raison : il était trop fatigué pour y parvenir.

De dépit, il frappa le sol avec son poing. Cela ne lui plaisait assurément pas, cela signifiait qu’il devait reprendre son entrainement un autre jour. Aisu sachant pertinemment que Mizaki pensait cela, il s’approcha de lui pour lui adresser quelques mots sans réelle douceur mais sans être brutal pour autant.

« Rappelle toi ce qu’elle t’a dit avant de t’énerver. Je pense qu’il n’y a pas meilleur que nous, elle et tes clones pour comprendre ce que tu ressens, et pourtant je vais te dire de rassembler un peu tes esprits pour constater que ce soir tu ne seras plus bon à t’exercer à un jutsu que tu maitrises à peine, garde des forces pour Awayuki et reprends demain, tu sais que le résultat n’en sera que meilleur. »

Mizaki n’argumenta pas, il savait qu’il avait raison et n’en pensait pas moins, mais seule la sensation d’inabouti occupait son esprit, il n’arrivait pas à relativiser avec la vitesse à laquelle il était déjà parvenu à ce résultat.

« Très bien … Merci à vous deux d’être resté jusque là avec moi. »

[HRP : ici ça reprend à mon post précédent sur la partie « nuit et lendemain » jusqu’au dernier paragraphe de celui-ci :)]

A l’auberge, après le retour de Soi Fon :

Soi Fon exposa le résultat de son interrogatoire. Des petits nobles à qui visiblement tout était dû, tout du moins selon eux … Mizaki tenta de fouiller dans ses souvenirs pour savoir si ce nom pouvait lui évoquer quelque chose mais fut interrompu par sa coéquipière qui lui présentait une requête qui ne pouvait pas se refuser. Il se leva et entendit Mangestu acquiescer la chose également. Miyu ne montra pas d’opposition, il s’agissait donc d’un feu vert pour Mizaki pour lancer une filature.
Arrivé dans les toilettes, il fit mine de prendre un peu son temps histoire de ne pas faire juste une aller-retour des plus louches (ou synonyme d’une minuscule vessie) et forma un clone qui savait déjà ce qu’il avait à faire. Pas d’adieu déchirant, le lieu ne s’y prêtait guerre, le clone forma un henge encore différent et s’engagea par la fenêtre.
Suite à cela, Mizaki revint prendre son rôle de garde du corps à la table (et finir de manger aussi accessoirement). Pendant la fin de repas il repensa à ce qu’avait dit Soi Fon, la maison du Lys … Mizaki n’avait jamais entendu parler de cela, il fallait dire qu’il n’était pas du style à avoir côtoyé les nobles, même plutôt à en avoir décapité un alors qu’il était au Kuran lors d’une mission, ce milieu lui était totalement inconnu et devait se résoudre à laisser son clone et son aigle faire pour en apprendre plus.
*En tout cas ils doivent avoir un minimum d’influence ici pour pouvoir ce permettre ce type de chose au point de ne faire broncher personne …*

Mizaki fut interrompu par le patron qui s’était approché de la table pour les remercier, le jounin se contenta de lui sourire avant de se retourner vers son assiette, il n’aimait pas spécialement les remerciements d’ordinaire qui avaient plutôt pour habitude de le mettre mal à l’aise, il n’aimait pas être le centre d’attention même si cette fois ci il s’était un peu fait violence pour pouvoir permettre à Soi Fon de mener son interrogatoire en toute quiétude à l’extérieur. Qui plus est la serveuse qui le regardait … Ne pas croiser son regard, telle était la nouvelle mission ô combien difficile que s’était fixé Mizaki qui était encore moins à l’aise avec la gente féminine.

Une fois les remerciements opérés et l’heure du petit déjeuner fixée, Mizaki respira un grand coup avant que Miyu ne les félicite tous pour avoir tenu leur rôle, et en particulier Aoshi qui avait semble-t-il plutôt bouillonné mais qui avait réussi à calmer ses pulsions du moment. Soi Fon réagit alors aux propos de Miyu, elle aussi avait été sur le point de s’emporter et prit par conséquent les propos pour elle. Mizaki ne décolla pas le nez de son assiette pendant l’altercation, il n’avait tout simplement rien à dire là-dessus et surtout ne voulait pas attirer l’attention plus qu’il ne l’avait déjà fait.

Le moment de tous se séparer était venu, Mizaki forma un nouveau clone discrètement a qui il demanda de rester devant la porte des demoiselles afin d’assurer son rôle totalement. Avant que le véritable Mizaki ne s’en aille, Soi Fon proposa à Mizaki de dormir dans la même chambre qu’elle, ce qu’il refusa poliment.
« Je vais aller dormir à l’extérieur, d’ici peu nous serons en permanence dans une ville pour notre mission, je préfère encore profiter de ces moments à rester loin de toute civilisation. »
Le jounin répondit au sourire de la jounin de la même manière avant de se retirer discrètement, laissant le soin à son clone de simuler sa présence dans l’auberge et devant la porte comme il l’avait annoncé lors de la réception.
Une fois en dehors et bien éloigné du relais, il relâcha son henge en toute quiétude et de pouvoir faire appel à deux nouveaux clones, puis au trio traditionnel de tigres qu’était Sekkei, Awayuki et Aisu.

« Je pense qu’il n’y a pas besoin de longs discours pour expliquer pourquoi vous êtes là. Sekkei, Awayuki, Aisu et toi vous restez ici pour que je fignole cette technique. Toi tu parts à la recherche du clone qui est en filature et de l’aigle, ils ne sont pas partis il y a longtemps donc il ne devrait pas être trop difficile de les retrouver. Une fois que tu es avec eux, demande à l’autre clone de disparaitre pour m’envoyer les informations. »

Sans un mot, le clone parti à la rencontre de son homologue parti peu auparavant, laissant le club des cinq finir l’entrainement de l’Anmin.
Avant de commencer, Mizaki demanda à chacun de s’éloigner encore un peu plus que la veille, il devait apprendre à lancer ce genjutsu sur une zone encore plus grande, après tout il s’agissait d’un genjutsu fait pour cela. Le clone et Aisu restèrent à moins d’une dizaine de mètres, en revanche Awayuki et Sekkei allèrent se placer bien plus loin afin d’augmenter la difficulté.

Mizaki lança alors son premier essai qui fut réellement une réussite, du moins pour le clone et Aisu … Ceux-ci sombrèrent dans un sommeil total, c’était une réussite, le jutsu fonctionnait et la déception de la veille était totalement balayée. Mizaki alla alors dissiper le jutsu sur les deux avant de s’adresser à Aisu.

« Je ne t’ai pas remercié pour hier, merci de m’avoir ramené ses mots à l’esprit, il est clair que j’étais à bout hier et que je ne risquais pas d’obtenir un résultat comme à présent que je suis plus reposé. »
« Après tout c’est aussi un rôle que notre maitresse nous a confié à tous, de veiller sur toi, et ça ne concerne pas que le combat. »

Affichant un sourire franc devant le tigre géant, Mizaki tendit la main en l’air pour affréter sous le cou de l’animal en guise de remerciement.
« Allons voir ce qu’il en est d’Awayuki et de Sekkei maintenant. »
Mais à peine eut-il fini de prononcer sa phrase que les deux tigres réapparurent, le jutsu n’avait visiblement pas fonctionné sur eux étant donné qu’ils s’étaient réveillés sans dissipation …

Ainsi donc ce n’était pas une réussite totale, il fallait reprendre …
Mizaki demanda cette fois ci au clone et à Aisu d’aller au loin, et que cette fois ci Sekkei et Aisu restent un peu plus proches. Le jounin voulait directement augmenter la difficulté en mettant les deux esprits les plus forts parmi les quatre cobayes au loin.
Le jounin lança ainsi essais sur essais, améliorant à chaque fois un peu plus son résultat jusqu’à ce que seul le clone soit le seul à rester debout, du moins jusqu’à ce qu’il ait un genou au sol, prêt à sombrer.

Alors qu’il allait se lancer dans ce qui allait être un de ses derniers essais, Mizaki stoppa net, de même que le clone, qui reçurent les pensées du clone qui était parti en filature.
« Ils se sont donc arrêtés pour dormir. Bizarre qu’ils se soient arrêtés au milieu d’arbres pour des personnes appartenant à la noblesse … En tout cas à la vue de ce qu’à observer l’aigle ils n’ont plus l’air de faire spécialement les malins. »

Mizaki rapportait la chose aux tigres à voix haute, pour partager ces informations pas forcément palpitantes mais qui pourraient peut être avoir une utilité un jour ou l’autre. Quoi qu’il en soit il était satisfait, le clone partit en remplacement semblait bien en place, de même que celui qu’il avait mis devant la porte de la chambre d’auberge où les filles s’entrainaient. Tout était mis en place, il ne restait plus qu’à Mizaki à fignoler sa technique avant de pouvoir dormir et aller reprendre la place du clone avant 8h le lendemain matin.

Le jounin n’eut pas longtemps à travailler, deux essais suffirent pour faire tomber le clone en plus des trois tigres, cette fois ci il avait parfaitement réussi et alla dissiper le jutsu pour chacun avant de leur demander de changer de place afin de s’assurer que sa technique pouvait marcher dans n’importe quelle configuration, ce qui fut confirmé dès le premier essai et par ceux qui suivirent. C’était parfait, cette technique de soutien mettait certes un certain temps pour pouvoir être utilisée, et était par conséquent quasi impossible à utiliser en combat, mais elle n’en restait pas moins un moyen efficace de se frayer un chemin lors d’infiltration ou autres choses du genre.
Mizaki serra le poing, son entrainement à l’Anmin était terminé sans avoir pour autant eu à y passer à nouveau un grand nombre d’heures. L’heure du repos était arrivée, et à le vue de cette heure de couché il était clair qu’il n’aurait aucune difficulté à se lever le lendemain matin bien avant 8h.

Le jounin congédia tout ce petit monde à l’exception d’Awayuki afin de dormir à l’abri des quelques arbres environnants. Au loin il voyait les lumières de l’auberge, il était dans un petit bois sur des hauteurs et put contempler un peu avant de sombrer dans le sommeil à son tour.
Comme à son habitude, Mizaki se leva avec l’aube et se dirigea vers le village sans Awayuki qu’il avait renvoyé auprès de la communauté. L’approche fut des plus discrètes afin de se glisser à la place de son clone qui en profita pour disparaitre. Mizaki se revêtit de nouveau de son henge, ni vu ni connu, il n’y avait plus qu’à attendre l’heure du petit déjeuner.

Lorsque Mangetsu sortit de la chambre, Mizaki la suivi jusqu’à la table comme tout bon garde du corps qu’il était, puis s’installa à son tour à la table. Ils étaient seuls dans la salle, cela avait quelque chose d’agréable pour le jounin qui se sentait beaucoup plus à l’aise ainsi.
Le patron arriva, tasse de café à la main, avant de lancer le sujet du trajet et des chevaux qu’il allait leur prêter gratuitement en guise de remerciement. Des chevaux, jamais Mizaki n’était monté sur le dos de ces animaux.
*Ca doit être comme les tigres, ça doit pas être beaucoup plus compliqué…* Dieu qu’il allait se rendre compte de son erreur d’appréciation …
L’homme embraya ensuite sur le sujet de la fenêtre cassée des toilettes, la phrase fit sourire le jounin qui ne releva pas la tête, continuant de manger tout en prêtant l’oreille et en s’amusant des propos du tenancier qui avait compris un peu plus de la situation que les autres personnes présentes la veilles dans le bar visiblement.
Miyu s’en amusa également et relança la conversation qui se termina sur une fois de plus sur une allusion aux arrière-trains.

Lorsqu’ils sortirent récupérer les chevaux, Mizaki ne prêta pas vraiment attention à la serveuse qu’il aidé la veille, pour lui il s’agissait d’un passé lointain, la veille, il était déjà passé à autre chose dans sa tête, si bien que ce qui se passa lui provoqua un frisson sans pareil dans l’échine et lui fit détourner le regard vers celle qui le fixait droit dans les yeux sans qu’il ne s’en soit rendu compte avant le contact. Mizaki était réellement dépourvu de tout moyen dans pareille situation, il ne parvint même pas à balbutier tant il avait été surpris, pour un peu il en aurait perdu son henge … Cette fille n’était pas Xuan, mais il n’en restait pas moins qu’elle venait de trouver certainement un des plus gros points faibles de Mizaki.

Miyu expliqua comment monter à cheval, mais Mizaki avait la tête ailleurs, il détournait le regard vers la jeune femme qui venait de le faire littéralement tressaillir en répétant sans cesse la même question dans sa tête : * Mais pourquoi elle a fait ça ?.... * avec un air presque effrayé…

Mise en route, première désillusion pour Mizaki : un cheval ce n’est définitivement pas un tigre ! Rien qu’à l’énoncé de cette phrase Mizaki se demandait encore comment il avait pu comparer l’un à l’autre … Lorsque la démarche était lente le jounin était juste très crispé, lorsqu’elle était plus rapide cela devenait chaotique mais sans chuter ou même avoir à faire de grands cercles avec les bras pour se rééquilibrer, mais il était certain que cela devait quand même se voir qu’il était réellement pas à l’aise sur l’animal. Un autre point faible pour le jounin …
*Bordel pourquoi ils foutent une selle et des étriers !*

Les réglages fais par le jounin étaient clairement hasardeux, si bien qu’il respira un grand coup lorsqu’ils croisèrent la caravane Ghi-Psy, Miyu ayant l’air de communiquer avec eux il s’était dit qu’ils allaient s’arrêter et qu’il pourrait demander à Miyu de lui faire les réglages, mais que l’infortune du jounin fut grande … Les deux groupes ne firent que se croiser, il allait devoir continuer ainsi …

*Mes tigres me manquent, mes tigres me manquent, mes tigres me manquent, mes tigres ……………….*
La phrase raisonnait dans sa tête sans arrêt, alternant parfois avec *Pourquoi on n’y va pas en courant …*

Lorsqu’ils purent enfin mettre pied à terre, Mizaki remercia le ciel. Ses fesses et ses cuisses n’étaient pas endolories, elles flagellaient, comme si elles cherchaient toujours à trouver leur équilibre. Il put malgré tout profiter du spectacle du désert derrière eux et profita de la pause déjeuner pour demander à Miyu de lui faire les réglages pour la suite du voyage au niveau de son cheval.
La jounin accepta d’accéder à la requête de Mizaki et lui prépara son cheval d’une bien meilleure manière qu’il ne l’avait fait. Mizaki était quelque peu honteux en regardant faire Miyu, il n’avait rien écouté de l’explication qu’elle avait faite avant le départ à cause du geste hautement obscène (du moins selon Mizaki) de la serveuse qui l’avait perturbé. S’il n’avait pas eu son henge, son teint aurait viré totalement au rouge face à la phrase qui suivit de la part de leur capitaine d’équipe.
« Ce que je trouve amusant c'est que cette jument a besoin d'un harnachement mais la pouliche du relais était plutôt pour que tu la montes à cru. » lança-t-elle dans un soupire moqueur.
Il était si facile de jouer avec Mizaki, et même sans ça il fallait avouer que Miyu excellait plutôt bien dans ce domaine … Sans rien répondre, juste en détournant la tête sur le coté pour faire mine de ne rien avoir entendu, Mizaki attendit qu’elle en eu terminé avec le cheval avant de respirer un grand coup …

Reprendre la route, se changer les idées, tenter d’oublier ce qui venait d’être dit afin de retrouver un état d’esprit non perturbé par ces éléments qui devaient rester annexes lors d’une mission …

Mizaki enfourcha de nouveau son cheval au moment du départ avec une certaine appréhension, mais put constater que finalement …
*En fait c’est stable avec les bons réglages …*, pensée d’une telle évidence qu’il se senti un peu con sur le moment et ne préféra pas prononcer cette phrase à voix haute afin d’éviter les railleries.

Alors que le voyage battait son plein, Mizaki reçut une nouvelle pensée, celle de son clone qui avait été prendre la relève de la filature, lui-même avait visiblement formé un autre clone afin de pouvoir disparaitre et faire une sorte d’état des lieux pour que Mizaki soit tenu au courant de l’évolution.
*Apparemment on ne reverra pas nos quatre copains d’hier soir vu la direction qu’ils ont pris. Maintenant reste à voir où ils se rendent et la filature pourra prendre fin.*

Lorsqu’ils arrivèrent au relai, Miyu leur annonça qu’ils n’avaient plus à jouer leur rôle. Mizaki relâcha alors instantanément son henge, il allait être lui-même avec son faciès qui indiquait clairement qu’il était un ninja même sans avoir de bandeau, ou alors qui indiquait qu’il passait beaucoup de temps chez le tatoueur …
Elle ajouta ensuite une phrase concernant ce qu’avait vu Tai, ce qui remémora à Mizaki la pensée qu’il avait reçu en étant à cheval et qui ne l’avait pas fait réagir sur le moment tant la direction que pouvaient prendre quatre personnes n’avait rien d’extraordinaire, mais qui dans ces circonstance pouvait prendre un tout autre sens. Une fois qu’elle eut fini de présenter leur mission du soir et de parler, Mizaki prit la parole pour ajouter juste un petit élément.

« Miyu, par rapport à ce que tu viens de dire sur la direction que prenaient les gens, ceux du Lys semblent avoir pris également la même direction que tout le monde. J’avais pensé que c’était un détail plutôt anodin mais à la vue de ce que tu viens de dire, je me suis dis que ça pouvait éventuellement être intéressant comme détail. »

A ces propos, Miyu se contenta de sourire et d’hocher de la tête, ce petit élément supplémentaire allait dans son sens, une première hypothèse était que ces hommes, et donc surement le Lys, n’étaient probablement pas liés à ce qui pouvait provoquer ce semblant d’exode.

Une fois dans l’auberge, Mizaki décida de ne pas perdre trop de temps et d’aller directement interroger quelques personnes, les filles préférant profiter d’un bain avant de se lancer dans les interrogatoires. Il alla se chercher un verre d’eau au comptoir tout en faisant son repérage, et une fois servi se dirigea vers un vieil homme accompagné par un jeune garçon, peut être son petit fils. Son style vestimentaire indiquait clairement qu’il n’était ici que de passage et qu’une longue route l’attendait, la solidité apparente de sa canne venant confirmer cela.
Le jounin ne prit pas le temps de se couvrir d’un henge et se dirigea vers le vieillard et le jeune garçon avec son allure normale.
« Excusez moi, est ce que je pourrai m’assoir à votre table ? J’aimerai m’entretenir avec vous quelques instants. »
Malgré toutes les tournures alambiquées d’apparente politesse, Mizaki parlait d’une voix assurée et sans détour, ce n’était pas le moment de faire ni des courbettes, ni d’être agressif, juste de montrer qu’il avait véritablement quelque chose à demander, un sourire léger non forcé aidant toujours.
Mizaki Taro , d'un certain grade dans un certain village...

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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Aoshi Tsukyo » ven. 04 sept. 2009, 23:08

Aoshi écouta patiemment le compte-rendu de Soi Fon et soupira. Ils avaient tapé sur des gens d’un clan possédant une noblesse dans le coin, qui allaient sûrement et malheureusement vouloir laver cette humiliation sous peu. Bref, même malgré leur couverture, il fallait s’attendre à voir débarquer une bande de mercenaire au milieu de la nuit. Les ennuis commençaient déjà avant d’arriver à Naza. D’après les estimations de la jounin, il fallait encore trois à quatre jours de marche avant d’arriver aux frontières de Tsuchi, soit trois nuits à veiller que personne ne vienne leur couper la gorge.
Hakachi n’était pas touché par de telles considérations. Son esprit était surtout tourné vers le comportement de ses soi-disant nobles. Aucune tenue, aucun honneur. Il se moquait complètement de la morale de leur acte, les querelles d’ivrognes ne l’intéressait point. Par contre, que des enfants d’une lignée noble s’abaissent culbuter des roturières, il trouvait ça méprisable. L’argent, le prestige de la lignée, la consanguinité les avaient tarés, rendus plus misérables que le plus misérable des pouilleux.

Le Tsukyo esquissa un sourire gêné après la remarque de Miyu. «… un chunin doit savoir contrôler ses émotions. » C’était vrai, et c’était peut-être la solution à ses problèmes.
Jeune, il était calme, souriant, heureux. Ce bien être extérieur ne signifiait pas qu’il savait faire la part des choses et contrôler ses émotions. Jeune, il n’avait jamais subi ce qu’il subissait actuellement. Son enfance avait été calme, loin de tout malheur, de toute violence. Il avait grandi dans un cocon entouré de gens heureux. Un nid fait de fêtes, de musique, de bonne humeur.
Lorsqu’il s’était inscris à l’Académie, tout avait changé. Petit à petit, la face du monde se révélait à lui. On l’avait mis au courant, il était conscient de ce qu’il se passait derrière les murs de Suna, mais il ne l’avait pas vécu. Le choc fut bouleversant. Jours après jours, il avait accumulé de la colère, des frustrations, du dégoût contre ce monde si cruel, si injuste. On lui avait appris à se battre, on lui avait appris les arts du chakra, et Aoshi avait trouvé ça… amusant.
Quand son enseignement lui avait servi pour la première fois, Aoshi avait trouvé ça dégoûtant. Il avait appris à tuer pour servir son pays, pour survivre. Il s’était battu contre des gens dont il ne connaissait pas le nom, des gosses comme lui parfois, de son village ou d’un autre, pour la simple raison qu’ils étaient un obstacle qui se tenait face à son objectif, car ils étaient une menace pour sa vie. Ses flèches avaient percé des chairs, naturellement, comme si c’était la paille des cibles d’entraînement.
La violence du monde le répugnait. Pour pouvoir y vivre, il avait enterré au plus profond de soi les émotions qui l’empêchaient de dormir la nuit. Mais maintenant, tout cela remontait en lui, sous la forme de cette abomination qui le hantait, qui voulait le posséder. Lui offrir des corps n’était pas la solutions. Il fallait qu’il apprenne à vivre avec, à la contrôler, car « un chunin doit savoir contrôler ses émotions. »

Après le repas, Aoshi monta dans sa chambre. Il souhaita une bonne nuit à ses coéquipiers et s’enferma dans sa chambre. Il s’allongea dans le lit après avoir enlevé son henge et posé toutes ses affaires. L’arc traînait sur une table, abandonné au milieu des sacs et des vêtements de marche.
Il resta de longues minutes à regarder le plafond sans rien dire. Ses pensées vagabondaient et le sommeil le gagnait petit à petit. S’endormir était tentant, mais il avait quelque chose à faire avant. Il se leva, pris son arc, s’assit en tailleur sur son lit et posa son arc sur ses genoux. Il se coupa un peu le pouce, composa quelques signes et étala le sang sur l’arme. Un petit corbeau apparut à côté de lui.
« Surveille moi toute la nuit. Préviens moi si des gens entrent dans la pièce et neutralise les. »

L’oiseau se percha au plus haut de la pièce et regarda son « maître » en ricanant.

Le Tsukyo ferma les yeux et posa les mains sur son arc. Il allait la rencontrer. Il fit circuler du chakra entre lui et l’arc, et ralentit sa respiration. Petit à petit, il tomba, emporté par le cournat jusqu’aux profondeur de son âme. Wakajini lui apparut progressivement, les contours de son visage se faisaient de plus en plus nets. Elle le regardait, souriant avidement. Elle se rapprochait, le caressant de ses mains encore fantomatiques. Au fur et à mesure qu’il chutait, le contact de ses mains se faisait de plus en plus présent. Il sentait ses mains froides parcourir son visage. Elle approcha son visage et murmura d’une voix suave. « Bientôt, nous serrons tout les deux… »
Aoshi trembla, se crispa à son arc. Il avait peur. Il ne voulait pas se faire posséder par ça. Non, non, il le refusait. Il avait peur. * Non… Non…* Ouvrant les yeux dans un sursaut, il se réveilla. Il ne se sentait pas assez fort pour l’affronter, il avait trop peur. Le Tsukyo posa l’arc sur la table et se blottit au fond de son lit. * Demain soir…*

Le lendemain, après un rapide petit déjeuner, l’équipe se mit en route. Aoshi dut reprendre son personnage de la veille. Ce ne lui plut pas beaucoup, mais il n’avait pas le choix. Une autre chose ne lui plut pas du tout : devoir monter à cheval. Il écouta attentivement les conseils de la Renraku et espéra que son destrier ne ferait pas d’embardées en chemin. Le Tsukyo était adepte de la marche et n’avait utilisé que ce moyen de locomotion depuis sa naissance. Enfin, ce n’était pas exact, il savait faire du vélow et avait joyeusement pédalé sur son tricycle pendant sa tendre enfance, mais avait arrêté après avoir compris que toute tentative d’enlever les roulettes était vaine dans un milieu aussi ensablé. Il avait pourtant essayé longtemps de pédaler dans le sable, peinant à faire quelques mètres, avant de chuter lentement sur le côté, faute de vitesse, les roues enfoncées dans le sable et la chaîne complètement encrassée.

La route était belle, la vue magnifique, mais Aoshi était beaucoup plus concentré sur sa jument. Il soutenait qu’il serrait allé plus vite en utilisant le shunshin et qu’au moins, il n’aurait pas risqué de finir dans le ravin ; sa monture semblant prendre plaisir à dévier de sa trajectoire pour s’approcher un peu trop du vide. Ses cuisses lui faisaient mal. Encore une excentricité de Miyu.
Après quatre heures de torture, ils s’arrêtèrent enfin pour manger. Aoshi descendit de son cheval et marcha quelques instants pour se dégourdir. Le Tsukyo repensa à la caravane qu’ils avaient croisé en venant. Des gens du voyage, comme les nomades du désert. Leur mouvement avait-il un quelconque rapport avec la mission ? Après tout, c’était étrange de voir une convoi migrer vers des zones plus arides. L’environnement devait être plus commode de l’autre côté de la montagne qu’en bordure du désert. D’ailleurs, Aoshi n’avait vu personne prendre la route dans le même sens qu’eux. Tout les voyageurs qu’ils avaient croisés descendaient le col.

En fin d’après-midi, ils parvinrent au relais. Cette fois, ils n’avaient pas besoin de reprendre les rôles de la veille, car, fait étrange, tout les voyageurs à l’auberge étaient descendus. Aoshi dissimula son bandeau et ses armes du mieux qu’il pouvait, avant de rentrer dans la salle principale. La mission du soir était de comprendre ces mouvements de population.
Après avoir observé quelques instants les gens présents, il décida d’aller se laver. Une famille était sur place et Aoshi avait la côte avec les mères de famille quand il était bien coiffé. Les autres gens n’avaient pas l’air convenable. Un vieux et un gosse, deux frères, une femme seule à l’apparence surfaite, un gros à l’apparence véreuse et son garde du corps.
Après s’être douché, avoir passé des vêtements convenables, Aoshi descendit dans la salle commune. Il avait laissé son arc et son carquois avec ses affaires, ne voulant pas attirer l’attention sur sa possible appartenance à un village caché. Son bandeau frontal était toujours à son bras, mais sous son kimono, tout comme son arsenal. Sortir sans ses armes de jet était du suicide aux vues de son piètre niveau en taïjutsu. Même s’il était un peu en froid avec son Arme, sortir sans elle était une sensation un peu étrange. Il se sentait seul, vide, vulnérable. Wakajini, avec ses coups d’éclats, ses actions d’une extrême violence, lui avait donné une sensation de puissance, comme si comme au moment où il la relâchait, le combat ne pouvait finir que dans un bain de sang, comme si l’issue du combat ne dépendait que de sa volonté à lui faire faire surface.

Aoshi passa quelques instants au comptoir à réfléchir comment aborder cette famille. Entre temps, Mangestu avait abordé l’étrange couple. * Mais qu’est-ce qu’elle fait ?… * Le Tsukyo avait directement classifié ces individus comme louches en entrant dans le bar, pourtant, la Kukan allait les voir. Le gros devait être aux anges qu’une jeune fille vienne l’aborder. Ce gros tas. Aoshi rageait un peu, cachant sa jalousie par une peur pour Mangetsu. Il ne voulait pas qu’il lui arrive des ennuis. Surtout à cause d’un sale porc et de son salaud de serpent. L’adolescent tapotait ses doigts nerveusement sur le zinc, pestant contre l’insouciance de sa coéquipière et amie.
Après avoir soupiré longuement, il se leva et se dirigea vers la joyeuse famille en voyage. Après tout, elle était grande, elle avait le même grade que lui et elle se mettait dans les situations qu’elle voulait. Aoshi devait l’aider si elle était en danger, mais ne pas interférer avec ses plans. Ca aurait été un grave manque de respect.

Oubliant Mangestu et ses desseins complètements incompréhensibles, Aoshi s’approcha de la table de la famille, son sourire sympathique figé sur le visage et les cheveux parfaitement propre. Après avoir attiré l’attention des parents, il fit une petite courbette en signe d’excuse pour le dérangement et se lança.
« Excusez-moi de vous déranger, je m’appelle Aoshi Hiruma et je suis en voyage actuellement dans la région. J’aimerai savoir pourquoi les gens descendent tous la montagne et semblent fuir ce qu’il y a derrière. Vous quittez aussi le col ? »
Il avait pris le nom de sa mère, personne dans la salle n’avaient pas besoin de savoir qu’il faisait partie de Suna et encore moins d’une famille importante.
Malgré ses résolutions, il s’intéressait encore à l’échange entre Mangetsu et le gros. S’il avait été sage lors de la précédente soirée, toute la frustration accumulée depuis un petit moment risquait d’exploser.


[HRP]C'est court et pas top... :roll: [/HRP]
Aoshi Tsukyo genin super fort et trèèès mignon de Suna

Team 7 de Suna :
Musashi Juuin au rat crevé sur le crane
Shinshi Monsieur Propre back from Hell

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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Miyu Renraku » dim. 06 sept. 2009, 15:30

In the house before

La junin cligna des yeux une fois, puis une deuxième avant de sourire à l'impétueuse Kirienne.
« Je n'ai pas de leçon à te donner Soi Fon et si tu n'avais pas donné une leçon à ces minables, ça aurait été moi. Toutefois Aoshi a été déchiré par un conflit intérieur, un choix difficile. Il a préféré préserver sa couverture et je pense qu'il a bien fait. Je l'aurai respecté pour sa réaction de combat si il avait choisi cette option, mais je le respecte encore plus pour avoir gardé son sang froid et être resté aux côtés de Mangetsu. Pour moi il reste un élève et je continue de le suivre dans ses pérégrinations sur la longue et tortueuse route du shinobi. » continua t-elle en lui donnant un petit coup de poing sur l'épaule.
« Ce n'était pas un reproche détourné que je te faisais. Crois moi si j'avais un truc à te dire à ce niveau, ça aurait été tout de suite plus direct. » termina t-elle en riant.

On the road before

« C'était des gitans oui. C'est un signe de reconnaissance et de paix que m'a transmis un Initié. Il veut simplement dire que nous ne leur voulons aucun mal, on pourrait le traduire par « Paix de Coeur et d'Esprit ». Il vous servira peut être à l'occasion. » termina t-elle avec un sourire.


Mangetsu

L'homme à l'embonpoint se lissa la moustache de la main gauche d'un geste qui tenait d'une longue pratique. Dissimulant par la même, l'excès de nostalgie qui venait de prendre possession de son âme. Sa fille devait avoir grosso modo le même âge et cette spontanéité marqué de politesse... se calmer, se reprendre, commercial, toujours depuis toujours et à jamais.
Il sentit plus qu'il ne vit, son garde du corps, ami et compagnon de tout ses voyages déboutonner le col de son vêtement. Un signe entre eux pour dire qu'il y avait du danger. Il cessa alors de se lisser la moustache. Il avait la réponse à sa question.
« Bonjour mademoiselle. Je ne saurai trop vous dire ce qui pousse ces gens dans le sens contraire de notre propre avancée. Nous allons tous deux à Naza en venant de loin... je n'ai pas eu d'informations sur des troubles, une guerre ou une quelconque chute économique. Le Régent contrôle toujours le pays et apparemment personne ne s'en plaint. On attend toujours la découverte d'un héritier miracle qui jouera la marionnette. » continua t-il avec une pointe d'humour acide.
« Par contre si je puis me permettre un conseil jeune fille, si vous êtes venue pour faire du shopping faites le accompagnée et rentrez pour dîner. La ville n'est pas réputée pour être la parfaite station balnéaire si vous voyez ce que je veux dire. » termina t-il en lançant un regard de connivence à son meilleur ami... qui souriait doucement en dévisageant l'adolescente.
* Non ?! Elle aussi est dangereuse ? Mercenaires ? Shinobis ? Ils sont toute une bande... sont ils là pour me soutirer des informations sur ma Primura ? La traquent ils ? Ils ne viennent pas de Yuki c'est certain... * se demanda le discret PDG de Tchinonamida Corporation.

Soi Fon

Ryoko dévisagea la jeune fille assise en face d'elle. Sa façon de se déplacer, l'aura qui se dégageait d'elle et de ses compagnons. Elle l'aurait reconnu entre mille. Elle avait vécu une bonne partie de sa vie avec ces gens. Elle avait arpenté la même Voie. Des shinobi. Ils n'avaient pas de bandeaux visibles sur eux mais...
* Déserteurs ou membres d'un village, ce sont tous des ennemis potentiels de toute façon... *
Passé le premier et seul laissé-aller qu'elle s'était permis en voyant la jeune fille s'asseoir à sa table avec sûreté, elle avait repris sont masque de politesse et de distinction polissé. Un visage pour ainsi dire semblable à un miroir sans être froid.
« J'ai une bonne mémoire des visages et je ne me souviens pas de vous... mais si vous voyagez souvent vous m'avez peut être vue jouer un soir. Je m'appelle Maki Uta. Joueuse de Koto itinérante. » Un nom passe-partout qu'elle utilisait fréquemment, elle utilisait ce qu'aimait le plus sa soeur : les rouleaux et les chansons.
« J'aime voyager seule. Cela m'inspire. Je sais me défendre aussi... » reconnut elle avec un sourire étudié avant de détailler la silhouette de la jeune femme.
« Vous aussi apparemment... ? » conclue t-elle en appuyant son menton sur sa main de manière charmante.


Mizaki

Le vieillard tira une pipe de sous son épais manteau et entreprit de la bourrer avec un soin étudié.
« Chez lui ça veut dire qu'il vous écoute. » expliqua avec malice le petit garçon. « Ne nous demandez pas nos noms, papi craint que les Erasers ne nous aient suivis jusque là. Vous venez d'où monsieur ? » demanda t-il d'une voix franche et enfantine alors que le vieil homme allumait sa pipe en tirant une bouffarde, ses incroyables yeux bleu dissimulés un instant par l'épaisse fumée odorante. Mizaki n'avait jamais été aussi en danger qu'en cet instant mais il n'avait aucun moyen de s'en rendre compte.

Aoshi

Ce fut le père qui répondit d'une voix aimable en se levant de table.
« Nous quittons aussi le col. Nous habitions aux abords de Naza mais la ville a changé. Je vais installer ma famille en sécurité et puis je reviendrai chercher mes deux soeurs... »
Il se plaça près d'une des fenêtres du Relais, de façon à ce que sa famille n'entende pas le reste. « L'une d'elle a disparu du jour au lendemain et l'autre la cherche depuis... s'en serait presque anodin à Naza si quelqu'un nous aurait demandé de l'argent ou si nous avions retrouvé son corps mais... elle a disparu. Non, le mot disparu n'est pas assez fort. Personne ne se souvient d'elle à part ma soeur restante et moi. Même pas ma femme ni mes enfants... personne... c'est comme si... elle n'avait jamais existé. Elles étaient jumelles et leur lien gemeulien brisé net par la séparation a rendu ma soeur un peu folle... je n'ai pas réussi à la convaincre de quitter la ville avec nous. » continua t-il en murmurant.
« Quelque chose ne tourne pas rond là bas depuis quelque temps... je ne saurai trop vous conseiller de faire attention si vous comptez aller à Naza. Le Régent n'a qu'une emprise lointaine sur cette ville, les vrais dirigeants sont les membres du Conseils. »
Il soupira. Las. « C'est le discours d'un fou ou d'un comédien mais... »


HRP : Si vous voulez continuer le dialogue, on peut le faire par mp. Envoyez moi une série de question, j'y répondrai et vous arrangerez en terme de temporalité et sentiments. Miyu vous rejoint une vingtaine de minutes plus tard. Une table ronde dans un coin. Un repas de salade de tomate mozarella, de nouilles au porc ou aux légumes et un schtroëdel aux pommes avec sa crème. :P
Vous êtes suffisamment éloignés des oreilles indiscrètes pour parler librement sans toutefois monter trop haut. :winkk:

« Alors, qu'avez vous appris ? » demanda t-elle avec un sourire gourmand. « Quels potins, ragots, nouvelles, anecdotes, cancan, commérage, on-dit, rumeur êtes vous parvenu à glaner ? » termina t-elle en semblant se délecter de chacun de ces mots comme d'une friandise.
Mangetsu : après le repas tu conclu ton entraînement sur deux essais avec progression où tu bouges avec tes clones. Pas facile de les maintenir mais tu y parviens. Je te le valide. :)
Soi Fon : On en a discuté par mp, j'attends la suite de tes essais du précédent post mais je t'annonce que tu pourras continuer sur celui-ci. J'attends tes essais « précédent » pour dire si tu conclu sur ce post ou pas.
A mon prochain post Mj normalement on arrivera aux portes de Naza. Ce sera la fin de l'intro et le début de la première partie. Accrochez vous à vos nerfs et serrez bien votre ceinture de sécurité.  :twisted:
Vous avez jusqu'à mercredi soir pour ceux qui peuvent. Bon courage et bonne continuation à tous ! :D
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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Soi Fon » mar. 08 sept. 2009, 22:09

Fin de l’entraînement :
Miyu lui fit savoir que sa technique avait parfaitement fonctionné et que la brûlure avait été stabilisée avant de la soigner à l’aide d’un jutsu de soin. À nouveau il ne subsistait pas une cicatrice mais la junin remarqua que les sensations lui revenaient doucement. ‘‘Il semblerait que l’anesthésiant ait cessé de faire effet. Merci de ton assistance.’’ Elle marqua une courte pause, histoire de ne pas enchaîner un "merci/au revoir", puis reprit. ‘‘Bonne soirée à vous deux. Je vais vous laisser, j’ai grand besoin d’une douche après ça, et sans doute d’un peu de repos. Bon courage avec le bunshin Mangetsu.’’
La junin prit ensuite congé des deux Sunites, et alla prendre une douche rapide, puis elle regagna sa chambre, commençant par refermer la fenêtre avant de jouer un peu avec Mizu qui l’attendait tranquillement installé sur le lit, couché sur le dos. La junin se glissa ensuite avec délice sous les draps, le chat venant s’endormir tout contre elle mais sur les draps.

Retour au présent :
La jeune femme la dévisagea un instant, alors que Soi Fon venait lui dire que son visage ne lui était pas inconnu. Puis elle reprit un air neutre lorsque Soi Fon fit remarquer qu’il pouvait être dangereux pour quelqu’un comme elle de voyager seule. La jeune femme prit finalement la parole et comme s’y attendait la junin, elle ne l’avait encore jamais vue mais si elle était bien celle que Soi Fon pensait avoir reconnue, en ce cas la conversation promettait de devenir intéressante. *Ça pourrait même devenir mortel… enfin si je la mets en confiance elle ne devrait pas me sauter dessus, du moins espérons-le.*

Elle disait s’appeler Maki Uta et être une musicienne itinérante. Les informations qu’avait Soi Fon étaient différentes, Ryoko Yamada, déserteuse de Suna. Si Soi Fon l’avait reconnue, Miyu en avait probablement fait de même mais la junin ne savait pas comment son capitaine agirait. Leur mission n’était pas de capturer Ryoko mais la prime sur la tête de la jolie jeune femme qui lui servait présentement de vis-à-vis était coquette et pourrait en tenter plus d’un. D’un autre côté son niveau requérait un minimum d’organisation pour la capturer et Soi Fon savait que Miyu n’agirait pas sur un coup de tête, aussi pour le moment elles étaient tranquilles afin de discuter.

La question de Maki, ou quel que soit son nom, fit sourire Soi Fon. C’était un petit sourire, léger et fugace. Savait-elle se battre ? Que savait-elle faire mieux que combattre ? On l’avait formée à devenir une arme vivante mais inutile de le clamer sur les toits. Au lieu de ça elle répondit : "Je me débrouille. Maki Uta… C’est étrange je me souviens d’un autre nom mais rassure-toi, je ne suis pas intéressée par la prime. J’ai lu ton histoire, ce qu’on a accepté de nous en dire en tout cas et je ne pense pas que j’aurais agi différemment. Que viens-tu faire dans la région ?"
Elle prenait véritablement un risque en se montrant si franche avec Ryoko mais l’histoire, la triste histoire, de Ryoko l’avait marquée et elle se sentait excitée de la rencontrer. En l’écoutant Ryoko prenait également un risque et Soi Fon se demandait comment elle réagirait à sa place.

De même qu’elle surveillait ses équipiers, la jeune femme se concentrait surtout sur les mains de Ryoko depuis qu’elle avait posé son menton au creux de la paume de l’une d’elles. Elle savait Mizaki capable d’utiliser des jutsu d’une seule main et elle n’avait pas franchement l’envie d’être prise dans un genjutsu, surtout lorsqu’elle était en compagnie d’une personne qui pourrait se révéler si intéressante.

De tous les déserteurs dont elle avait lu le dossier, quelques maigres informations contenues dans le bingo book en fait, elle faisait partie de ceux qui avaient retenu son attention. Soi Fon avait été un temps considérée comme une déserteuse, d’abord par son pays puis par le gouvernement provisoire de Suna lorsque la famille Kinran avait réalisé son putsch, elle faisait équipe avec deux anciens déserteurs… plus qu’un à présent, aussi était-elle plus que tolérante vis-à-vis des déserteurs. Le dossier de la jeune femme ne la désignait pas comme une meurtrière à l’instar d’un bon nombre de ses "collègues". Ryoko avait quitté son village afin de mener à bien une vengeance. Sa sœur, une geisha, avait été assassinée et on lui avait refusé le droit de la venger. *Ma pauvre, comme je te comprends…* Si elle n’avait pas déjà été en mission, elle l’aurait volontiers aidée mais peut-être n’était-ce pas incompatible.

Ryoko lui sourit, l’air sincère. Leur entretien ne se passait pas si mal pour le moment et la suite ne vint que confirmer cette première constatation. Elles n’auraient pas à se sauter dessus ou à se lancer des jutsu à la figure, c’était plutôt encourageant. Une chance que Ryoko était d’un tempérament calme. ‘‘Je suppose que si vous aviez voulu m’attaquer ou donner l’alerte ce serait fait depuis longtemps…’’ Soi Fon acquiesça, si elle avait eu envie de donner l’alerte ce serait effectivement déjà fait.
La jeune femme murmurait, c’était compréhensible, normal même dans une telle situation. Elle semblait un peu hésitante, ça aussi c’était normal, Soi Fon n’était qu’une inconnue pour elle et voila que cette inconnue l’avait reconnue, elle, une déserteuse activement recherchée.

Choisissant de faire confiance, au moins pour le moment, à Soi Fon, la jeune femme reprit. ‘‘Dans ce cas laissez moi vous faire une confidence, si je voulais vous faire subir mes jutsu favoris, ce ne serait pas par le regard donc vous pouvez me regarder en face.’’ Au tour de Soi Fon de ne pas savoir sur quel pied danser. Du peu qu’elle connaissait du genjutsu, elle savait qu’il était possible de lancer une illusion autrement que par un contact visuel, par une mélodie par exemple mais elle ne savait pas si cette Ryoko cherchait à endormir sa méfiance, néanmoins comme elle reprenait, Soi Fon finit par se détendre et ne chercha plus à fuir son regard. ‘‘Je suis allée à Naza, on peut tout trouver là bas… et notamment des informations. Je cherchais une piste et j’ai disons obtenu de quoi poursuivre mon but. J’en conclue que vous n’êtes pas à ma poursuite ? Puis-je savoir pourquoi est-ce que vous n’essayez pas de me tuer ?’’

Soi Fon haussa un sourcil suite à la dernière question de Ryoko, qui était sans doute la plus évidente. Parlant elle aussi à voix basse, sur le ton de la confidence, Soi Fon entreprit de se livrer à la jeune femme, de partager une partie de son histoire avec elle. ‘‘Si je te tuais, qui vengerait ta sœur ? À mes yeux tu n’es pas une criminelle, tu as juste quitté le village pour tes propres dessins, je ne crois pas que ça mérite la mort. Mais pour réellement comprendre mes motivations je pense qu’il va falloir que je te parle un peu de moi. Qu’en penses-tu Mizu ?’’ La junin gratta un instant la tête du félin qui était couché sur la table et qui avait répondu d’un petit miaulement à la question de Soi Fon, comme s’il en avait compris le sens. Souriant au félin, la junin poursuivit, toujours sur le même ton.

‘‘Je suis originaire du village de Kirigakure no sato et plus précisément du quartier des plaisirs. Ma mère était une prostituée et s’il existe un véritable monde entre celui des geishas et celui des prostituées, le but reste le même, faire passer un agréable moment à son client et dans les deux cas des abus arrivent, comme ça a été le cas pour ta sœur. Des amies à moi ont été victimes de mauvais traitements, grâce aux dieux aucune n’en est morte mais je n’étais pas assez forte à cette époque pour les défendre. Maintenant que je le suis, je passe trop de temps loin de mon village pour pouvoir m’occuper d’elles et surtout de ceux qui voudraient leur faire du mal. Tu comprends à présent que ton histoire m’a touchée, mais ça n’est pas la seule raison qui me pousse à ne pas t’attaquer, si je le pouvais je te viendrais même probablement en aide. La seconde raison et que par deux fois j’ai été considérée comme déserteuse et qu’actuellement je fais équipe avec un ancien déserteur. Il est probable que la capitaine de mon équipe t’ai également reconnue, je ne sais pas comment elle réagira mais elle n’est pas vraiment à cheval sur les règles, elle s’assoit plutôt dessus pour ce que j’en ai vu.

Je te souhaite réellement de retrouver le tueur et de pouvoir venger ta sœur. Après cela si tu en avais l’occasion, reviendrais-tu à Suna ? Tu dois avoir des gens qui t’attendent là-bas.’’
La junin en savait quelque chose.
Ryoko lui sourit avant de répondre. Sans parler de confiance, on en était loin, les deux femmes semblaient rassurées sur leurs intentions mutuelles. ‘‘Pour être exécutée comme un exemple ? Aussi bonnes que mes raisons puissent paraître, j’ai déserté, brisé un serment. On me punira pour ça par la mort. Telle est la règle. Non je ne pense pas revenir. Ou bien incognito. J’aviserai quand j’aurai enfin atteint mon but…’’ Termina-t-elle avec un sourire sans joie.
Soi Fon recentra sur la raison première, l’officielle du moins, de cette prise de contact. ‘‘Je me rends à Naza avec mes équipiers mais nous ne connaissons pas avec précision la situation. Toi qui en reviens, tu pourrais m’en dire plus à ce sujet ?’’

‘‘Que dire de cette fourmilière ? Naza est fidèle à elle-même et à sa réputation… belle mais dangereuse. Laide mais attirante. La méfiance qui est normalement de mise dans certains quartiers et milieux vire à la paranoïa. Aborder des contacts hauts placés de la pègre devient relativement difficile. On parle de disparitions, d’effacement, de vide. La peur frappe à tout les niveaux mais le silence est de mise…’’ écartant les mains d’un geste gracieux que Soi Fon évita de regarder directement, Ryoko poursuivit, l’air gênée. Attaque dissimulée qui gênait son utilisatrice ? Peut-être bien qu’elle souhaitait couper court à la conversation… ‘‘Je ne peux pas vraiment t’aider à ce niveau-là. Mais entends mon conseil. Fais attention à toi… et aussi forte que tu sois, évite de rester seule où que tu ailles.’’

La junin estima qu’elle n’en apprendrait pas plus. Il était temps de conclure cette conversation. Si elle ne lui en avait, à première vue, pas beaucoup plus appris sur la ville de Naza et sa situation actuelle, Soi Fon avait au moins fait une rencontre intéressante. ‘‘Je te plains, c’est un lourd fardeau que tu portes sur tes épaules. Lorsque ta tâche sera terminée, si jamais tu changeais d’avis, sache qu’à Suna tu possèdes au moins une amie alors je vais me présenter à nouveau. Je suis Soi Fon Shinshun, junin et diplomate au service de Kiri et de Leolio Mimura, actuel kazekage, l’homme qui a permit que soit accordée la grâce à mon équipier et sa compagne, tous deux déserteurs à cette époque et anciens membres du Shinobi Kuran. Tout espoir n’est pas perdu.’’ Soi Fon cligna de l’œil, même si avec son cache il était difficile de dire si c’était un clin d’œil ou si elle avait simplement battu des paupières mais son sourire ne trompait pas. Tendant la main pour effleurer cette de Ryoko, la jeune femme n’insista pas si elle voyait que sa vis-à-vis retirait sa main. ‘‘Tu n’as pas dû passer beaucoup de temps avec des amis depuis ton départ, alors si tu souhaites me considérer comme tel, ma chambre et la numéro treize.’’

Elle se leva de table et adressa quelques mots encore à Ryoko. ‘‘Même si elle t’aura probablement reconnue, je ne dirais rien à ton sujet à mon capitaine.’’
Leur conversation étant achevée, Soi Fon rejoignit la table de Miyu. La jeune femme jeta un coup d’œil aux plats disposés sur la table puis s’installa en haussant les épaules. Rien ne la tentait dans tout ça. Une fois qu’ils furent réunis, Miyu leur demanda, sans élever le ton, de lui raconter ce qu’ils avaient appris. Elle voulait tout savoir, Soi Fon voyait déjà la scène… *Oh, j’ai appris que la belle demoiselle avec qui j’ai parlé est une déserteuse, de Suna d’ailleurs.* Bien sûr elle n’en dirait rien, à moins que le sujet ne soit évoqué mais Ryoko avait toute sa sympathie.

Mizaki prit la parole le premier, il en avait appris davantage que Soi Fon sur ce qu’il se passait à Naza même si le nom des vilains présumé la fit lâcher un petit rire. Erasers… drôle de nom. Selon l’enfant avec qui Mizaki avait discuté, ces "Erasers" faisaient disparaître des gens physiquement, mais aussi de la mémoire collective. *Et comment les gens sont-ils au courant dans ce cas ? Et Mizaki tient ces infos d’un gamin…* Naza semblait en tout cas aussi pourrie que Kiri, si ce n’est plus.
Naza est une ville dangereuse pour tous où le crime fait partie du quotidien et où seuls les riches et puissants reçoivent un minimum de protection de la part des autorités. La junin était relativement d’accord avec son équipier lorsqu’il faisait remarquer que ça devait jouer dans les exils, vivre à Kiri n’était déjà pas facile mais là cela semblait encore pire pour ce qu’elle en entendait et elle n’aurait pas aimé savoir sa mère ou l’une de ses amies là-bas. Quoi qu’il en soit, cela lui rappelait les paroles de Ryoko au sujet des disparitions.

Aoshi fut le second à prendre la parole, parlant lui aussi de disparitions, de la disparition d’une jeune femme pour être exact et dont seul la jumelle et son frère se souvenaient, ce qui venait renforcer les paroles de Mizaki. Histoire étrange, peut-être bien vraie après tout. Le chunin poursuivit en avançant que pour lui ces évènements étaient à coup sûr liés aux évènements de Kiri, il émit également l’hypothèse que la Mayoï aurait put envoyer une seconde équipe sur place pour agir dans leur dos. *Bof… quant à envoyer une seconde équipe, j’ai quelques doutes mais qui sait.* La suite concernait ces fameux Erasers et les moyens employés pour neutraliser la mémoire des gens. Soi Fon haussa un sourcil devant les conclusions du Sunite mais attendit qu’il ait totalement fini pour prendre la parole, le laissant aller jusqu’au bout de ses idées. Puis lorsqu’il eut terminé, elle se dépêcha de prendre la parole, avant que Mizaki ne réagisse.

‘‘Je ne serais pas aussi catégorique que toi Aoshi. Pour le moment on ne peut rien affirmer quant à l’implication de cette organisation dans le meurtre de l’anbu. Quant à envoyer une seconde équipe, j’en doute mais ce n’est que mon avis ça. Maintenant en admettant que ces… Erasers soient réels, qu’ils soient ce dont parle la légende, qu’est-ce qui les empêcherait d’user du genjutsu ? Et si des gens se font passer pour eux, rien ne les empêche de posséder des connaissances sur le chakra, ce peut être des déserteurs ou bien un groupuscule envoyé par un village caché… disons Iwa. Mais une machine à faire perdre la mémoire, ça me semble étrange, surtout quand on connaît les possibilités du cerveau humain, pas vrai Mizaki ?’’ Elle faisait référence aux évènements de Kumo mais ne laissa pas le temps, à nouveau, à son équipier ou à qui que ce soit de prendre la parole puisqu’elle enchaîna directement sur ce qu’elle avait appris de son côté, à savoir pas grand-chose… si on excluait tout ce qui ne concernait pas Naza. ‘‘J’ai parlé avec une musicienne itinérante mais outre le fait qu’on trouve de tout à Naza, et surtout des informations, que le sport local semble être le kidnapping et qu’il ne faut pas sortir seul quel que soit son niveau je n’ai rien appris. Comme tu disais Mizaki, c’est sur place qu’on découvrira ce qu’on cherche, ça n’aurait pas été drôle sinon. On trouve tout ce qu’on veut sur place m’a-t-elle dit, on verra si on trouve notre réponse.’’

[hj] : vu avec Miyu pour la conclusion de l’entraînement.
Dernière modification par Soi Fon le dim. 13 sept. 2009, 18:55, modifié 1 fois.
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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Mizaki Taro » dim. 13 sept. 2009, 10:36

[HRP : désolé c'est assez expéditif :oops: , mais je n'ai plus beaucoup de créanaux pour poster et ça ne va pas s'arranger ...]


Pas de réponse, le vieillard se contenta de saisir sa pipe qui se trouvait dans son manteau et commença à s'appliquer à la bourrer de tabac. Le silence qui venait de s'installer décontenançait quelque peu Mizaki qui cherchait à ne pas le montrer malgré tout, il lui était impossible de dire si ce geste s'apparentait à un refus ou à une acceptation.

 « Chez lui ça veut dire qu'il vous écoute. »

La voix venue d'un peu plus bas était celle du jeune garçon qui l'accompagnait. Mizaki afficha alors un sourire au garçon comme pour le remercier de l'avoir éclairé sur ce point qui avait été loin d'être une évidence pour le jounin. Mizaki tira alors la chaise pour s'assoir en face du vieil homme, prêt à lui poser ses questions, mais le jeune garçon poursuivit avec des propos qui ne manquèrent pas de susciter l'intérêt du jounin, il venait pratiquement de répondre à la première question qu'il aurait posé.

« Ne nous demandez pas nos noms, papi craint que les Erasers ne nous aient suivis jusque là. Vous venez d'où monsieur ? »

Erasers... Ce nom ne disait rien à Mizaki, mais il n'en restait pas moins qu'il s'agissait déjà là d'un élément qui pouvait avoir son importance concernant la situation à Naza. Malgré l'intérêt que portait Mizaki à cet élément, il se devait de rassurer ses interlocuteurs quant à ses intentions et à répondre à l'interrogation du jeune garçon.
"Ne vous inquiétez pas, je ne vous demanderai pas vos noms, de toute façon je ne suis pas sur que ceux ci m'apporteraient quelque chose dans mon voyage vers Naza. Je viens de Suna, et j'avoue que je n'ai jamais entendu ce nom d'Erasers, mais j'ai comme dans l'idée qu'ils pourraient bien être la réponse à la question que je souhaitais vous poser au départ. Pourquoi tout le monde semble-t-il quitter Naza ? Est ce lié à ces Erasers ? Je n'ai pas vraiment idée de ce qui se passe là bas."
Le ton était des plus sobres et franc, il cherchait à montrer qu'il n'avait rien à cacher à ses interlocuteurs, qu'il leur répondrait sans détour et qu'il n'était pas une menace pour eux, il ne fallait pas qu'ils se sentent agressés ou en danger potentiel sinon la discussion tournerait court.
Le gamin se mit alors à sourire, dévisageant Mizaki pendant quelques instants, certainement s'attardant sur la marque qu'il avait au visage, puis s'exprima tranquillement.
"Les Erasers sont une légende urbaine. Ils effacent les gens, non seulement physiquement mais aussi de la mémoire des gens. Ils disparaissent purement et simplement. Certaines personnes croient que ce n'est pas qu'une légende. D'autres partent parce qu'ils ont leurs propres raisons... Naza n'est pas une ville tranquille, bien au contraire. Intéressante. Mais le calme de jour comme de nuit n'est pas de mise." ponctua t-il en souriant.
"Papi je peux commander une glace ?"
Le vieil homme se contenta de répondre par un grommellement qui agita légèrement sa barbe, un son qui ne ressemblait à aucune réponse claire et audible mais que le jeune garçon comprit une nouvelle fois.
"Merci papi."
Mizaki prit une mine un peu plus inquiète et surtout emplie de perplexité, il n'était pas le moins du monde effrayé mais de tels propos avaient de quoi provoquer malgré tout quelques questions peu rassurantes.
"Pas spécialement rassurant ce que tu me dis là ... Des disparitions mises sur le compte de ce que certains pensent être une légende ..."
Reprenant un air plus sérieux, il poursuivit sur de nouvelles questions, la conversation devait bien trop intéressante pour en rester sur ces éléments là qui méritaient encore bien quelques explications selon Mizaki.
"Quelles autres raisons poussent les gens à quitter Naza ? Parce que pour que la ville ne connaisse jamais le calme de nuit comme de jour c'est que les Erasers ne doivent probablement pas en être l'unique raison."
Mizaki avait légèrement changé de sujet en amenant le sujet de ce qui semblait être un exil, tout en gardant le sujet des Erasers à portée pour que celui ci ne s'égare pas pendant la conversation. Qui plus est, en ce qui les concernait il venait déjà d'obtenir un élément capital, celui de l'effacement de mémoire, la concordance était bien trop importante avec le cas des examinateurs de l'examen chounin pour qu'il ne puisse s'agir que d'un simple hasard, Mizaki venait très certainement d'obtenir le nom du groupe qui avait agit à Kiri.
Il alterna alors son regard enter l'enfant et le vieillard, ne laissant transparaitre aucun élément sur l'importance de ce que venait de lui dire le jeune garçon pour son enquête, il devait désormais en savoir un peu plus sur la situation à Naza, tel était le but de sa dernière question à laquelle répondit le gamin par un pouffement qui surprit quelque peu Mizaki.
"Oh tu sais entre les prostituées, les maques, les dealers, les voleurs, les assassins, les mendiants, les vagabonds, les mercenaires... les raisons sont disons essentiellement liées au voisinage. Les quartiers "surs" sont réservés à une catégorie de la société que nous qualifierons d'aisée. Après c'est un fait, c'est une ville commerçante. Tu trouveras tout ce que tu veux à Naza. Tu pourras y faire les meilleurs affaires du monde et peut être même te faire un nom rapidement. Mais les risques sont nombreux et quotidiens. C'est une vie que tout le monde ne supporte pas."
Mizaki se mit alors à sourire au jeune garçon qui venait de lui indiquer une nouvelle fois des choses plutôt intéressantes. Une serveuse arriva à cet instant, interrompant le jeune garçon qui venait de porter son attention vers quelque chose de bien plus intéressant que les questions de Mizaki, tout du moins pour lui.
"Une boule de glace à la fraise s'il vous plait, mademoiselle." lui demanda t-il avec un charmant sourire.
L'aspect candide de celui qui venait de jouer un superbe rôle d'informateur amusa Mizaki, il n'y avait vraiment que les enfants pour réussir à effacer un sujet quelque peu inquiétant et peu enjoué de la conversation simplement par l'évocation d'une boule de glace.
"Je comprends, merci mon grand, au moins je sais plus ou moins ce qui peut m'attendre là bas et quel type de danger semble faire partir une partie de la population. Il me reste cela dit quelques interrogations. Depuis combien de temps environ les Erasers semblent s'être installés à Naza ? Et les autorités de la ville ne tentent-elles rien contre eux ?"
Mizaki retrouva son air sérieux le temps de la question, mais pas aussi prononcé que précédemment, il avait déjà obtenu bon nombre de choses et était bien satisfait de cela, il pouvait se détendre mais devait malgré tout garder une bonne partie de son sérieux à cause de la teneur des questions qu'il venait de poser. Son regard resta sur le gamin qui au final était son seul interlocuteur véritable, mais tournant malgré tout son regard vers le vieil homme sur la dernière question.
« Disons que la légende urbaine est vieille... au moins autant que grand père. » répondit l'enfant comme si cela signifiait très très longtemps.
« Mais la matérialisation de la légende date... d'un peu plus de deux mois. Peut être trois. » continua t-il pensif.
« Pour en revenir aux autorités... » reprit il en riant « Elles ont bien assez de mal à protéger le quartier favorisé... tout en dansant sur le fil de la corruption dans certaines branches. Une véritable toile d'araignée dans laquelle il est aisé de s'empêtrer... des enquêtes sont lancées mais bon... aucun aboutissement n'a été rendu public. » nuança t-il avec un rictus.
Les réponses de l'enfant satirisèrent une nouvelle fois pleinement Mizaki qui décida que sa séance de question pouvait prendre fin. Affichant un franc sourire, Mizaki commença à se lever de sa chaise.
 « Merci mon grand, tu m'as appris un bon nombre de choses sur Naza, je sais ce qui m'attend désormais. » puis il porta la main à la poche et en sortit une pièce qu'il posa sur la table.  « Pour ta glace, tu l'as bien mérité. »
Il se tourna alors vers le grand père et inclina la tête en guise de remerciement, même s'il n'avait pas décoché le moindre mot il ne l'avait pas non plus chassé et éloigné de son petit fils.

Il quitta la table et se dirigea vers l'extérieur, s'asseyant à coté de la porte pour voir le défilé de gens, attendant que ceux qui étaient partis prendre un bain avant soient redescendus et qu'ils en aient fini avec leurs interrogatoires respectifs pour aller les rejoindre à une table où Miyu avait déjà commandé la nourriture. Tout ce qui se trouvait sur la table, Mizaki n'en avait jamais mangé, mais bon qui ne tente rien n'a rien comme on dit, et Mizaki était spécialement affamé en cet instant.
Alors qu'il avait commencé à se remplir l'estomac, Miyu demanda ce qu'ils avaient pu apprendre chacun de leur coté. Mizaki prit alors la parole sans trop attendre et apporta les éléments qu'il avait glané.

 « Pour commencer les personnes que j'ai interrogé semblaient fuir de Naza à cause de quelque chose appelé Erasers. A ce qu'ils m'ont dit les Erasers là bas font figure de légende urbaine depuis un très grand nombre d'années, et malgré ce statut de légende on leur attribue un certain nombre de disparitions, comme l'enfant m'a dit ils effacent les gens physiquement, mais aussi et surtout leur mémoire, ce qui pourrait rapprocher cette légende des événements de l'examen de Kiri avec la perte de mémoire des examinateurs. Cela dit, je reste méfiant vis à vis de cette conclusion parce que l'enfant m'a dit que les gens disparaissaient purement et simplement, hors à Kiri ce n'est pas tout à fait ce qu'on a observé puisque le corps avait été déplacé, donc malgré cette forte ressemblance au niveau de l'effacement de mémoire il n'y a pas concordance parfaite avec notre cas, ça reste donc une piste intéressante à suivre mais il ne faut pas trop s'emballer selon moi, l'hypothèse du désaxé appartenant à ce groupe reste toujours parfaitement plausible. A Naza même les gens semblent divisés sur le fait qu'il s'agisse simplement d'une légende ou s'il s'agit d'un groupe de personnes réelles, on parle de cette légende depuis de très nombreuses années mais la matérialisation de leurs agissements date simplement de deux ou trois mois, ce qui pourrait expliquer l'exode un peu plus massif depuis peu.
En tout cas, ils sont à la base de certains exils de Naza, même si visiblement ce n'est pas la seule raison. L'ambiance là bas n'a pas l'air terrible, à elle seule elle a provoqué certains départs apparemment. On m'a parlé de réseaux de prostitutions, de dealers, voleurs, assassins, mendiants, vagabonds, mercenaires, et la liste semblait encore pouvoir continuer pendant des heures. Ces départs massifs ne semblent donc pas que lié aux Erasers mais aussi à tout ce qui est dégradation de voisinage et d'ambiance en ville.
Concernant la ville en elle même j'ai également appris qu'il y avait des quartiers plus aisés et que seuls eux semblaient bénéficier de la protection des autorités vis à vis des Erasers et de tous petits ou gros malfrats. A ce sujet on m'a parlé de réseaux de corruption également mais je n'ai pas poussé mes questions sur ce sujet. A coté de ça c'est une ville purement commerçante apparemment, comme on m'a dit « tu trouveras tout ce que tu veux à Naza ».
Voilà ce que j'ai appris, j'aurai aimé pousser un peu plus sur le sujet des Erasers mais leur statut de légende semble ne pas permettre d'obtenir beaucoup plus de renseignements sur eux, ce qui fait que j'ai préféré en rester là pour le moment, j'ai l'impression qu'il va falloir être sur place pour en apprendre plus, à moins que certains d'entre vous aient appris des choses plus précises à leur sujet ... »

Mizaki termina ainsi le rapport des éléments qu'il avait recueilli, tendant la perche à un autre qui aurait pu en apprendre un peu plus que lui sur les Erasers ou même sur un autre sujet.
Mizaki Taro , d'un certain grade dans un certain village...

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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Aoshi Tsukyo » dim. 13 sept. 2009, 16:56

Le Tsukyo se sentait mal. Toute cette histoire le dérangeait. Le père de famille s’était sorti de table pour discuter avec Aoshi. Il se passait des choses louches dans cette ville. Des gens qui disparaissaient –complètement-, une administration complètement nécrosée par la corruption, le crime à chaque coin de rue. Bref, le repère parfait pour une organisation mafieuse, voir pire.
Plus Aoshi écoutait l’homme parler, plus il était irrité. Les pièces du puzzle s’assemblaient petit à petit, révélant un paysage bien malsain. L’enquête sur le meurtre de l’anbu était qu’un leurre. Pourquoi aller chercher des indices dans cette ville qui n’avait été cité que sur un seul mémo ? L’examinateur était mort à Kiri, et on les envoyait à l’autre bout du continent. D’ailleurs, on ne leur avait rien appris des circonstances de l’assassinat. Aucun rapport de l’enquête qui s’était déjà passée sur place.
Leur équipe avait été envoyée en reconnaissance. La Mayoi avait dû découvrir des choses désagréables et avait envoyé un pauvre groupe de ninja glaner, sans vraiment le savoir, un peu plus d’information sur la maladie qui rongeait cette ville et sûrement plus. Ils n’étaient que des cobayes. Quelques ninjas de la Mayoi devaient les suivre, restant dans l’ombre, observant le devenir des misérables souris albinos jetées dans ce labyrinthe trop dangereux pour elles.

Ces disparitions avaient malheureusement un rapport avec leur enquête. Cette organisation mafieuse possédait des éléments d’une certaine puissance, et réussissait à s’en prendre aux esprits des gens. Leurs activités avaient bel et bien dépassé les thèmes traditionnels des mafias. Rien de bien rassurant. Miyu les avait entraînés dans un jeu qu’elle ne contrôlait pas du tout.

Aoshi écoutait silencieusement le père de famille, cachant difficilement son angoisse. La bouche un peu tordue, regardant dans le vide, Aoshi réfléchissait, cherchant des ponts entre toutes les informations qui lui arrivaient et leur mission. Non, ils ne pourraient pas faire autrement que de plonger dans ces marrais et essayer d’en sortir indemnes, avec des conclusions réjouissantes. Le chounin détestait l’implicite, le caché, le subtil, les secrets. Tout ce qui n’était pas clair du premier coup le rebutait, et voilà qu’il avait été entraîné dans une mission dont il doutait même des objectifs.
Lorsque l’homme eut fini, Aoshi resta quelques instants silencieux, regardant toujours dans le vide. Il était inquiet et espérait de tout son cœur que cet histoire n’était que les paroles d’un fou. Le Tsukyo se reprit et répondit, l’air faussement serein.
"C'est une bien étrange histoire que vous me racontez... Enfin, je n'oublierai pas vos conseils. Je pensais passer un peu de temps dans cette ville, mais vous avez malheureusement changé mes plans. Quels sont les noms de vos sœurs, par simple curiosité



La discution finie, Aoshi remercia son interlocuteur et s’assit en compagnie de son équipe. Il espérait que les informations qu’apporteraient les autres contrediraient les siennes. Mizaki fit son rapport en premier. Même s’il était sceptique sur ce qu’il avait récolté, ses informations recoupaient celles du Tsukyo. Une ville de plus en plus mal famée et des disparitions inquiétantes. Il avait même trouvé un nom aux gens responsables de ces disparitions, les Erasers.
« J’ai parlé à une famille qui quittait la ville pour les raisons que tu viens de citer. Une des sœurs du père a disparut complètement. Seul lui et sa jumelle s’en souviennent. Il n’y a eu ni demande de rançon, ni corps. Ce qui est inhabituel pour une disparition à Naza.
Malheureusement, il y a un point sur lequel je ne suis pas d’accord avec Mizaki ; ces disparitions concernent implicitement notre mission. Le climat avait toujours été moisi dans cette ville, mais s’est dégradé récemment. Un Anbu meurt à Kiri et on nous envoie à Naza. Il y a bien sûr un rapport entre notre mission et ce qu’il se passe là-bas. Je pense que la Mayoi se moque de la personne qui a tué leur anbu. Ils pensent que c’est cette organisation et nous ont envoyés en première ligne pour enquêter sur elle. Je ne serai pas étonné d’apprendre qu’une équipe de Kirien plus forte est aussi en ville et a les mêmes objectifs que nous, se servant de tout le remue ménage que l’on va produire pour agir en paix. Si cette organisation est assez forte pour faire assassiner un ninja d’un niveau impressionnant, alors, elle doit déjà savoir qu’on se rend à Naza fouiller dans leurs affaires.
Pour ce qui est des « Erasers », c’est soit la faute d’un genjutsu très puissant, soit l’aboutissement de recherche sur le chakra ou autre. Un genjutsu ne peut pas être maîtrisé par n’importe qui, ce qui écarte cette hypothèse et donne des points à l’autre. Cette organisation doit faire des recherches sur une machine capable d’effacer la mémoire des gens, depuis longtemps, ce qui explique que la légende soit aussi vieille, et doit l’avoir mise au point très récemment ce qui explique son retour au goût du jour et les disparitions plus importantes. On a plutôt intérêt à faire attention… S’ils peuvent toucher à la mémoire des gens, alors ils peuvent faire sûrement plus… »

Aoshi soupira et continua de manger. Cette histoire devenait bien de trop louche pour lui.
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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Mangetsu Kukan » dim. 13 sept. 2009, 23:40

Mangetsu achevait ses clones lorsque Soi Fon leur souhaita une bonne soirée. Pendant tout son entraînement la jeune fille s’était concentrée sur ce qu’elle faisait pour ne pas voir la jeune femme se blesser, curieuse elle avait vu avec dégoût le premier essai de la jounin mais cela lui avait suffi. C’était le genre d’entraînement qu’elle ne pourrait jamais faire.
« Bonne soirée à vous aussi. » répondit-elle avant d’étouffer un bâillement.
Elle ne maîtriserait plus le bunshin aujourd’hui et il était grand temps pour elle d’aller dormir.
« Je suis désolée senseï mais je crois que le voyage m’a plus fatiguée que je ne l’aurais cru. Avec votre permission je finirai l’entraînement au bunshin demain, je n’arriverai plus à rien de bien ce soir. »

L’homme qui se trouvait en face d’elle avait commencé par se lisser la moustache avant de brusquement cesser alors que son garde du corps venait de déboutonner un bouton de sa chemise. Mangetsu n’y avait pas prêté attention, elle les regardait tous les 2 mais n’avait pas fait le lien entre l’interruption du lissage de moustache et l’ouverture du col. Elle n’eut de toute façon pas le temps de se poser trop de questions puisque le gros homme lui répondit rapidement après :
« Bonjour mademoiselle. Je ne saurais trop vous dire ce qui pousse ces gens dans le sens contraire de notre propre avancée. Nous allons tous deux à Naza en venant de loin... je n'ai pas eu d'informations sur des troubles, une guerre ou une quelconque chute économique. Le Régent contrôle toujours le pays et apparemment personne ne s'en plaint. On attend toujours la découverte d'un héritier miracle qui jouera la marionnette. »
Mangetsu venait d’en apprendre beaucoup sur la situation de la ville mais certainement rien que Miyu ignorait, or c’était ce genre de détails que la jounin les avait envoyé chercher.

L’homme poursuivit, d’un ton bienveillant, semblable à celui que prenait parfois son père lorsqu’il voulait qu’elle se montre prudente, comme la veille de son départ pour l’examen chounin à Kiri.
« Par contre si je puis me permettre un conseil jeune fille, si vous êtes venue pour faire du shopping faites le accompagnée et rentrez pour dîner. La ville n'est pas réputée pour être la parfaite station balnéaire si vous voyez ce que je veux dire. » lui dit-il avant d’échanger un regard avec son acolyte.
Ce dernier souriait en dévisageant Mangetsu qui se demandait ce que cet homme lui voulait. Les paroles de son interlocuteur attendaient une réponse mais elle but tout d’abord quelques gorgées de son soda.
« Merci de votre sollicitude, je sais me défendre, au moins un peu, mais surtout je ne suis pas venue seule et mes amis représentent les meilleurs protecteurs possibles. » termina-t-elle en souriant elle aussi avant de dégager l’une de ses oreilles des mèches de cheveux qui passaient devant.
« Par contre je ne vois pas ce que vous voulez dire. Mes amis et moi avons prévu de passer par Naza mais j’ignore tout ou presque de cette ville. Je sais qu’elle est dirigée par un conseil et que certaines personnes y agissent dans l’ombre à leur guise mais je ne connais pas les détails, m’en diriez-vous plus à ce sujet ? »

Cette fois il mit un peu plus de temps à répondre à Mangetsu, semblant hésiter un petit peu. Mangetsu craignit qu’il ne lui en dise pas plus mais finalement il accepta de répondre à la question de la jeune fille :
« Je ne suis pas non plus un parfait initié. Le crime est maître dans cette ville. Le péché de chair comme celui du rêve y trouve là bas de quoi se satisfaire. Selon le quartier il se fait en guenille ou en soie. Selon l'heure il se fait dans le sang ou le stupre. C'est la ville de la désillusion et de la corruption... et j'en ai peur, par extension la ville marchande par excellence. Tout s'achète. Tout se vend. Chaque chose à un prix. De la goutte de sueur d'un travailleur au sang d'un rival. Paradis ou Enfer, tout le monde se le demande encore et je doute que l'on puisse s'accorder à ce sujet... mais quoi que vous cherchiez, vous le trouverez là bas. Aucun doute là dessus. » il finit se phrase en souriant doucement à Mangetsu.

Elle n’en apprenait pas beaucoup plus avec cette réponse. Naza était une ville marchande et il fallait se méfier de tout le monde. Il lui faudrait se montrer extrêmement prudente sur place et comme le lui avait conseillé l’homme, ne jamais sortir seule car en dépit de son grade elle restait une petite fille et bien que ses connaissances en kenjutsu soient appréciables, face à plusieurs adversaires ou un combattant professionnel, elle ne se faisait guère d’illusions quant à ses chances, surtout qu’ils ne devraient pas éveiller l’attention au sein de la ville.
Elle choisit d’insister un peu sur les dangers de la ville, espérant que l’homme lui répondrait sincèrement et ne faisait pas partie de l’une de ces organisations.
« Je ne sais si je dois m’en réjouir ou au contraire m’en inquiéter. A ce sujet, ma senseï nous a parlé d’étranges organisations qui contrôleraient la ville, avez-vous entendu quelque chose à ce sujet ? »
« D'étranges organisations ? A moins que vous ne parliez des gangs, des mafieux, des marchands... je ne sais pas. Quelles matières enseigne votre professeur ? »

La dernière question du gros homme avait été posée sans débordement d’enthousiasme, mais il se montrait poli à l’égard de Mangetsu, faisant mine de s’intéresser un peu à elle. Miyu leur avait dit qu’ils n’auraient plus besoin de jouer un rôle dans l’auberge et qu’ils redevenaient des ninjas, aussi la jeune fille lui répondit-elle sincèrement, n’essayant pas de déguiser la vérité.
« Mon professeur est une kunoichi, tout comme moi. Elle m’enseigne donc les arts ninjas. » dit-elle l’air radieuse.
Cette révélation sembla relancer l’intérêt de l’homme pour la Sunite et usant de son plus beau sourire il reprit :
« Oho, des ninjas en mission. Vous venez de quel village ? Il y a des affaires qui requièrent vos compétences à Naza ? »

Mangetsu n’aimait pas ce soudain regain d’intérêt à l’évocation de sa profession et son visage radieux se fit soudain plus méfiant, elle aurait bien aimé savoir ce que cet homme avait comme idée derrière la tête en posant sa question mais de toute façon elle ne pouvait pas lui révéler le but de leur mission.
« Je pense que je peux vous le dire, nous venons du village caché du sable mais pour ce qui en est du but de notre mission, excusez-moi mais je ne suis pas autorisée à vous le divulguer. »
L’homme ne prit pas ombrage de cette réponse et lui souriant en faisant un petit geste rassurant, il l’éclaira en partie sur ses intentions, ce qui rassura un peu Mangetsu.
« Les affaires sont les affaires, ce n'est certainement pas moi qui vous dirais le contraire. Non en fait ma question était intéressée dans un sens bien précis. »

Il mit la main dans sa veste, semblant chercher quelque chose et Mangetsu se raidit, prête à bondir pour esquiver une éventuelle attaque mais au lieu de ça l’homme sortit un étui de métal d’où il sortit une carte de visite qu’il tendit à Mangetsu. Pour le coup, la jeune fille était quitte d’une belle frousse.
« Voilà, je suis un modeste entrepreneur et je m'intéresse depuis peu à votre pays. En tant que ninja vous connaissez certainement des gens aux qualifications, rangs et intérêts différent. Si jamais l'un d'eux portait de l'intérêt à ma multinationale d'une manière ou d'une autre... voilà de quoi me contacter. »
Mangetsu examina la carte et lut le nom de l’homme. Cela ne lui disait rien mais pour qu’il y ait autant d’adresses sur la carte de visite, cela devait être quelqu’un de vraiment important. Son père serait sûrement intéressé d’apprendre que cet homme cherchait des partenaires commerciaux au pays du vent.

Elle avait retrouvé le sourire en lisant la carte et relevant les yeux vers l’homme, elle lui répondit avec une pointe d’enthousiasme dans la voix :
« Je connais effectivement quelqu’un que votre entreprise pourrait intéresser, Hi Awa, mon père. Il ne dispose certes pas d’une multinationale mais c’est un commerçant reconnu, du moins au pays du vent. Quel genre de commerce faites vous ? »
La chounin écrirait dès ce soir à son père pour lui transmettre l’information, voulant qu’il soit le premier au courant, le temps revêtant une importance capitale dans le commerce.

« Tout ce qui se vend et s'achète. J'ai commencé avec le tissu et si je continue encore maintenant j'ai créé diverses activités autour de cela. Ma propre ligne de vêtements, j'ai racheté des concurrents... je suis ensuite passé à l'application guerrière avec des vêtements de combat puis plus tard des armures. Je me suis récemment lancé dans le divertissement. Feux d'artifices et sports extrêmes pour être tout à fait précis.
Demandez donc à votre père de me contacter le plus tôt possible. Je serai aussi mobile et disponible que faire se peut en ce qui le concerne. »
termina-t-il l’air ravi, exprimant un vif intérêt suite aux paroles de la jeune fille.
« Je lui écrirai dès ce soir. J’espère que vous pourrez faire affaire vous et mon père. Merci de m’avoir accordé un peu de votre temps. »
La jeune fille sourit aux 2 hommes et s’inclina légèrement avant de se diriger vers la table où les autres l’attendait.

La conversation ayant prit fin, Mangetsu rejoignit Miyu et tous les autres à leur table, posant un regard gourmand sur les plats disposés sur la table. S’asseyant, elle attendit tout de même que Miyu ait prit la parole pour se servir en nouilles aux légumes et un peu du plat étrange avec le machin blanc qui venait du même pays que les glaces de la ville du voleur de lune.
« Alors, qu'avez vous appris ? Quels potins, ragots, nouvelles, anecdotes, cancan, commérage, on-dit, rumeur êtes vous parvenus à glaner ? » leur demanda Miyu aussi impatiente qu’une enfant le matin de Noël.
Ce fut Mizaki qui prit la parole le premier pour leur apprendre qu’une légende locale avait pris vie il y a quelques mois. Selon cette légende des gens disparaîtraient et seraient oubliés de tous.
*C’est horrible, disparaître comme ça, sans personne pour se souvenir de soi.*

Mizaki leur dit également que Naza était une ville dangereuse et que les Erasers de la légende n’étaient sans doute pas la seule raison des exils. Il ne manqua pas non plus de faire remarquer les similitudes qui existaient entre l’assassinat de l’anbu de Kiri et ces disparitions, tout en pointant les différences qui existaient entre les 2 évènements.
Aoshi prit ensuite la parole, convaincu que ces Erasers étaient liés aux évènements survenus à Kiri. Il avait appris que la sœur de l’homme avec qui il s’était entretenu avait disparu et que seul lui et la sœur jumelle de la disparue, donc sa sœur à lui aussi, se souvenaient d’elle alors que l’homme était accompagné de toute sa famille. Il ne pensait pas que les pertes de mémoire soient l’œuvre d’un genjutsu mais comme le fit remarquer Soi Fon, les Erasers étaient peut-être des ninja après tout. En tout cas la jounin n’était pas d’accord avec Aoshi pour affirmer que les Erasers étaient liés au meurtre de Kiri et Mangetsu était assez d’accord, on ne pouvait rien affirmer, il était encore trop tôt pour ça.

Lorsque ce fut son tour de prendre la parole, Mangetsu posa tranquillement ses couverts sur le bord de son assiette et s’adressa à ses camarades sur le ton de la confidence, la tête penchée en avant :
« Je n’ai rien entendu sur ces Erasers et comme Soi Fon, on m’a mise en garde contre les dangers de cette ville. Par contre j’ai appris que le pays était dirigé par un régent pour le moment et que tout le monde semble attendre la venue d’un héritier qui, je cite, jouera la marionnette. L’homme avec qui j’ai parlé et son ami, je crois que c’est son garde du corps en fait, se rendent eux aussi à Naza et cet homme est, tenez-vous bien ! Le directeur d’une multinationale ! Il dit s’appeler Tchinonamida, vous connaissez ce nom senseï ? »

Après le repas Mangetsu prit congé des autres pour se retirer dans sa chambre et terminer son entraînement qu’elle avait dû interrompre la veille, perdant son combat contre la fatigue.
S’installant confortablement sur son lit, la jeune fille forma le signe de la chèvre et unit ses 2 chakra pour en former un unique qu’elle fit circuler autour d’elle en bonne quantité afin de copier son apparence, puis elle scinda cette énergie en 3 portions plus ou moins égales qu’elle expulsa en dehors de son corps avec le deuxième signe. Après ça, elle activa l’effet de synchronisation pour les mouvements avec le signe du buffle. Ensuite elle fit apparaître ses 3 clones. Elle tourna la tête vers le plus proche et le vit imiter son mouvement, alors se relevant elle s’essaya à quelques pas de danse, les voyant l’imiter.
« Oui ! Bravo les filles ! »
Elle remarqua alors que l’un des clones traversait un meuble. Ils étaient immatériels et avec ce genre d’erreur ses adversaires distingueraient facilement les copies de l’originale. Il lui faudrait donc être plus prudente à l’avenir.

Stoppant sa technique, elle resta debout et se prépara pour un nouvel essai, se promettant d’être plus prudente sur les endroits où elle ferait apparaître les clones cette fois-ci.
Elle reforma la couche de chakra autour d’elle mais usa de plus de chakra cette fois et au moment d’expulser l’énergie qui avait pris sa forme, elle ne la scinda non pas en 3 mais en 5 pour voir si elle y arrivait. Son énergie expulsée, elle continua d’alimenter ses copies avec du chakra pour ne pas qu’elles s’épuisent et activa son effet de synchronisation entre ses mouvements et ses changements de couleur sur elle et les clones, de sorte qu’il soit pratiquement impossible de distinguer la copie de l’original si elle ne commettait pas d’erreur.
Faisant apparaître ses clones, elle constata rapidement la difficulté de se mouvoir dans un espace si réduit sans commettre d’erreurs qui révèleraient l’immatérialité de ses clones. Elle s’entraîna donc un peu à bouger avec ses clones, prenant son temps pour ses déplacements mais il lui parut rapidement évident que si elle devait utiliser cette technique, il serait plus prudent de le faire dans un endroit dégagé, comme lorsqu’elle utilisait son fouet.

Ce rapide entraînement achevé, elle s’installa à la petite table de sa chambre et prit de quoi écrire, rédigeant une lettre à ses parents et en particulier à son père.
Dernière modification par Mangetsu Kukan le mar. 22 sept. 2009, 22:43, modifié 1 fois.
Mangetsu Kukan chounin de Suna

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Miyu Renraku
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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Miyu Renraku » dim. 20 sept. 2009, 21:39

Aoshi

« Celle qui a disparu s'appelle Kalan, l'autre s'appelle Mikan. Toutes deux de la famille Teisei. Puisse votre route vous ramener chez vous entier et en sécurité. » termine t-il comme une bénédiction.

A table

La jounin plissa malicieusement les yeux, ingérant les informations avec un sourire gourmand. On la sentait dans son élément, dans ce qu'elle aimait, par ce quoi elle jurait. Hochant la tête de temps en temps, fronçant un sourcil, accentuant un sourire, affichant une moue dubitative, son visage marquait la conversation mieux que toutes les assertions possibles.
« Monsieur Tchinonamida ? » demanda t-elle avec l'air réellement éberluée en dévisageant Mangetsu. Puis les personnes avec lesquelles elle avait discuté. « LE monsieur Tchinonamida ? Il n'est pas très connu dans notre pays parcequ'il s'est essentiellement concentré sur des activités concernant le nord et l'ouest mais... c'est un marchand puissant et qui bénéficie d'une très grosse influence dans de nombreuses régions. Sa particularité principale c'est qu'il a appelé sa multinationale Tchinonamida Corporation mais jamais tu ne trouveras un seul produit avec sa marque dessus. Il utilise d'autre noms... ah et on ne sait pas où il habite... et les informations à son sujet sont rares, protégées, difficiles à trouver et encore plus à obtenir. Son compagnon ne me dit rien mais il dégage effectivement quelque chose de martial... sûrement son garde du corps comme tu dis. Je ne pensais pas trouver quelqu'un de sa position dans un endroit pareil... et aux abords de Naza ? Il a assez d'argent et d'influence pour envoyer un émissaire ou un représentant... et il a préféré venir en personne... mon petit doigt me dit qu'il y a un peu plus que de la simple conscience professionnelle là derrière... »
Elle sembla réfléchir quelques secondes, les yeux dans le vague puis sourit largement en changeant de sujet.
« En tout cas bravo pour la collecte, je suis impressionnée et satisfaite de vous avoir choisis. J'aime particulièrement vos suppositions, hypothèses et déductions... nous nous mettrons en route demain tôt. Tai nous fera descendre le col et on s'arrêtera à proximité d'un bois que je connais, à quelques kilomètres de la ville. On marchera jusque là bas et on déjeunera à la table du Masque Rieur ! » termina t-elle en enfournant la première bouchée de son repas.

Le lendemain, Miyu toqua aux portes des uns et des autres aux alentours de sept heure. Ils petit déjeunèrent rapidement et la jounin les entraina en kinobori le long d'une paroi qui montait abruptement. Ils parvinrent sur un plateau rocheux assez grand, invisible si l'on était sur la route commerciale ou au relais.
« Bon, posez vous tranquillement. Le rituel me demande du temps et de l'énergie, si vous parlez, faites le à voix basse... » termina t-elle avant de tracer un petit cercle dans la poussière.
Tai vint se poser en son centre et la jeune femme en traça un bien plus grand qui englobait en son centre le petit rapace. Elle sortit ensuite une bouteille d'encre et un pinceau de sa cape et se mit à tracer des symboles tout le long du grand cercle. S'entaillant le bras avec un scalpel, elle plongea ensuite la pointe d'une grande plume jaune dans la plaie et se mit à écrire de très fins symboles tout autour du petit cercle. Pour finir elle plaça quatre rouleaux aux quatre points cardinaux du grand cercle et les planta d'une plume semblable à celle dont elle s'était servie pour écrire. Lorsqu'elle en eut fini elle contempla son oeuvre de longues secondes, semblant vérifier certains détails, avant de prendre la plume avec laquelle elle avait inscrit les symboles. Enchaînant les taos avec dextérité, elle sembla murmurer quelque chose quand soudain une explosion de fumée dissimula temporairement l'oiseau et les cercles aux yeux de tous. Quand elle se dissipa, un oiseau gigantesque ressemblant fortement à Tai se tenait sur le plateau. Son dos plumé semblait à même de transporter tout ses passagers et ses ailes de les porter où bon leur semblait. Les symboles avaient disparus tout comme les rouleaux et les plumes.

« J'espère que vous n'avez pas le mal de l'air ! » s'exclama joyeusement la jounin qui sauta à califourchon sur le dos du monstrueux volatile. Une fois que tout le monde se fut installé, Miyu prit la parole.
« On sert bien avec les cuisses, on peut s'accrocher aux plumes sans tirer dessus mais accrochez vous plutôt à votre partenaire de devant, et si on veut vomir prière de le faire sur le côté. » termina t-elle en riant alors que Tai avançait vers la paroi en déployant ses gigantesques ailes.
La falaise se dévoila. A pic. Raide. Le sol était loin... si loin.
« Sans les mains ! » cria Miyu en levant haut les bras alors que le rapace plongeait tête la première par dessus le bord.
Le Vent s'engouffra dans ses cheveux, battant sa cape et son chapeau qu'elle retenait pour l'une sous ses fesses et pour l'autre d'une main. Sifflant à ses oreilles un air de fin du monde, il les accompagna jusqu'au moment où Tai redressa le bec et déploya ses ailes. Oui, ils volaient. Par dessus les plaines où des chevaux sauvages galopaient, libres, puissants, colorés. Où un vent chaud battait l'herbe, les fleurs, les arbres et les rochers.
« N'est ce pas magnifique ? » demanda Miyu en se retournant vers son équipe. « Étendez les bras, sentez le vent, la puissance de Tai, n'est ce pas enivrant ? » argua t-elle avec un sourire ravi.
Un quatuor d'heures plus tard, Miyu leur désigna au loin un important regroupement d'arbres et plus loin encore, au bout de la grande route commerciale qui faisait comme un serpent de terre à travers la nature, ce qui ressemblait dans le lointain à une grande ville entourée de remparts.
« Naza. » dit elle simplement.

Ils atterrirent souplement sur une herbe épaisse et bien verte, bordant des arbres au tronc épais et noueux. L'endroit où ils s'étaient arrêtés fleurait bon la résine et les fleurs. La Renraku s'étira consciencieusement en inspirant profondément avant d'expirer bruyamment.
« Voilà qui nous change de Suna. » conclue t-elle en effectuant un large arc de cercle de la main pour désigner le décor qui les entourait.
Tai reprit son apparence de petit oiseau dans un pouf sonore et rejoignit l'épaule de sa maîtresse.
« En route ! »
Elle prit la tête et marcha d'un bon pas vers les portes de Naza. Une bonne heure de marche plus tard ils se mêlèrent aux autres voyageurs qui allaient ou revenaient. Marchands, familles, mercenaires... la grande route commerciale était foulée par des groupes épars, hétéroclites et d'apparence bien différentes.
Les remparts de la ville faisaient bien plus que quinze mètres de haut, l'épaisse et lourde porte de bois renforcée de fer était grande ouverte. Deux gardes de part et d'autre de l'entrée observaient les entrant et les sortant, arrêtant certains, laissant passer d'autre sans même leur accorder plus qu'un regard. La rumeur de la ville se faisait de plus en plus bruyante au fur et à mesure de leur avancée... croissant à l'instar de l'excitation de Miyu. C'était limite si elle ne sautillait pas comme une enfant aux portes de disneyland.
On ne les arrêta pas. Ils passèrent la porte, la herse levée derrière et pénétrèrent enfin dans Naza. Ce qui vous frappait au visage le premier c'était l'odeur. Des relents de sueur humaine, se mêlaient au musc des bêtes, aux remugles de la saleté et de la crasse. Puis le bruit. Cris, appels, interpellations, gémissements, supplications. Enfin, la vue. Sur le côté des rues, des mendiants, des estropiés, des aveugles... vêtus de guenilles, habillés d'oripeaux à la couleur douteuse, tendaient coupelles, tasses ou mains au voyageur, passant, marchand, badaud...
Les maisons s'élevaient vailles que vailles sur leurs bases, menaçant de s'écrouler à tout moment. Devant chacune, une étal vendait des trucs et des machins, des bidules et des babioles. Du fruit au bijou, en passant par l'objet utilitaire et la décoration. Ca marchandait, criait, hurlait...
Tout cela formait une cacophonie aussi sonore que odorante et visuelle.

La jounin s'enfonça résolument dans la foule grouillante de la rue principale qui menait à la première place et au premier marché. Là, on vendait à la criée des marchandises diverses en quantité plus importante et d'une qualité à peine supérieur à celle des étals de l'entrée. La jeune femme leur accorda à peine un regard et continua sa marche.
Des mendiants des deux sexes l'interpellèrent mais elle demeura sourde à leurs cris. Refermant sa cape sur ses effets, elle abaissa son chapeau sur ses yeux mais n'accéléra pas le pas. Des enfants crasseux, les cheveux en bataille et les pieds nus vinrent courir entre les jambes du groupe, quémandant une pièce avec des plaintes perçantes.
L'allée principale qu'ils suivaient vaille que vaille était coupée par de nombreuses perpendiculaires qui s'évasaient on ne savait où en un labyrinthe arachnéen et dangereux pour qui ne savait s'y repérer. A dessein.
Une vingtaine de minutes plus tard, ils virent une bulle de savon planer au dessus de leurs têtes puis éclater. Puis une autre. A mesure qu'ils avançaient elles se faisaient plus nombreuses. Enfin, ils parvinrent à une établissement dont l'enseigne indiquait « Le Masque Rieur ». De face, l'endroit était surprenant. Un masque de théâtre à forme humaine riait sournoisement, entouré de cartes et d'une bière. De sa bouche souriante sortait des bulles de savons à intervalles réguliers.
« Nous y voilà ! » s'exclama joyeusement Miyu en entrant d'un pas conquérant dans l'établissement. Une grande salle d'une quinzaine de tables rondes, des chaises de bois agréables à l'oeil. Une bonne trentaine de clients étaient attablés, certains riant, d'autres discutant... des serveurs des deux sexes faisaient le service sous l'oeil perçant d'un barman qui officiait derrière un comptoir rutilant. Son crane était aussi lisse qu'une boule de billard alors qu'une épaisse barbe blanche lui dévorait le menton et les joues. Tout cela lui donnait un air bonhomme qu'accompagnaient des yeux bleu de bébé. Large d'épaule, son ventre accusait l'âge et la bonne chair mais ses bras et ses pognes attestaient d'un passé où il avait du se mettre à l'effort physique. Il était vêtu d'une chemise blanche légère, d'un gilet de soie noir, d'un pantalon de même couleur, serré par une ceinture de cuir. Des bottes de daim épaisses et un anneau à chaque oreille complétaient sa tenue.

Les clients ne leur accordèrent pas beaucoup d'attention alors que Miyu avançait vers le bar avec un sourire en retirant son chapeau, découvrant ses cheveux bleu et son regard rubis.
« Salut patron. » commença t-elle d'un ton peut être un peu trop espiègle. « Aurais tu un quatuor de chambres à notre disposition pour les jours à venir, mes amis et moi sommes fatigué du voyage. Un bon repas comme tu sembles si bien les servir serait aussi le bienvenu. » termina t-elle. Le patron hocha la tête.
« Si vous voulez bien me suivre chers clients... » demanda t-il en se dirigeant vers un escalier en colimaçon qui montait à l'étage. Dans l'escalier il déclara sur le ton de la conversation.
« Faites attention si vous vous baladez en ville, des gens sont morts récemment. »
« Mais mon âme s'élèvera par dessus les cieux et chevauchera les Vents au delà de l'éternité. » répondit elle du tac au tac.
« Content de te voir Miyu mais je continue de penser que tu pourrais trouver une phrase plus discrète... et qui irait dans le sens de ce que je dis. »
« Aller, aller, je sais que tu aimes le théâtral... et moi j'aime l'absurde... on y trouve tout les deux notre compte. »
A l'étage, des portes avec des numéros indiquaient les chambres et l'escalier permettait d'accéder à un étage supplémentaire. Le barman les conduisit à une porte sur laquelle était marqué « accès réservé au personnel » qu'il ouvrit avec une clé attachée à sa ceinture.
« Allez vous installer, je vous rejoins dans une quinzaine de minutes. » termina t-il en passant un trousseau de clé à Miyu.
La jounin acquiesça avec un sourire.
« Merci Koyuki. »

La porte donnait sur une petite pièce qui devait être un vestiaire pour le personnel. Il y avait une autre porte, épaisse, en chêne au fond, que la jeune femme ouvrit. Cela donnait sur une pièce plutôt spacieuse avec un duo de canapés, une table ronde, huit chaises et une table de billard. Il n'y avait pas de fenêtres. La pièce était reliée à quatre chambres et une salle de bain. Chaque chambre avait deux lits. La jounin balança son sac à travers la pièce qui atterrit sur un lit et elle s'affala sur un canapé.
« En attendant que Koyuki ne revienne et nous expose ce qu'il sait... réponde à nos questions et nous indique des pistes... je peux d'ores et déjà vous annoncer qu'on va se diviser pour cette après midi. On ne va pas tout de suite secoué le panier de crabes mais on va poser des questions à trois milieux. Les assassins, les voleurs et les prostituées. Je m'occupe des assassins, j'ai déjà un contact là bas mais il ne voudra voir que moi. J'ai donc besoin que vous formiez deux groupes, l'un pour les voleurs, l'autre pour les prostituées. » Elle leva, les mains, prévenant les éventuelles interrogations.
« On va en parler en détail quand Koyuki sera revenu mais vous pouvez y réfléchir, cela nous fera gagner du temps. » Puis sautant avec sa facilité coutumière d'un sujet à l'autre.
« Alors vos premières impressions sur Naza ? » demanda t-elle avec un sourire enfantin.


HRP : Et nous voilà à Naza, la fin de l'introduction et le début de l'acte I. :D Comme d'habitude, on suit le déroulement du post, jusqu'à la fin où vous terminez sur une réponse ou pas, selon. ^^ Si vous avez des questions, mp. Je m'excuse de ne pas avoir posté avant le week end. Je fixe la limite à jeudi soir, je ferai le maximum pour poster vendredi soir. Amusez vous bien ! :winkk:
Miyu Renraku, Jonin de Suna .

Incarnation d'une voie du Chaos , je chevauche le Vent du Renouveau .

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