La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Le pays lui-même... là où seront réalisées la majorité des missions.

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Soi Fon
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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Soi Fon » mar. 22 sept. 2009, 23:56

Mangetsu prit la parole en dernière et Soi Fon écouta ce que la jeune fille dit avec autant d’attention que lorsque Mizaki et Aoshi avaient parlé. La junin apprit ainsi que la ville était actuellement dirigée par un régent et obéissait probablement à un système proche d’une monarchie puisqu’un héritier était attendu, pourtant Miyu leur avait dit que la ville était dirigée par un conseil mais l’un n’empêchait pas l’autre puisque d’après ce qu’avait entendu Mangetsu, l’héritier jouerait simplement la marionnette. Puis Mangetsu lâcha une véritable bombe en annonçant que l’homme avec qui elle avait parlé était un Tchinonamida, donc un parent de Primura peut-être même son père. La junin jeta un coup d’œil dans sa direction pendant que Miyu expliquait brièvement aux autres qui était ce monsieur Tchinonamida, se remettant de la nouvelle. *Il faudra que j’aille le saluer, mais après le repas, rien ne presse. Il aura peut-être des nouvelles de Primura, elle n’était pas à l’examen chunin et ça m’étonne pas mal.*

Si cet homme était aussi important que Miyu venait de le leur dire, Soi Fon ne le connaissant pas, il était en effet étrange qu’il se déplace en personne jusqu’à Naza et c’était le probable signe d’une très grosse affaire.
Miyu reprit la parole quelques instants après -elle avait semblé rêveuse un instant- pour les féliciter de la façon dont ils s’étaient acquittés de leur mission du jour. Elle les informa également qu’ils partiraient tôt le lendemain et que Taï les porterait sur une partie du chemin, ce qui permettrait sûrement aux plus fatigués de se reposer un peu. Enfin, la junin leur dit qu’ils seraient à Naza pour le déjeuner, ce qui était une excellente nouvelle, Soi Fon ayant hâte de se mettre au travail.

La conversation terminée, Soi Fon prit congé du restant de l’équipe et plutôt que de tout de suite monter dans sa chambre pour retrouver Mizu qui l’y attendait, la jeune femme se dirigea vers les deux individus que leur avait désignés Mangetsu. "Bonsoir, je suis Soi Fon Shinshun, ma camarade m’a dit que tu étais monsieur Tchinonamida. J’ai une amie qui s’appelle ainsi, Primura. Je n’ai pas souvent l’occasion de la voir… en fait la dernière fois que nous nous sommes vues c’était durant la dernière fête au pays du malt. Aurais-tu quelques nouvelles à son sujet ? Comment va-t-elle ?" Bien sûr Soi Fon était à des lieues de se douter que son amie avait déserté le village de Yuki et même si elle prenait cela comme une possibilité, elle n’était pas certaine que cet homme soit le père de Primura.

[…]

Leur entretien terminé, la junin alla se commander un plat qui lui convenait davantage que ceux de Miyu et monta dans sa chambre pour souper en compagnie de Mizu qui vint réclamer sa part. Une fois leur repas terminé, la junin descendit la vaisselle dans la salle commune et s’étant déjà lavée, elle s’installa simplement le dos appuyé au mur, caressant doucement Mizu en attendant une éventuelle visite de Ryoko mais cette dernière ne vint pas et vers dix heure du soir, Soi Fon se glissa sous les draps, lassée d’attendre. La déserteuse n’était pas obligée de venir et la solitude elle devait bien connaître, pourtant un peu de compagnie, amicale, ne lui aurait certainement pas fait de mal mais c’était son choix. Peut-être leurs routes se recroiseraient-elles un jour ou l’autre.
Mizu pelotonné au creux de l’un de ses bras, la junin ne tarda pas à s’endormir, rêvant peut-être de ce qui aurait pu se passer si Ryoko était venue.

Le lendemain, Soi Fon émergea de son sommeil vers sept heure moins le quart et lorsque Miyu vint frapper à sa porte, la jeune femme était parfaitement réveillée. S’habillant rapidement, la junin descendit dans la salle commune pour prendre un rapide petit-déjeuner composé de quelques tartines et d’un grand verre de jus d’orange, puis elle remonta de quoi nourrir Mizu qui tournait dans la chambre depuis un bon moment déjà lorsque la jeune femme s’était réveillée ce matin.
Une fois que tout le monde fut prêt et qu’ils se furent réunis à l’extérieur de l’auberge, Miyu prit la tête des opérations et cette fois ils partirent à pied, se dirigeant vers une paroi pratiquement verticale qu’ils escaladèrent sans la moindre difficulté grâce au kinobori. Ils débouchèrent finalement sur un large plateau d’où ils avaient une vue imprenable sur la route commerciale alors que de la route le plateau était totalement invisible mais ils n’étaient pas là pour espionner les allées et venues de chacun.

Miyu leur demanda de faire silence ou de chuchoter s’ils voulaient malgré tout discuter entre eux, pendant qu’elle effectuerait un rituel. La junin s’installa en tailleur et observa le début du rituel le tracé des cercles et le début de la calligraphie puis elle s’en désintéressa en grande partie, fermant même les yeux pour se reposer un peu en prévision de leur arrivée à Naza, Mizu vint se placer entre les jambes de son amie pour s’y rouler en boule. Soi Fon n’avait pas la moindre idée de ce qui allait se passer sur place, aussi valait-il mieux être au meilleur de sa forme, quand bien même elle ne se sentait pas fatiguée.
Au bout d’un long moment, une explosion se fit entendre et lorsque la junin ouvrit les yeux, elle vit le nuage de fumée qui englobait à présent les deux cercles puis à mesure que la fumée se dissipait, un Taï de très grande… taille fit son apparition. Les proportions étaient démesurées et Soi Fon comprenait à présent pourquoi le rituel avait demandé autant de temps à la junin. *Titi format XXL, pourtant il a toujours la même apparence. Heureusement que le but c’est pas d’impressionner parce que là il est juste mignon.* Mizu n’était pas tout à fait du même avis et se tenait à présent sur l’épaule de Soi Fon, l’air méfiant vis-à-vis de cet énorme volatile.

Miyu ne perdit pas un instant pour sauter sur son familier, leur souhaitant de ne pas avoir le mal de l’air. Ils seraient rapidement fixés. Soi Fon prit la suite, plaçant ses pieds là où elle avait vu Miyu le faire et quelques instants plus tard elle se retrouva à califourchon sur la mascotte géante. *Je dois avoir l’air fin, tiens.* La junin prit Mizu de son épaule et vint le placer dans sa veste afin d’éviter qu’il ne tombe pendant le voyage.
Une fois qu’ils furent tous en place, Miyu leur donna quelques recommandations pendant que Taï avançait vers le bord de la falaise. Miyu leva les bras au moment du décollage et poussant un cri de joie, Soi Fon fit de même, gagnée par l’euphorie de cette sensation inconnue qu’était le vol, enfin la chute libre pour le moment. Mine de rien c’était marrant et Soi Fon n’était pas la dernière lorsque c’était le moment de s’amuser. D’instinct elle avait serré les cuisses et s’était fixée sur le dos de l’oiseau à l’aide du kinobori, elle voulait bien faire la folle mais il y avait des limites à tout.

Ce qui avait commencé par une chute se transforma rapidement en un véritable vol et Soi Fon se dit que prendre un peu d’altitude ne serait pas du luxe histoire d’éviter de faire la Une de tous les journaux de la région dès le lendemain. *Au pire on se crashera dans un saule de toute façon.* Bien vu.
Ne pas voler trop haut avait ça de bien qu’ils pouvaient profiter de la vue et quelle vue ! C’était une vision des choses à laquelle peu de gens devaient être habitués et pourtant elle valait le détour. Ils filaient à toute vitesse, survolant les plaines, surprenant les animaux sauvages dans leurs activités, la nature était à eux.
Miyu les invita à profiter le plus possible de la sensation du vent, leur demandant s’ils ne trouvaient pas cela magnifique, Soi Fon hocha la tête affirmativement, un sourire de contentement sur le visage. C’était effectivement très beau.

Même au bout de plusieurs heures, Soi Fon ne s’était pas lassée de la vue, le paysage n’étant pas figé mais environ quatre heures après leur départ, Miyu leur désigna une ville au loin qu’elle nomma : "Naza." La junin ne s’était pas trompée, ils seraient arrivés pour le déjeuner. Ils ne tardèrent plus à atterrir et se posèrent dans l’herbe à proximité d’une petite forêt. Comme le disait Miyu ça changeait de Suna mais Soi Fon n’y accorda pas particulièrement d’attention, ce type de paysage elle connaissait bien. Elle regrettait presque d’avoir quitté le dos de l’oiseau géant. Ce dernier reprit d’ailleurs sa taille habituelle à ce moment avec un pouf sonore, regagnant l’épaule de Miyu en même temps que Mizu regagnait celle de Soi Fon.

Miyu toujours en tête, ils prirent la direction de la ville et à peine un peu plus d’une heure plus tard ils se trouvaient en vue des portes de la ville. De sacrées portes d’ailleurs, massive et renforcées de fer, elles étaient à l’image des murs, le tout donnant l’impression d’entrer dans une forteresse.
Ils avaient rejoint la grande route commerciale environ une heure après s’être remis en route et de là ils s’étaient mêlés à la foule, Soi Fon aurait préféré éviter cela mais c’était Miyu qui décidait de leur route et non la Kirienne. Heureusement la foule n’était pas non plus extrêmement compacte, sans quoi la junin serait allée marcher à côté. Elle n’aimait pas que des inconnus la collent, ça avait toujours été comme ça et ça ne changerait pas même si à présent elle se contentait de trouver cela désagréable alors qu’avant elle ressentait de la panique lorsqu’elle se trouvait au cœur de la populace.

Aux portes, deux gardes se chargeaient des contrôles, arrêtant une personne de temps en temps et à voir comme Miyu semblait excitée comme une puce en arrivant devant les portes, Soi Fon se demanda si elle n’allait pas attirer l’attention sur eux mais en fin de compte les gardes ne leur prêtèrent pas la moindre attention, se contentant d’un regard rapide dans leur direction mais ils purent passer sans le moindre problème, ce qui n’était pas plus mal. En passant la porte, la Kirienne remarqua la herse qui était levée, songeant que ce serait un sacré obstacle à franchir s’ils devaient sortir de force de la ville mais pour ça elle avait des solutions. Oui, des.
‘‘Naza, on y est.’’ Le ton n’était pas particulièrement réjoui, l’odeur infâme qui les assaillit rapidement après qu’ils aient pénétré dans la cité n’étant pas innocente dans ce manque d’enthousiasme. Des bruits ne tardèrent pas non plus à leur parvenir, certains ne plaisant guère à Soi Fon mais elle ne pouvait rien faire et n’appréciait guère cela d’ailleurs. En tant que Kirienne elle devait se montrer sans pitié mais en tant qu’être humain elle n’acceptait pas la violence gratuite, où celle dictée par l’appât du gain.

Autour d’eux, des étals, partout, devant chaque maison. Chacun semblait essayer de vendre ce qu’il pouvait pour faire rentrer un peu d’argent et ne pas devoir se mêler à la cohorte de mendiants et de déshérités qui sillonnaient les rues comme une gigantesque Cour des Miracles.
Guidés par Miyu, ils ne tardèrent pas à arriver près d’un marché auquel Soi Fon jeta un regard critique, cette ville respirait la misère et elle n’avait pas tardé après être entrée à faire comprendre à Mizu qu’elle voulait qu’il aille sur son sac à dos et surveille ses affaires des fois que quelqu’un ne soit tenté de commettre un larcin. La fin justifie les moyens, certes ils avaient faim mais Soi Fon ne tenait pas à en faire les frais.
Tout comme Miyu, la junin resta sourde aux quémandeurs, le jeune âge de certains l’attristant un peu mais elle faisait son possible pour éviter de croiser leur regard car si l’un d’eux parvenait à établir un contact il ne les lâcherait probablement plus et s’ils donnaient quelque chose à l’un d’entre eux, tous les autres les suivraient jusqu’à avoir reçu la même chose.

Au bout d’une vingtaine de minutes à traîner dans ces rues infâmes où la pauvreté et la violence étaient omniprésentes, ils furent guidés jusqu’au Masque Rieur par une route de bulles de savon. C’était étrange de voir quelque chose comme ça au milieu de toute cette pauvreté, cela semblait si futile et c’était peut-être bien le but, montrant à tous que cet établissement pouvait s’offrir de l’inutile là où certains n’avaient même pas les denrées de première nécessité, un bon moyen d’alpaguer les clients à la recherche de quelque chose d’un peu mieux.
Comme Miyu le leur annonça, ainsi que l’enseigne, ils étaient arrivés. L’intérieur de l’auberge contrastait largement avec le rue, ça n’était pas non plus un palace mais l’établissement semblait propre et ne manquer de rien, ce qui le classait en première et seule position des endroits fréquentables qu’avait vus Soi Fon jusqu’à maintenant. La junin ne craignait pas les rues de Naza mais elle préférait malgré tout un endroit un minimum sûr.

Miyu se dirigea directement vers le bar, n’accordant pas plus d’attention aux clients qu’ils ne le firent eux-mêmes. Soi Fon en revanche les regarda un peu plus en détail, qui sait, il y aurait peut-être à nouveau un visage familier dissimulé parmi eux. Finalement non et la junin suivit simplement Miyu et le barman lorsque ce dernier les invita à le suivre, les menant à un escalier comme Soi Fon n’en avait encore jamais vu, il s’enroulait sur lui-même. Amusant et d’un style sympathique. Durant leur montée le barman les mit en garde contre les dangers de la ville, c’est du moins ce que pensa Soi Fon dans un premier temps mais l’échange qui s’ensuivit entre lui et Miyu lui fit comprendre qu’il s’agissait d’une sorte de code entre eux. Comme l’avait dit le gérant, que Miyu réponde avec une phrase en rapport avec la première n’aurait pas été un mal mais la junin préférait l’absurde, réponse qui n’étonna pas le moins du monde Soi Fon.

Le barman s’arrêta au premier étage et leur ouvrit l’accès à une pièce réservée au personnel, c’est ce qui était marqué sur la porte, et lorsqu’il les quitta, promettant de les rejoindre d’ici un quart d’heure, Miyu l’appela par son nom, Koyuki. Ainsi donc c’était lui. Bien, c’était prévisible mais au moins étaient-ils fixés à son sujet à présent.
La pièce que leur avait ouverte Koyuki était assez petite et avait tout l’air de n’être qu’un vestiaire mais une seconde porte au fond s’ouvrit sur une pièce déjà plus sympathique, ayant tout d’un salon dans le fond duquel s’ouvraient les portes de quatre chambre, ainsi que d’une salle de bain. *Sympathique tout ça. On pourrait presque se croire en vacance. Pas de fenêtre, ça c’est parfait, ça évitera les visites à la con, p’têt piéger la porte d’accès aussi tiens.*

Soi Fon choisit une chambre au hasard et s’installa sur l’un des canapés, comme l’avait fait Miyu un instant plus tôt, choisissant plutôt le canapé où elle n’était pas afin de ne pas trop la coller. La Renraku leur donna quelques informations quant à la suite des évènements, en attendant que Koyuki ne vienne les éclairer de ses lumières. Ils allaient devoir se séparer en trois groupes, Miyu étant un de ces trois groupes et elle irait à la rencontre d’assassins, les deux groupes restant devraient s’occuper du milieu des prostituées et de celui des voleurs. Si le chemin pour Soi Fon semblait tout tracé, elle n’en était pas si certaine, se disant que ce qu’elle verrait risquait plus de lui faire péter un câble qu’autre chose et de mettre la mission en péril… Quoi qu’il en soit, les décisions seraient prises au retour de Koyuki, aussi cela laissait le temps à la junin d’y réfléchir plus avant.

Miyu leur demanda ensuite, comme si de rien était ce qu’ils pensaient de la ville. ‘‘Cette ville craint… personne ou presque ne semble avoir échappé à la pauvreté, la violence est omniprésente et le niveau de vie n’est probablement pas la seule raison à cela. J’n’aime pas trop cette ville. Mais dis moi Miyu, je conçois parfaitement que ton contact ne veuille rencontrer que toi mais la jeune femme avec qui j’ai parlé m’a recommandé de ne jamais sortir seule, quelle que soit ma puissance et il est vrai que si l’ennemi arrive à trente, même nous autre junin serions en difficulté, n’est-ce pas trop risqué ? Je te proposerais bien qu’on t’accompagne jusqu’au lieu où tu dois rencontrer ton contact mais je doute que tu acceptes, seulement il serait ennuyeux qu’on te perde si vite.’’ Termina la junin avec une pointe d’humour.
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Mangetsu Kukan
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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Mangetsu Kukan » ven. 25 sept. 2009, 19:41

Pendant toute la conversation Miyu n’avait cessé de montrer son intérêt en adoptant diverses mimiques mais la réaction qu’elle eut lorsque Mangetsu évoqua le nom Tchinonamida, lui demandant si elle le connaissait, fut d’un tout autre niveau. La jounin avait l’air abasourdie et à mesure qu’elle leur parlait de cet homme, monsieur Tchinonamida, Mangetsu se rendait compte de son importance dans le monde des affaires, se réjouissant d’avoir parlé avec lui, son père à elle serait certainement très content de pouvoir commercer avec lui. Mais comme le souligna Miyu, il était étrange de le trouver près de Naza, un homme de son envergure avait tout à craindre là-bas mais il avait la chance d’être inconnu du public pour ce que lui en avait dit Miyu, bien que s’il continuait à donner son nom aussi facilement qu’il l’avait fait avec Mangetsu, il avait des raisons de s’inquiéter.

Après quelques instants Miyu reprit la parole pour les féliciter au sujet de leur collecte d’informations dont elle était très contente. Elle leur annonça également qu’ils prendraient la route tôt le lendemain mais que Taï les porterait sur une partie du trajet. Miyu avait déjà évoqué cette possibilité et Mangetsu était curieuse de voir comment il ferait car même sous sa forme de combat il n’y avait aucune chance qu’il puisse tous les transporter.
Apparemment ils seraient à Naza vers midi le lendemain puisqu’ils devaient y déjeuner dans une auberge locale, ils y rencontreraient sûrement le contact de Miyu, la jounin n’ayant certainement pas choisi cet endroit par hasard.

Mangetsu termina son repas puis elle souhaita une bonne nuit au restant de l’équipe et monta dans sa chambre pour terminer son entraînement au bunshin. En traversant la salle commune, elle avait remarqué que Soi Fon était en train de parler avec monsieur Tchinonamida et son acolyte et la jeune fille se demandait ce que la jeune femme pouvait bien leur vouloir. Elle doutait que ce soit en rapport avec une activité commerciale mais elle n’irait de toute façon pas demander à la jounin, elle n’était pas de ces indiscrètes.
Dans sa chambre la chounin se mit rapidement à l’entraînement pour ne pas se laisser surprendre par la fatigue puis elle rédigea une lettre à ses parents qu’elle leur enverrait le lendemain, enfin elle alla se coucher, pour être en forme pour le lendemain. Naza les attendait et avec tout ce qu’elle avait entendu dessus, elle préférait ne pas somnoler quand elle serait dans les rues de la ville.

Le lendemain Mangetsu fut réveillée par Miyu, bien qu’elle ne s’était pas couchée trop tard, la jeune fille serait bien restée encore un peu au lit mais se faisant violence, elle se leva et s’habilla, avant de se passer un coup de brosse dans les cheveux pour les démêler et refaire sa queue de cheval. Elle était habillée comme d’habitude, un pantalon et une veste grise avec un débardeur noir et ses baskets en toile.
Pour les missions elle ne montrait pas vraiment d’originalité dans ses tenues, mais elle aimait bien ces vêtements qui étaient confortables et résistants. Elle avait malgré tout préparé d’autres vêtements au cas où elle devrait infiltrer un endroit, ce serait plus pratique que le henge après tout.

Cette fois Mangetsu prit toutes ses affaires avec elle avant de descendre pour ne pas perdre de temps. Après un petit-déjeuner, peu riche pour la chounin, ils prirent la route, Miyu les guidant sur un à-pic qu’ils grimpèrent avec facilité en utilisant le kinobori, pour finalement arriver sur un vaste plateau rocheux où ils purent s’installer en attendant que Miyu effectue un rituel dont Taï semblait être le centre. La jeune fille s’installa en tailleur à proximité et regarda attentivement sa senseï procéder. Cela sembla complexe à la jeune fille mais à la vue des 2 cercles elle avait compris le but de la manœuvre, ça allait faire grandir Taï afin qu’il puisse tous les transporter.
Après de longues minutes Miyu stoppa les ajouts à son œuvre, semblant admirer son travail, puis elle se mit à enchaîner des sceaux avec dextérité et soudain un nuage de fumée fit disparaître à leur vue les cercles.
*C’est maintenant que ça se passe !*

Quand la fumée se fut dissipée il ne restait plus que Taï, les symboles et rouleaux avaient disparu mais comme l’avait compris plus tôt Mangetsu, Taï avait grandi, suffisamment pour pouvoir tous les transporter sans aucun problème. Les yeux brillants la jeune fille regardait sa senseï qui ne cessait de l’étonner à chaque fois qu’elles se voyaient.
« J'espère que vous n'avez pas le mal de l'air ! » s’exclama joyeusement Miyu en sautant sur Taï pour s’installer à califourchon.
Soi Fon la suivit, puis Mangetsu jusqu’à ce qu’ils soient tous installés. Miyu leur donna ensuite ses consignes afin qu’ils passent tous un agréable voyage sur Renraku Airline et qu’ils n’abîment pas leur moyen de transport.

Quelques instants plus tard Taï s’élançait dans le vide, quittant la falaise sous les cris enthousiastes des 3 filles de l’équipe, Mangetsu ne levant qu’un bras pour être sûre de ne pas glisser, toute utilisatrice du tenmure qu’elle était. Mangetsu était un peu surprise de voir Soi Fon imiter Miyu en levant les bras et en criant, elle qui avait l’air si sérieuse en général mais ça n’était pas pour déplaire à Mangetsu, ça lui donnait l’air un peu plus humaine.
Le vent sifflait délicieusement à leurs oreilles et faisait monter les larmes aux yeux de Mangetsu mais son sourire ne trompait pas, la sensation de glisser dans les airs en toute sécurité la ravissait. Elle n’avait qu’à se détendre et profiter du spectacle pendant que Taï faisait tout le travail. Finalement l’oiseau mit fin à leur chute libre et leur vol vers Naza commença.

La vue était belle, sublime même et Mangetsu ne perdait pas une miette du paysage qui s’offrait à eux. De toute façon il n’y avait pas grand-chose d’autre à faire que d’admirer le paysage, tels qu’ils étaient installés et avec le vent qui leur soufflait dans les oreilles il était difficile de tenir une véritable conversation. En dessous d’eux passèrent à un moment des chevaux sauvages, rappelant à Mangetsu leur chevauchée de la veille. La chevauchée avait été un véritable plaisir mais elle se serait bien passée des courbatures qui l’avait accompagnées pendant la soirée et qu’elle ressentait encore un peu ce matin mais pas assez pour vraiment la gêner.

Mangetsu finit par oser lâcher Taï des 2 mains lorsque Miyu les encouragea à profiter de la sensation du vent contre eux. Après tout elle était bien entourée et ne risquait pas de glisser, de plus elle pouvait compter sur le tenmure et sur Taï alors il n’y avait vraiment rien à craindre. Elle dut cependant s’y reprendre à plusieurs fois avant de réussir à étendre ses 2 bras vers l’extérieur pour sentir la caresse du vent, pas totalement rassurée en fin de compte.
« C’est magnifique senseï. Tout, de la vue aux sensations. Merci Taï. »
Au bout de 4 heures environ, ils commencèrent à perdre de l’altitude alors que Miyu leur désignait au loin, au bout de la route commerciale qu’ils survolaient par moment,ce qui semblait être une ville fortifiée et qu’elle nomma :
« Naza. »

Ils se posèrent dans une prairie à l’abri des regards indiscrets et près de quelques arbres. L’endroit sentait bon la végétation, un parfum de fleur et de résine envahissant l’air et comme Miyu, Mangetsu respirait cette bonne odeur à plein poumon. C’était très différent de Suna qui sentait bon le sable chaud.
Taï reprit sa taille habituelle et retourna sur l’épaule de Miyu, de même que le chat de Soi Fon puis ils se remirent en route.
Au bout d’une heure de marche, ils rencontrèrent les premiers voyageurs et se mêlèrent à eux sur la route commerciale afin de passer un peu plus inaperçus. Heureusement pour eux il y avait également quelques mercenaires parmi les voyageurs, ce qui évitait qu’ils n’attirent trop l’attention au milieu des marchands et des familles, la présence de ces dernières surprenant un peu Mangetsu qui avait cru comprendre que ça n’était pas la destination idéale pour ses vacances.

Ils arrivèrent finalement aux portes de la ville et ce qu’ils avaient seulement vu de loin jusque là se révélait être encore plus impressionnant que ce que s’était imaginé la jeune fille. Les remparts faisaient bien 15 mètres de haut et leur épaisseur n’était pas en reste, quant aux portes elles étaient massives, de bois et de fer. Ça n’était pas le genre d’endroit qu’on pouvait attaquer de front, il fallait des armes spéciales pour ça ou bien un bon groupe de ninja.
En avançant vers les portes, Mangetsu regardait droit devant elle, ne voulant surtout pas croiser le regard de l’un des 2 gardes présents, elle n’avait aucune envie d’avoir à faire à eux. Finalement ils passèrent sans encombre, aucun d’entre eux ne se faisant interpeller par l’un des gardes.

Ils étaient enfin dans la ville et immédiatement la chounin porta la main à son nez à cause de l’odeur qu’elle trouvait abominable. Elle n’avait pas une vie de princesse mais l’odeur qui régnait en ces lieux était certainement la plus immonde qu’elle ait jamais ressentie. Remise de ce premier choc, elle parvint à déceler parmi le brouhaha ambiant certains sons plus particuliers comme des cris et des suppliques, ainsi que des insultes fusant parfois.
La jeune fille se sentait mal à l’aise dans cette ambiance, mais elle était en mission et elle se devait de ne pas flancher. Le reste de l’équipe faisait bien de même mais Mangetsu serrait de près sa senseï, ne voulant surtout pas être séparée du reste du groupe.
*C’est horrible, encore pire que ce que j’imaginais. Tous ces mendiants, ces infirmes… toute cette pauvreté.*
La vue était sans doute le pire car même si l’imagination pouvait être plus terrible encore et les cris qu’on entendait la rendaient fertile, le spectacle de tant de misère choquait Mangetsu qui n’avait jamais imaginé qu’une telle chose existe en ce monde. Elle se sentait bien naïve et même un peu égoïste, elle qui n’avait jamais manqué de rien.

Miyu prit la direction d’un marché dont les marchandises faisaient peine à voir mais le pire était tous les mendiants de tout âge et de tout sexe. La jeune fille faillit se laisser attendrir mais l’attitude de tous lui indiquait qu’il valait mieux ne pas donner la moindre piécette sous peine de ne plus être lâchée par aucun d’eux. Ce décor était dur et véritablement éprouvant pour la jeune fille, elle aurait voulu pouvoir les aider mais ils étaient si nombreux et dans une telle misère.
Avançant la tête basse, elle dut se résoudre à relever le regard afin de ne plus croiser celui des enfants qui tournaient autour d’eux pour mendier.

De part et d’autre de la rue qu’ils arpentaient s’étendaient de nombreuses rues et ruelles formant un complexe tentaculaire qui fit frissonner Mangetsu, il aurait été si facile de se perdre et à nouveau elle se rapprocha de Miyu, toujours pour ne pas être coupée du reste du groupe.
Au bout de ce qui sembla durer des heures pour la chounin, ils purent voir une bulle de savon voler doucement au-dessus d’eux, c’était un spectacle hors du commun étant donné l’endroit et d’autres bulles la suivaient ! Miyu semblait remonter cette route savonneuse et ils finirent par arriver à sa source où un masque souriant soufflait ces bulles par la bouche. Le masque était entouré d’une choppe de bière et de cartes de jeux, cela donnait une petite idée de ce qu’il serait possible de trouver à l’intérieur.
*C’est donc ça le Masque Rieur, j’espère que les chambres sont propres et qu’on ne risque pas de s’y faire égorger au détour de chaque couloir.*

L’intérieur était semblable à n’importe quel bar, ce qui était déjà un bon point en soi puisque avec toute la misère du dehors on pouvait s’attendre à bien pire. La jeune fille prit la peine de jeter un coup d’œil alentour dans la salle commune puis elle rejoignit Miyu au bar pendant qu’elle s’occupait de leur obtenir des chambres. L’homme qui se tenait derrière le bar était assez âgé mais il se dégageait quelque chose de lui qui le rendait impressionnant aux yeux de Mangetsu.
Le patron les invita à le suivre, se dirigeant vers un escalier en colimaçon qui les guida jusqu’à l’étage supérieur. Tout en montant il les mit en garde contre les dangers de la ville sur le ton de la conversation, ce à quoi répondit Miyu d’une manière totalement abscond mais à la réponse du gérant, Mangetsu comprit que c’était en fait un code entre eux et qu’il aurait d’ailleurs préféré une réponse en rapport avec sa phrase, ce qui à défaut de faire rire Mangetsu la fit au moins sourire, pour la première fois depuis qu’ils étaient entrés dans Naza. C’était probablement cet homme dont Miyu leur avait parlé, Koyuki. Mangetsu l’imaginait plus jeune.

L’étage se présentait comme dans n’importe quelle auberge mais c’est vers un local réservé au personnel que le gérant se dirigea. Lorsqu’il en ouvrit la porte, Mangetsu put voir qu’il s’agissait d’un simple vestiaire. C’était un peu décevant, surtout quand il leur dit de s’installer et qu’il revenait mais il y avait également une seconde porte au fond que Miyu ouvrit grâce aux clefs que venait de lui donner Koyuki.
La seconde porte leur révéla une pièce spacieuse semblable à un salon, au fond de laquelle s’ouvraient d’autres portes donnant sur des chambres et une salle de bain.
En entrant dans leur appartement, la jeune fille se déchaussa et fit quelques pas à l’intérieur pour examiner l’endroit un peu plus en détail.
Au moment de choisir une chambre, Mangetsu regarda Aoshi avec insistance puis tourna son regard vers l’une des chambres avant de reporter son regard sur le chounin durant quelques instants. Elle alla ensuite poser son sac dans la chambre en question et rejoignit Miyu et Soi Fon sur les canapés.

Lorsqu’ils furent à nouveau réunis, Miyu leur expliqua comment ils allaient procéder pour cette après-midi. Ils allaient former plusieurs groupes pour entrer en contact avec les assassins, les voleurs et les prostituées. Miyu s’occuperait seule des assassins, parce qu’elle avait déjà un contact chez eux. Mangetsu allait protester mais Miyu, poursuivant ce qu’elle disait, leur fit signe de ne pas l’interrompre avec des questions puis elle changea de sujet après leur avoir dit qu’ils en parleraient au retour de Koyuki. Koyuki connaissait la ville et il devrait pouvoir faire comprendre à Miyu que se promener seule était trop imprudent, même pour elle.
*Il suffirait de… de trouver un autre contact ou n’importe quoi d’autre mais elle ne peut pas se promener seule, c’est un vrai coupe-gorge cette ville !*

Le changement de sujet concernait leurs premières impressions sur la ville et Soi Fon qui répondit en première ne se gêna pas pour donner son opinion sur la décision de Miyu de rencontrer son contact en étant seule. Quant à la ville elle ne semblait pas plus l’aimer que Mangetsu.
« C’est vrai senseï, elle a raison, cette ville est trop dangereuse pour s’y déplacer seul, surtout avec ces gens qui disparaissent sans laisser la moindre trace. Ne pourrait-on pas trouver un autre contact parmi les assassins ? Et si je vous accompagnais ? Je ne risque pas d’être une menace pour votre contact ! »
Elle laissa Miyu répondre, puis elle répondit à la question de cette dernière :
« Comme Soi Fon, je n’aime pas non plus tellement cette ville. C’était tellement horrible de voir tous ces pauvres gens et qu’on ne puisse rien faire pour eux. La situation est-elle vraiment si mauvaise qu’autant de gens se retrouvent démunis au plus haut point ? Et pourquoi ne partent-ils pas alors ? Si j’habitais ici, c’est la première chose que je ferais, quitter cet endroit, sans aucun regret. »
Mangetsu Kukan chounin de Suna

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Mizaki Taro
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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Mizaki Taro » sam. 26 sept. 2009, 0:33

Ce fut le tour d'Aoshi de transmettre au groupe ce qu'il avait pu recueillir comme informations. Encore ces histoires de disparition, il s'agirait d'une trop gros hasard pour que l'affaire de Kiri ne soit pas liée à ce qui se passe dans ce village, même si Mizaki gardait des réticences à ce propos, le fait que le corps de l'anbu ait été retrouvé mort et déposé devant la porte d'une des équipes ne correspondait en rien au mode de fonctionnement qui est affiché dans ces disparitions à Naza. Tant qu'il n'aurait pas de preuve tangible, Mizaki n'affirmerait rien, et à travers sa réponse il était clair que Soi Fon pensait de la même manière que Mizaki dans cette affaire. Cette dernière poursuivit en répondant au propos suivant d'Aoshi sur le genjutsu, ramenant par la même le jounin au souvenir de ce qu'ils avaient vu à Kumo. Mizaki ne répondit pas, il était totalement d'accord avec sa coéquipière, ce qu'ils avaient vu là bas, ces manipulations de cerveau et de corps tout en entier, cet être dont Mizaki n'avait pas su s'il s'agissait d'un enfant ou d'un adulte dont le crane avait explosé juste devant lui à cause d'un bruit que Mizaki n'avait même pas perçu, rien que de penser à cela faisait qu'il était impossible aux deux jounin de Kiri d'écarter toute piste concernant le genjutsu ou la manipulation des corps, ils avaient eu l'exemple parfait devant leurs yeux que certains pouvaient faire ce qu'ils voulaient du cerveau des autres.

Mangetsu prit ensuite la parole, il n'y avait pas grand chose de plus, si ce n'est un nom qui fit réagir Miyu mais également Soi Fon. *Jamais entendu parler de ce type ...*
Mizaki écouta la présentation qu'en fit Miyu, mais même tout cela ne disait rien à Mizaki … La chose qu'il retint de tout ça, c'était qu'effectivement il était assez étrange de voir un homme a priori de très haut rang se déplacer dans ce qui semblait être un bourbier sans nom.

Suite à ses explications concernant ce Tchinonamida, Miyu leur donna le programme de la journée du lendemain, ils allaient arriver le lendemain, ce qui n'enjoua pas réellement Mizaki qui sentait déjà l'oppression de la ville sur ses épaules. *La dernière nuit un minimum libre, j'ai intérêt à profiter d'être encore loin de toute civilisation.*

Le jounin ne prêta pas vraiment attention à Soi Fon qui était parti discuter avec cet homme qu'avait questionné Mangetsu, il termina ce qu'il avait dans son assiette et se retira en inclinant la tête, se dirigeant vers l'extérieur de l'auberge pour s'éloigner rapidement de celle ci, mais sans aller très loin pour autant, gardant toujours dans son champ de vision.
Lorsqu'il s'arrêta, il eut ce qu'on pourrait désormais qualifier de réflexe irréfléchi : justu d'invocation …
 « Désolé mais cette fois ci je t'amène ici alors qu'il est encore loin d'être tard, mais à partir de demain si je t'invoque c'est qu'il y a de fortes chances que je sois dans un combat, je ne pourrais plus vraiment t'invoquer simplement pour dormir. »
Awayuki s'installa en rond et Mizaki posa sa tête sur le flanc de l'animal comme à son habitude, il était rare qu'il se couche aussi tôt, mais il avait dans l'idée que la journée du lendemain serait éprouvante, certainement pas à cause de combats, mais nerveusement, Naza n'avait pas l'air d'être un village vacances spécialement prisé, et surtout, il avait peur que Naza lui fasse rejaillir quelques souvenirs ...

Mizaki se leva comme à son habitude avec le soleil, ce qui le fit arriver à l'auberge pour manger avec les autres. Il ne décrocha pas un mot du repas, il avait renvoyé Awayuki chez lui et savait que ce qui l'attendait n'allait pas être de son goût. En clair : Mizaki était très loin de sourire.

Une fois sorti de l'auberge, Mizaki reçu des pensées, celle du clone qui avait suivi ceux du Lys. Il n'y avait rien de bien croustillant à se mettre sous la dent, ils avaient passé la nuit dans un relai, avaient un peu bu mais sans faire de frasques cette fois ci, juste de quoi déblatérer quelques propos d'ivrognes liés aux événements des jours précédents, parlant d'une "folle n'a-qu'un-oeil" et d'un "malade-a-l'air-bestial" qui les auraient attaqués en traitre, que les routes n'étaient plus aussi sures qu'avant, etc ... Au matin ils s'étaient juste remis en route à cheval, toujours en poursuivant leur chemin sur la route commerciale.
*Pas de quoi alerter les autres avec ça. Si jamais demain il n'y a rien de plus alors je demanderai à Miyu s'il est utile de poursuivre le filature, histoire que mon aigle revienne et que le clone présent là bas n'en forme pas de nouveau pour poursuivre la filature.*

Ne pensant plus à ces éléments sans vértiable intérêt pour la mission, Mizaki se recentra sur le groupe qui s'élançait sur une paroi avec le kinobori afin de se retrouver sur un plateau qui surplombait la route commerciale. Miyu prépara alors un rituel, il était vrai qu'elle avait dit que tous montraient sur le dos de Tai, ce qui était difficilement concevable avec la taille qu'il faisait jusque là. Mizaki observa avec attention et surtout curiosité ce qui se passait, même si dans la méthodologie ce rituel était totalement différent de celui qu'il effectuait pour rejoindre la communauté de ses tigres, il avait développé un intérêt pour ces techniques particulières basées sur des incantations, des tracés, et encore d'autres choses généralement non utilisables lors d'un combat à la vue du temps que cela prenait.
Lorsque le tout fut terminé, l'oiseau avait effectivement de quoi tenir tout le groupe. Tous se disposèrent sur l'oiseau, Mizaki préférant laisser passer les deux filles puis Aoshi pour se placer tout derrière, il y avait un avantage considérable à choisir cette position : *Si le vol est plutôt cool alors je pourrai m'étendre derrière sans gêner personne.*

Seulement, le départ ne fut pas réellement propice à rester allongé sur l'arrière train de l'oiseau. Tai s'était littéralement jeté dans le vide, mais ce n'était pas là ce qui fit le plus réagir Mizaki, c'était plutôt l'attitude des trois filles devant à lever les bras, Mizaki s'en passa la main sur le visage de dépit, mais même s'il ne le montrait pas l'attitude des trois l'amusait assez fortement, on était loin du départ en mission en plein stress, c'était plutôt agréable. Même si Mizaki était loin de vouloir jouer aux cow boy en agitant un chapeau imaginaire au dessus de sa tête, et malgré sa réaction de dépit, il profita réellement de ce moment qui risquait d'être un des derniers à pouvoir s'amuser un peu.

Lorsque l'oiseau prit son rythme de croisière, Mizaki ne profita pas du paysage, il se laissa tomber en arrière pour s'étaler sur Tai et se contenta de regarder au dessus de lui le ciel. Son regard était perdu dans cette immense étendue bleu avec quelques nuages clairsemés, il ne profita pas vraiment du vol comme Miyu leur conseillait de faire, il avait déjà la tête totalement ailleurs, à Naza, mais également sur son ile natale. L'ile de Rurou, cette ile prison qui servait à désengorger Kiri d'une partie de ses condamnés, cette ile où l'ambiance semblait être proche de celle de Naza, Mizaki avait peur de voir en cette dernière ce qu'il avait quitté à l'age de dix ans suite à la maladie qui avait emporté sa mère. Mizaki ne rebutait pas à voir tout ce qui était considéré comme des classes de basse extraction, il supportait même généralement moins ceux qui appartenaient à une certaine noblesse, mais il ne voulait pas à travers ceux de basse extraction revoir cette ile où il avait été élevé, il redoutait Naza de ce point de vu là.

 « Naza. »

Le sourire de Mizaki était définitivement tombé, mener à bien la mission, il n'y avait plus que cela qui comptait désormais. Après l'atterrissage, le groupe se mit en route, Mizaki fermant la marche, redoutant ce qu'il verrait dans la ville.
Lorsqu'ils franchirent le poste de garde, Mizaki pour un peu poussa un ouf de soulagement à la différence de tout le monde, du moins sauf Miyu qui est semblait ravie. Cet endroit ne ressemblait en rien à Rurou, ce n'était pas le même type de vie qui semblait animer Naza, du moins pas totalement … Cependant, malgré le fait que Mizaki soit plutôt content de ne pas reconnaître exactement en cette ville ce qu'il avait vécu, il ne pouvait apprécier et afficher une mine aussi réjouie que Miyu, Naza présentait tous les cotés que Mizaki détestait en une ville, à commencer par la trop forte densité de personnes autour de lui. Comme les voyageurs leur avait dit, cette ville était tout sauf accueillante, Mizaki finirait par y péter un plomb si la mission durait trop longtemps, mais pas aussi vite que si ça avait été un endroit en tout point semblable à Rurou. *Les personnes qui vivent ici sont vraiment semblables à ceux de chez moi, mais au moins sur l'ile le silence régnait, il y avait un air moins nauséabond, et surtout il n'y avait pas autant de monde au mètre carré.*
Le bruit, l'odeur, la densité de personnes, voilà ce qui faisait que Mizaki détestait les villes, et en particulier celles comme Naza qui excellait dans ces domaines. Le type de population en revanche ne le dérangeait pas vraiment, mais les aspects précédents étaient tellement vitaux pour le jounin que cela finirait assurément par lui rendre également le type de population détestable.

Lorsqu'ils arrivèrent au Masque Rieur, tous purent constater que l'intérieur du bâtiment contrastait nettement avec l'extérieur. Mais malgré cela, Mizaki commençait déjà à sentir qu'il ne serait pas aussi à l'aise que dehors pour dormir.
Pendant que Miyu se dirigeait vers le comptoir, Mizaki en profita pour regarder un peu mieux ceux qui peuplaient l'endroit, écoutant d'une oreille quelque distraite la discussion qu'avait la jounin avec le barman. Ce bar était tout ce qu'il y avait de plus commun, il ne contrastait en rien avec ceux que l'on pouvait trouver dans d'autres pays et villages, mais cela ne rendit pas vraiment Mizaki plus à l'aise. *Quel bordel ...*
Le bruit, voilà ce qui dérangeait Mizaki en cet instant et qui le dérangeait dans n'importe quelle ville, Kiri et Suna ne faisant pas exception. Et encore, dans ce bar il y avait de quoi circuler sans se tamponner dans l'épaule d'une autre personne …

Le barman les amena rapidement dans un autre endroit beaucoup plus agréable, du moins au premier abord … Canapés, table, chaises, table de billard, chambres bien entretenues, salle de bain, mais pas de fenêtre … Ce qui était un élément important pour leur sécurité n'en était clairement pas un bon pour Mizaki qui malgré le confort des lieux savait qu'il ne pourrait jamais se sentir à l'aise.

Le jounin posa le peu d'affaires qu'il avait sur un des lits et rejoignit tout le monde dans la salle commune où un premier briefing était donné par Miyu. Ils allaient passer à l'action dès l'après midi, c'était parfait, plus vite ils s'y mettraient, plus vite ils auraient des chances de quitter cette ville. La première chose était de former deux groupes pour aller voir soit des voleurs, soit des prostituées. Mizaki savait quel choix il formulerait, ayant lui même volé à une période de sa vie, même si c'était peu, il savait dans quel milieu il se sentirait le plus à l'aise pour poser des questions, et surtout saurait plus facilement s'y prendre avec ceux là qu'avec des prostituées. Cependant, malgré le fait qu'il se sentirait plus efficace à se mêler aux voleurs, Mizaki accepterait si les autres faisaient également ce choix, le laissant aller voir les prostituées, le jounin ferait de toute façon selon les ordres de Miyu s'il y avait un problème au niveau de la formation des groupes.
Alors qu'il allait donner sa réponse, Miyu leur fit signe d'attendre avant de répondre pour que Koyouki soit de retour, puis leur demanda leurs impressions sur Naza. Soi Fon fut la première à répondre, mais changea de sujet, revenant sur celui de la répartition en groupes pour dire à celle qui qui était leur chef qu'il était plus prudent qu'elle n'aille pas seule voir les assassins. Il était vrai qu'avec un contact ou non, ils s'agissait certainement de ceux qui étaient les plus dangereux du lot et donc ceux pour qui le groupe de deux se justifiait le plus en comparaison avec les voleurs et les prostituées. Mangetsu approuva immédiatement après ce que venait de dire Soi Fon, présentant même une sorte de requête pour suivre sa sensei.
Même s'il était vrai que les paroles de Soi Fon et Mangetsu étaient plus que censées, Mizaki n'alla pas surenchérir, ils venaient de recevoir un ordre, et si Miyu demandait à y aller seul c'est qu'elle avait surement ses raisons, si bien que Mizaki se contenta de suivre les ordres à la lettre.

« Concernant Naza les autres ont déjà tout dit. Je n'ai jamais aimé les villes, et vu la tête de celle ci ça ne risque pas de me faire changer d'avis, je n'ai pas l'intention de m'attarder ici, je m'occupe des voleurs. »

Le ton était des plus sérieux, en d'autres circonstances il aurait pu également paraître froid. Il voulait simplement faire avancer les choses en suivant ce qu'avait dit Miyu. Il ne se sentait pas bien à se trouver dans une ville, qui plus est dans une pièce sans fenêtre, il ne paraissait pas de bonne humeur et il ne fallait pas aller chercher plus loin pour en trouver les raisons, il n'était tout simplement pas dans son élément, et même si l'énervement était encore loin nul doute qu'il chercherait à s'acquitter au plus vite de sa tache pour quitter cet endroit.
Mizaki Taro , d'un certain grade dans un certain village...

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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Aoshi Tsukyo » lun. 28 sept. 2009, 14:22

Malgré une absence totale de cohésion, la recherche d’informations avait été fructueuse. Tous les membres de l’équipe avaient bavardé avec des voyageurs et glané des renseignements tous plus morbides les uns que les autres. Le portrait qu’avait tiré Miyu de Naza était peu joyeux, mais n’avait pas révélé toute l’horreur qui semblait y sommeiller.
Après un rapide repas, Aoshi était monté dans sa chambre et s’y était enfermé. Comme la nuit précédente, il s’assit sur son lit, l’arc à ses côtés et attendit. Malheureusement rien ne vint. Le Tsukyo resta sans bouger à la regarder, ne trouvant pas la force d’aller la rencontrer. Elle lui faisait peur. Il savait qu’elle l’attendait. Après s’être calmée pendant l’examen, elle s’était réveillée et le tiraillait. Elle voulait un nouveau corps. Le petit corbeau ne l’avait pas contenté. Trop faible. Ses capacités étaient intéressantes, mais la frêle chair ne permettait pas de les exploiter.

Aoshi s’était petit à petit recroquevillé sur lui-même, contemplant le bois avec une moue dépitée. Puis, minuit ayant sonné, il s’était relevé, avait entouré l’arc dans un tissu et l’avait reposé parmi ses affaires et s’était couché. Demain, ils arriveraient dans la ville. Demain, la mission commencerait vraiment. Il n’avait pas réussi à la dompter à temps. Dommage. Restait plus qu’à espérer qu’elle ne ferait pas trop des siennes. Son arc n’était qu’une arme, et lui, il était l’archer. C’était lui qui choisissait s’il l’utilisait ou pas.

La matinée fut joyeuse. Miyu, lassée de devoir marcher, avait libéré son oiseau et les avait fait descendre le col en volant. Ca avait été une expérience traumatisante. Encore plus que le cheval. Voler... Quelle idée absurde. Avec un oiseau aussi gros, ils avaient multiplié les chances de se faire repérer. Certes, c'était moins douloureux que de monter. Aoshi avait d'abord apprécié sentir le vent dan ses cheveux, dominer le sol, mais les multiples acrobaties de Taï l'avaient rapidement dégouté. Le Shunshin était tellement plus calme et agréable...

Naza. La ville tant décrite était enfin sous leur yeux. Miyu, toujours aussi de bonne humeur, passa les murs sans hésiter. Aussitôt, ils plongèrent dans l'horreur la plus immonde. Tout leurs sens étaient agressés par la pourriture qui y rodait. Cette ville suintait la misère, la violence... Des cris, des plaintes jaillissaient, emplissant l'espace d'une morbide atmosphère. Sa gorge se serra quand il vit les habitants. Ses oreilles ne lui avaient pas dépeint toute la moisissure qui rongeait les foyers. Un cohorte d'estropiés, de désillusionnés, d'orphelins les entouraient, et Miyu avançait, stoïque.

Après quelques minutes de marche, ils arrivèrent au Masque Rieur. Un bar qui faisait surement partie de la même famille que l'Abattoir. Miyu salua le gérant, et ils s'installèrent dans un salon. La pièce était paisible, ne semblant pas appartenir à la ville.

Avant de déposer ses affaires, Mangestu le regarda avec insistance, tourna son regard vers une des chambres et plongea encore ses yeux bleus dans ceux d'Aoshi. Puis, tout naturellement, elle s'engouffra dans la chambre, posa son sac et revint. Le Tsukyo sentit sa gorge se serrer. Il ne savait pas trop que faire. C'était vraisemblablement une invitation. Son cœur lui criait de déposer ses affaires, mais sa tête l'en empêchait. Ce n'était pas raisonnable de se laisser guider par ses sentiments en mission. Malgré le tiraillement entre sa raison et ses désirs, une idée se surélevait. Il lui avait déjà menti une fois, évitant son baiser, il s'était menti par la même occasion, et ne voulait pas revivre ça encore une fois. La frustration lui avait percé le cœur toute la nuit. Il ne voulait pas non plus la blesser encore une fois.
Aoshi se sourit, et posa son sac dans la même chambre. Au loin, un corbeau coassa.

Quelques minutes plus tard, une réunion eut lieu. Miyu donna les ordres. Là encore, ils allaient devoir glaner des informations, mais cette fois, pas auprès de simples voyageurs, mais des classes actives de la ville, travaillant dans toutes sortes d'entreprises peu légales. La jounin s'occupait des assassins, laissant à ses élèves le choix entre les prostituées et les voleurs.
Seul Mizaki décida de ne pas suivre la jounin. Aoshi décida de le suivre. Au moins, il était en relative sécurité avec lui.
« J'aime pas cette ville, elle est triste... Je vais voir les voleurs avec Mizaki. »

[HRP]Bha, c'est court et pas top... Enfin c'est posté ! :D[/HRP]
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Re: La Commedia Dell' Arte [Introduction]

Message par Soi Fon » mer. 20 janv. 2010, 0:52

[hj] : pour la petite explication, avant que nous arrivions à Naza nous avions commencé un entraînement et sur l’un de mes posts, Miyu m’avait demandé d’attendre le lendemain soir en rp pour poursuivre mon entraînement, le temps qu’on y arrive j’avais un peu zappé et ensuite j’ai pas eu trop le temps de m’en occuper. Ce soir je répare ça ^^. Il s’agissait juste de faire quelques essais de peaufinage donc c’est rien de fantastique non plus.

Suite à son entretien avec Tchinonamida, Soi Fon était remontée dans sa chambre en compagnie de Mizu et après leur repas elle s’était installée, attendant une hypothétique visite de Ryoko, une déserteuse qu’elle avait reconnue dans la salle commune et avec laquelle elle avait un peu parlé sans intention de s’en prendre à elle. Ryoko semblait faire partie des gentils déserteurs, ceux qui abandonnent leur village pour une cause juste, et non pas pour aller commettre crime sur crime parce qu’ils trouvaient ça drôle.
La demoiselle ne venant pas et Soi Fon ayant encore une technique en cours d’apprentissage, la junin se décida à poursuivre son entraînement en voyant la seringue d’anesthésiant que lui avait donné Miyu dans son sac ouvert. Après tout si Ryoko venait elle pourrait toujours s’arrêter en cours de route et elle ne pensait pas avoir à craindre la jeune femme outre mesure aussi avoir un bras ou une jambe un peu engourdie en sa présence ne lui serait pas préjudiciable. *Me resterait toujours trois membres pour la calmer, mais même si attaquer en plein milieu de la salle commune n’était pas une bonne idée je doute qu’elle veuille s’en prendre à moi.*

Sortant une serviette propre et la seringue, la jeune femme marqua un léger temps d’arrêt, se demandant sur quel membre elle allait travailler. Les bras étaient ce qu’il y avait de plus accessible mais elle avait déjà pas mal travaillé sur cette zone aussi serait-il peut-être plus intéressant de s’occuper d’une jambe, à l’opposé donc, à défaut de s’attaquer au ventre. Se blesser au ventre en étant seule lui semblait trop dangereux tant qu’elle ne maîtrisait pas parfaitement cette technique. Si Miyu avait été là ça aurait été une possibilité mais seule avec Mizu c’était hors de question.
S’asseyant en tailleur, le dos au mur, elle glissa la serviette pliée sous l’un de ses mollets avant d’injecter l’anesthésiant fourni par Miyu, la dernière dose mais ayant bien progressé elle finirait ce soir si Ryoko ne venait pas, ce qui serait dommage mais ce serait son choix. Elle attendit un peu que la substance fasse effet et lorsqu’elle ne sentit plus ses orteils, elle attrapa son shinobi gatana, en inspecta la lame avant de la nettoyer avec un peu d’eau prise dans son sac, elle aurait pu en créer mais c’était mieux comme ça.

Satisfaite de l’état de son arme, Soi Fon se lança dans un essai un peu plus hardi que les précédents, enfin différent. Il n’y aurait pas toujours qu’une seule blessure, même étendue comme sa brûlure de la veille, aussi s’entailla-t-elle en plusieurs endroits le mollet, Mizu lui faisant comprendre sa désapprobation face à une telle pratique, mais c’était un travail important comme elle le lui expliqua.
Elle saignait, un peu trop à son goût et la serviette fut rapidement maculée de rouge mais la jeune femme n’attendit pas d’en arriver là pour activer sa technique. Comme la veille, elle malaxa une bonne quantité de chakra qu’elle envoya au niveau de la plaie afin de baigner la partie meurtrie de sa jambe avec son chakra à travers les muscles, l’os, la peau… son chakra vint ensuite se concentrer plus précisément au niveau des plaies internes et externes afin de venir coller les plaies pour se placer comme une seconde peau autour. Elle ne voyait pas plus son chakra que hier mais déjà ses blessures se refermaient, le traitement global semblant fonctionner pour des plaies multiples également.

Il y a beaucoup de choses qu’elle aurait aimé tester avec cette technique mais elle sentait que ça se ferait sur le tas au cours des combats à venir comme sa réaction face à un empoisonnement avec cette technique. Il faudrait également voir les limites de ce jutsu mais ça elle n’était pas pressée de les découvrir, elle supposait que tout était affaire de quantité de chakra et de concentration de sa part, ce second point risquant bien d’être le limitant en combat. Là au repos elle pouvait sans problème maintenir sa technique, la reformant régulièrement lorsque son maintien de manière indépendante par le chakra ne suffisait plus. Elle laissa donc la plaie se refermer pour de bon et après avoir attendu encore un peu, elle relâcha tout, ne laissant que quelques lignes sanguinolentes pour tout vestige de la blessure. *Et maintenant ? J’ai vu pas mal de choses mine de rien. Je pourrais bien me casser une jambe mais si Miyu ne peut pas réparer ça je suis bien pour la mission moi… En plus ça ne me dit trop rien… Par contre je peux réaliser l’exercice dans le vide, ça ne vaudra pas la pratique mais ce sera déjà une préparation.* Maintenant ça ne signifiait pas qu’elle souhaitait se casser quelque chose, pour le moment ça lui avait toujours été épargné et c’était très bien ainsi.

Elle n’y connaissait pas grand-chose en médecine mais il lui semblait que lorsqu’un os était cassé il n’était pas systématiquement brisé en deux parties distinctes, le plus souvent il s’agissait "juste" de fissures dans l’os, autrement ça avait de grandes chances de se transformer en fracture ouverte et là ce serait beaucoup plus difficile à soigner. Imaginant sa jambe cassée, la jeune femme y envoya une quantité importante de chakra, ciblant l’os afin de venir l’entourer et former ainsi une épaisse couche d’énergie autour qui viendrait le renforcer et surtout le maintenir pour le temps de sa technique afin qu’elle puisse continuer de combattre. Elle avait beau y réfléchir cette technique se résumait presque toujours à la même chose, baigner la zone de chakra puis cibler plus précisément les lésions afin de recoller les lèvres d’une plaie, protéger une brûlure, ou comme ici maintenir un os en place. À présent qu’elle avait bien compris le principe, ça lui semblait évident et relativement facile à mettre en œuvre mais il n’y aurait que par un baptême du feu qu’elle pourrait faire ses preuves avec cette technique. Des blessures elle en avait déjà subies un paquet et il y en aurait d’autres aussi les occasions de tester en situation réelle sa technique viendraient d’elles-mêmes, en attendant elle allait tout de même effectuer un dernier essai, visant cette fois-ci plusieurs zones de son corps.

Ne pouvant s’anesthésier totalement, là encore elle allait travailler en partie sur du théorique, mais elle allait tout de même ajouter quelques blessures pour rendre l’exercice un minimum concret. Elle commença par rouvrir les plaies au niveau de sa jambe puis elle s’entailla l’avant-bras droit, n’y allant pas trop profondément non plus. Elle le sentait bien que son shinobi gatana n’était pas aussi aiguisé qu’un katana, la coupure était douloureuse mais la jeune femme serra les dents. Elle avait hâte d’en finir avec tout ça.
Joignant les mains pour former le signe de la chèvre elle concentra une quantité bien plus importante que pour ses essais précédents et l’expulsa au quatre coins de son corps ainsi qu’en son centre, s’imaginant être blessée aux quatre membres et au flanc. De nombreuses blessures, pas trop graves prises indépendamment mais réellement handicapantes si on les prenait toutes ensembles.

Ne changeant rien à sa méthode, elle laissa son chakra baigner ses membres et son flanc, commençant par traiter cette blessure, son énergie venant épouser l’extérieur et l’intérieur de la plaie, isolant en quelque sorte les parties abîmées du reste de son corps mais ça n’était pas non plus tout à fait ça puisqu’en réalité elle se contentait de colmater les plaies, le chakra remplaçant ce qui avait été déchiré, brisé ou percé. Puis elle étendit son champ d’action aux bras tout en maintenant la circulation de son chakra dans tout son corps de façon à maintenir sa technique au niveau du flanc, avant de passer aux jambes tout en continuant de maintenir la technique, le tout allant relativement vite.
L’idée étant de simplifier autant que possible le maintien du jutsu afin de le rendre possible. Si elle devait se focaliser sur chaque blessure elle n’y arriverait jamais mais là elle se contentait de maintenir son chakra en circulation afin d’alimenter sa technique en chaque point de son corps où elle agissait. Jetant un coup d’œil à sa jambe et à son bras, Soi Fon constata que le saignement s’était arrêté et supposa que sa technique pouvait donc fonctionner sur des blessures éloignées les unes des autres.

Stoppant son jutsu, elle nettoya rapidement ses plaies à l’eau claire et pansa sa jambe avant de s’occuper de son bras. Elle demanderait à Miyu de la soigner au chakra demain mais là il était tard. Se déshabillant, elle se glissa ensuite sous les couvertures, Mizu venant se frotter contre elle avant de se rouler en boule et de s’endormir, bien avant son amie qui inspecta plusieurs fois encore les bandages pour vérifier que les plaies étaient correctement soignées et qu’elles ne s’étaient pas rouvertes mais visiblement ça allait. *Une bonne chose de faite parce que telle que Miyu nous a décrit Naza, c’est encore pire que Kiri alors vaut mieux être prête à encaisser.* Pour le combat ça lui semblait bien plus pratique que les jutsu de soin souvent long à utiliser mais la durée d’effet était le principal défaut de cette technique, la maintenir tout en combattant n’étant pas si aisé que ça l’avait été là pendant son entraînement.
Elle finit par s’endormir, avec une pensée pour Kyoko qui si elle se trouvait toujours dans l’auberge était probablement seule dans l’une des chambres à l’heure actuelle. Soi Fon lui souhaitait de réussir la mission qu’elle avait accepté en quittant le village. *Pauvre fille, j’aurais aimé t’aider.*
Soi Fon Shinshun junin de Kirigakure no sato, le plus mauvais caractère du pays de l'eau
Bonne. Mauvaise. Je suis la fille avec l'hiroi ken.

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