La Commedia Dell' Arte [Acte I]

Le pays lui-même... là où seront réalisées la majorité des missions.

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Miyu Renraku
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La Commedia Dell' Arte [Acte I]

Message par Miyu Renraku » lun. 28 sept. 2009, 21:02

Soi Fon – Tchinonamida-san
Son coeur fit une violente embardée à l'évocation du petit être tant aimé. Toutefois, son visage garda une impassibilité polie à laquelle il ajouta un sourire aimable.
« Primura est ma nièce... » les mots faillirent s'étrangler dans sa gorge, avalés par un sanglot. « Aux dernières nouvelles, sa formation se passait bien et elle dévalait les pentes du grand Nord avec son enthousiasme coutumier. Elle est toujours aussi impatiente de voyager. Malheureusement, je ne l'ai pas vue depuis un moment... mes affaires, vous comprenez... » termina t-il en écartant les bras dans un signe d'impuissance gênée. Le tutoiement de la demoiselle l'avait surpris, mais il supposa que au vu de l'univers dans lequel elle évoluait, ce devait être une forme de carapace pour se protéger des hommes. « Je serai ravi de lui transmettre vos salutations quand je la reverrai... » proposa t-il gentiment.
Dans sa poitrine, l'organe vital frappait douloureusement contre sa poitrine. Il avait hâte d'en finir avec cet entretien.

Au Masque Rieur
La junin se permit de dissimuler un sourire derrière le dos de la main comme si elle baillait en voyant le petit manège des deux tourtereaux à travers les yeux de Tai.
* On pourra dire ce qu'on veut... c'est toujours les filles les plus dégourdies à ce niveau... * pouffa t-elle intérieurement. Ses pensées s'égarèrent un instant sur le visage de Musashi.
* Tel maître tel élève je suppose... * conclue t-elle silencieusement.

Elle écouta avec attention les réponses de chacun et se gourmanda intérieurement. Elle avait oublié de leur donner un détail qui aurait étouffé dans l'oeuf les inquiétudes à son sujet.
Levant gentiment la main pour couper court aux surenchérissement qui risquaient d'arriver, Miyu repris la parole.
« Ne t'en fais pas Soi Fon, je n'ai pas l'intention de vous lâcher la grappe maintenant... vous vous ennuieriez diablement sans moi. Vous avez tout à fait raison sur le fait que personne ne doit se promener seul dans cette ville. J'en suis consciente, j'ai oublié de vous parler d'un détail. Je rencontrerai mon contact dans la ville haute... quartier très haute sécurité etc etc... vous m'accompagnerez à ce que j'appelle la Frontière... c'est le jour et la nuit vous verrez... vous me retrouverez à l'endroit où nous nous quitterons à une heure précise et nous rentrerons tous ensemble ici... » conclue t-elle d'une voix apaisante en se tournant vers l'entrée où Koyuki venait d'apparaître avec un charmant jeune homme habillé en serveur. Les cheveux blonds coupés court, les yeux bleu océan, le sourire facile, plutôt grand. Il disposa sur la table trois grands saladiers avant de retourner à l'entrée pour chercher le couvert et un trio de cruches d'eau plate accompagnant une bouteille de vin rouge.
Après avoir retiré les couvercles des trois saladiers qui dégagèrent de délicieux arômes épicés portés par une vapeur blanche, il disparut après s'être incliné, laissant Koyuki avec ses invités. Le bonhomme convia tout le monde à s'asseoir avec lui à la table et entreprit d'ouvrir la bouteille de vin.
« Un Château Lelouch d'une dizaine d'année dont tu me diras les nouvelles... » dit il en souriant tout en servant une gorgée à la Renraku dans un verre. La junin l'apprécia lentement en le faisant rouler dans sa bouche avant d'acquiescer.
« Ta table reste l'une de mes favorites. » le complimenta t-elle alors qu'il servait qui voulait. Les saladiers contenaient une semoule aux grains fins comme du sable vraisemblablement épicée, une sauce épaisse de légumes avec du poulet, des saucisses et des boulettes, enfin le dernier contenait une salade verte déjà assaisonnée avec quelques cubes d'un fromage blanc comme neige.

« C'est toujours un plaisir de te voir. Quelle affaire t'amène cette fois dans notre ville aux multiples visages ? Ta missive était plutôt succinct... »
« Un Anbu Kirien est mort de manière... mystérieuse. Et cela pendant un événement extrêmement sécurisé. Il enquêtait sur une organisation peu avant d'être rapatrié... une organisation liée à Naza. En chemin on a appris l'existence vraisemblablement réelle des Erasers... je ne sais pas si c'est lié à eux mais ça me semble une piste qui en vaut bien une autre pour commencer. Je me disais qu'on allait commencer doucement, en interrogeant les trois groupuscules sous terrains... avant de secouer le panier à crabe. On verra bien où ça nous mènera pour commencer. Je m'occupe des Assassins mais j'aurai besoin que tu me fournisses un nom et une adresse pour les Voleurs et les Prostituées.
A part ça quelles nouvelles du Conseil ? »

Koyuki prit le temps de s'asseoir et d'enjoindre chacun de commencer à manger avant de répondre.
« La fille du Duc a disparu, ce qui a mis le papa dans tout ses états... les choses vont bouger à Naza et ça va faire du vilain. On n'attaque pas la noblesse sans en tirer de lourdes conséquences. Si ils lâchent les Lions Écarlates je ne donne pas cher de certains... le Marchand veut ouvrir un comptoir au Nord pour faire passer des marchandises dans les îles mais l'investissement est... impressionnant. Il va avoir besoin de financements externes. Le Juge a lâché les Dogues... les procureurs locaux... » précisa t-il.
« Tout le monde incrimine les Erasers mais il est difficile de faire un procès sans suspects... Le Commandant de Garnison est débordé, tout le monde a peur et veut être protégé... mais ses hommes ont beau patrouiller ils n'arrivent à rien. Le pauvre est au bord du lynchage. En plus les mercenaires affluent pour jouer les gardes du corps à plus ou moins bas prix, la ville devient encore plus surpeuplée. Le Hiérarque doit être le seul content de la situation... il n'y a jamais eu autant de dons au Temple. » conclue t-il avec un sourire narquois.
« Pour tout te dire, ce n'est pas vraiment le moment idéal pour faire du tourisme... mais je suppose que c'est ça qui t'intéresse. » termina t-il en enfournant une généreuse bouchée.

La junin hocha affirmativement la tête en savourant une nouvelle gorgée de vin.
« Qu'est ce que tu penses des Erasers ? »
Le vieil homme haussa les épaules en levant les yeux au ciel, l'air songeur.
« C'est bizarre... de ce que j'en sais, ils semblent frapper au hasard. Quoique jusque là c'était toujours dans le ville basse. Mais les gens n'avaient aucun lien entre eux. Il y avait des hommes, des femmes, des enfants, des adolescents, des vieillards... certains sans histoires d'autre un peu plus... je ne vois pas de fil conducteur là dedans. Et le pire c'est quand même cette absence de souvenirs chez la plupart des gens... les proches en particulier. En fait je ne connais qu'une personne qui se souvient d'un disparu. Une certaine Mikan je crois. Elle est devenue folle... il y a quelques jours elle a débarqué dans mon bar en hurlant des choses inintelligibles sur la mémoire, le souvenir, les miroirs, l'art... la pauvre.
Tu veux mon avis ? Je vais te le donner mais il vaut ce qu'il vaut... je pense que cela fait un moment que cette organisation opère... et qu'ils ont atteint un certain pallier dans leur progression. Un pallier qui leur permet de se faire connaître. Il veulent faire peur. Ils veulent quelque chose. J'ignore juste quoi, je pense juste que pour le moment ils veulent mettre la ville sous tension, sous pression... le règne de la peur. Et je crois que c'est une étape précédant une autre. Je ne vois pas en quoi terroriser tout le monde serait une finalité en soi, donc... »
termina t-il évasivement en continuant son repas avant de reprendre.

« Pour ce qui est des contacts, j'en ai deux en tête. Je vous donnerai une carte pour trouver les adresses. Pour les Voleurs, vous irez dans un troquet appelé « Le Dés Pipé ». Essayez de trouver Moineau. C'est un gamin d'une dizaine d'année avec un foulard violet autour du cou. Essayez de le convaincre de vous menez à la Pie. C'est elle qui contrôle et monnaye une partie des affaires...
Pour les prostituées je vous recommande de trouver le Boyard. Ce type est une ordure mais la personne qui pourra peut être vous renseigner c'est une courtisane qu'il contrôle : Absinthe. Elle est très haut placé dans la hiérarchie de la profession et son temps est cher mais... elle sait beaucoup de choses. Par contre pour trouver le Boyard... je sais qu'il va généralement boire un verre dans un établissement qui lui appartient appelé « Coussin d'étoiles » en début d'après midi.
Que pourrais je dire d'autre à propos de tout ce beau monde... »
continue t-il en semblant fouiller dans sa mémoire.
« Moineau n'est pas méchant mais extrêmement doué. Faites attention à ce que vous portez, il pourrai bien vous piquer votre culotte sans que vous ne vous en aperceviez. La Pie... on ne sait pas vraiment à quoi elle ressemble. Mais elle aime particulièrement les choses rares... uniques... et les secrets. En ce qui concerne le Boyard, il est chauve, grand et musclé. Presque toujours habillé avec un long manteau vert émeraude, c'est un as du couteau. On raconte que c'est le bâtard d'un noble... et il hait le monde entier au moins autant que lui même. Je ne sais pas non plus grand chose sur Absinthe... seulement de réputation. Elle serait experte en tout les plaisirs et toutes les conversations de ce que j'en ai compris, vous vous offrez un moment d'éternité paradisiaque en sa compagnie.
Je crains de ne pas pouvoir faire beaucoup plus... »
conclue t-il en utilisant un morceau de pain croustillant pour essuyer la sauce de son assiette.
« Je vais aller chercher les cartes et le dessert, si vous avez des questions, vous pourrez me les poser au retour. » termina t-il en se levant de table.
Miyu semblait pensive et jeta un regard à chacun des convives.
« De ce que j'en ai compris cela donnerait les filles d'un côté, les garçons de l'autre. Toujours bon pour cette répartition ? »
Koyuki revint peu après avec un plateau sur lequel était posé une série de coupes de glaces chantilly et une paire de feuilles avec un feutre. Une fois que tout le monde fut servi il dessina le chemin qu'ils allaient devoir suivre pour l'un et pour l'autre et marqua l'itinéraire détaillé au dos.
« Voilà, je suis tout ouie. » annonça t-il en souriant comme un enfant devant sa coupe de glace.


Ils sortirent du Masque Rieur et Miyu les guida dans une enfilades de rues larges et fréquentées. Une poignée de minutes plus tard ils parvinrent sur une place au centre de laquelle était placé une fontaine. Les habitations plus ou moins insalubres laissaient place à la deuxième moitié de la place aux deux entrées de bâtiments militaires. Un barrage de gardes semblables à ceux gardant les portes, était installé avec huit de ces hommes droits dans leurs plastrons d'acier, la lance à la main. Derrière eux, on voyait une allée joliment pavée. Les demeures étaient fleuries et les gens richement habillés. Pas un mendiant, pas une trace de pauvreté... plus insolite encore, pas un déchet par terre.
La frontière marquée par les garnisons et le barrage faisaient ressortir les deux visages de la ville de manière presque grotesque.
« Le jour et la nuit... » soupira doucement Miyu en s'asseyant au bord de la fontaine.
Quelques instants plus tard une paire de soldats vêtus d'armure rouge sang hérissées de lames et de tranchant, leur casque figurant une tête de lion rugissant apparurent au tournant de l'allée de la ville haute. Ils encadraient un jeune homme qui devait avoir dans les vingt cinq ans. Il était vêtu de violet décoré d'argent. Un curieux collier de cuir violet avec deux lanières sombres lui enserrait le cou, dissimulant sa gorge. Ses cheveux noirs étaient coupés court et ses yeux vert acide semblaient dangereusement tranquilles. Bizarrement, il ne cillait pas du tout.
Les gardes laissèrent passer le jeune homme et les Lions Écarlates sans faire de commentaires et Miyu se leva.
« Vous pouvez me laisser maintenant. Je peux être difficilement plus en sécurité. Retrouvons nous ici dans disons... trois heures. » termina t-elle en s'avançant vers l'assassin. Elle s'inclina en balayant presque le sol de son chapeau mais ils pouvaient deviner quel air elle avait sur le visage. C'était le genre de révérence un peu moqueuse qu'elle offrait à tout ceux qu'elle aimait bien.

L'équipe se divisa.
Le Dé Pipé était signalé par une enseigne un peu bancale représentant des dés rouge roulant aux côtés d'une bourse d'or. Une paire de vigiles massifs armés de gourdins jouaient aux cartes avec un trio de gamins des deux sexes juste à côté de l'entrée. Pour y entrer, il fallait descendre une dizaine de marches... eh oui c'était sous terre. Les joueurs vous laissent passer et l'un des vigiles secoue trois fois une cloche. La porte en bas s'ouvre. A l'intérieur il fait assez sombre et c'est enfumé. Une lampe à huile par tables et quatre au plafonds. Des tables carrées avec des groupes de joueurs de tout les âges et des deux sexes. Un homme en tablier derrière le bar discute avec une matrone pour le moins massive dont la poitrine menace de jaillir de son corset comme un diable hors de sa boite.
Moineau est au fond de la salle à gauche, à une table où il joue aux dés avec quatre autres gamins de son âge. Ils poussent de petits cris de temps en temps alors que les dés roulent et que des objets ou de l'argent passent et repassent de mains en mains.
Le Coussin Etoilé est un bar à l'ambiance satiné et tamisée. Un trio de filles vêtues de façon suggestives sont soit assises au bar soit sur des canapés de velours. Il n'y a que cinq clients mais l'établissement est petit. Boyard est là, aisément reconnaissable, une jeune asiatique est en train de lui allumer sa pipe et la lui tend. La lèvre de l'adolescente qui doit avoir tout au plus dix huit ans est fendue mais elle ne semble pas s'en préoccuper.
La patronne, une blonde qui a largement passé la quarantaine, dissimulant son âge derrière le maquillage s'approche de vous avec un sourire tout commercial.

HRP : Si vous avez des questions, mp. J'aimerai poster vendredi soir. Amusez vous bien ! :D
Miyu Renraku, Jonin de Suna .

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Mizaki Taro
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Re: La Commedia Dell' Arte [Acte I]

Message par Mizaki Taro » mar. 29 sept. 2009, 22:41

Aoshi fut le dernier à répondre, Mizaki connaissait désormais celui qui allait être avec lui pour cette partie de la mission, ils étaient même les deux seuls à savoir avec qui ils seraient à ce moment à la vue de la requête présentée par Soi Fon et Mangetsu.
*Un archer avec moi, qui plus est avec une invocation qui maitrise du genjutsu, même s'il est sans aucun doute moins puissant que Soi Fon à la vue de ces capacités là c'est quasi parfait comme coéquipier pour moi.*
Cela ne suffit malgré tout pas à faire rejaillir un sourire sur les lèvres d'un Mizaki qui ne demandait qu'une seule chose : quitter ce lieu sans fenêtre, aussi confortable soit-il, et mener cette mission au plus vite.

Miyu répondit ensuite aux requêtes des deux kunoichi avec un certain brio, coupant court à toute conversation possible en suivant. Elle allait dans les quartiers huppés, là où les crimes ne semblaient pas se perpétrer, les quartiers surveillés, c'était presque en ce sens qu'il valait mieux la suivre plutôt que pour assurer sa sécurité. *Elle s'est gardé le beau rôle en évitant la ville basse.* pensa Mizaki avec un certain amusement, sachant pertinemment qu'il n'en était certainement rien.

Koyuki entre immédiatement après, avec ce liquide qui faisait dire à Mizaki qu'il allait se précipiter sur les cruches d'eau plate. Mizaki n'était pas du style à refuser un verre lorsque l'occasion pouvait se présenter, surtout lorsque celui ci était partagé avec Xuan, mais jamais à s'en démonter totalement la tête, et surtout jamais dans un cadre comme celui ci où il n'était pas à l'aise, et qui plus est en pleine mission … Chose beaucoup plus intéressante qui arriva pour le jounin : de la nourriture, et le plat était plutôt bien garni en viande, il savait ce qu'il allait prendre et laisserait assurément la salade verte de coté, il n'était pas un lapin. Sans se précipiter ni même manger goulument, Mizaki ne perdit pas vraiment son temps en remplissant son assiette et son estomac, la faim appelait mais il fallait montrer un minimum de manière malgré tout. *Au moins la nourriture me fera oublier un peu l'endroit où on est l'espace d'un instant.* Lui qui ne mangeait presque rien auparavant se laissait désormais beaucoup plus facilement aller à ce plaisir, il n'était plus traqué comme autrefois et avait l'esprit un peu plus libre, même s'il restait loin d'être un bon vivant.

Alors que les bouchées se suivaient les unes les autres, Miyu et Koyuki entamèrent une discussion sur laquelle il ne fallut pas non plus perdre une miette. Première nouvelle : une fille de Duc avait disparu, ce qui n'interpela pas vraiment Mizaki au premier abord, mais qui le fit réagir au nom des Lions Écarlates.
*Dès qu'il y a un regroupement il a toujours un nom ici ou quoi ? Entre les Erasers et ça on ne peut pas dire qu'ils jouent dans la modestie en plus de ça ...*
Encore des histoires enter marchands et nobles, Mizaki n'était pas spécialement fan, il ne connaissait rien à ces mondes, il n'en avait aucunement le sens des réalités, en un sens il était content que des assassins, prostituées et surtout des voleurs fassent partie de l'affaire également, il savait beaucoup plus comment s'y prendre avec eux en comparaison avec les marchands et nobles envers lesquels il n'avait porté une grande estime.
*Dogues ...*
Encore un nom qui plongea Mizaki dans un certain sentiment de dépit, si bien qu'il replongea le nez dans son assiette, retenant chacun des mots de Koyuki pour le bien de la mission, il n'était pas là pour porter un quelconque jugement, il était un ninja en mission sous les ordres d'un autre, il ferait tout ce que son chef lui demanderait, même si cela n'allait pas vers ses prédispositions naturelles.

Vint ensuite le sujet des Erasers, la première phrase de Koyuki plut particulièrement à Mizaki. « Il est difficile de faire un procés sans suspect », cette phrase pourtant simple et d'une grande logique fit monter un peu Koyuki dans son estime. Rejeter la faute directement sur les Erasers sans aucune preuve, cela lui rappelait les meurtres automatiquement attribués à ceux du Kuran à l'époque où il était alors qu'il savait très bien que l'organisation n'y était pour rien (enfin parfois …). Tirer des conclusions hâtives sur la notoriété ou l'image que l'on se fait d'une organisation ou d'une personne, voilà quelque chose que Mizaki avait subi et détestait par dessus tout. Même si Mizaki pensait réellement que les Erasers avaient une grande part de responsabilité dans tout ce qui se passait, il n'avait pu qu'apprécier ces propos modérés de la part de Koyuki.
Chose qui frappa Mizaki dans la suite du discours, et sur laquelle il n'avait pas vraiment percuté alors qu'il avait tous les éléments en main : les Erasers semblent frapper au hasard … Une organisation sans but réel ? Cela ne présageait clairement rien de bon, il n'y avait rien de pire que les personnes guidées par une pensée arbitraire, ceux là étaient généralement parmi les plus dangereux car bien souvent impossible à raisonner … Un être comme cela ne pouvait même pas être qualifié d'animal, eux au moins ont un but même si pour une bonne partie ça se limite à leur propre survie.
*Ils doivent avoir un but, ça n'a pas de sens sinon, c'est juste de la démence et de la folie, et j'aurai du mal à y croire, peu de gens suivraient un homme guidé par la démence, aussi stupides soient-ils.*
Autre chose intéressante, bien qu'incompréhensible, était ce qu'avait baragouiné cette Mikan, seule personne à s'être souvenu de quelque chose.
*Miroir et art ? Qu'est ce que ça vient faire dans un listing lié à la mémoire des gens … Une indication sur la technique employée peut être … C'est bien trop vague, il va falloir comprendre ce qu'elle racontait.*
Koyuki poursuivit sur le but présumé des Erasers, décidément il commençait vraiment à plaire à Mizaki qiu était parfaitement d'accord avec ce qu'il disait : les Erasers n'avaient pas encore affiché leur véritable but, mais ils doivent en avoir un derrière tout cela, pour l'instant ils ne faisaient que placer leurs pions, ils s'implantaient, ils se faisaient connaître, il cherchaient à amener quelque chose d'autre, ça n'aurait pas de sens d'en rester là à moins de ne même plus appartenir au règne animal.

Le sujet changea ensuite radicalement, il parlait des contacts, ils rentraient dans le vif du sujet concernant leurs missions respectives de l'après midi. Il commença avec les voleurs, Mizaki montra toute son attention jusqu'à montrer une nouvelle réaction de dépit …
*Moineau … Bon lui au moins il se la joue moins avec son nom ...*
Il fallait convaincre ce moineau de les mener à la Pie *.....*. Quoi qu'il en soit Mizaki avait bien enregistré le tout et se doutait qu'Aoshi en avait fait de même, il ne manquait maintenant plus que le positionnement de cet troquet et ils partiraient sur le champ.

Vinrent ensuite les explications concernant les prostituées, et ce qu'entendit Mizaki réussit à lui rendre au moins un sourire en coin. *Soi Fon ira voir les prostituées, si le type qui le dirige est un vrai connard avec celles qu'il dirige alors ça risque de cogner.* Les informations seraient obtenues de la part de cette Absinthe et non de ce Boyard, qu'il lui reste des dents ou non à la fin ne changerait pas grand chose à l'enquête.

Koyuki revint ensuite sur ce Moineau, donnant quelques renseignements supplémentaires bien précieux sur ses aptitudes, mais également sur la Pie, mettant justement en avant le fait que peu de choses étaient connues sur elle hormis son goût pour les choses rares et les secrets. Mizaki n'avait rien à offrir de ce style, il allait devoir trouver un moyen détourner pour réussir à voir cette Pie.
Après avoir donné quelques informations supplémentaires au groupe allant voir les prostituées, Koyuki s'absenta pour aller chercher les cartes, chose qui intéressait bien plus Mizaki que les déserts. Miyu se tourna vers son équipe et demanda si la répartition convenait, chose à laquelle répondit Mizaki par un simple hochement de tête affirmatif alors qu'il avalait sa dernière bouchée.
Lorsque Koyuki revint, celui ci demanda s'il y avait des questions. Mizaki se contenta de saisir une des feuilles qu'il avait en main sur lesquelles il avait indiqué les trajets, puis répondit poliment à sa question.
 « Je n'ai rien à demander de particulier, tout ce que tu nous a fourni concernant les voleurs me semble suffisant, à moins qu'Aoshi ait des questions à te poser je te remercie pour tous ces renseignements. »

Une fois l'interrogatoire terminé, tous purent sortir à l'air libre, et malgré l'ambiance de la ville, les odeurs et le bruit, cela faisait un peu de bien à Mizaki. Ils n'eurent pas beaucoup de temps à marcher pour arriver sur une place plutôt étrange, malgré le fait que les habitations soient toujours insalubres une forte présence militaire se dessinait, il approchaient à cout sur de la frontière dont leur avait parlé Miyu.
*Autant d'hommes pour un simple barrage ? Je ne pensais pas voir une démarcation aussi forte entre les quartiers riches et pauvres ...*
Plus que l'architecture et l'apparence reluisante de ce qu'ils voyaient derrière le barrage, c'était le barrage en lui même qui impressionnait Mizaki, cela semblait ahurissant pour Mizaki qu'il y ait une telle séparation au sein même de la ville. *Les pauvres ne risquent pas de pouvoir se mêler un jour aux riches, même en se rebellant vu le déploiement militaire ...*
Miyu resta assise jusqu'à ce qu'une jeune personne vint la chercher dans un style d'accoutrement que Mizaki n'avait jamais vu, même ses gardes étaient bizarrement vêtus, décidément Mizaki ne comprendrait en quoi ce type d'accoutrement était mieux que celui qu'il portait lui même sur le moment, il ne comprendrait tout simplement jamais les besoin de briller aux yeux des autres de la noblesse, même si l'effet était plutôt raté sur Mizaki.

Le moment tant attendu arriva enfin, la mission sur le terrain commençait.
 « Allons y... » lança Mizaki à Aoshi avec un air des plus sérieux et en ayant déjà commencé à marcher à une allure plutôt soutenue. La marche jusqu'au Dé Pipé ne fut pas longue, à l'entrée se tenaient des gamins et deux vigiles. Mizaki et Aoshi s'en approchèrent et se postèrent devant ces deux derniers avant d'adresser simplement :
 « Nous voulons aller en bas. »
Sans être directif, Mizaki ne faisait pas non plus preuve d'une politesse exacerbée. Pas de sourire, un air sérieux mais sans plus, juste l'allure de quelqu'un qui venait se détendre un peu. L'un des vigiles secoua alors trois fois la cloche jusqu'à ce que la porte du bas s'ouvre, puis leur indiqua qu'ils pouvaient descendre. Mizaki remercia de la tête avant de descendre les marches avec Aoshi et de se retrouver dans une salle sombre et enfumée éclairée par quelques lampes qui ne mettaient en évidence les trainées de fumée plus qu'elles n'éclairaient vraiment la pièce. Cette salle de jeu ne semblait pas réservée à une clientèle particulière, il y avait de tout ici, si bien que Mizaki comprit comment il était entrée aussi facilement malgré sa grande marque sur le visage et son wakizashi non dissimulé.
Après une recherche du regard à travers la salle, Aoshi distingua Moineau au loin et l'indiqua à Mizaki. Son signalement était en tout point identique à ce qu'avait indiqué Koyuki. Les deux ninja s'approchèrent de la table où le gamin se trouvait, lui même accompagné par quatre autre gamins qui vivaient apparemment pleinement leur partie de dés. A cet age se retrouver à jouer leur argent aux dés, il y aurait eu de quoi provoqué un tollé dans un village comme Suna, mais pas ici, et pas non plus dans l'esprit de Mizaki qui voyait en ces jeunes un enfant qu'il aurait pu devenir s'il n'avait pas été accepté par Tenshi.

Une fois à coté de la table, Mizaki resta muet un bref instant, le temps que les gamins repèrent les deux ninja qui les regardaient, le jounin fixant clairement Moineau jusqu'à ce que celui ci sente qu'un regard était posé sur lui et qu'il en croise les yeux.
 « Moineau, nous avons à te parler, tes partenaires de jeu peuvent rester si tu veux. »
La présence des autres ne gênait pas vraiment Mizaki, au contraire même si elle pouvait rassurer Moineau sur le fait que ce type à l'arc et que l'autre avec la marque sur le visage et son wakizashi n'étaient pas venus pour le tuer ou lui chercher des crosses alors ça serait déjà ça de pris. *A voir s'il voudra garder ses amis à ses cotés lorsqu'on évoquera la Pie ...*
Mizaki n'avait été aucunement rude dans le ton employé, mais pas non plus mielleux ou quémandeur, il avait le ton d'une personne qui venait demander quelque chose, quelque chose de sérieux.
Mizaki Taro , d'un certain grade dans un certain village...

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Soi Fon
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Re: La Commedia Dell' Arte [Acte I]

Message par Soi Fon » mar. 29 sept. 2009, 23:12

Past :
L’homme resta impassible lorsqu’il répondit à Soi Fon mais un sanglot trahit une situation anormale. Il lui disait que tout allait bien mais qu’il n’avait pas vu Primura depuis un moment. Quelque chose n’allait pas, la junin en était certaine, l’émotion ressentie par cet homme lorsqu’il parlait de sa nièce était trop importante par rapport à ce qu’il lui en disait. Il lui avait proposé de transmettre à la jeune fille les salutations de Soi Fon lorsqu’il la reverrait. ‘‘Je veux bien merci. Cela dis j’ai l’impression que tu ne me dis pas tout. Bien que nous nous connaissons peu, j’ai passé d’excellents moments avec Primura, comme à Malt où nous étions descendue à l’hôtel Basara. Si jamais il s’est passé quelque chose et qu’aucun de vous deux ne peut en parler pour le moment, je suis dans la chambre numéro treize. J’apprécie beaucoup Primura alors j’espère que tout ce que tu m’as dis est vrai et qu’elle s’éclate en mission.’’

Present :
Après que Soi Fon ait fait remarquer que se promener seule dans Naza n’était prudent pour personne, Mangetsu renchérit en proposant même d’accompagner la junin chez son contact. Soi Fon doutait que Miyu accepte cette proposition mais lorsque la Renraku leur répondit, le problème se régla de lui-même. Miyu avait omis de leur parler d’un détail qui mine de rien avait une sacrée importance. Sa rencontre se passerait dans la ville haute, celle qui était protégée par la milice et eux l’accompagneraient jusque là tout à l’heure puis reviendraient la chercher un peu plus tard. Vu comme ça les risques pour Miyu étaient grandement diminués même si Soi Fon était un peu étonnée qu’un assassin se cache dans la ville haute, mais après tout pourquoi pas.

Mangetsu donna ensuite son opinion sur Naza, elle non plus n’aimait pas cette ville puis Mizaki et Aoshi donnèrent à leur tour leur avis, pas plus que les filles ils n’aimaient l’atmosphère de Naza mais ils leur coupèrent l’herbe sous le pied en décidant de s’occuper des voleurs. *Bordel, on avait pas dit qu’on attendait le retour de Koyuki pour décider de ça ?* Il y avait un junin par groupe, c’était déjà ça et après tout, Soi Fon était la plus indiquée pour s’occuper des prostituées. Le spectacle serait dur et la jeune femme n’était pas particulièrement heureuse à l’idée de devoir y être confrontée mais ce serait encore bien pour Mangetsu si la jeune fille l’accompagnait.
Pendant ce temps Koyuki avait fait son retour, accompagné d’un serveur qui disposa sur la table plusieurs saladiers ainsi que les couverts, des pichets d’eau et une bouteille de vin. Pour sa part Soi Fon en resterait à l’eau.

Le serveur dégagea encore les couvercles des saladiers, d’où s’échappait une délicieuse odeur, puis il s’éclipsa, laissant le petit groupe avec son employeur. Koyuki les invita à prendre place à table et déboucha la bouteille de vin dont il donna le nom et l’âge avant de servir Miyu. Se servant en eau, Soi Fon proposa aux autres de les servir puis elle remplit son assiette avec de la semoule, des légumes et du poulet avec des boulettes, recouvrant le tout d’une généreuse dose de sauce. Pour cela elle laissa chacun se servir, attendant tout de même qu’ils l’aient fait pour commencer à manger, ce qui l’amena à l’invitation de leur hôte.

Koyuki demanda ensuite à Miyu les raisons de sa présence à Naza et la junin entreprit de lui donner quelques détails au sujet de la mission ainsi que sur les rumeurs qu’ils avaient apprises et leurs intentions pour la suite des évènements. La jeune femme lui demanda également des nouvelles du conseil de la ville et s’il pouvait lui dénicher un contact dans le milieu des voleurs ainsi qu’un second chez les prostituées.
S’asseyant, le gérant leur fit signe de commencer à manger, ce que fit Soi Fon puisque tout le monde était plus ou moins servi. Une fille de noble avait été kidnappée et selon Koyuki cela pourrait faire du vilain si son père lâchait ce que Soi Fon supposa être une troupe, les Lions Écarlates, si ça avait été une paysanne ou une prostituée il n’y aurait pas eu à s’inquiéter des conséquences, personne hormis ses proches ne l’aurait cherchée. Triste réalité.

Le reste des nouvelles n’était guère plus joyeux, la ville semblait s’enfoncer irrémédiablement dans le chaos et la situation pouvait dégénérer à tout moment. Il suffirait d’une étincelle et les rues se transformeraient en champ de bataille. *Ça va être un plaisir de bosser ici…*
Miyu poursuivit sur le sujet des Erasers, l’une de leurs pistes les plus sérieuses pour le moment même s’il n’était pas certain que les disparitions liées à ce groupuscule aient un quelconque rapport avec le meurtre de l’anbu mais leur mission était d’enquêter sur les milieux souterrains de Naza, ça ferait un bon début. Quoi qu’il en soit l’organisation ne semblait pas privilégier de cibles particulières si ce n’est des gens vivant dans la ville basse mais ce qui surprenait Soi Fon était que l’on sache qu’il y avait eu toutes ces disparitions. *Si les proches oublient tout des disparus, est-ce que les vagues connaissances en gardent des souvenirs ?*

La possibilité que le but des Erasers soit de se faire connaître et de plonger la ville sous un règne de peur avant de passer à une nouvelle étape de leur plan n’était pas impossible. Cela semblait même assez logique puisqu’on avait réellement commencé à entendre parler des Erasers comme quelque chose de concret qu’il y a peu de temps et cela avait déclenché une certaines hystérie dans la ville, des gens fuyaient et comment ne pas les comprendre ? Mais ça n’était certainement pas leur objectif ultime, restait à comprendre pourquoi les Erasers souhaitaient instaurer ce climat de peur.
Koyuki poursuivit sur les contacts, commençant par les voleurs. Le contact serait un gamin, très doué dans l’art de la fauche selon leur hôte. Il faudrait le convaincre de les mener jusqu’à un personnage nommé la Pie mais ça ce serait le travail de Mizaki et Aoshi.

Quant à Soi Fon et Mangetsu, elles devraient rencontrer un certain Boyard, drôle de nom, visiblement un mac. Selon Koyuki, le dénommé Boyard pourrait les mettre en contact avec l’une de ses filles, Absinthe, une prostituée haut placée. Soi Fon ne doutait pas un instant qu’elle savait beaucoup de choses, les confessions faites sur le coin de l’oreiller étaient souvent des plus intéressantes, surtout quand les hommes cherchaient à impressionner leur amante. Elles trouveraient Boyard dans un bar nommé le Coussin d’Étoiles, Soi Fon était curieuse de voir l’endroit en question. S’en suivirent quelques informations supplémentaires sur Boyard, qui feraient qu’elles pourraient le trouver aisément par contre Koyuki ne savait rien du physique d’Absinthe mais ça n’était pas un problème en soi si Boyard se montrait coopératif. La prostituée semblait cultivée en plus d’être experte dans l’art de donner du plaisir, restait à voir si c’était selon les critères de la ville ou s’il s’agissait bien d’un véritable joyau retenu dans un taudis.

Se levant Koyuki partit chercher les cartes, pour qu’ils puissent trouver leurs contacts, ainsi que le dessert et à son retour ils pourraient lui poser leurs questions. Soi Fon n’avait pas de question en tête pour le moment, les descriptions données par Koyuki étant suffisantes et il était inutile de lui demander davantage de détails sur Absinthe ou la Pie, restaient les questions éventuelles sur la ville.
Miyu leur demanda confirmation des équipes, à savoir les filles d’un côté, les garçons de l’autre. ‘‘Faudra bien. De toute façon je suppose que j’étais destinée à m’occuper des prostituées, après tout c’est un milieu que je connais.’’ La jeune femme se tourna vers Mangetsu pour ajouter : ‘‘Tu vas voir, on va se prendre du bon temps, enfin façon de parler mais je compte sur toi pour les négociations mademoiselle Fujitani. Quand nous serons seules, il vaudrait mieux que tu laisses tes deux épées bien visibles, sois aussi dissuasive que possible’’

Koyuki ne tarda pas à revenir avec des coupes de glace et de quoi tracer les plans pour les deux équipes, Miyu ne semblant pas en avoir besoin. C’était un sacré atout de déjà connaître la ville, surtout ici. Une fois les itinéraires notés et les plans tracés, Koyuki proposa de répondre à leurs questions. Soi Fon regarda un instant les autres puis prit la parole, peu lui importait d’être la première à parler. Mizaki l’avait d’ailleurs devancée mais il n’avait pas de question. ‘‘Nous savons tous que Naza est une ville dangereuse mais il y a une chose que j’aimerais comprendre, comment en sommes-nous arrivés là ? La ville a-t-elle toujours été aussi misérable ou bien y a-t-il eu un élément déclencheur ? Mis à part ça, en plus des vols, kidnappings, meurtres, viols et j’en passe y a-t-il un danger ou un lieu dont nous devrions particulièrement nous méfier, un endroit craint de tous ici peut-être ?’’ Le genre d’endroit où personne ne va, donc bien tranquille pour s’y cacher.

Leur entretien avec Koyuki terminé, ils quittèrent son établissement, Soi Fon ne prenant avec elle que son rouleau d’armes et portant déjà dans son dos sa grande épée. Pour le côté dissuasif elle pouvait gérer seule mais elle préférait que Mangetsu soit armée et le montre à tous afin d’éviter toutes tentations inutiles de la part des habitants. Même si Mangetsu semblait avoir peur de Soi Fon, drôle d’idée, la junin n’avait pas l’intention de lui laisser arriver quoi que ce soit. La Sunite faisait partie de l’équipe et présentement elles allaient n’être que toutes les deux or Soi Fon faisait tout pour protéger ses alliés, du moins elle essayait même si le destin s’acharnait parfois un peu contre elle de ce côté-là.
Miyu semblait savoir où elle allait et quelques minutes plus tard ils arrivèrent à une place au centre de laquelle se trouvait une fontaine, un ornement surprenant dans cette ville où le luxe semblait banni mais l’endroit était particulier. À l’autre bout de la place un barrage militaire bloquait l’accès au beau quartier. Effectivement, comme l’avait dit Miyu c’était le jour et la nuit entre les deux moitiés de la ville, c’était bien triste d’ailleurs.

Miyu s’installa sur le rebord de la fontaine en soupirant et quelques minutes plus tard les Lions Écarlates qu’avait déjà mentionnés Koyuki apparurent dans l’allée visible de la ville haute, se dirigeant résolument vers la frontière. Les Lions Écarlates escortaient un jeune homme, l’air calme, arborant un étrange collier à lanières. *Les modes…* Miyu leur confirma que c’était bien son contact en leur disant qu’ils pouvaient la laisser et en leur donnant rendez-vous ici dans trois heures. Tournant son visage vers le ciel, la junin estima l’heure qu’il était grâce à la position du soleil puis invita Mangetsu à la suivre pendant que Miyu leur faisait l’une de ses habituelles révérences. ‘‘On est parties Mangetsu ?’’ Elles n’avaient pas vraiment de temps à perdre.

Suivant leur itinéraire elles finirent par arriver au Coussin Étoilé, Soi Fon essayant d’en retenir le plus possible à la fois pour ne pas avoir à le consulter trop souvent et signaler à tout le monde qu’elles étaient des touristes ne connaissant pas la ville. Ayant prit son henge de mercenaire, qu’elle confirme à tous qu’elle était une touriste n’avait pas grande importance mais la junin préférait éviter de montrer la moindre faiblesse, elle avait d’ailleurs invité Mangetsu à elle aussi changer d’apparence pour qu’elle se donne un air plus dangereux.
Il y avait quelques clients dans le bar ainsi que trois filles que Soi Fon repéra immédiatement. Boyard était également là, aisément reconnaissable, il était accompagné d’une adolescente que Soi Fon n’avait pas tout de suite remarquée.

La jeune femme pénétra dans le bar après s’être assurée que Mangetsu la suivait toujours. Là, la patronne se dirigea vers elles, leur offrant un beau sourire plein de dents, à peine hypocrite. Peu importe au final, Soi Fon n’est pas ici pour elle. Prenant une voix grave, Soi Fon donna les raisons de leur visite. ‘‘Je suis là pour rencontrer Boyard.’’ S’avançant vers lui, la jeune femme s’arrêta à environ deux mètres de lui puis reprit la parole. ‘‘Mignone.’’ Commença-t-elle en désignant du menton la fille qui accompagnait Boyard. ‘‘Mais on m’a dit que tu gérais la perle des perles, Absinthe. Je serais direct, je me nomme Hanzo, moi et mon amie souhaiterions passer un moment avec elle. Enfin surtout moi…’’ Vu la tête de Boyard, inutile de perdre du temps en vaines formules de politesse.
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Re: La Commedia Dell' Arte [Acte I]

Message par Aoshi Tsukyo » sam. 03 oct. 2009, 19:21

Comme on aurait pu facilement le deviner, Miyu refusa d’être accompagnée. C’était plus que prévisible et tout aussi dangereux. Pour rassurer ses élèves, elle invoqua diverses raisons, les principales étant que son interlocuteur ne voulait voir qu’elle et que le rendez-vous aurait lieu en zone sécurisée. Aoshi ne fut pas convaincu. Même si la Renraku semblait avoir beaucoup de connaissances et d’amis un peu partout dans le monde, le nombre de personnes qui lui en voulait ne devait pas être négligeable. La jounin avait un caractère peu agréable et ses tours avaient dû laisser beaucoup de rancœur chez certains. Au point d’en vouloir à sa vie ? Surement.
Les fastes de la table qui avait été dressée pour eux rompaient avec la misère de la ville. Les plats étaient recherchés, les boissons agréables, rien ne laissait penser qu’ils étaient dans une petite auberge au milieu d’un quartier complètement pourri. Aoshi écouta la discussion entre sa jounin et leur hôte. La politique ne l’intéressait pas vraiment, mais le Tsukyo préférait savoir dans quelle tourbe il s’était enfoncé. Marchants, nobles, magistrats, toutes les castes furent passées en revue. Le climat de la ville était encore plus tendu. Ce fut lorsque le vieil homme parla des Erasers qu’Aoshi se réveilla un peu. Il parla de Mikan Teisei, la sœur du père de famille qu’il avait rencontré lors de la précédente halte. L’homme n’avait pas menti, sa sœur était bel et bien folle. Ses paroles avait surement un sens très lointain et étaient une piste, mais leur mission ne consistait pas encore à enquêter sur les disparitions étranges. Le processus d’amnésie avait dû échouer, rendant la femme folle. L’aubergiste livra par la même occasion ses pensées sur cette mystérieuse organisation, les mêmes que tous les membres de l’équipe, elle avait atteint un niveau suffisamment important pour se faire connaitre dans la ville et maintenant dans le monde en tuant un Anbu.
En fin de repas, Koyuki délivra une série d’information pour trouver les contacts chez les prostituées et les voleurs. Bien évidemment, chacun allait devoir passer par un intermédiaire… Aoshi et Mizaki devaient convaincre un gamin voleur, tandis que Mangetsu et Soi Fon allaient devoir jouer avec un maton. Rien de bien réjouissant.

Le retour à la réalité fut rapide. Après que le plan ait été énoncé, l’équipe redescendit en ville vers leur point de rendez-vous. Ils s’enfoncèrent dans des rues larges bondées de monde et bordée de misère, avant de ressortir au milieu d’une place. La ville venait de changer de visage. Des maisons magnifiques venaient de remplacer les taudis, des pavées couvraient la boue dans laquelle ils marchaient encore il y a quelques minutes. Seule une rangée de garde séparait le paradis de l’enfer urbain. Des gardes, les lions écarlates dont avait parlé Koyuki, arrivèrent, entourant un jeune homme. L’assassin venait d’arriver. Miyu congédia ses élèves. Malgré son relâchement, les ennuis commençaient pour elle. Mais ça, c’était une autre histoire et ses affaires.

Une chose était sûre, on ne risquait rien en se baladant avec Mizaki. Son air félin et sa carrure imposante avait dissuadé plusieurs personnes de s’approcher de lui, et par la même occasion d’Aoshi. Le pauvre Tsukyo, avec son air angélique voir même un peu niais, aurait été entrainé au fond d’une ruelle sombre, un couteau sous la gorge et aurait dû lancer quelques kunaï pour reprendre sa route. Ce fut lorsqu’ils furent abandonné par Miyu qu’Aoshi changea de comportement. Certes, il avait l’air toujours aussi paisible, mais à l’intérieur, il était devenu déterminé, froid. L’angoisse était montée, le rendant sur attentif à tous les signes extérieurs, son ouie beaucoup plus développée n’arrangeant pas les choses. Il savait qu’il ne risquait « rien » dans la rue, mais ne se relâchait pas pour autant. Il était en mission, les choses sérieuses avaient commencé, et cette fois, il ne pouvait pas se permettre de faire des erreurs, n’ayant personne pour le rattraper.
Le bar fut rapidement atteint. La ville regorgeait de troquer tous plus louches les uns que les autres, et sans les indications de l’aubergiste, ils n’auraient surement pas trouvé. Mizaki, car le plus persuasif, s’était adressé au videur, demandant à descendre. Aoshi suivit le Taro sans attendre. La salle était enfumée et sombre. Le jeu semblait ouvert à n’importe qui ayant une bourse à perdre. Des hommes, des femmes, de tout âge étaient assis autour de tables plus ou moins bien éclairées. Après avoir observé les gens dans la pièce, Aoshi trouva le moineau. L’enfant était assis au fond du bar, jouant au dès avec d’autres enfants de son âge. Le Tsukyo eut un sourire gêné pendant un instant. Un gosse beaucoup plus jeune que lui, livré à lui-même dans les rues, jouant son or, volant. C’était triste. D’après ce qu’il avait entendu, Mizaki avait eu un passé comparable. Aoshi était un peu surpris. Enfin, malgré tout, il était en mission et les questions morales ne l’importait que très peu à l’instant. Et puis, à Suna, alors que le jeu était blâmé chez les plus jeunes, il n’en était rien de l’apprentissage de la violence. Des enfants d’une dizaine d’année étaient confiés à des adultes et apprenaient à devenir des armes. C’était comparable à ses enfants des rues entrainés par les gangs à voler et à tuer.
Aoshi désigna l’enfant du doigt, et les deux shinobi s’approchèrent de lui. Difficile de ne pas intimider le Moineau avec l’apparence qu’ils avaient en ce moment. Les diverses armes du chounin reflétaient les rares rayons de lumière, et les branches de son arc se prolongeaient derrière lui. Lorsque le Moineau s’aperçut de leur présence, Mizaki s’adressa à lui. Aoshi resta muet. Certes, ils avaient trouvé le Moineau, mais maintenant, il fallait le convaincre de les mener à la Pie, puis lui soutirer des informations. La Pie aimait les choses rares, et si Aoshi n’avait rien à monnayer, alors Mizaki non plus… Les ennuis allaient alors commencer pour eux aussi…
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Re: La Commedia Dell' Arte [Acte I]

Message par Mangetsu Kukan » dim. 04 oct. 2009, 19:32

Mizaki prit la parole pour dire que lui non plus n’aimait pas cette ville, et qu’il s’occuperait des voleurs. Il était on ne peut plus sérieux, le visage fermé, Mangetsu connaissait cette expression, c’était celle qu’il avait prise lorsqu’ils s’étaient affrontés lui, elle et Aoshi aux abords de Suna. La jeune fille réprima un frisson, se souvenant de ce combat qui avait été un cauchemar mais cette fois Mizaki n’était plus opposé à elle.
Aoshi se décida pour lui aussi aller voir les voleurs, ce qui signifiait que si Miyu refusait sa proposition, Mangetsu aurait probablement à faire équipe avec Soi Fon. Elle ne détestait pas la jeune femme mais celle-ci l’effrayait un peu. Elle était différente de Mizaki, plus proche de Shiyu mais également plus brutale, Mangetsu se souvenait parfaitement de la façon dont elle les avait tous harangués après avoir jeté le cadavre de Shizuka Kinran.

Miyu reprit alors la parole pour donner quelques éclaircissements sur ce qu’elle allait faire. En fait elle rencontrerait son contact dans la ville haute et ne risquerait donc normalement rien et eux l’accompagneraient jusqu’à cet endroit pour ensuite venir la chercher lorsqu’elle en aurait terminé avec son entretien. Mangetsu se sentit soulagée en entendant cette nouvelle, même si cela signifiait qu’elle ferait équipe avec Soi Fon.
*C’est peut-être l’occasion d’apprendre à la connaître un peu mieux. Elle est peut-être gentille en fait, après tout elle a été plutôt sympa depuis notre départ de Suna.*
Koyuki revint à ce moment, accompagné d’un serveur plutôt mignon, pendant que Mangetsu répondait enfin à la question qu’avait posée Miyu sur leurs premières impressions au sujet de la ville.

Le, beau, serveur déposa 3 plateaux sur la table puis il quitta la pièce pour revenir quelques instants après avec le couvert et plusieurs cruches. Tout comme les 2 Kiriens, la jeune fille en resterait à l’eau. Comme toujours il y avait de la viande mais il y avait également une belle et appétissante salade dont Mangetsu soupçonnait Miyu d’avoir touché un mot à son sujet à Koyuki pour lui signaler qu’il y aurait une petite végétarienne dans ses clients lorsque leur groupe serait à Naza.
Koyuki les invita à s’asseoir et déboucha la bouteille de vin pendant qu’ils s’installaient, leur donnant le nom de la bouteille, ce qui ne disait rien du tout à Mangetsu…
*Si je veux devenir une bonne espionne, cela veut dire que je vais devoir apprendre à reconnaître tous types de vin ? Au moins les plus célèbres, mais par contre pas question que je mange de la viande !*

Comme Koyuki le leur proposait, Mangetsu lui tendit son assiette pour être servie en salade et accepta l’eau que leur proposa Soi Fon.
Koyuki demanda alors à Miyu ce qui l’amenait ici et la jounin entreprit de lui expliquer ce qu’ils savaient, parlant des Erasers mais aussi de l’anbu Kirien. La jounin devait vraiment lui faire confiance pour lui livrer ainsi ce genre de détails. Elle lui demanda ensuite s’il pourrait leur fournir des informations sur les voleurs et les prostituées afin qu’ils puissent entrer en contact avec ces 2 milieux, puis elle termina en lui demandant des nouvelles du Conseil de la ville.

Avant de leur répondre, Koyuki s’installa et leur fit signe de commencer à manger, mais Mangetsu attendit un peu pour cela, écoutant tout d’abord ce qu’il avait à leur dire. Il leur apprit qu’une fille de duc avait disparu et qu’il fallait s’attendre à de lourdes conséquences.
*Encore faudrait-il qu’il sache qui est le responsable de cet enlèvement.*
Il était également question d’un marchand qui souhaitait étendre ses activités jusqu’aux îles mais selon Koyuki il aurait besoin de financements. Mangetsu repensa à monsieur Tchinonamida qu’elle avait rencontré et se demanda si sa présence à Naza n’était pas liée à ceci, elle se promit de demander plus de détails à Koyuki lorsqu’elle en aurait l’occasion, gravant pour le moment l’information dans sa mémoire.

Il y avait aussi un juge, membre du conseil lui aussi, qui avait lâché les chiens, ce qui sembla contrarier Mizaki. Mangetsu commença finalement à manger alors que le sujet dérivait sur les Erasers qui étaient un peu accusés de tous les maux, et sans doute responsables d’une bonne partie d’entre eux, mais ils restaient insaisissables et dans ces conditions il était donc difficile de les juger et encore plus de faire cesser leurs agissements.
Si la situation menait la vie dure à la garnison locale qui restait bien impuissante face au fléau des Erasers, cela faisait les beaux jours des mercenaires qui affluaient de partout pour proposer leurs services à ceux qui pouvaient se les offrir, soit une minorité au sein de la cité.
Les seuls que la situation semblait avantager étaient le Hiérarque et ses hommes, les dons affluant comme jamais selon les dires de Koyuki.

Miyu demanda alors l’avis de Koyuki sur les Erasers, ce qu’il leur en avait dit n’étant que les faits généraux mais l’avis du tavernier pouvait se révéler intéressant. Peut-être même avait-il quelques théories sur ce qu’il se passait !
Haussant les épaules, Koyuki prit un air pensif avant de leur répondre. D’après ce qu’il savait les Erasers frappaient au hasard sans distinction d’âge, de sexe ou de comportement mais seulement dans la ville basse, s’en prendre aux pauvres leur facilitait la tâche.
*Peut-être même sont-ils liés à ceux de la ville haute.*
Le gérant du Masque Rieur mentionna également l’absence de souvenirs des victimes chez leurs proches, leur mentionnant une exception, la fameuse Mikan dont leur avait déjà parlé Aoshi, et qui était devenue folle suite à la disparition de sa sœur jumelle.
*C’est évident, le lien qu’elle partage avec sa sœur est trop fort pour qu’elle puisse l’oublier. Sa sœur doit souffrir là où elle est, c’est pour cela que Mikan a été fragilisée, nous devons la retrouver, elle pourrait nous guider jusqu’à sa sœur sûrement.*

Mikan était venue ici il y a quelques jours, hurlant des choses dénuées de sens à première vue mais Mangetsu avait un doute sur cette conclusion. Sortant de sa poche de quoi écrire, elle nota ce que Koyuki leur avait dit que Mikan avait hurlé, puis elle inscrivit également les autres questions qu’elle souhaiterait poser à Koyuki lorsqu’il en aurait fini avec son récit.
Ces miroirs dont avait parlé Mikan étaient peut-être liés aux Erasers, peut-être pas au procédé qu’ils utilisaient pour faire oublier aux proches des victimes qu’elles avaient un jour existé mais pour Mangetsu ça n’était pas un hasard si Mikan avait parlé de ça, quant à l’art qu’elle avait évoqué, cela les mènerait à coup sûr dans la ville haute.

Koyuki leur donna ensuite son avis, ses conclusions personnelles sur les Erasers. Pour lui les Erasers agissaient depuis longtemps mais ne se manifestaient de manière concrète que maintenant qu’ils avaient acquis une certaine puissance. C’était possible mais peut-être aussi que ceux qui se faisaient appeler les Erasers n’étaient arrivés que récemment et se servaient d’une légende locale pour arriver à leurs fins. Mangetsu était cependant d’accord avec Koyuki lorsqu’il disait que le climat de peur qu’ils instauraient n’était probablement qu’une étape dans le plan des Erasers.

Mangetsu se servit finalement en semoule et en légumes pendant que le gérant de l’auberge faisait une petite pause dans son récit, avant qu’il ne reprenne la parole pour cette fois leur parler des contacts dont il avait connaissance et qui pourraient leur être utiles.
Koyuki commença par leur parler d’un certain Moineau qu’ils pourraient trouver dans un bar nommé Le Dé Pipé, avec un tel nom ça donnait envie d’y jouer… Moineau était un enfant, d’une dizaine d’années qu’il faudrait convaincre de les mener à la Pie qui dirigeait une partie des affaires des voleurs selon Koyuki. Il leur parla aussi des prostituées et de la personne avec qui il faudrait négocier pour une fois encore atteindre une seconde personne, une prostituée haut placée dans son milieu mais dont le temps serait cher et Mangetsu supposait qu’il faudrait éviter de payer son temps en négociant quelque chose avec elle. Les filles trouveraient leur contact dans un endroit nommé Coussin d’Etoiles en début d’après midi.

Cherchant ce qu’il pouvait leur dire d’autre, Koyuki mit en garde ceux qui rencontreraient Moineau contre le talent du garçon pour le vol. Il leur décrivit aussi Boyard et mentionna une possible parenté avec la noblesse même si ça n’était pas certain. En revanche il ne savait pas grand-chose de plus sur la Pie et encore moins sur Boyard.
Koyuki s’absenta ensuite pour chercher des cartes, afin de leur dresser un itinéraire, et les desserts. L’air un peu pensive, Miyu leur demanda alors confirmation de la répartition des équipes, Mizaki et Aoshi pour les voleurs et Soi Fon et Mangetsu pour les prostituées.

Mizaki répondit affirmativement d’un hochement de tête, Soi Fon fut plus expressive en disant qu’il faudrait bien, comme si elle regrettait cette répartition, à cause de Mangetsu ou bien du milieu où elles iraient bien qu’elle semblait le connaître selon ses propres dires. La Kirienne fit alors quelque chose qui surprit Mangetsu, elle l’encouragea en lui disant qu’elle comptait sur elle et en lui donnant des conseils. En l’entendant s’adresser à elle, Mangetsu avait relevé la tête de son assiette, l’air un peu surprise, mais elle finit par sourire, peut-être qu’elle jugeait mal la jounin et que c’était uniquement à cause du milieu où elles évolueraient que la jeune femme avait dit qu’il faudrait bien faire avec cette répartition.
« Oui, je pense que ça ira. » finit par dire Mangetsu.

Koyuki revint bientôt avec des glaces ! Et de quoi leur tracer des plans. Une fois tout le monde servi, le vieil homme se mit à la tâche, dessinant le plan d’une partie de la ville pour chacun des groupes ainsi que l’itinéraire à suivre, qu’il traça et nota également au dos des plans pour plus de sûreté. Son travail achevé, il leur dit qu’il les écoutait, c’était le moment de poser leurs questions mais ni Mizaki, ni Aoshi n’avaient de questions. En revanche Soi Fon posa l’une des questions que voulait poser Mangetsu, soucieuse de savoir comment la ville avait pu se retrouver dans une telle situation. Elle demanda également s’il y avait un endroit dont ils devraient encore plus se méfier que de tout le reste, un endroit où personne n’allait et qui serait idéal pour se cacher.

« Merci pour ces informations Koyuki-san. Avec cette situation, comment se fait-il que les gens restent, ne vaudrait-il pas mieux fuir la ville ? » demanda-t-elle en complétant la première question de Soi Fon.
« Vous avez parlé de la fille d’un duc qui a été kidnappée, pourriez-vous nous la décrire s’il vous plaît ? J’aimerais également savoir à quoi ressemble cette Mikan qui est venue ici. »
Elle le laissa répondre avant de poser ses autres questions.
« Mikan a parlé d’art, y a-t-il des endroits artistiques dans la ville basse ? Ou une galerie particulièrement importante dans la ville haute ? Savez-vous sur qui le Marchand compte pour obtenir ses financements ? Un puissant commerçant étranger peut-être ? »

Ils quittèrent ensuite le Masque Rieur pour retrouver la misère des rues. Ayant écouté le conseil de Soi Fon, la jeune fille gardait ses l’âmes bien visibles, en caressant le pommeau pour éviter toute tentation de lui voler ses armes. Entre cette pièce dénuée de fenêtre et la misère de la rue, Mangetsu ne savait pas ce qu’elle aimait le moins. Elle avait su faire taire sa claustrophobie jusqu’à maintenant mais l’appartement où ils s’étaient installés n’était pas l’idéal pour elle, heureusement il n’était pas trop exigu et donc elle avait pu garder le contrôle jusqu’à présent.
Au bout d’une bonne vingtaine de minutes, ils arrivèrent sur une place qui semblait couper la ville en 2, offrant un contraste saisissant. D’un côté il y avait la ville basse et sa pauvreté, de l’autre on distinguait les richesses de la ville haute et entre les 2 des bâtiments militaires faisaient office de barrage pour contenir les pauvres de leur côté et ainsi protéger la minorité vivant dans les beaux quartiers de Naza.

Miyu soupira devant le contraste offert tout en s’asseyant au bord de la fontaine. 2 soldats vêtus d’une armure rouge bardée de lames avec sur la tête un casque représentant un lion rugissant apparurent bientôt, escortant un jeune homme dans la vingtaine habillé richement, à l’image de tous ceux qui se trouvaient du bon côté du barrage.
*Les hommes qui l’escortent, les voila les fameux lions écarlates ! Ils n’ont pas l’air commode dans leur armure.*
Les gardes tenant le barrage laissèrent passer le jeune homme et son escorte sans hésitation. Miyu se leva et leur annonça qu’à partir de maintenant ils pouvaient la laisser, leur donnant rendez-vous dans 3 heures et leur assurant qu’elle était parfaitement en sécurité.

S’éloignant déjà sous le regard de Mangetsu, la jounin fit l’une de ses révérences habituelles au jeune homme en venant à sa rencontre.
« On est parties Mangetsu ? » demanda Soi Fon.
La jeune fille se tourna vers elle et hocha la tête avant de s’éloigner de la place avec Soi Fon non sans avoir jeté un dernier regard à Miyu et avoir adressé un petit signe de la main à l’équipe des garçons. Mangetsu se laissait guider par la jounin qui avait pris le plan un peu plus tôt. Soi Fon avait également changé d’apparence pour se donner un air plus effrayant bien que Mangetsu doutait que cela soit nécessaire dans son cas, en revanche elle suivit le conseil de la jeune femme en utilisant elle aussi le henge pour prendre une apparence un peu plus dissuasive.

Sous sa nouvelle apparence, Mangetsu était à présent majoritairement vêtue de blanc et portait une tenue qui si elle était assez déshabillée au niveau de son ventre, remontait jusqu’à son nez, cachant la première moitié de son visage. Elle avait également changé la couleur de ses yeux qui étaient à présent verts et celle de ses cheveux qui étaient blonds et coiffés en plusieurs queues de cheval qui descendaient bas dans son dos. Son regard était sévère, à l’image de la personne qui l’avait inspirée pour cette transformation, sa grand-mère, Kagero Kukan.
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Elles arrivèrent sans encombre au Coussin Etoilé, l’ambiance était tamisée, propice à certaines activités. 3 filles étaient installées, vêtues d’une manière ne laissant aucun doute sur leurs occupations.
*Elles ont l’air si jeune…*
Il y avait aussi quelques clients et surtout, comme les en avait prévenus Koyuki, Boyard était là, en compagnie d’une jeune fille à peine plus âgée que Mangetsu qui lui tendait une pipe.
Restant légèrement en retrait, Mangetsu suivait Soi Fon comme son ombre. La gérante de l’établissement vint s’enquérir de leurs désirs et Soi Fon la renvoya sans grande délicatesse, continuant de s’approcher de Boyard.

Là où elles s’arrêtèrent, il était facile de voir que la jeune fille qui se tenait aux côtés de leur contact avait été blessée.
*La pauvre, est-ce Boyard qui lui a fait ça ? Lui ou un autre, qu’est-ce que ça change. Les pauvres…*
Mangetsu retenait ses larmes face à ce spectacle, tentant de ne pas laisser ses sentiments transparaître à travers son henge.
Soi Fon démarra les négociations, se montrant directe et Mangetsu la laissa faire pour le moment, attendant la réaction de Boyard. La jounin avait présenté les choses comme si elles étaient 2 clients, Soi Fon ayant l’apparence d’un homme pour le moment, désirant rencontrer Absinthe, leur contact. Mangetsu se demandait déjà comment elles feraient une fois face à Absinthe car elles n’avaient probablement pas de quoi monnayer ses services.
Mangetsu Kukan chounin de Suna

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Re: La Commedia Dell' Arte [Acte I]

Message par Miyu Renraku » lun. 05 oct. 2009, 21:37

Le Masque Rieur

Koyuki se massa le front, l'air lasse.
« Je suis né et j'ai grandi ici. La ville a toujours été comme ça. Je ne suis pas un féru d'histoire et je n'ai jamais été à l'école donc je suis incapable de répondre à ta question. D'ailleurs je doute que quelqu'un connaisse la réponse. Je ne serai pas étonné que la corruption ait gagné jusqu'aux racines de l'histoire. »
Puis il sourit, un sourire froid. Désabusé. Celui d'un enfant qui a vu trop de chose, d'un adulte qui a grandi trop vite.
« A part ces quelques désagrément mineurs... présents partout dans la ville ? Non, il n'y a pas d'endroit tel que tu le décris... ce qui nous entoure me semble largement suffisant. » termine t-il en se tournant vers Mangetsu qui voulait prendre la parole.

« Mais pour aller où jeune fille ? » demanda t-il amusé en ouvrant grand les bras. « Ils sont nés et ont grandis ici. Ils sont inclus dans un cycle immuable créé à leur naissance. Ils ne connaissent rien d'autre. Que pourraient ils faire au dehors ? Cultiver la terre ? Entrer dans l'armée ? Les leaders de gang s'occupent de faire miroiter aux tout jeunes enfants les joies de la rue. Puis ils les recrutent, les forment pour les gros bonnets. Les parents sont aussi dans le cycle et contribuent à l'immersion de leur progéniture dans ce dépotoir. Certains arrivent à toucher la frontière et à faire leur trou... comme moi. Mais ils sont peu à avoir cette chance. Et puis, sérieusement, vous croyez que les Caids laisseront partir leur main d'oeuvre ?
Je ne sais pas à quoi ressemble la fille du Duc, je ne l'ai jamais vu et personne ne me l'a décrite. Mais c'est une information qui ne sera pas trop difficile à avoir, je le saurai d'ici ce soir.
Mikan est une femme qui doit avoir dans les vingt cinq ans. Ses cheveux sont foncés, lui tombent jusque au dessus des épaules. Ils étaient sales et en bataille quand je l'ai vu la dernière fois. Ses yeux sont bleu ciel. Elle doit faire un mètre soixante dix... soixante quinze maximum. Fine, la taille bien faite... je crois que c'est à peu près tout ce que je peux vous dire sur son physique...
Une galerie d'art dans la ville basse ? »
L'idée sembla lui plaire.
« Non... dans la ville haute sûrement. Je me renseignerai là dessus aussi... d'ici ce soir sans problème.
Aucune idée pour le marchand mais oui c'est bien possible. Je pense que toute main porteuse d'une importante lettre de financement sera appréciée de lui, qu'importe sa provenance du moment qu'elle est vraie. Là... par contre... ça risque de me prendre un peu plus de temps. Donc bon, je vais voir mais je ne vous promet rien à ce niveau. »
conclue t-il en écartant les mains l'air gêné.


Dés Pipés
Moineau arrêta de jouer et dévisagea ses deux interlocuteurs. Un sourire enfantin éclairait son visage.
« Alors ils resteront, la partie est bien lancée et j'ai hâte de la continuer. Ils sont réels vos crocs ? » demanda t-il en sautant du coq à l'âne.
Il n'avait pas du tout l'air apeuré et ses amis non plus. Même pas intimidés. Ils étaient en confiance, sur leur territoire.

Coussin Etoilé
Boyard se tourna vers l'homme et la femme avec un froncement de sourcil agacé de mauvais augure.
« Force noir et Force blanche. Je n'aime pas que l'on trouble mon plaisir... on ne rencontre pas Absinthe comme cela. Elle est assez connue et courtisée pour se permettre une clientèle... autre. Les plus beaux, puissants et riches partis se disputent âprement son temps. Expliquez moi pourquoi je devrai seulement songer à vous amener à elle ? Que pouvez vous offrir de plus que tout les autres ? » demanda t-il avec un sourire goguenard.

HRP : Impossible de faire un post correct pour vous faire continuer. On va faire du dialogue par mp. Je vais poster dans le voyage de retour à Suna de l'examen chunin pour vous permettre de poster cette semaine.
J'aurai besoin qu'on termine cette histoire de dialogue d'ici vendredi soir. Comme ça je pourrai éditer ce post pour vous mettre la suite. Ce week end je pars en compétition. Que les négociations commencent ! :D



Soi Fon - Mangetsu
Boyard les mena au travers des rues encombrées de Naza. Ses pieds bottés frappaient le sol comme s'il voulait fendre la poussière, la crasse et les détritus qu'il foulait. Pas un mendiant ne s'approcha de lui, pas un démuni, même les marchands s'évertuaient à interpeller tout le monde sauf lui. S'en était presque comique.
Enfin... ils parvinrent à un endroit où Boyard s'arrêta. C'était l'entrée d'une rue qui menait à un quartier qui aurait pu être en travaux pour peu que l'on y voit des charpentiers et d'autres professions du genre. Mais le quartier était laissé tel quel... presque à l'abandon. Presque. Parce que sinon il n'y aurait eu aucun intérêt à accrocher un squelette humain à l'envers sur une croix, enchainé, clouté et surclouté... le tout pendu comme une décoration de noel entre les deux premiers bâtiments.
Boyard produisit de ses manches deux foulards colorés comme un prestidigitateur.
"Si ces demoiselles veulent bien se donner la peine..." demanda t-il en les leur tendant avant de produire une écharpe d'une poche intérieur.
"Avec ceci..." leur dit il avant qu'elles ne posent le foulard sur leurs yeux. "Je vous guiderai jusqu'à Absinthe. Nous y sommes presque."
Cela fait il plaça un bout de l'écharpe dans la main de Mangetsu et prit l'autre.
Il les guida d'un pas plus mesuré. Toutes deux purent sentir des regards posés sur elles, mais seule Soi Fon avec son sceau des sens put entendre les dizaines de respirations qui jalonnaient le parcours.
Elles tournèrent à droite. Puis à gauche. Montèrent une dizaine de marche. Une dizaine de pas à droite. Quelques pas à gauche. Ah... un zigzag en trois temps, départ à droite.
De nouveaux des marches mais cette fois... c'était du bois. Ils montaient un escalier en bois. Et haut en plus. Il y avait quatre vingt cinq marches. Une porte coulisse. Un parfum, agréable, doux. Il fait bon dans la pièce.
"Vous pouvez enlever vos bandeaux."
C'était une pièce simple avec des tatamis. Il n'y avait aucun mobilier ou ornement. Devant il y avait une nouvelle porte coulissante. Un froissement de tissu se fit entendre ainsi que quatre pas légers dans la pièce qui se trouvait derrière. Puis encore ce soupir de la soie.
"Maintenant, si vous passez cette porte, je vous ferai payer." conclue Boyard en sortant.


Mizaki - Aoshi
Les bombes explosèrent et Aoshi eut la "satisfaction" d'entendre que apparemment les gens derrière le mur de bois n'y étaient pas insensibles.
Mizaki fit s'effondrer le plafond... dans le noir. Heureusement Aoshi fut épargné par les plus gros cailloux. Mizaki aussi. Moineau aussi d'ailleurs. Le trio avait le scénario avec lui. Par contre des bruits peu ragoutants firent écho à celui des pierres fracassant la chair et les os. Il y avait un peu de lumière maintenant, à cinq mètres au dessus d'eux il y avait la pièce qui les mènerait à l'extérieur. Des coups répétés contre la paroi de bois se firent aussi entendre. La poussière encore en suspension de l'air ne dissimula pas les petits corps partiellement ou totalement écrasés. Gémissements et hurlements retentirent alors que la douleur secouait leurs corps juvéniles.
Ils sortirent par l'entrée créée par Mizaki et se retrouvèrent à l'air libre en un rien de temps. Le trio trouva refuge dans une mansarde à moitié écroulée. Moineau avait cessé de hurler et de gigoter... maintenant il sanglotait doucement.
Assis contre un mur, il jeta un regard haineux aux ninjas... avec une étincelle de triomphe presque incongrue en la circonstance au moment même où Mizaki plongeait dans son esprit.
Une série d'images. Un squelette accroché à une croix, planté par une série de clous et enchainé, le tout suspendu en l'air. La vision pénètre la rue, la pourfend, parcours une perpendiculaire, une autre, passe tout droit à un carrefour, monte une série de marches, entre dans un bâtiment apparemment vide, monte une série de marches, quatre vingt cinq d'ailleurs pour enfin s'arrêter devant une porte coulissante.
Enfin, la vision d'une curieuse capsule verte coincée dans une gorge.
Les visages des enfants voleurs se superposent à celles de membres écrasés, de pierres. Un son d'apocalypse, des pierres qui tombent. Le noir... enfin.
Un sentiment d'urgence s'empare de lui. Sortir. Vite. Les images se referment sur lui comme les barreaux d'une cage.
Mizaki réintègre son corps. Moineau a de la mousse aux lèvres, les yeux révulsés et la tête sur l'épaule. Mort.

HRP : Vous avez jusqu'à samedi soir. Concluez sur vos intentions. Si questions mp. Amusez vous bien ! :winkk:
Miyu Renraku, Jonin de Suna .

Incarnation d'une voie du Chaos , je chevauche le Vent du Renouveau .

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Re: La Commedia Dell' Arte [Acte I]

Message par Soi Fon » mar. 13 oct. 2009, 23:00

Soi Fon les avait présentées comme étant deux clients potentiels, en particulier Soi Fon qui jouait l’homme du duo. L’action avait visiblement été un peu trop directe pour Boyard qui s’était plaint qu’elles avaient troublé son plaisir et que sa gagneuse ne se rencontrait pas si facilement. Il ne voyait même pas pourquoi il les conduirait à elle, et il est vrai que l’apparence de Soi Fon n’avait rien de riche. Elle était sous son apparence de mercenaire, de loin la plus pratique pour circuler dans les rues de Naza. Au moins comme ça on ne venait pas l’ennuyer mais là ça posait problème pour les négociations.
L’air moqueur de Boyard ne plaisait pas du tout à Soi Fon qui s’apprêtait à lui donner quelques bonnes raisons de les mener à Absinthe puisque c’était ce qu’il demandait mais Mangetsu prit la parole à ce moment là, coupant la Kirienne dans son élan.

Mangetsu s’était avancée, révélant son visage de sous son haut col pour pouvoir parler plus librement. ‘‘Cela suffit Hanzo-san. Excusez mon garde du corps, il pense qu’une personne de mon rang ne devrait pas dire qu’elle souhaite rencontrer une prostituée, même de renom. Mais laissez moi me présenter, je suis Mara Natsukaze, dignitaire du clan du Lotus Noir, un clan d’épéistes. Nous sommes de passage dans cette ville et si les bagarres de comptoir m’ont un temps amusée, je préfère de loin une conversation civilisée, de préférence dans un cadre agréable et tous m’ont répondu la même chose. Si je souhaite passer un moment avec quelqu’un de cultivé et de raffiné, je dois rencontrer Absinthe et pour la voir il faut d’abord vous rencontrer m’a-t-on dit, mais peut-être s’est-on fourvoyé en vous désignant.’’
Lorsque Mangetsu l’avait présentée comme étant son garde du corps, Soi Fon s’était contentée d’incliner légèrement la tête avant de se reculer, gardant le silence pour le moment. La Sunite venait de prendre les choses en main, redressant habilement la situation.

‘‘Si vous alliez faire un tour dans la ville haute, je ne doute pas un instant que vous trouverez là bas des personnes correspondant à ce portrait et prêtes à vous satisfaire pour pas un sou. Sans compter que votre… qualification pourrait très bien vous ouvrir ne serait ce que le passage. D’ailleurs je me sens las… on a dû vous envoyer à moi parce que ce bar propose de l’absinthe… entre autres plaisirs… il ne tient qu’à vous de me captiver davantage avant que je ne laisse définitivement retomber cette ennuyeuse conversation.’’ Soi Fon n’aimait pas du tout la manière qu’avait Boyard de leur parler. Il n’avait pas tord en disant que le chemin de la ville haute leur était probablement ouvert mais après il se moquait ouvertement d’elles et puis… la junin ne se sentait pas une âme de bouffon qui distrairait un nobliau de pacotille. Il y avait cependant quelque chose dans les manières de Boyard qui le distinguait des hommes de la rue qu’ils soient de Naza ou d’ailleurs, peut-être bien que c’était effectivement le bâtard d’un noble de la ville en fin de compte.

En tant que garde du corps elle aurait peut-être dû garder le silence mais elle craignait que Mangetsu ne se fasse marcher sur les pieds, aussi Soi Fon reprit les choses en main. Elles feraient certainement un tabac toutes les deux dans le rôle du bon et du méchant flic… ‘‘Voila qui n’est guère commercial. Si ma maîtresse souhaitait rencontrer une geisha c’est en effet vers la ville haute qu’elle se serait dirigée mais bien que je ne n’aime pas trop ça c’est vers une prostituée qu’elle a choisi de se diriger. Tant qu’on y est, ma maîtresse à certes besoin de toi mais continue de nous prendre de haut comme tu le fais en ce moment et tu en viendras à envier la lèvre fendue de cette fillette.’’ Ça n’était sans doute pas la meilleure manière d’obtenir ce qu’elles voulaient mais Soi Fon n’avait aucune envie de ramper devant ce crétin qui l’agaçait de plus en plus.

Le rire qu’eut Boyard à ce moment là n’avait rien de très agréable. Bien au contraire c’était un rire sarcastique… *Mais ma parole, il continue de me gonfler ce con !*
‘‘Commercial ? Que dire de ton attitude et de tes menaces, mercenaire ? Et puis en quoi ai-je besoin d’être commercial ?’’ Demanda Boyard, plein de sarcasmes avant de bailler ostensiblement. ‘‘Je n’ai pas besoin de vous et de votre argent. Tu n’imagines pas être le premier à me menacer j’espère ? Et être le dernier à les mettre à exécution ? On m’a menacé de pire et on m’a fait pire que tout ce que tu peux faire. Range tes crocs et laisse parler ta maîtresse. Nous n’avons même pas encore parlé de ce que vous étiez prêt à offrir en échange et nous en sommes déjà là. C’est triste quand même.’’ Poursuivit-il d’un air passablement ennuyé. ‘‘Vous allez donc devoir me convaincre alors que je suis contrarié, en mauvais termes avec vous, que je n’ai pas envie de bouger et pire encore le fait que je n’ai pas besoin de votre argent…’’ Avait-il poursuivi en croisant les jambes, arborant un grand sourire qui sonnait faux. ‘‘En d’autres termes, convainquez moi… vite.’’ Il jouait avec ses deux vis-à-vis… p’têt bien aussi avec sa vie.

Il jouait… Alors c’est comme ça, il voulait jouer ? Bien, ils allaient jouer. *Ok, c’est bon, j’le bute.* Penchant la tête sur le côté, Soi Fon s’avança vers Boyard, bien décidée à en découdre. ‘‘Alors là mon gars…’’ La jeune femme se trouvait à présent à la hauteur de Mangetsu, à moins d’un mètre de Boyard lorsqu’elle fut interrompue par la Sunite qui lui demanda de se calmer. ‘‘Calmez-vous Hanzo-san. Je ne peux pas vous donner totalement tord mais j’ai très envie de rencontrer cette femme dont on m’a tant vanté les mérites.’’ Se renfrognant, la junin se fit violence et accepta de patienter. Il ne s’en tirerait pas comme ça, elle n’aimait pas sa tête, elle n’aimait pas l’état de la jeune fille à ses côtés et enfin elle n’aimait pas la façon qu’avait Boyard de leur parler.

Mangetsu qui fixait Soi Fon revint doucement à Boyard, prenant volontairement son temps afin de bien lui montrer qu’elle non plus n’était pas n’importe qui, chose qu’apprécia Soi Fon. Il ne fallait pas qu’elle se laisse faire et bien que son style était diamétralement opposé à celui de Soi Fon, sa réponse était pleine de bon sens, démêlant une nouvelle fois la situation, ou en tout cas arrondissant les angles. Pourtant l’idée de Soi Fon, massacrer Boyard, lui semblait excellente. Elles n’auraient qu’à interroger d’autres prostituées, certes moins importantes mais elles devaient bien savoir des choses toutes autant qu’elles étaient, nombreuses de surcroît.
‘‘Boyard-san, je suis certaine que nous pourrions arriver à un terrain d’entente, quant à mon ami ici présent ne le sous-estimez pas s’il vous plaît, il pourrait vous surprendre. Vous parliez d’argent, c’est plutôt Absinthe que nous pensions payer pour ses services mais il serait injuste que vous ne soyez pas dédommagé pour le temps que vous nous accordez. L’argent ne semble pas vous intéresser mais il n’est de toute façon pas tout, aussi qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? Des marchandises ? Un contact en dehors de Naza ?’’

Jetant de temps à autre des regards autour d’eux afin d’éviter les mauvaises surprises, Soi Fon était tendue, se tenant prête à bondir et il n’en faudrait pas beaucoup plus pour qu’elle se jette sur Boyard et obtienne l’information qu’elle désirait pas la force. En dépit du henge, le mac devait s’en rendre compte et aussi sûr de lui qu’il fut, il avait tout intérêt à ne pas trop jouer au con. *Mangetsu, tu es impressionnante de calme.*
Boyard éclata une fois encore de rire, mais c’était différent de ses sarcasmes précédents… en quelque sorte. Il avait applaudit, grand bien lui fasse, il faisait bien de profiter de ses doigts tant qu’il pouvait encore les utiliser. ‘‘Quelle aura mercenaire ! …J’en ai des frissons de plaisir. Très bien, je vais vous y conduire. Yeux bandés sur cinq cents mètres avant destination. Option non négociable.’’ Les conditions étaient posées, Soi Fon ne les appréciait guère mais c’était ça où rien et Boyard qui avait vidé son verre d’un trait n’attendrait pas à voir comme il s’était précipité vers la sortie.

Les regards des deux filles se croisèrent, puis Mangetsu prit la même direction que Boyard, suivie de prêt par Soi Fon. Elles étaient parties, pas le temps de réfléchir à si c’était une bonne idée ou non. Si ça se trouvait elles se précipitaient dans la gueule du loup mais bon, c’était un risque que Soi Fon voulait bien courir, elle n’allait pas s’effrayer pour un simple loup.
Boyard les guida, marchant d’un pas lourd à travers de nombreuses ruelles, Soi Fon tentant de mémoriser le chemin mais il allait -probablement volontairement- trop vite pour que la junin puisse mémoriser tout le chemin. Enfin, si jamais elles se perdaient, il leur suffirait de gagner les toits pour retrouver leur monde, puis de là les beaux quartiers seraient aisés à localiser, en principe.
Dans les rues tous semblaient éviter leur guide. *Gros morceau, enfin on nous avait prévenu.* Quelque part ça les arrangeait bien de ne pas avoir à se coltiner tous les mendiants mais à côté de ça, cela montrait également que leur hôte n’avait rien d’un rigolo. *C’tombe bien, chuis pas là pour rire.*

Ils s’arrêtèrent enfin face à l’entrée d’un quartier pas spécialement engageant, relativement pourri serait également un bon qualificatif… *Le genre d’endroit où on rêverait d’habiter. Tu m’étonnes qu’il n’y a personne.* C’était la planque idéale pour un groupe clandestin comme les Erasers, mais Soi Fon avait du mal à imaginer qu’une femme vive ici, peut-être n’avait-elle tout simplement pas le choix.
L’entrée était surmontée d’un squelette cloué et enchaîné à une croix, tête en bas. *Tin le mec qu’à fait la déco s’est lâché. C’quoi cette ville ? Même à Kiri on n’a pas ça et pourtant des saloperies on en a…*
Laurent Boyard sortit de l’une de ses manches deux foulards qu’il leur tendit, invitant "ces demoiselles" à les mettre. ‘‘La demoiselle et son méchant garde du corps.’’ Le corrigea Soi Fon, pas spécialement chaleureuse. Dans le même temps Boyard avait sorti une écharpe et leur dit qu’il les guiderait avec.

Soi Fon se plongea dans le noir juste à côté de Mangetsu, puis elle rechercha la main de la jeune fille. ‘‘C’est moi, donne moi la main Mara-sama.’’ La junin n’avait pas la moindre envie qu’on lui enlève son équipière du moment pendant qu’elles seraient toutes deux dans le noir.
Dès l’instant où elle avait masqué ses yeux, la junin avait activé son sceau des sens pour intensifier ceux de l’ouïe et du toucher. Vu comme ça empestait dans le coin, il valait mieux laisser l’odorat tranquille. Grâce à son sceau, Soi Fon entendit de nombreuses respirations sur le chemin, ce qui était assez inquiétait car si c’était de simples miséreux, un peu de ninjutsu serait probablement suffisant à les dissuader, voir quelques baffes, mais si c’était une armée d’Erasers ou même de traîne-savates un minimum organisés, là ça devenait déjà plus complexe.

Comptant ses pas, Soi Fon estima la distance parcourue ainsi que celle des rues qu’ils traversèrent. Le chemin était assez simple au départ mais sur la suite cela se compliqua un peu, pourtant Soi Fon pensait pouvoir s’en souvenir mais elle n’en était pas certaine. Leur groupe arriva finalement à un nouvel escalier. Les craquements n’y trompaient pas, c’était un escalier en bois. Ça montait, pas mal d’ailleurs. *Ça monte, ça monte et… ça monte plus ? Ah bah ouais. Bon donc droite, gauche, montée de marches, tourner à droite, aller un peu à gauche, triple zigzag en partant sur la droite et donc cet escalier… va falloir que je m’inscrive tout ça.*

Une porte avait coulissée, et aussitôt un parfum suave s’était répandu pendant qu’elles avançaient dans la pièce. La température y était agréable. Elles étaient arrivées et Boyard les invita à enlever leurs bandeaux.
La pièce où elles étaient arrivée était on ne peut plus simple, ni mobilier, ni ornement, juste des tatamis au sol. C’était une sorte de vestibule au bout duquel une nouvelle porte s’ouvrait. Il y avait quelqu’un derrière la porte comme ils purent l’entendre entre le bruissement d’un tissu en soie, probablement un kimono, et les quatre pas qu’ils purent percevoir avant que le bruit de soie ne se fasse réentendre. Soi Fon imaginait Absinthe dans l’autre pièce, elle s’était levée après avoir entendu la voix de Boyard, elle avait fait quatre pas vers la porte et se trouvait actuellement agenouillée derrière, s’apprêtant à la faire coulisser pour se présenter à ses "clients" et à son souteneur.

Sortant d’ici, Boyard leur dit que s’ils allaient plus loin, il les ferait payer. Soi Fon se tourna vers lui, parlant cette fois d’une voix neutre. ‘‘Normal. J’espère que tu seras bien installé, s’pourrait que ça dure un peu.’’ Elle reporta ensuite son attention sur Mangetsu et sur la porte face à elles, ignorant Boyard. *J’espère bien que tu seras là au moment de régler la note. Me déçois pas connard.’’
La première partie de la mission avait été menée à bien, et à présent il allait falloir interroger Absinthe pour récolter quelques informations sur le milieu des prostituées ainsi que des infos que seules elles, les prostituées, pouvaient avoir. Restait à savoir si le plus dur avait été fait ou bien s’il était encore à venir.
Soi Fon Shinshun junin de Kirigakure no sato, le plus mauvais caractère du pays de l'eau
Bonne. Mauvaise. Je suis la fille avec l'hiroi ken.

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Mizaki Taro
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Re: La Commedia Dell' Arte [Acte I]

Message par Mizaki Taro » mar. 13 oct. 2009, 23:29

Moineau regarda ceux qui venaient d'interrompre sa partie de la tête aux pieds, puis se relança dans sa partie avec ses camarades, annonçant que ceux ci resteraient pour finir la partie avec lui. Sans réel lien entre ses phrases, le gamin demanda à Mizaki étaient réels, ce que confirma Mizaki directement en suivant, le sourire en coin de lèvres.

« Pas de problème vous pouvez continuer. Ah, et mes crocs sont bien réels au passage.»
L'attitude de Moineau lui plaisait au plus haut point et cela se voyait, il aimait bien ce type de gamin qui lui rappelait ce qu'il était lui même lorsqu'il était plus jeune.
Mizaki lui laissa le temps de faire son lancer de dés et de voir son résultat avant de reprendre la parole, pour ne pas l'interrompre pendant qu'il jouait, parce que nul doute qu'avec ce qu'il allait dire le jeune garçon perdrait le fil de sa partie.

« Nous n'allons pas tourner en rond pour te dire ce qui nous amène, nous devons voir La Pie, nous savons que tu fais parti des personnes qui la côtoie et qui sait où elle se trouve. Nous n'avons pas l'intention de la tuer ou je ne sais quoi encore, juste de lui parler. »
Le ton du jounin était redevenu sérieux, mais toujours pas agressif ou commandeur, il n'y avait pas besoin de brusquer par le ton, les mots suffiraient amplement à provoquer une réaction.
L'enfant se raidit, il était désormais sur le qui-vive. Les rires avaient cessés autour de la table et plus personne ne tourna le dos à Mizaki et Aoshi. De face ou de profil, ils avaient tous portés la main à un couteau qui pendait à leur ceinture.
*C'est même un peu au dela de ce que j'avais imaginé au niveau de leurs réactions … Ils sont plus sur la défensive au nom de la Pie que ce que j'aurai pu imaginer, ça complique un peu les choses ...*

«Beaucoup de gens veulent voir la Pie. Souvent pour la tuer ou la voler. Ma maitresse est le genre de personne qui attire l'animosité rien que par son rang et sa profession. Si elle veut voir quelqu'un elle va le voir, mais l'inverse n'est pas vrai. Pourquoi vous amènerai je à elle ? Pourquoi vous croirai je ?»

Le jounin garda son sourire en coin et poursuivi avec un ton qui se voulait être particulièrement amical (du moins pour Mizaki …).
« Pour tout te dire j'ignore quels sont le rang et la profession de ta maitresse, elle ne nous intéresse pas en elle même, se sont les renseignements qu'elle peut nous donner qui nous intéressent. Comme je t'ai dis nous comptons simplement lui parler. Nous sommes des ninja comme tu as surement deviné, voila pourquoi nous sommes armés en permanence, mais nous n'avons pas l'intention d'y avoir recours. »
Le sourire en coin disparut alors pour laisser place à un air plus sérieux mais toujours loin d'être menaçant.
« Crois moi, si nous avions voulu te sous tirer des renseignements nous aurions utilisé d'autres méthodes et qui plus est en dehors de ton fief pour s'assurer de ne pas être gêné. Je ne t'ai pas dis que tes amis pouvaient rester par plaisir mais bien pour que tu nous fasses confiance quant à nos intention vis à vis de ta maitresse. Crois moi je ne te menace pas ni même n'en ai l'intention, je ne suis pas doué pour mentir, et je ne vois pas ce que ça m'apporterait sachant qu'il y avait plus simple pour moi pour la trouver que de passer par une voie régulière en venant te parler avec les tiens autour.»
Le ton n'était pas menaçant, Mizaki ne faisait qu'exposer des faits, des choses qu'il espérait pourraient mettre en confiance ses interlocuteurs afin que tous puis tirer avantage de cette situation pas si évidente que cela.
Il laissa échapper un léger blanc avant de poursuivre.
« Si tu veux t'assurer de notre bonne foie tu peux nous conduire à ta maitresse les mains liées et les yeux bandés pour qu'on ne voit pas où elle se trouve ni même son visage.»
La proposition de Mizaki était sincère, il était réellement prêt à se déplacer ainsi jusqu'à la Pie si son emplacement et son visage ne devait pas être vu par n'importe qui. Si c'était là une condition pour que le jounin et Aoshi puisse aller lui poser des questions alors il était prêt à s'y plier, et il était sûr qu'il en était de même pour le chounin.

«Te fais pas avoir Moineau..."
«Ils sont bizarres...»
Les camarades de Moineau ne semblaient pas être spécialement rassurés par ce qu'avait dit le jounin, le confiance était encore très loin d'être installée, à ce stade là on ne pouvait même pas réellement parler de confiance, même si les propos suivants de Moineau laissèrent supposer qu'une issue était possible ...
«Plus important...» répondit Moineau avec un geste de la main pour faire taire ses amis. "En admettant et je dis bien en admettant, que je vous crois... qu'est ce que j'y gagne moi ?» demanda t-il avec un sourire espiègle et gourmand.

Le jounin afficha de nouveau un sourire en coin, les choses prenaient une tournure qui lui semblaient plutôt bonnes pour la suite, la négociation partait désormais sur ce qui semblait être un échange de bons procédés. Ils savaient de Koyuki que la Pie aimait les choses précieuses et rares, Mizaki n'avait pas de choses correspondant à cette définition, seul l'arc d'Aoshi aurait pu rentrer dans ces critères, mais il était bien évidemment hors de question de proposer pareil cadeau … Qui plus est le jeune garçon semblait réclamer des choses pour lui et non pour la Pie, Koyuki n'avait pas renseigné les deux ninja sur ce que pouvait aimer celui ci. Dans pareille condition, il ne fallait pas restreindre les possibilités et demander directement à la personne ce qu'elle pouvait attendre, voir si la requête pouvait être accessible.
« Ca dépend de toi. Que veux-tu ?»

Le gamin éclata de rire, tout comme ses camarades. Mais les rires ne semblaient pas si moqueurs que cela, cachant visiblement une once de tristesse.
"Ce que je veux... ? Je veux vivre dans la ville haute ! Mais racheter ma liberté suffira... » conclut t-il avec un sourire narquois qui semblait vouloir dire qu'il ne croyait pas une seconde à ce rêve, et il avait raison … Les rires n'étaient pas ce qui avaient gêné Mizaki, mais deux choses déplurent profondément au jounin qui ferma son visage immédiatement derrière.
La première était que le gamin avait proféré quelque chose qu'il savait comme étant totalement inaccessible pour Mizaki et Aoshi, ils n'avaient aucunement le pouvoir de les faire vivre dans la ville haute ou même de racheter leur liberté. En d'autres termes : Moineau venait de couper les négociations en demandant l'impossible de manière volontaire, il aurait dit directement qu'il ne les mènerait jamais à la Pie et au moins la manière aurait été moins sournoise pour obtenir le même résultat. La proposition de Mizaki venait d'être rejetée en un souffle, la négociation était dors et déjà terminée lorsqu'il eut prononcé cette phrase, mais Mizaki retenterait malgré tout le coup, même si c'était voué à l'échec sans l'ombre d'un doute.
La seconde chose qui lui déplut fut beaucoup plus personnelle, elle concernait l'image de ce gamin, l'estime qu'il avait pour lui venait de subir une chute vertigineuse. Il ne se reconnaissait plus du tout en lui, ce rêve, cette fatalité dans le timbre de voix, ce gamin avait une véritable force de caractère et de la malice, mais visiblement pas tant que ça la volonté pour chercher des moyens réalisables pour changer de vie. Ce rêve, vivre dans la ville haute, ce n'était que de la poudre aux yeux, il l'avait presque confirmé dans sa seconde partie de phrase où au final il parla de sa liberté, chose qui plut largement plus au jounin, mais qui ne renversa pas la vapeur concernant l'estime qu'il portait désormais au gamin. Mizaki avait un caractère aussi trempé que le gamin, à sa manière lui aussi était une forte tête, et le sentiment de fatalité lui était tout simplement insupportable, pour lui c'était un principe, aussi contestable soit-il il y croyait dur comme fer et se sentit navré pour ces gamins qu'ils l'affichent à ce point.

Ainsi, Mizaki ne put s'empêcher de faire parler sa personnalité dans les propos qui suivirent. Son ton était tempéré, il ne se forçait pas, il ne voulait pas brusquer, mais ses mots vinrent contrecarrer totalement le travail effectué sur le ton, des mots qu'il aurait pensé comme n'étant pas blessant mais qui l'étaient pourtant totalement. En cet instant il s'agissait de sa personnalité et de ses convictions qui parlaient, mais pas sa réflexion...
« Vivre dans la ville haute ... Vivre parmi ceux qui vous méprisent, comme si c'était la seule manière de s'en sortir, ce n'est pas une ambition ça, c'est de la merde ... Tu n'es finalement pas le gamin que je pensais...»
La déception se sentait dans son ton et pouvait se lire sur son visage. D'ordinaire il méprisait les fatalistes, mais cette fois ci il devait tenter d'agir autrement face à cela, il devait malgré tout tenter de combler leurs attentes pour que donner chance aux négociations que Moineau avait coupé, et que sans se rendre compte Mizaki venait déjà d'enterrer.
« Si c'est là le prix pour que nous puisions voir la Pie alors que vous faut-il pour être libre ? Je préviens d'avance que je ne rachèterai la liberté à aucun d'entre vous, je ne payerai jamais pour quoi que ce soit de ce style ... »
Malgré ces derniers propos leur indiquant clairement qu'il était prêt à les aider, Mizaki commença à former les taos sous sa veste Mayoi, cachant ainsi ses mains de manière à ce que personne ne puisse voir ce qu'il préparait, si les négociations étaient définitivement rompues alors il devrait être le premier à agir avant que Moineau ne rameute tout le troqué à sa cause.

Tous les gamins éclatèrent d'un rire sonore et moqueur.
"Tu ne sais même pas pourquoi je veux vivre dans la ville haute que tu me juges déjà !? Même les épaves qui jouent dans cette pièce ont plus de discernement que toi. Dans un sens tu n'es même pas si différent de ceux nés et éduqués dans la ville haute. Si tu étais dans un jury littéraire, nul doute que tu noterais le bouquin à partir du titre. J'aime pas les adultes comme toi."
"Moi non plus..."
"Idem !"

« J'étais réellement prêt à vous aider ...» prononça Mizaki dans un soupire.
L'air de Mizaki était vraiment désolé en cet instant, pas énervé, il aurait aimé faire quelque chose pour eux mais les gamins n'avaient entendu que ce qu'ils avaient voulu de la phrase. La confirmation était belle et bien là, les négociations étaient déjà fermées depuis plusieurs phrases, peut être même n'y en avait-t-il jamais réellement eu. Moineau avait déjà fermé les discussions depuis qu'il avait demandé quelque chose qu'il savait d'irréalisable aux deux ninja, Mizaki les avait encore un peu plus fermées en laissant parler à tort sa personnalité plutôt que sa raison, et ce rire des gamins venait de définitivement clore toute possibilité d'en terminer d'une manière sans heurt.
« A moins que vous reveniez sur votre décision je ne pense pas que vous nous mènerez à la Pie de votre plein gré... Aoshi occupe toi des gêneurs.»
Sur cette phrase il laissait finalement une dernière chance, toujours avec un air désolé, mais ca ne changeait pas le fait qu'il lança les jutsu. Même s'il laissait une chance il ne s'agissait plus vraiment de négociations, Moineau devait être écarté de son groupe et de son repère, Mizaki avait pourtant prévenu qu'il avait d'autres moyens pour obtenir les renseignements, mais le gamin n'avait visiblement pas voulu tenir compte de cet avertissement, ou même s'en était totalement moqué, peut être que les choses avaient été ainsi depuis le début de l'entretien finalement, Mizaki se sentit presque idiot d'avoir cru un moment qu'ils étaient réellement en train de chercher chacun un terrain d'entente.

Un mur mokuton jaillit alors tu sol pour isoler la table du reste de la salle, le mur de bois étant en arc de cercle cela permettait de refermer l'enceinte sur le groupe avec le mur, plongeant ainsi tout le monde dans le noir. Aoshi lança malgré tout juste avant la fermeture du mur une grenade empoisonnée dans la salle, il ne fallait pas que des gêneurs puissent venir tenter de les gêner dans leur fuite, la décision du chounin était des plus judicieuses. La confusion apparut dans l'esprit des gamins lorsqu'ils furent plongés dans le noir, rien que le fait d'avoir à réfléchir pour comprendre exactement ce qui se passait leur fut fatal, Aoshi avait parfaitement comprit ce qu'attendait Mizaki, n'en pensant pas moins lui même : il fallait mettre les trois potes de Moineau hors d'état de nuire. Le chounin forma quelques taos et envoya valdinguer les trois gamins vers le plafond artificiel de bois, les faisant retomber au sol inconscients. Seuls eux et Moineau savaient qu'Aoshi et Mizaki cherchaient la Pie, les autres dans le bar n'en savaient rien et ne pouvaient que supposer. Si les deux ninja ne voulaient pas compromettre leurs chances de pouvoir retrouver la Pie, il fallait qu'ils tirent les informations de Moineau avant que les trois gamins n'aillent en référer à leur maitresse après avoir totalement repris leurs esprits.
Le deuxième jutsu fut alors lancé par Mizaki, un doton numachi envoyé sur le haut du mur, il fallait créer un éboulis pour se créer un accès rapidement sur la rue, mais ce n'était pas l'unique raison. Par cet ébouli Mizaki espérait autre chose : casser quelques jambes aux gamins, toujours pour ne pas qu'ils puissent en référer à leur maitresse, ils ne devaient pas être simplement sonnés, ils devaient aussi être coincés et dans l'impossibilité de courir derrière. Si Moineau était pris dans l'éboulis cela importait peu au jounin, il lui fallait le gamin vivant, c'était tout ce qui comptait pour pouvoir lui sous tirer des renseignements, même KO et les jambes brisées cela n'aurait en rien gêné le jutsu que comptait utiliser Mizaki … La méthode employée était particulièrement violente, mais l'esprit de Mizaki était désormais totalement repassé à la mission, la manière douce n'avait pas fonctionné, c'était maintenant le tour de la manière forte, seuls les informations glanées pour le bien de la mission comptaient, rien d'autre, le jounin était redevenu l'arme qu'il était pour chaque mission, l'arme telle qu'on l'avait formé.

Des bruits commençaient à se faire entendre sur les parois du mur de bois, ceux qui avaient réussi à échapper à la grenade empoisonnée venaient tenter de venir au secours des gamins, les aider face à ces deux étrangers. *Vous pouvez toujours frapper, à moins qu'un d'entre vous possède un jutsu du niveau d'un blizzard de dragon noir ce mur ne cèdera pas.* Si le jounin avait formé un mur comme cela ce n'était évidemment pas par hasard, il était plus solide qu'un mur de boue et surtout qu'un mur d'eau qu'il aurait pu faire, si les gens voulaient secourir les gamins alors ils devraient le faire par l'extérieur, par l'endroit où Mizaki avait provoqué l'éboulis, chose dans les personnes dans le bar ignoraient l'existence à moins qu'ils aient prêté l'oreille au moment de la chute des gravats alors que la bombe d'Aoshi devait les distraire et les occuper. En d'autres termes, les gamins ne risquaient pas de sortir tout de suite du tas de gravats, rendant plus difficile leur réanimation, et retardant ainsi la possibilité pour la Pie de savoir que deux ninja la cherchait. Les gamins n'en sortiraient peut être pas vivants, Mizaki en était conscient, il les avait pourtant prévenu qu'il avait d'autres méthodes pour sous-tirer les renseignements et que ça n'allait pas être aussi doux qu'un échange de bons procédés, ils n'en avaient fait qu'à leur tête et n'avaient écouté que ce qu'ils voulaient, et pourtant Mizaki ne pouvait pas les blâmer, à leur age il aurait sans aucun doute réagi de la même manière qu'eux dans pareille situation … Le jounin fut malgré tout rassuré par le fait d'entendre des gémissements pour chacun d'enter eux, ils étaient en sale état mais vivants, à peine conscients, la douleur devant emporter toute capacité de raisonnement, en un sens c'était une réussite pour les deux ninja qui avaient le temps que leurs sauveteurs comprennent qu'ils ne pourraient pas détruire le mur de bois comme cela et qu'il y avait une entrée de l'autre coté.

Moineau fut épargné par la chute de pierre du mur, il toussait juste à cause de l'immense nuage de poussière qui venait d'être soulevé. Le jounin en profita et prit sans réelle douceur le gamin par la main et le tira brusquement en dehors. Il allait vite, beaucoup trop vite pour que le gamin puisse se redresser convenablement et tenter un coup contre le jounin, il n'y avait pas besoin de ceinturer pour empêcher quelqu'un d'agir tant la différence de vitesse faisait subir la course au pauvre garçon … Aoshi suivit, et tous trois se réfugièrent dans une mansarde à moitié écroulée, ici ils seraient à l'abri et Mizaki pourrait tenter son jutsu qui le mettrait dans une position de faiblesse totale.
Moineau avait tenté de gesticuler et de crier, mais dans ce type de ville personne n'entend lorsque quelqu'un crie à l'aide … Ses yeux étaient désormais larmoyant et Mizaki éprouva de nouveau une certaine pitié pour le gamin, lui proposant une nouvelle fois l'échange de bons procédés.

 « Je te le propose une dernière fois, nous pouvons t'aider en échange de la localisation de la Pie ... »
La réponse fut claire, le regard haineux que lui porta le gamin était sans équivoque.
 « Je n'ai donc pas le choix ... »

Mizaki commença à effectuer quelques taos tout en fixant le gamin, puis s'adressa à Aoshi derrière lui.
 « Prends garde à ce qu'il n'attaque pas mon corps pendant le jutsu. Je suis désolé mais si des renforts arrivent pour le gamin tu vas devoir t'en occuper seul ... »
Le ton était réellement désolé, mais relativement rassurant malgré tout, Aoshi ne devait pas comprendre réellement ce que préparait Mizaki, et un ton trop alarmiste n'aurait pas été des plus rassurants pour le chounin qui se trouvait devant le fait accompli malgré lui.

Les mains de Mizaki se relâchèrent, son corps devint mou, puis s'effondra au sol, soulevant un peu la poussière des lieux. Le jounin ne put apercevoir la réaction de son coéquipier, son âme ayant déjà atteint la partie du cerveau ciblée par le jutsu, le limbique, ce cerveau que la conscience de la personne ciblée ne pouvait pas atteindre elle même, une zone où l'individu ne peut se défendre contre l'intrusion. Il s'agissait de la première fois que Mizaki utilisait l'Inyû Tamashi dans un contexte comme celui ci et ne l'utiliserait pas totalement, il n'était pas là pour torturer le gamin en pénétrant les couches les plus profondes de son limbique pour en faire ressortir ses peurs et des choses dont il ignore même l'existence, Mizaki avait une sainte horreur de la torture pour l'avoir subi lui même, c'était quelque chose de totalement inhumain et abjecte, il ne souhaitait même pas ça à ses ennemis, et encore moins à ce gamin. Le jounin allait en rester aux premiers niveaux du limbique, ceux contenant les données non refoulées ou oubliées, ceux où devaient se trouver les informations sur la Pie. Mizaki alla rapidement à la recherche de tout ce qui pouvait concerné la Pie, il ne voulait pas perdre de temps, même s'il avait confiance dans le fait que les trois gamins sous les gravats ne pourraient pas faire circuler le message à la Pie comme quoi des ninja la cherchaient, mieux valait prendre quelques précautions en ne restant pas trop longtemps dans l'esprit de Moineau. Malgré tout, Mizaki espérait avoir suffisamment de temps pour fouiller un peu plus et voir ce qui pouvait bien motiver le jeune garçons et ses camarades à aller vivre dans la ville haute …

Lorsque l'information sur la Pie fut trouvée, il se trouva nez à nez avec un squelette crucifié, l'image était des plus ragoutantes et provoqua un choc chez Mizaki qui en fut perturbé au point de se demander si ce n'était pas là l'apparence de la Pie …...............................
Après avoir réalisé qu'il pensait n'importe quoi, sa vision poursuivit son chemin à travers plusieurs rues, elles devaient mener à la Pie, cela ne faisait pas réellement de doute et Mizaki capta tout ce qu'il put de ce périple, arrivant dans un escalier de quatre vingt cinq marches pour arriver devant une porte coulissante. Alors que l'image du souvenir de la main de Moineau allait ouvrir la porte, une image prit la place, une image qui n'avait rien à voir, une capsule verte semblant rentrer dans une gorge. Mizaki ne comprit pas ce qui se passait, pourquoi sa vision s'était-elle arrêtée …?
Mais la surprise fut de courte durée, Mizaki qui n'était pas d'un naturel à paniquer ressentit l'effroi lui glacer le sang, ce qui se passait en cet instant ressemblait aux ténèbres, du moins à l'image que l'on pouvait s'en faire. Tout était apocalyptique, des souvenirs remontaient sans que Mizaki n'y touche ou n'ait cherché à les faire remonter, un son effroyable à en faire perler de grosses gouttes de sueurs dans le dos et sur le front en un instant, tout s'assombrissait rapidement …
L'instinct de survie du jounin prit le dessus, les images commençaient à s'effondrer sur lui, l'enfonçant un peu plus dans le noir, dans ce monde d'effroi. Le jounin regagna son corps qui se raidit d'un seul coup, il transpirait, il soufflait fortement, il venait réellement d'avoir peur face à ce qu'il avait pu voir et qu'il n'avait pu expliquer. Lorsque son regard se porta sur Moineau il comprit.

 « Il s'est … suicidé ...? »

L'effroi de Mizaki se poursuivit, de voir le gamin mort avec cette mousse aux lèvres et les yeux révulsés, c'était réellement horrible, il comprenait ce qu'il venait de voir.
 « Je l'ai vu mourir de l'intérieur … J'ai vu son esprit mourir … Il a presque réussi à me tuer … Si j'avais été plus profond je n'aurai pas pu revenir, je serai mort à l'heure qu'il est ... »
Si Mizaki ne s'était pas échappé de l'esprit de Moineau, alors le cerveau du gamin se serrait éteint avec l'âme du jounin prisonnière en lui … L'ex-déserteur venait de mesurer l'erreur monumentale qu'il venait de commettre, elle aurait pu lui couter la vie. Comme il savait qu'il ne perturberait pas Moineau en faisant remonter ses peurs, alors le gamin aurait pu avoir tout loisir de déchiqueter le corps inerte du jounin pendant qu'il effectuait son jutsu, il n'avait pensé qu'à cela et avait par conséquent demander à Aoshi de veiller à cette éventualité, mais jamais il n'avait pensé à un point faible pareil à cette technique, le suicide de la victime … Il le savait pourtant que Moineau avait déjà abandonné pas mal d'espoirs, il l'avait clairement exprimé et montré lors des échanges dans le bar, il était prêt à en arriver au suicide, quelle négligence de la part de Mizaki …
Le jounin venait de payer son manque d'expérience sur sa nouvelle technique, découvrant ainsi une nouvelle faiblesse de celle ci face à ceux pour qui le suicide était une porte de sortie comme une autre. Il venait de découvrir que le Kai de niveau suffisant n'était finalement pas la seule manière de contrecarrer la très grande puissance de ce jutsu. Le prochain coup il attacherait sa victime ou l'encastrerait dans un mur avant de lancer son jutsu, il fallait priver absolument la personne de toute possibilité d'action pour éviter une nouvelle déconvenue.

Mais en dehors de la technique, quelque chose d'autre perturbait Mizaki. Moineau était mort, il n'avait pas voulu la mort de celui ci, et pourtant il venait bel et bien de la causer, même s'il s'agissait d'un suicide il avait sa mort sur la conscience, il en était responsable. Qui plus est, le voir mourir de l'intérieur, voir la mort de l'esprit, Mizaki venait de vivre là une expérience des plus troublantes, une expérience dont il se rappellerait longtemps, tout comme le souvenir de Kumo où il avait assisté à l'explosion, ou plutôt l'implosion, du crane d'un fille juste devant ses yeux sans qu'il ne puisse rien y faire. Deux expériences de visions de la mort qui avaient réussi à perturber le jounin qui avait pourtant vu nombre de personnes mourir sans qu'il ne ressente rien …

Le jounin se redressa, fixant Moineau tout en parlant à Aoshi.
 « J'ai vu où se trouvait la Pie … Mettons nous en route ... »
Aoshi pouvait le voir, Mizaki venait d'être touché, et malgré le fait qu'il tente d'afficher le fait que la mission reprenait le dessus il ne pouvait être dupe. Tous deux sortirent de la mansarde, il ne fallait pas perdre de temps et commencer les recherches, même si les recherches dans l'esprit de Moineau n'avaient pas duré longtemps mieux valait assurer le fait de trouver la Pie avant que quelqu'un ne la prévienne de quoi que ce soit.
Sans donner plus de précisions à son coéquipier, Mizaki interpela quelqu'un qui passait par là, Aoshi comprendrait ainsi ce qu'il faudrait chercher en écoutant la question du jounin.

 « Où est ce que vous crucifiez les gens ? »
La personne regarda Mizaki avec des yeux ronds comme des billes, la question de Mizaki n'était pas spécialement adroite et il y avait de quoi paraître totalement étonné devant pareille question, si bien que la personne commença à courir pour s'éloigner de ces deux fous.

 « Merde, je sens qu'il va falloir qu'on se débrouille pour trouver le squelette crucifié que j'ai vu dans l'esprit de Moineau ... »

Les deux se mirent alors à sillonner les toits, surplombant les rues pour tenter d'y apercevoir ce crucifix. Rien. Les deux comprirent qu'en cherchant à tâtons ils ne trouveraient rien, ou alors trop tard et la Pie aurait déjà fuit, il fallait demander aux gens …

Heureusement pour eux, il n'eurent pas à demander à beaucoup de monde puisque la troisième personne qu'ils interrogèrent ne prit pas la fuite après avoir fait les yeux ronds, mais leur répondit en balbutiant quelque peu. Tous deux se dirigèrent alors dans la direction indiquée et tombèrent nez à nez avec cette vision de réjouissance … Le jounin tourna la tête aux alentours et repéra la rue qu'il avait vu, laissant échapper un simple :  « Par là. »

Mizaki arpenta rapidement les rues de sa vision, suivi de prêt par Aoshi qui suivait le jounin jusqu'à ce qu'il stoppe devant un bâtiment semblant totalement vide.
 « Nous y sommes. Il y a des marches, puis une porte coulissante, et après je n'en sais rien, l'esprit de Moineau a commencé à mourir à ce moment là ... »
Le fait de ne pas savoir ce qui s'y trouvait n'avait rien de vraiment réjouissant, si bien que Mizaki prit une décision en formant un kage bunshin pour les précéder.
 « Mon Kage Bunshin passera devant, nous le suivrons d'un peu plus loin, s'il lui arrive quelque chose j'en serai informé instantanément, ce qui fait que je pourrai prévenir de ce qui se passe à l'avant. En ce qui te concerne j'avais pensé à surveiller nos arrières, mais si tu préfères être devant alors pas de soucis et je surveillerai derrière, ça ne me pose pas de soucis non plus.  »

Mizaki espérait que la Pie serait là et qu'ils pourraient discuter, qu'elle comprendrait que Mizaki envoie un clone en premier en guise de prévention. Mais à la vue du caractère de ses disciples, le jounin commençait à craindre les fait que les échanges ne se feraient pas sur un simple dialogue … *Et avec ça je n'ai toujours rien de précieux à lui offrir si elle nous demande ça en compensation … Au pire on pourra lui proposer nos services pour voler un beau truc si ça peut nous permettre de dialoguer avec elle.*


[HRP : Le clone ouvre la porte sans précautions particulières, le seul truc important est qu'il cherche à voir un maximum de choses à la fois en ouvrant la porte (en guise de repérage ^^).
S'il tombe sur Soi Fon et Mangetsu (qu'il ne reconnait pas visuellement à cause eu henge, mais sur lesquelles il a malgré tout un doute : l'odeur de chacune repérée par le sceau des sens :)), il leur demande "qui êtes vous" avec un air super sérieux, parce qu'il se dit que l'odeur peut le tromper après tout ^^ (Mizaki n'étant pas sous couvert d'un henge elles par contre le reconnaitront si c'est bien elles dans la pièce :)).

Si ce n'est pas assez précis ou bien que je ne vais pas assez loin (du style là rien n'est précisé concernant Mizaki et Aoshi qui suivent bien plus loin dans l'escalier :)), hésite pas à réclamer qu'on complète :winkk: (parce que j'ai déjà idée de comment faire réagir mon clone vis à vis de Mizaki et Aoshi si c'est bien Mangetsu et Soi Fon qui sont dans la salle, mais je n'en ai pas encore bien parlé avec Aoshi donc je n'ai pas mis encore :P - de même s'il croise Boyard dans l'escalier :))]
Mizaki Taro , d'un certain grade dans un certain village...

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Mangetsu Kukan
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Re: La Commedia Dell' Arte [Acte I]

Message par Mangetsu Kukan » sam. 17 oct. 2009, 23:15

L’air mauvais, Boyard s’était tourné dans leur direction. Il était mécontent qu’elles viennent le troubler pendant qu’il se détendait. L’air narquois il leur avait demandé ce qu’elles avaient à offrir après avoir bien souligné l’importance qu’avait Absinthe dans le milieu des prostituées. Un peu amère, Mangetsu songeait que cette importance n’était qu’une feinte, elle n’avait d’importance que pour ses clients mais sans doute n’était-elle absolument rien pour son souteneur.
Jugeant qu’il était temps pour elle d’intervenir, Mangetsu chassa son amertume pour rentrer dans son rôle et s’avança vers Boyard tout en glissant l’index dans son col pour le tirer vers le bas et révéler sa bouche.

La jeune fille commença en faisant des politesses à Boyard, espérant ainsi le mettre à l’aise pour bien entamer les négociations. Elle et Soi Fon n’avaient pas discuté de leur rôle respectif mais Mangetsu avait son idée sur la question, aussi prit-elle l’initiative de leur accorder à chacune un rôle précis. Elle espérait que Soi Fon ne lui en voudrait pas qu’elle lui ait donné un rôle subalterne au sien mais la jeune fille s’imaginait être plus apte que la Kirienne à négocier. Après tout la jounin lui avait dit qu’elle comptait sur elle pour les négociations.
« Cela suffit Hanzo-san. Excusez mon garde du corps, il pense qu’une personne de mon rang ne devrait pas dire qu’elle souhaite rencontrer une prostituée, même de renom. »
Soi Fon s’était reculée à ce moment là, laissant Mangetsu mener la discussion pour le moment en entrant dans le rôle que la chounin lui demandait de prendre.

« Mais laissez moi me présenter, je suis Mara Natsukaze, dignitaire du clan du Lotus Noir, un clan d’épéistes. Nous sommes de passage dans cette ville et si les bagarres de comptoir m’ont un temps amusée, je préfère de loin une conversation civilisée, de préférence dans un cadre agréable et tous m’ont répondu la même chose. Si je souhaite passer un moment avec quelqu’un de cultivé et de raffiné, je dois rencontrer Absinthe et pour la voir il faut d’abord vous rencontrer m’a-t-on dit, mais peut-être s’est-on fourvoyé en vous désignant. » avait poursuivi Mangetsu.
La pique de la jeune fille était en quelque sorte là pour forcer Boyard à leur montrer qu’il était bien la bonne personne mais il ne la prit pas de la façon qu’avait espéré Mangetsu. Au contraire il se moquait même d’elles à présent en allant dans le sens opposé.

« Si vous alliez faire un tour dans la ville haute, je ne doute pas un instant que vous trouverez là bas des personnes correspondant à ce portrait et prêtes à vous satisfaire pour pas un sou. Sans compter que votre... qualification pourrait très bien vous ouvrir ne serait ce que le passage. D'ailleurs je me sens las... on a du vous envoyer à moi parce que ce bar propose de l'absinthe... entre autres plaisirs... il ne tient qu'à vous de me captiver davantage avant que je ne laisse définitivement retomber cette ennuyeuse conversation. »
La façon de s’exprimer de Boyard ne correspondait pas à celle d’un simple truand, de même que ses manières. Mangetsu s’était annoncée comme étant quelqu’un d’important mais le proxénète les prenait malgré tout de haut en leur demandant de le distraire.

Même si elle n’aimait pas ce personnage, la jeune fille se força au calme pour réfléchir à ce qu’elle allait bien pouvoir répondre à Boyard mais Soi Fon choisit de rompre le silence à cet instant. Son intervention était dangereuse car la jounin se faisait menaçante mais peut-être que ça allait leur permettre de débloquer la situation.
« Voila qui n'est guère commercial. Si ma maîtresse souhaitait rencontrer une geisha c'est en effet vers la ville haute qu'elle se serait dirigée mais bien que je ne n'aime pas trop ça c'est vers une prostituée qu'elle a choisi de se diriger. Tant qu'on y est, ma maîtresse à certes besoin de toi mais continue de nous prendre de haut comme tu le fais en ce moment et tu en viendras à envier la lèvre fendue de cette fillette. »
Après avoir éclaté de rire, Boyard leur répondit en prenant un ton empli de sarcasme.
« Commercial ? Que dire de ton attitude et de tes menaces, mercenaire ? Et puis en quoi ai je besoin d'être commercial ? »

Il ponctua sa phrase d’un bâillement avant de poursuivre en leur montrant bien que lui aussi pouvait être menaçant bien que ses menaces n’étaient pas physiques contrairement à celles de Soi Fon, lui c’était sur l’issue des négociations qu’il les menaçait, ce qui montrait bien qu’elles avaient encore une chance de réussir à le convaincre de les mener à Absinthe.
« Je n'ai pas besoin de vous et de votre argent. Tu n'imagines pas être le premier à me menacer j'espère ? Et être le dernier à les mettre à exécution ? On m'a menacé de pire et on m'a fait pire que tout ce que tu peux faire. Range tes crocs et laisse parler ta maîtresse. Nous n'avons même pas encore parlé de ce que vous étiez prêt à offrir en échange et nous en sommes déjà là. C'est triste quand même. Vous allez donc devoir me convaincre alors que je suis contrarié, en mauvais termes avec vous, que je n'ai pas envie de bouger et pire encore le fait que je n'ai pas besoin de votre argent... »
Croisant les jambes, il avait poursuivi avec un grand sourire qui sonnait cependant faux.
« En d'autres termes, convainquez moi... vite. »

Alors que Mangetsu réfléchissait à une pirouette qui leur permettrait de reprendre l’avantage dans les négociations, Soi Fon perdit son sang-froid pour de bon et déjà elle s’avançait vers Boyard, l’interpellant d’une manière qui ne laissait aucun doute sur ses intentions.
« Alors là mon gars... »
La jeune fille comprenait la réaction de sa camarade mais elle ne pouvait pas non plus la laisser faire puisque pour le moment elles avaient encore besoin de Boyard. Même après Mangetsu ne savait pas si elle pourrait cautionner les actes de Soi Fon.
« Calmez-vous Hanzo-san. Je ne peux pas vous donner totalement tort mais j’ai très envie de rencontrer cette femme dont on m’a tant vanté les mérites. » avait-elle dit en se tournant vers Soi Fon qui se présentait à sa hauteur.

Prenant délibérément son temps pour revenir à Boyard, Mangetsu avait remarqué l’air maussade de Soi Fon. En prenant son temps, elle souhaitait montrer à Boyard que Mara Natsukaze n’était pas n’importe qui. Pour elle Boyard n’était qu’un intermédiaire, quelqu’un qui oeuvrerait pour elle si elles s’y prenaient correctement mais elle n’était pas là pour l’amuser. Mara n’était pas disposée à se laisser marcher dessus par cet homme. Il pouvait bien dire ce qu’il voulait, c’était Soi Fon qui avait raison, son attitude n’avait rien de commercial mais s’il voulait se faire prier, Mara voulait bien jouer le jeu pour les négociations sans pour autant céder à n’importe quelle exigence de sa part.
« Boyard-san, je suis certaine que nous pourrions arriver à un terrain d’entente, quant à mon ami ici présent ne le sous-estimez pas s’il vous plaît, il pourrait vous surprendre. Vous parliez d’argent, c’est plutôt Absinthe que nous pensions payer pour ses services mais il serait injuste que vous ne soyez pas dédommagé pour le temps que vous nous accordez. L’argent ne semble pas vous intéresser mais il n’est de toute façon pas tout, aussi qu’est-ce que vous ferait plaisir ? Des marchandises ? Un contact en dehors de Naza ? »

A côté d’elle, Soi Fon jetait de temps en temps un coup d’œil au reste de la pièce. Elle le faisait sûrement depuis le départ afin d’éviter une mauvaise surprise. La jounin était toute proche, assez pour que Mangetsu puisse sentir qu’elle se tenait sur le qui-vive et qu’elle n’hésiterait pas à attaquer Boyard. Les négociations devaient se terminer vite, Mangetsu ne sachant pas combien de fois elle pourrait encore convaincre Soi Fon de ne pas sauter à la gorge de Boyard.
Boyard applaudit alors tout en éclatant de rire et mentalement Mangetsu se cacha les yeux. Cette fois-ci c’était bien fichu, Soi Fon allait encore s’énerver et la jeune fille ne pourrait rien faire pour l’arrêter.

« Quelle aura mercenaire... ! J'en ai des frissons de plaisir. Très bien, je vais vous y conduire. Yeux bandés sur cinq cents mètres avant destination. Option non négociable. »
*Hein ? On a réussi ? Mais il veut qu’on voyage les yeux bandés… la dernière fois ça s’était plutôt bien passé mais je n’aime quand même pas ça.*
En fait Mangetsu était à la fois soulagée qu’elles aient réussi à convaincre Boyard de les conduire à Absinthe mais aussi horrifiée par la condition qui venait de leur être imposée. Boyard ignorait ce qu’il demandait à Mangetsu mais il ne les attendrait pas et après avoir jeté un regard à Soi Fon, le temps que leurs regards se croisent, la jeune fille avait suivi Boyard. Ce n’était pas le moment de se désister.
*C’est comme la fois où on est allé dans la ville du voleur de lune, ça n’est pas différent…* essayait-elle de se convaincre.

La première partie du chemin se passa normalement, Boyard les guidant à pas rapides dans les rues de Naza, le pas lourd. Autour d’eux les gens faisaient comme s’ils n’existaient pas, craignant probablement d’attirer l’attention de Boyard.
Ils s’immobilisèrent après quelques minutes de marche face à l’entrée d’une rue s’ouvrant sur un quartier qui avait sans doute déjà connu des jours meilleurs. Le tout était laissé à l’abandon, donnant une impression de délabrement mais toute l’attention de Mangetsu fut captée par ce qui surplombait la rue.
Entre les 2 premiers bâtiments de la rue était accrochée par de lourdes chaînes une croix et sur celle-ci était cloué et enchaîné un squelette, mais celui-ci avait en plus été fixé la tête en bas.
*Quelle horreur, ils sont pas bien dans cette ville ! Comment peut-on faire une chose pareille ?*

Sortant 2 foulards de l’une de ses manches, Boyard les leur tendit en les invitant à se masquer les yeux avec pendant qu’il prenait une écharpe à l’intérieur de sa veste, leur expliquant qu’il les guiderait avec jusqu’à Absinthe et qu’ils étaient tout proches.
*Il nous a dit à 500 mètres. Courage !*
Prenant le foulard, la jeune fille le plaça sur ses yeux de telle manière qu’elle puisse distinctement voir le sol et ses pieds. Elle refusait d’être plongée dans le noir complet.
La chounin sentit alors qu’on lui glissait quelque chose dans la main, tournant la tête vers là, elle devina qu’il s’agissait de l’écharpe de Boyard, dans le même temps elle entendit Soi Fon l’interpeller en sentant un nouveau contact mais de l’autre côté.
« C’est moi, donne moi la main Mara-sama. »
Mangetsu ne se l’était pas fait dire 2 fois et avait ainsi immédiatement pris la main de la jounin. Elle n’était pas rassurée dans cette situation mais le contact de la main chaude de la Kirienne lui faisait du bien, lui prouvant qu’elle n’était pas toute seule.

Boyard avançait à une vitesse plus lente qu’auparavant, Mangetsu n’aurait pas pu suivre de toute façon avec ses yeux bandés. Elle ne quittait pas le sol des yeux, s’accrochant au mince trait de décor qui était encore visible.
Le chemin qu’elles prirent étaient compliqué et Mangetsu soupçonnait Boyard de les faire tourner en rond pour leur faire perdre tout repère afin qu’elles n’aient plus la moindre idée de l’endroit où elles se trouvaient alors qu’il était peut-être mitoyen de l’entrée de la rue.
Pendant une bonne partie du trajet, la jeune fille sentit des regards braqués sur elle et elle réprima un frissonnement. Elle n’aimait pas du tout ça. Ils arrivèrent finalement à un long escalier de bois et après des dizaines de marches Mangetsu sentit qu’on ne la tirait plus en avant par l’intermédiaire de l’écharpe.
Une odeur plaisante régnait là où ils s’étaient arrêtés, changeant agréablement Mangetsu des odeurs de la rue. Elle entendit également une porte coulisser et enfin Boyard les invita à retirer leur bandeau.

La pièce que découvrit Mangetsu en enlevant son bandeau était tout simple. Il n’y avait ni meubles, ni ornements, uniquement des tatamis au sol mais au fond il y avait une seconde porte coulissante menant probablement à un appartement plus luxueux. Des bruits provenaient de derrière la porte, tout d’abord le bruit de la soie qu’on froisse, puis des bruits de pas et à nouveau celui de la soie.
« Maintenant, si vous passez cette porte, je vous ferai payer. »
« Normal. J’espère que tu seras bien installé, s’pourrait que ça dure un peu. »

Mangetsu se demandait comment ça se passerait à ce moment là mais pour le moment elle s’intéressait plutôt à l’instant présent. Absinthe se trouvait probablement à quelques pas d’elle, dans l’autre pièce et cette femme détenait de précieuses informations sur la ville.

S’approchant de la porte du fond, Mangetsu la vit s’ouvrir sur une femme sublime. Elle devait avoir au moins le double de l’âge de la chounin mais que ce soit sa tenue provocante ou son maquillage elle avait su se mettre en valeur et ne semblait même pas avoir besoin de ça pour être belle.
En la voyant, la jeune fille comprit d’où lui venait son surnom, ses cheveux et ses yeux étaient verts, comme l’absinthe pour ce qu’elle en savait. Elle se sentit également bien fade en comparaison.
Alors qu’elle agitait gracieusement un éventail, la femme prit la parole d’une voix délicieuse, pleine de promesses :
« Mes seigneurs... Que puis je faire pour votre bon plaisir ? »
« Je me nomme Mara et voici Hanzo-san mon garde du corps, dans toute la ville on m’a vanté votre compagnie et rien ne me ferait plus plaisir qu’une bonne conversation avec vous, sauf peut-être une bonne conversation avec vous autour d’une tasse de thé. »
Mangetsu Kukan chounin de Suna

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Miyu Renraku
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Re: La Commedia Dell' Arte [Acte I]

Message par Miyu Renraku » dim. 18 oct. 2009, 17:47

Aoshi/Mizaki
Les deux compères pénétrèrent dans cet inquiétant quartier, précédés par le clone du junin. Au fur et à mesure de leur progression, Mizaki put observer que la vision des pensées de Moineau était très fidèle au présent. Pour un peu, la quantité de poussière était elle aussi similaire. L'endroit n'en était pas moins oppressant. Désagréable. Il y avait des présences, invisibles, silencieuses... dont l'animosité ne faisait aucun doute. Le junin reçut soudain les souvenirs et informations de son clone qui venait de tourner l'angle. Le souvenir d'une fin brutale, précédée par le sifflement de plusieurs projectiles. Le bruit d'une grosse pierre s'écrasant au sol suivit cette vision désagréable. Et soudain ils apparurent comme des diablotins hors de leurs boites. L'instant d'avant les porches obscurs, les portes défoncées, les fenêtres brisées, les toits éclatés étaient vierge de toute présence humaine. A présent des dizaines de personnes des deux sexes dont l'âge oscillait entre le seize et le cinquante pointaient sur eux des arcs de mauvaise facture mais non moins dangereux ou arboraient couteaux, gourdins, bouteilles et pour quelques privilégiés des épées.
Un homme qui devait bien avoir cinquante ans, s'avança de quelques pas, un gourdin clouté à la main. Ses cheveux gris striés de blanc étaient attachés en catogan, son pantalon d'équitation avait connu des jours meilleurs tout comme ses bottes, sa chemise et son gilet. Il mesurait un bon mètre quatre vingt et avait la carrure d'un lutteur. Ses yeux d'un gris intense dévisageaient Mizaki et Aoshi.
"Vous n'avez rien à faire dans le quartier des Réprouvés. Partez... sorciers, magiciens, ninjas quoi que vous soyez... ou mourrez." prononça t-il d'une voix grave alors qu'un coup de sifflet retentissait depuis un toit.

Shiyu/Toru
Après le déjeuner de leur arrivée à Naza, Miyu avait pris Shiyu un peu à part.
"J'ai une mission un peu particulière à te confier. J'ai reçu un message de Suna. On a mis un nouvel élève sous mes ordres. Un élève qui a apparemment quelques problèmes de... discipline." continua t-elle avec un sourire gourmand.
"C'est un genin tout comme toi. Un bâtard de clan d'après son dossier, et non reconnu par le clan en question... Sakyuu pour ne pas le nommer. Il a été transféré d'urgence parceque son responsable est à la limite de la crise de nerfs et est d'ailleurs envoyé en thérapie pour prendre un peu de repos. En tout cas il arrive d'après mes estimations dans la prochaine heure. J'aimerai que tu "l'accueilles"..." dit elle en faisant le signe des guillemets avec ses doigts.
"Et que vous vous cherchiez tous les deux, ensemble, à joindre un certain "White Bear". C'est un chef de gang de voyou... mais plutôt du genre papi que petite frappe. C'est un grand costaud qui a l'air d'un pugiliste et son passe temps favori c'est les combats de rue. Fais très attention à la prononciation c'est "White Bear" et pas "White Beard". Il ne supporte pas l'idée de vieillir et encore moins celle d'être vieux. Et White Beard signifie barbe blanche en vieille langue des montagnes. Son gang s'appelait Banquise la dernière fois que je l'ai vu. Les rumeurs disent qu'il aurait été noble mais il a voulu épouser une femme de basse extraction... du coup sa famille l'a renié et voilà où il en est. Il a perdu parfois mais il revient constamment dans les cercles de combat. Je crois qu'il canalise sa rage à travers la violence. En tout cas, trouve le et interroge le sur les Erasers mais aussi sur les mouvements des gangs et les rumeurs récentes... poliment.
Ensuite, rendez vous à la fontaine ici vers 17h30."
dit elle en lui tendant un plan. Il y avait trois croix. L'une désignant l'emplacement du Masque Rieur, une autre celui de la fontaine et le dernier l'emplacement supposé de White Bear. Elle lui donna également la description manuscrite de Toru Kiritani.
"Il a reçu pour consigne d'arborer son bandeau de Suna mais on ne sait jamais. Tant qu'à faire met le tien aussi au cas où... surtout ne te laisse pas faire avec lui. Avec White Bear non plus d'ailleurs. Je te fais confiance pour rester inflexible et... convaincant." termina t-elle avec un clin d'oeil.

Mangetsu/Soi Fon
Celle qui fait coulisser doucement le panneau doit avoir entre trente et quanrante ans. C'est une femme mûre d'une beauté saisissante. Un kimono coloré de rouge, mauve et violet sombre est rabattu au niveau des épaules, découvrant presque entièrement sa poitrine généreuse et sa gorge pâle. Son teint est accentué par un rouge à lèvre couleur sang, des yeux et des cheveux d'un vert émeuraude saisissant. Un trait physique qu'il est aisé de relier à son nom de profession. Elle agite élégamment un éventail blanc, seule chose mobile sur cette vision à couper le souffle. La pièce est grande. Une petite table est posée à côté d'un mini-bar. De nombreux coussins invitent à se vautrer, une pipe à opium à rêver, les bouteilles à s'évader, le lit à s'envoler. Une paire de gros coffres sont posés contre le mur à côté du lit, près d'une petite bibliothèque. La pièce est impeccable, pas une trace de poussière ou de désordre.
"Mes seigneurs..." prononça t-elle d'une voix chaude et suave à faire frissonner une montagne. "Que puis je faire pour votre bon plaisir ?" termina t-elle avec un sourire charmant.
Soi Fon et Mangetsu eurent à peine le temps de poser leurs questions et d'entendre quelques réponses qu'un coup de sifflet retentit, loin à l'extérieur, presque déchirant, contrastant avec l'ambiance de la pièce. Une poignée de secondes plus tard Boyard pénétrait dans la chambre, couteau en main, rouge de colère.
"On a un problème." commença t-il abruptement en s'adressant à Absinthe. "Si tu entends un deuxième coup de sifflet tu te prépares à partir." Puis il se tourna vers Soi Fon et Mangetsu. "Un blondinet avec un arc et un homme brun qui a l'air d'une bête tatoué ont pénétrés dans le territoire sans autorisation. White Bear va surement les buter mais je me demande si cela n'a pas un rapport avec vous..." termina t-il menaçant, presque en position de garde.

HRP :

Aoshi-Mizaki : vous m'envoyez un mp avec vos actions/paroles. :)
Shiyu-Toru : Toru et Shiyu vous vous trouvez à l'extérieur des murs, pas loin des portes de la ville. Vous cherchez ensuite à trouver White Bear dans le quartier marqué d'une croix par Miyu. Un mendiant finit par vous dire qu'il a changé d'emplacement pour son quartier général et qu'il se trouve depuis un bon moment dans le quartier des Réprouvés. Il refuse de vous y conduire mais vous l'indique sur votre plan. Vous arrivez devant la charmante entrée du quartier où sont les autres (voir descro au post précédent) et vous entendez un coup de sifflet pas très loin. Si vous vous y rendez, vous voyez qu'il y a des archers sur les toits et aux fenêtres de la rue perpendiculaire à la votre et des hommes et femmes armés dans la rue. Ils ne vous ont pas vu. Vous voyez Mizaki et Aoshi faisant face à White Bear. Tout comme Aoshi et Mizaki vous m'envoyez un mp avec vos actions/paroles. ^^
Mangetsu-Soi Fon : vous m'envoyez un mp avec maximum deux questions pour Absinthe puis vos actions/paroles face à Boyard. :D

Pensez à discuter entre vous par mp surtout Aoshi Mizaki Shiyu et Toru. Pour Shiyu et Toru n'hésitez pas à interagir entre vous à votre rencontre, pendant l'enquête etc etc... :wink:
Surtout amusez vous tous ! Je suis disponible par mp sauf demain en journée, je suis en compétition. Vous avez jusqu'à jeudi soir pour les mp. Vendredi j'aimerai poster. :winkk:
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Re: La Commedia Dell' Arte [Acte I]

Message par Miyu Renraku » ven. 23 oct. 2009, 22:00

Mizaki Aoshi Toru Shiyu

Le quatuor de ninjas put remarquer que l'arrivée du second duo ne lui faisait pas très plaisir. Du sourire avenant et barbu qu'il arborait quelques instants avant, il ne restait plus aucune trace. Son front s'était fait soucieux, ses yeux suspicieux et son expression pernicieuse. De fait il leva un massif poing serré et tout ses sbires s'arrêtèrent. Tout le monde semblait attendre, dans l'expectative, incapables de savoir s'ils devaient tirer, frapper, écharper ou continuer de parler joyeusement entre eux.
"D'habitude, personne ne passe par ici. Et je n'aime pas trop le fait que ce soient également des ninjas..." continua t-il en fixant le bandeau de Toru. "Mais vous n'avez pas l'air de mauvais bougres... quoique avec les shinobis on est jamais trop sur... voilà ce qu'on va faire..." dit il en s'asseillant sur un bloc de pierre qui trainait dans la rue.
"Je vais répondre à certaines de vos questions, puis vous partirez. Je demanderai à la Pie si elle accepte de vous recevoir et nous vous retrouverons pour vous transmettre l'heure et le lieu." conclue t-il en attendant leurs questions.
Ils apprirent ainsi au fil de la conversation que le gang de la Banquise avait été récemment approché par un émissaire du responsable des Corporations Marchandes. Ils avaient besoin de protection en échange d'un généreux paiement mais White Bear avait refusé pour des raisons éthiques. Il savait toutefois qu'un clan de mercenaire récemment arrivés en ville avaient acceptés cette offre. Un clan plutôt bien connu de Shiyu : les Hyènes. Ils avaient pris possession d'un bâtiment dont ils avaient fait leur quartier général. White Bear le leur indiqua sur leurs cartes. Quelque chose devait s'y passer un jour prochain. Il leur donna également son avis sur les personnes à qui profitaient la situation actuelle. Les mercenaires, l'église et les pompes funèbres.

Soi Fon Mangetsu

Les deux jeunes femmes apprirent également que le responsable des Corporations Marchandes avait rendez vous avec quelqu'un d'important après demain soir dans un lieu tenu secret. Elle trouvait cela louche sans vraiment pouvoir l'expliquer. Absinthe leur révéla également que l'une des victimes connues, Kalan Teisei, était une artiste réputée autant dans la ville basse que dans la ville haute... même si dans la ville haute, elle vendait ses toiles sous un pseudonyme et à travers des receleurs. Son art sombre et tourmenté fascinait énormément de monde, en rebutait certains, mais ne laissait jamais indifférent. Elle leur donna l'adresse de sa soeur, Mikan. Peut être parviendraient ils à trouver un indice là bas.
Plus tard, Absinthe leur demanda de partir, un de ses clients allait arriver.


Tout le monde se retrouva à la fontaine comme prévu. Miyu sortit sous bonne escorte, toujours accompagnée de l'assassin qui la salua sans un mot avant de repartir d'où il était venu.
"Personne n'est blessé ?" demanda t-elle sans ambages.
"L'affaire s'annonce encore plus intéressante et complexe que prévue. Nous parlerons de tout cela au dîner, rentrons à l'auberge..." dit elle en entrainant tout le monde à sa suite avant de se tourner vers le "petit" nouveau.
"Tu dois être Toru... moi c'est Miyu Renraku ton professeur. Je suis certaine que nous allons bien nous entendre." affirma t-elle avec un sourire à faire froid dans le dos.
"Que tout le monde reste attentif sur le chemin du retour. On ne sait jamais... et protégez ou dissimulez vos objets de valeur." conclue t-elle en avançant.
A part quelques regards torves pour les garçons ou concupiscents à l'égard de Mangetsu, Miyu et Soi Fon si elle avait stoppé son henge, le retour se passa sans accrocs. Une fois dans la relative sécurité de l'auberge, on vit clairement les épaules de la Renraku se détendre. La jeune maman fit un signe de la main à Koyuki et monta directement à l'étage, ouvrit la porte de leur espace dissimulé. Après avoir jeté son chapeau et sa lourde cape jusqu'à son lit, la junin s'assit sur un fauteuil dans lequel elle s'enfonça avec un soupir d'aise.
"Repos..." minauda t-elle comme si elle était sur le point de s'endormir, les yeux déjà à demi fermés. Un quatuor de secondes plus tard elle ouvrait brusquement les yeux et bondissait comme un ressort jusqu'à la porte.
"Fini !" s'exclama t-elle. "Je vais nous chercher des boissons et on va faire le bilan. Qui veux quoi ?"
Une dizaine de minutes plus tard ils étaient tous assis autour de la table à siroter leurs verres en profitant de quelques amuses-gueules.
"Avant tout je tiens à souhaiter comme il se doit la bienvenue à Toru. Mon grand, tu viens de mettre les pieds dans un sacré pétrin dont tu ne ressortiras certainement pas indemne. Voilà c'est dit. Je te souhaite de survivre à cette mission, contente de t'avoir connue !" s'exclama t-elle joyeusement en levant son verre pour porter un toast. Elle avait un humour assez réfrigérant mais on voyait à ses yeux pétillants qu'elle ne faisait que le taquiner.
"On parlera de tes aptitudes et des notre après. Je vais commencer par vous dire ce que j'ai appris. Ensuite ce sera à votre tour. La ville haute est en pleine ébullition. On se regarde en chien de faïence, persuadés que les Erasers sont en fait une association de gens de la ville basse soutenus par un groupe du haut pour prendre le pouvoir, faire disparaitre les gêneurs etc... un point de vue intéressant qui offre certaines perspectives. La principale attraction du moment dans la ville haute c'est le Dandy. Un gentleman de sang noble qui est arrivé tout droit de la capitale il y a quelques temps de cela. Il s'est rapidement fait connaitre pour les fêtes qu'il organise dans sa villa où l'alcool, la luxure, la drogue et la violence sont toujours présent. C'est également un mécène grand amateur d'art qui s'attache à promouvoir un artiste déjà connu à l'époque du nom de Haikei. Je subodore un pseudonyme mais ça n'engage que moi... le responsable des Corporations Marchandes est apparemment sous tension depuis quelques jours. Il va secrètement accueillir quelqu'un demain chez lui... enfin secrètement, on se comprend. Disons plutôt discrètement. Ce qui n'est pas dans ses habitudes. En général il envoi ses invités dans un palace de la ville haute. Voilà ce que j'ai appris..." dit elle en sortant une feuille de papier de sa poche.
"Koyuki est très occupé ce soir donc il m'a transmis ça... c'est les réponses à tes questions Mangetsu alors... fille du Duc, un mètre cinquante longs cheveux noirs comme l'encre, yeux violet profond, fine de taille, elle a eu quelques problèmes de santé ce qui fait qu'elle est d'ailleurs plus fine que maigre... aha... Galerie Prestige récemment rachetée par... le Dandy... amusant... un seul receleur qui s'occupe de la peinture dans la ville basse... le Scarabée... il a même son adresse génial. Pour le marchand il n'a pas de nom mais apparemment il attend quelqu'un aujourd'hui, demain ou après demain." conclue t-elle en relevant les yeux.
"Bien... à votre tour." dit elle en s'installant confortablement comme une enfant qui se prépare à écouter un conte.

HRP : Je veux tout. Récit, suppositions, bilan en fonction de ce que disent les autres, hypothèses, description de vos capacités pour Toru. :D N'hésitez pas à parler entre vous, il est possible que vous vous retrouviez sur le chemin du retour. Soi Fon/Mangetsu Boyard vous raccompagne à la porte puis à l'entrée du quartier. Si vous voulez faire un truc avec Boyard ou Absinthe vous me prévenez par mp avant de le faire. On peut continuer à se parler par mp pour les dialogues etc mais vous avez l'essentiel d'écrit dans mon post. :) Je vous informe que je ne suis pas là du week end, compétition, aucun accès à internet. Une fois que tout le monde a tiré son bilan, Miyu sort pour aller commander à manger et vous demande pendant ce temps de former deux équipes pour demain sans s'expliquer. Vous vous arrêtez là dessus. :P
On va poster un peu plus normalement les prochains temps, sans dialogues par mp etc... :winkk:
PS : Je suis en retard et je n'ai pas le temps de me relire, donc vous m'excuserez pour les fautes. :oops: Délai fixé à mercredi soir.
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Re: La Commedia Dell' Arte [Acte I]

Message par Mizaki Taro » mar. 27 oct. 2009, 1:30

Alors que le clone allait rentrer dans le bâtiment, Aoshi interpela celui ci ainsi que son original pour leur glisser quelque chose à voix basse.
 « Le prend pas mal, mais cette fois ne t'emporte pas... Enfin, avec un peu de chance elle n'est pas encore au courant de ce qui vient de se passer. Allons-y, je te suis. »
Mizaki n'avait pas à contester cela, il avait déjà un mort à son actif en même pas une heure effective de mission. Les gens ici semblaient avoir une dévotion particulière capable de les pousser au suicide, chose que ne comprenait pas vraiment Mizaki mais qu'il fallait qu'il garde à l'esprit avant de se lancer dans une négociation ou un interrogatoire. La personnalité du jounin faisait qu'il obéissait aux ordres sans jamais vraiment réfléchir à leur bien fondé, il avait fait un écart en laissant parler ce qu'il ressentait face à Moineau, au final cela avait provoqué la mort du gamin. Il fallait enrailler ce type d'écart et redevenir véritablement un ninja au sens propre du terme, un être dénué de tout sentiment et ressenti pendant toute la durée de la mission. Seulement, cela allait être difficile pour Mizaki alors que la mort de Moineau était encore très récente, ainsi il laisserait Aoshi parler et n'interviendrait que quand cela serait nécessaire, ou simplement quand il serait sûr qu'il serait de nouveau lui même. Le jounin ne pleurait jamais les morts qu'il faisait, mais celui ci avait un goût amer qu'il avait du mal à faire passer.

Ainsi, il acquiesça de la tête aux dires du chounin et ouvrit la marche avec son clone, suivant une bonne trentaine de marches plus loin. Le clone reconnut exactement ce que Mizaki avait pu voir dans l'esprit de Moineau, c'était en tout point similaire, ils étaient assurément dans le bon lieu. Mais malgré cela, ni Mizaki ni le clone ne se sentaient véritablement à l'aise dans cet endroit, la faible luminosité, la poussière, le silence, tout cela rendait l'atmosphère particulièrement oppressante. Qui plus est, le clone se mit à ralentir sa marche, il ressentait des présences aux alentours, il avait leurs odeurs, mais cela était bien trop diffus avec toute cette poussière et il était impossible de détecter précisément d'où cela venait précisément. Mizaki aussi commençait à ressentir tout cela mais il était déjà trop tard.
Les pensées de son clone lui parvinrent, les bruits précédent sa disparition, ceux visiblement de multiples projectiles se dirigeant vers lui. Alors que Mizaki venait de recevoir ces éléments un bruit se fit entendre plus haut, à l'endroit où le clone venait de succomber, celui d'une pierre qui venait de frapper les marches. Au moins les projectiles étaient identifiées, mais la situation restait malgré tout peu arrangeante.

 « C'est un piège ... »

La phrase avait été prononcé en gardant les dents serrées, Aoshi avait pu l'entendre avant de voir arriver tout le comité d'accueil. Ils étaient pris en tenaille par ce qui semblait être des adolescents et également cette fois ci des personnes plus âgées, de la main d'œuvre peu cher et peu habile, mais qui par leur nombre représentait une gêne non négligeable. Leurs équipements à tous étaient vétustes, ces gens là n'étaient pas des combattants pur et dur, mais tout comme Moineau ils avaient l'air déterminé, pas une once de peur, pas le style à lâcher prise même dans un affrontement avec des ninja ou des personnes plus fortes qu'eux.
*La Pie sait décidément bien s'entourer … Pas besoin de ninja puissants autour de soi, il faut juste des personnes prêtes à se sacrifier, je n'aime pas cette manière de procéder mais il faut reconnaître que c'est particulièrement efficace, Moineau a bien failli réussir à me tuer ...*

L'un d'entre eux se détacha. Sa prestance était assurément autre que celle des autres, celle d'un leader, lui savait sûrement se battre et avait dû être de bien des affrontements. Cet homme là, il était celui dont il fallait se méfier, celui dont il fallait gagner la confiance pour éviter tout nouvel affrontement, qui même s'il ne s'annonçait pas forcément démesurément difficile aurait compromis toutes leurs chances de pouvoir rencontrer la Pie.

 « Vous n'avez rien à faire dans le quartier des Réprouvés. Partez... sorciers, magiciens, ninjas quoi que vous soyez... ou mourrez. »

Un coup de sifflet se fit entendre, puis le silence s'installa. Mizaki sous son vêtement avait déjà libéré ses mains pour éventuellement lancer un jutsu qui leur permettrait de partir sans faire trop de casse, attendant qu'Aoshi prenne la parole et entame les négociations.

« Doucement doucement ! » commença-t-il d'une voix apaisante.  « On est juste venu bavarder avec la Pie. C'est le Moineau qui nous a dit de nous rendre dans ce quartier. »

Jamais Mizaki n'aurait proféré pareille phrase, il ne savait pas mentir, il était particulièrement mauvais à cet exercice, on le repérait à des kilomètres lorsqu'il mentait, mais force était de constater que le Tsukyo avait pris un ton plutôt convaincant. Le jounin était bien content que ça soit le chounin qui ait parlé, il était difficile de faire mieux pour tenter de calmer les esprits, et cela sembla faire effet sur leur leader.

 « Ah c'est le Moineau qui vous envoie ? D'habitude il accompagne... »
Malgré l'air perplèxe qu'il affichait sur ces derniers mots, toute animosité semblait avoir disparu de son visage, il avait gobé au mensonge d'Aoshi.
 « Bah il est surement resté avec ses copains... il est trop pris par le démon du jeu ces derniers temps... J'en toucherai deux mots à son père quand j'aurai un moment... maintenant tiens. Suivez moi, allons voir l'oiseau... »
Les armes se baissèrent, en une phrase la négociation avait été menée avec brio par le chounin, Mizaki put relâcher ses mains, ils n'avaient plus qu'à suivre. Malgré cela, le visage de Mizaki resta relativement fermé, sérieux, sans aucune émanation de joie, après tout ils étaient toujours au milieu du groupe, ils n'étaient pas en position dominante.

 « Vous êtes qui au fait ? On m'appelle White Bear. Vous êtes une sorte de chaman ? »
White Bear s'adressait à Mizaki, le dévisageant, les yeux rivés sur ses tatouages et ce qu'il devinait être des crocs. Le jounin qui s'était pourtant juré de ne pas décocher le moindre mot allait devoir réviser cette décision, ne pas répondre aurait assurément été un manque de respect pour le vieil homme qui leur avait fait confiance, mieux ne valait pas entacher cela et répondre posément.

 « Nous sommes de Suna, il s'appelle Aoshi et moi Mizaki. Je suis ninja et non chaman, mais en un sens vous n'avez pas tout à fait tort, mon apparence est liée à un esprit de nature, à ce qui est plus communément appelé invocation dans le monde ninja, mais à un stade assez particulier. »
Il s'était présenté et en avait fait de même pour Aoshi, après tout leur hôte l'avait bien fait, c'était le minimum de respect à observer pour pouvoir préserver la confiance qu'il leur avait donné. Il prit alors un air un peu plus solannel et respectueux afin de présenter ses remerciements au vieil homme, remerciements qu'il pensait sincèrement, une nouvelle fois sa personnalité parlait et cette fois ci elle ne risquait pas de froisser la personne.
 « En tout cas, je vous remercie de nous guider comme cela malgré le fait que j'ai envoyé un clone juste avant à notre place pour s'assurer du fait qu'il n'y ait pas de danger. Il est malheureusement rare de nos jours de trouver des personnes qui ne doutent pas du bien fondé des intentions des personnes qu'ils rencontrent. »
Le jounin pensait chacun de ces mots, ce n'était pas de la flatterie mal placée, il était simplement de content de voir que certains étaient capables de garder un minimum de capacité de jugement face à des inconnus.

Alors que Mizaki terminait sa phrase, quelques propos vinrent troubler l'ambiance à l'arrière du groupe. Deux nouvelles personnes venaient d'arriver. White Bear, tous ceux de son groupe, Aoshi et Mizaki, tous étant bien trop occupés les uns avec les autres ils n'avaient pas perçu cette arrivée surprise. Le jounin n'avait pas bien discerné les mots qui venaient d'être prononcés par l'inconnu qui venait d'arriver, mais il se trouvait dors et déjà avec un couteau entre les jambes. De cela Mizaki n'en aurait eu rien à faire si dans les instants qui suivirent il n'avait pas aperçu Shiyu et le bandeau de Suna sur le bras de cet inconnu.
*Merde … Là ça risque de se compliquer ...*

Ce bandeau de Suna, White Bear l'avait surement remarqué également, le rapprochement avec Mizaki et Aoshi qui s'étaient présentés comme étant des ninja venant de Suna était plus qu'évident. Comment après cela ne pas croire à un assaut en deux temps, voir même trois étant donné que Mizaki avait envoyé son clone juste avant... La réaction de White Bear était désormais la seule chose qui importait, celle qui dirait si le lien de confiance établi était rompu, s'il y aurait finalement un combat, ou si la magnanimité de l'homme était importante. Mizaki se figea, fixant White Bear, attendant sa réaction. Malgré cette attention portée sur le vieil homme, Mizkai entendit que Toru se présenta comme un ninja de Suna en mission, il n'y avait donc plus de doute à avoir sur ce sujet là, il était bel et bien avec Shiyu et donc Aoshi et Mizaki.

Le vieil homme n'avait pas l'air d'aimer cela, Mizaki ne pouvait pas vraiment lui reprocher, ces personnes étaient bien de la même équipe et ils ne s'étaient pas tous montrés d'un coup, il n'y avait rien de tel pour aiguiser la méfiance du groupe qui était en position de force. Finalement, Mizaki put s'apercevoir que fort heureusement White Bear n'était pas aussi paranoïaque et méfiant que ses congénères.

 « D'habitude, personne ne passe par ici. Et je n'aime pas trop le fait que ce soient également des ninjas... Mais vous n'avez pas l'air de mauvais bougres... quoique avec les shinobis on est jamais trop sur... voilà ce qu'on va faire... Je vais répondre à certaines de vos questions, puis vous partirez. Je demanderai à la Pie si elle accepte de vous recevoir et nous vous retrouverons pour vous transmettre l'heure et le lieu. »

Même si l'homme avait été des plus magnanimes, au final cette partie de mission venait de se transformer en échec, jamais ils n'accepteraient de les revoir par la suite pour les guider jusqu'à la Pie, surtout lorsqu'ils sauraient que Moineau était mort, Toru et Shiyu venaient de sceller cette partie de la mission, il n'y avait plus qu'à espérer que White Bear soit un grand bavard. En un sens Mizaki regrettait de s'être avancé aussi rapidement dans le batiment avec Aoshi, s'ils avaient attendu quelques secondes de plus alors ils auraient rencontré Shiyu et Toru en bas et auraient fait la monté ensemble.
Il était trop tard pour les regrets de toute façon, ils avaient là une chance inestimable de pouvoir rentrer avec quelques renseignements et sans avoir à livrer le moindre combat. Il ne doutait pas des capacités d'Aoshi et de Shiyu, mais il ne connaissait pas le niveau de Toru, si c'était quelqu'un qu'il avait fallu protéger alors cela aurait compliqué les choses de fort belle manière. En un sens, même s'ils ne rencontreraient finalement pas la Pie et ne la rencontrerait assurément jamais, la situation dans laquelle ils se trouvaient étaient véritablement du pain béni.
*Si à l'avenir on recroise White Bear alors qu'il aura été mis au courant qu'on a menti pour Moineau, alors je pense qu'on lui devra des excuses à la vue de comment il nous traite en ce moment et de la confiance qu'il nous a accordé ...*

Pendant l'échange de paroles qui suivit, Mizaki préféra se taire, laissant les autres parler pour ne pas lui même envenimer la situation avant d'avoir totalement repris le contrôle de lui même. Restant en dehors de la conversation, il en capta les moindres informations afin de pouvoir faire le compte rendu qu'attendrait assurément Miyu à leur retour.

Lorsqu'il eut fini, White Bear leur demanda de retourner sur leurs pas, ce que fit le jounin sans demander son reste, juste en se retournant rapidement pour incliner la tête en guise de remerciement. Une fois tous ressortis, il ne restait plus qu'à suivre les ordres de Miyu en retournant à la fontaine comme elle l'avait demandé. Ils étaient les premiers arrivés, si bien que le jounin se posa en silence sur le rebord de la fontaine, jetant un coup d'œil rapide à Toru qui se trouvait non loin.
*Eh bien, entre Shiyu, lui, et même Miyu, ça en fait des grandes tiges dans cette équipe, si on ajoute à ça ma gueule et le bandeau sur l'œil de Soi Fon on ne peut pas dire qu'on soit l'équipe la plus discrète du monde … Heureusement qu'Aoshi et Mangetsu ressemblent à des humains normaux par rapport à nous tous pour rétablir un minimum l'équilibre.*

Soi Fon et Mangetsu arrivèrent peu après, toutes deux avaient l'air d'être encore en un seul morceau, c'était déjà ça. Soi Fon sembla coincer légèrement sur Toru avant de s'adresser à Mizaki.
 « C'est qui le nouveau ? »
Mizaki détourna brièvement le regard vers Toru, le faciès totalement neutre, poussant un peu plus un de ses cycles respiratoire avant de se tourner de nouveau vers sa coéquipière.
 « Il s'appelle Toru, et comme tu peux voir à son bandeau il est de Suna également. Je ne sais pas exactement dans quelles circonstances il a rejoint le groupe mais je peux te dire que son arrivée dans la mission a été des plus spéciales ... »
L'air de Mizaki laissait transparaitre un léger amusement, maintenant qu'ils s'en étaient sortis sans dégâts il pouvait se détendre un peu plus après tout.
 « Spécial comment ? Ah, à tout hasard, toi et Aoshi ne vous seriez pas promenez dans un quartier avec un squelette enchaîné sur une croix à l’entrée ? »
La fin de la question de Soi Fon interloqua tellement Mizaki qu'il en occultant totalement la première question, ne mettant ainsi pas en garde Soi Fon et Mangetsu contre celui qui semblait être un coureur de jupons de grande classe, capable de continuer à draguer même avec un couteau pointé sur son entre-jambe.
 « Le squelette crucifié ? Oui nous sommes passés devant lorsque nous avons tenté de rejoindre la Pie. Comment sais-tu cela ? Vous étiez dans le même coin également ? »
 « Ouais, on y était, c'est là qu'on a rencontré Absinthe. Boyard vous a décrit à un moment donné, parlant également d'un certain White Bear auquel vous auriez eu à faire. D'ailleurs ça s'est fini comment cette affaire ? »
Un air un peu perplexe se dessina sur le visage de Mizaki qui laissa passer un léger silence avant de reprendre avec un ton un peu plus sérieux qu'avant.
 « Il ne nous a pas laissé aller jusqu'à la Pie, mais il nous a livré suffisamment de renseignements pour ne pas avoir à considérer notre mission comme étant un échec. En tout cas c'est plutot bizarre, qu'on se retrouve dans un même endroit, que Boyard soit au courant des agissement de White Bear, c'est à croire que les deux protégeaient la même personne, que la Pie n'est autre que Absinthe ... »
 « Ça c'est carrément pas impossible mais dans ce cas ça veut dire qu'on a bien sous-estimé l'importance de cette personne. »
Mizaki acquiesça de la tête, puis fut coupé dans son élan pour répondre par l'arrivée au loin de Miyu. Les choses devenaient vraiment intéressantes, et nul doute que cette nouvelle hypothèse formulée par les deux jounin de Kiri risquait de fortement intéresser leur supérieure.

Alors que tous s'étaient relevés pour attendre Miyu, Mizaki remarqua simplement en cet instant qu'il n'avait pas vraiment répondu à la question de Soi Fon concernant le caractère spécial de l'arrivée de Toru dans la mission. Avec deux filles dans l'équipe que Toru découvrait certainement à l'instant, Mizaki commença à redouter qu'une nouvelle séance de charme soit lancée. *S'il se lance sur Mangetsu alors il va finir avec une flèche Tsukyo et deux épées Kukan encastrées dans le crane. S'il se lance sur Soi Fon … Non là faudra que je l'arrête avant, j'ai pas envie d'imaginer ce qui pourrait se produire ...*

Miyu arriva enfin à hauteur du groupe, toujours encadrée par ceux en costume de carnaval avant de les rejoindre et leur demander s'il y avait eu quelques blessures. Mizaki se contenta de faire signe non de la tête puis emboita le pas de celle qui les commandait jusqu'à l'auberge, ne prêtant aucune véritable attention aux regards qui leurs étaient lancés tout au long de la route.

Une fois de retour dans leur espace sans fenêtre, Miyu jeta sa cape et son chapeau avant de s'affaler dans un fauteuil et de proclamer qu'il était temps de se reposer.
*Se reposer ? Maintenant ? Sans faire de bilan ? …......*
Ce que n'avait évidemment pas calculé Mizaki était le temps de repos de leur supérieur qui ne laissa même pas le temps au groupe de se retourner vers leurs chambres respectives.
*.............. Bon au moins ça rassure sur le fait que le bilan va avoir lieu maintenant ...*
Un mélange de consternation et d'amusement pouvait se lire sur le visage de Mizaki qui s'installa à son tour dans un des fauteuils, retirant à son tour son vêtement donné par la Mayoi juste avant la mission de reprise de Suna.

Tous s'étaient installés, se servant dans les rafraichissement apportés par Miyu, puis écoutèrent ce que celle ci avait à dire, du moins en dehors du toast porté à la mort prochaine de Toru...
Ce qu'elle leur raconta ne fit qu'augmenter le sentiment de bordel total qui régnait déjà, tout cela devenait un véritable foutoir, et encore Mangetsu et Soi Fon n'avaient pas apporté ce qu'elles avaient appris de leur coté … Il y avait un lien obligatoirement entre toutes ces choses, des points qui devaient s'entrecouper, mais à cet instant précis c'était encore loin d'être évident.
Cependant, deux éléments firent réagir Mizaki. Le premier fut cet histoire d'artiste, ce Dandy, ce n'était pas la première fois que l'on parlait d'art depuis le début de la mission, Mangetsu avait même déjà posé une question sur d'éventuelles galeries depuis que Koyuki avait parlé des propos de Mikan. Même si c'était bien maigre pour pouvoir dresser un lien entre ces différents éléments, cela restait une piste parfaitement envisageable. La deuxième chose qui interpela Mizaki dans le discours de Miyu fut le sujet des Corporations Marchandes, et pour une fois les informations glanées par le quatuor auprès de White Bear semblèrent totalement s'entrecouper avec ce que venait de dire Miyu. Sur ce point, Mizaki allait sans nul doute réagir. Il laissa d'abord sa chef finir avec ses derniers éléments, ceux apportés par Koyuki en rapport avec les questions de Mangetsu sur la fille du Duc et les galeries d'art, ce qui fit sourire Mizaki tout autant que Miyu, décidément cet aspect « art » semblait plutôt important dans cette affaire.

Fin du discours, la parole était aux subordonnés, si bien que Mizaki s'empressa de répondre à Miyu concernant les Corporations Marchandes pendant que tous avaient les éléments apportés par Miyu bien en tête.

 « Pour commencer nous n'avons pas pu rencontrer la Pie, et je doute qu'on nous laisse la voir désormais. Cela dit, avec Soi Fon nous avons une hypothèse la concernant, elle en parlera au moment de rapporter les mots d'Absinthe.
Dans tous les cas comme nous n'avons pas pu voir la Pie, c'est un de ses protecteurs qui nous a fourni les renseignements à Aoshi, Shiyu, Toru et moi même, à savoir un vieil homme appelé White Bear. Il nous a également parlé des Corporations Marchandes. Il semblerait que ceux ci aient envoyé un émissaire auprès d'un gang appelé Gang de la Banquise auquel appartenait autrefois White Bear. Ils avaient visiblement tenté de marchander une protection contre rémunération mais celle ci n'avait pas abouti. »


Mizaki stoppa là, laissant le soin à un autre membre du quatuor de poursuivre sur les Hyènes avec qui les Corporations Marchandes avaient conclu un accord, sur leur emplacement, ainsi que sur l'agitation des prochaines journées qui semblait parfaitement corroborer les renseignements glanés par Miyu.




[HRP : désolé je n'ai mis aucune question lors de la conversation avec White Bear pour arriver aux renseignements que tu as fourni Miyu, je ne vois pas quelle question j'aurai pu poser avec Mizaki qui auraient pu amener pareilles réponses :oops:, donc plutôt que de mettre des questions qui auraient été hors propos, j'ai préféré dire qu'il restait spectateur de la discussion :P.

Pour le groupe avec qui j'étais, je n'ai apporté qu'une partie des éléments que White Bear nous a dit, histoire que je ne sois pas le seul à avoir quelque chose à dire lors du bilan d'équipe sur les renseignements glanés :winkk: (c'est donc volontaire si ce que dit Mizaki est incomplet par rapport a ce qu'a dit White Bear :)).

En ce qui concerne le bilan et les suppositions, comme tu as mis Miyu c'est en fonction de ce que disent les autres, je ferai donc tout ça dans mon prochain post, une fois que d'autres auront posté :winkk: (il en est de même sur la réaction de Mizaki par rapport à ce que dira Toru sur lui même :)), mais ne t'en fais pas je n'oublie :winkk:.]
Mizaki Taro , d'un certain grade dans un certain village...

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Re: La Commedia Dell' Arte [Acte I]

Message par Soi Fon » mar. 27 oct. 2009, 2:06

Boyard n’avait pas quitté la pièce depuis plus d’une ou deux secondes que la porte du fond coulissa pour révéler une femme dans la trentaine, peut-être plus, mais surtout une femme superbe. Mangetsu s’était approchée avant que la porte ne s’ouvre et Soi Fon avait rapidement laissé tomber Boyard pour s’intéresser à leur hôte, elles étaient là pour elle.
La femme qui était apparue était comme la mère de Soi Fon, le genre de femmes qui passé la trentaine restent magnifiques et qui n’ont rien à envier à toutes les mignonnes de vingt ans. Et également comme la mère à Soi Fon elle portait un beau kimono qui laissait les épaules, la gorge et le haut de la poitrine bien visible, c’était un genre de kimono que les clients appréciaient particulièrement, leur décolleté étant comme une invitation…

Dès le premier coup d’œil Soi Fon comprit d’où lui venait son surnom. Absinthe, la fée verte. La femme qui se tenait à présent face à elles avait les cheveux et les yeux d’un vert émeraude peu commun mais qui venait encore ajouter à son charme. Enfin une pointe de rouge à lèvre rehaussait le teint pâle de la prostituée.
Immobile, à l’exception de l’une de ses mains qui agitait un éventail blanc, elle prit la parole d’une voix suave, leur demandant ce qu’elle pouvait pour leur plaisir. *Ça change de Boyard… mais serait-elle si charmante si elle n’était pas payée pour cela ?*
Restant en retrait, Soi Fon laissa Mangetsu parler la première puisque la junin était censée n’être qu’un simple garde du corps. La chunin se chargea de faire les présentations, vantant au passage la compagnie d’Absinthe.

Les deux kunoichi pénétrèrent dans la pièce où se trouvait Absinthe. De la salle d’attente Soi Fon avait déjà pu avoir un aperçu de ce que donnait le "bureau" de la prostituée et il n’y avait pas à dire, tout avait été fait pour que le client puisse être à son aise entre le grand lit, l’alcool et l’opium mais aussi une bibliothèque bien que la junin doutait que les clients payent pour pouvoir lire mais la dame devait bien avoir à s’occuper de temps à autre. Tout ça sans compter deux coffres contre le mur qui devaient contenir quelques accessoires pour des séances à thème, ou non.
Pour le moment Soi Fon choisit de rester debout, estimant qu’elle était mieux ainsi et puis ça cadrait davantage avec son rôle qui était de veiller à la sécurité de Mara. De son côté Mangetsu prit place et lança la conversation pour de bon lorsque Absinthe lui apporta le thé qu’elle avait suggéré au moment des présentations. ‘‘Ah, merci beaucoup. C’est vraiment un plaisir que de me trouver ici mais Naza est une ville bien étrange et surtout dangereuse. Je ne parle pas des voleurs à la sauvette ou des petits agresseurs mais j’ai entendu parler de disparitions étranges, on parle d’une légende locale, celle des Erasers, cela vous dit-il quelque chose ?’’

Avant de répondre, la prostituée dévisagea un instant Mangetsu, plissant les yeux, peut-être un peu méfiante à l’évocation de ce groupe qui semait la peur sur la ville depuis des semaines, si ce n’est des mois. Puis l’air soucieux elle entreprit de répondre en leur expliquant qu’elle trouvait cette organisation réellement effrayante, surtout qu’elle semblait agir sans but apparent, la prostituée s’interrogeait également sur la portée des actes des Erasers, puisque s’ils s’en prenaient avec succès à des gens de plus en plus importants jusqu’où iraient-ils. *Et s’arrêteront-ils à la ville ? Hu, ils s’arrêteront lorsqu’on les aura chopés et qu’on leur aura botté le cul.* Absinthe poursuivit ensuite en soulevant un point intéressant, qui était les limites de l’influence des Erasers, et il était vrai qu’on ne pouvait pas affirmer qu’ils se limitaient à faire disparaître des gens, qu’ils les enlèvent ou non. Cependant la junin ne s’inquiétait pas trop de tout ceci, le phénomène semblait se cantonner à la ville pour le moment et il était inutile de sombrer dans la paranoïa en imaginant dès lors le pire.

Voyant qu’Absinthe avait fini de répondre, Soi Fon l’interrogea sur le milieu des prostituées, les deux kunoichi l’avaient rencontrée parce qu’elle connaissait bien ce milieu, et pour cause, et il pourrait être utile de connaître la situation des différents milieux vis-à-vis des Erasers. ‘‘Et qu’en est-il des prostituées ? Ne pâtissent-elles pas trop de la présence de ces Erasers ?’’
‘‘Je reçois occasionnellement un haut magistrat et il m’a confié que pendant son enquête il a découvert que plusieurs femmes de la profession ont disparu… mais personne ne s’en était rendu compte jusque-là. Il suppose qu’il y en a bien plus… sans compter les mendiants, les voleurs…’’ Soi Fon n’en doutait pas un instant, ceux de la ville haute ne devaient pas en avoir grand-chose à faire, quant aux autres ils avaient bien assez à faire avec leur propre misère -quoique la solidarité est parfois bien plus importante chez ceux qui n’ont rien- mais de toute façon avec ce processus faisant perdre le souvenir des victimes à leurs proches, cela rendait la tâche difficile.

‘‘…l’organisation ne s’est réellement faite connaître que récemment lorsqu’elle s’est attaquée à de plus gros morceaux apparemment plus difficiles à effacer… je ne connais pas le processus, j’y réfléchis mais je n’ai aucune idée concrète de comment ils s’y prennent et mon amant est aussi perplexe.’’ Plus difficiles à effacer, parce qu’ils avaient une plus grande importance dans le fonctionnement de la ville ? Sans doute, la richesse ne changeant rien à l’affection qu’on éprouve pour un proche. *Elle réfléchit au processus d’effacement. Es-tu simplement une fille intelligente ou bien es-tu allée jusqu’à t’impliquer réellement dans cette affaire ?*
‘‘Donc pour répondre clairement à votre question : je n’en sais rien, mais je suppose que oui.’’ Conclut-elle avec un sourire contrit.

Les bras croisés, Soi Fon poursuivit sur sa lancée, une seconde question lui venant à l’esprit. ‘‘Y avait-il un point commun quelconque entre les disparus ? Pour ce que j’en ai entendu ils n’avaient pas de lien entre eux, mais ça peut être le moment de leur disparition, des lieux en particulier… ça ne doit pas être évident de répondre à une telle question mais j’ai de très bonnes amies qui exercent ta profession, si ma maîtresse me le permet j’aimerais prendre part à l’affaire.’’
‘‘Du peu de disparus dont j’ai eu connaissance… la majorité viendrait des bas quartiers. La toute première victime des hauts quartiers dont on a eu connaissance c’est la fille du duc. Erreur ou fait exprès ?
Du reste… il n’y a pas de point commun… je ne suis pas sûre que ce soit par-là qu’il faille chercher.’’
C’était plutôt prévisible, Absinthe ne pouvait être au courant de toutes les disparitions mais peut-être avait-elle entendu quelques confessions faites sur l’oreiller. *La fille du duc serait également l’une de leurs victimes. Surprenant, surtout que j’ai cru comprendre que son père était dans tous ses états. C’est un kidnapping normal, ou bien une fugue mais ça ne correspond pas aux autres disparitions. La situation actuelle est propice à ce genre d’erreurs.*

Mangetsu reprit la parole à ce moment pendant que Soi Fon réfléchissait à ce qu’elle venait d’entendre. ‘‘Ce magistrat a-t-il déjà obtenu des résultats avec son enquête ? Je veux dire en dehors du fait qu’il ne sait pas encore comment les Erasers s’y prennent pour faire disparaître les gens.’’
‘‘Pour l’instant non, rien. Ou bien il ne m’en informe pas. Il faut croire que l’organisation fait bien son boulot.’’
Ou peut-être que le magistrat était de mèche mais la possibilité qu’il n’en parle simplement pas à la prostituée n’était pas non plus à exclure.

Elles n’eurent pas le temps de poursuivre car un coup de sifflet se fit entendre soudain, Soi Fon faisant déjà un pas vers la porte de la pièce, se demandant ce qui pouvait bien se passer. ‘‘Qu’est-ce que…’’ Le son semblait provenir de loin mais il restait parfaitement audible. Soi Fon n’eut pas le temps de formuler sa question, percevant déjà des bruits de pas de l’autre côté de la porte qui au bout de quelques instants s’ouvrit sur Boyard, rougeaud, le couteau à la main et surtout furax. Il commença en s’adressant à Absinthe, pour lui signaler un problème, Soi Fon devant se mordre la lèvre pour ne pas éclater de rire à l’évocation des deux intrus qui ne pouvaient être qu’Aoshi et Mizaki. Il était également question d’un certain White Bear qui allait s’occuper d’eux. *Ben voyons, j’espère pour lui qu’il a une véritable armée dans ce cas.* Mine de rien, la situation était assez tendue, surtout lorsque Boyard évoqua la possibilité qu’il y ait un rapport entre la présence des intrus et eux, enfin elles mais Soi Fon se faisait passer pour un homme pour le moment.

La main sur la poignée de son épée, Soi Fon répondit aux accusations de Boyard sans la moindre hésitation, reprenant un peu le style de son vis-à-vis dans sa réponse. ‘‘Serait-ce des menaces que je perçois ? Et pourquoi leur présence devrait-elle avoir un rapport avec nous ?’’ En son fort intérieur la junin espérait sincèrement que Mangetsu n’allait pas faire de connerie, qu’elle saurait rester maîtresse d’elle-même malgré le fait qu’Aoshi semblait en danger mais la jeune fille ne bougeait pas pour le moment, fixant sa tasse. Soi Fon n’avait pas de mal à imaginer ce qu’il se passait dans la tête de la chunin mais elle ne pouvait pas faire grand-chose pour elle, pour le moment.
‘‘C’est le mot je crois oui, mercenaire. Le rapport est dans la fonction. Ils ont tout de guerriers étrangers et l’un d’eux a des cheveux blonds comme ta maîtresse. L’autre est du genre sauvage comme toi et il dégage le même genre d’aura de danger. Ils évoluent en duo tout comme vous. Je me permets de supposer qu’ils sont de votre secte… un brin parano je vous l’accorde mais le moins que l’on puisse dire c’est que la ville grouille d’étrangers et de plus de dangers que d’ordinaire…’’
‘‘Putain de hasard hein.’’ Lui dit Soi Fon en relevant le menton même si en vérité ça faisait effectivement énormément de coïncidences. *Tu me trouves sauvage ? T’as encore rien vu mon pote.*

Refermant son éventail d’un coup sec, la prostituée attira l’attention générale et la désapprobation de Boyard qui tourna malgré tout les talons et quitta la pièce en refermant la porte derrière lui. Avec une certaine douceur, Absinthe reprit la parole. ‘‘Où en étions nous… ?’’
Ce fut Mangetsu qui lui répondit, posant une question des plus pertinentes. ‘‘Je me demande, ces Erasers, quelqu’un les a-t-il déjà vus ? Et comment sont-ils décrits dans la légende ?’’
*Bien vu Mangetsu !*
‘‘Dans la légende urbaine ? Ce sont soi-disant des ombres qui entourent leurs victimes d’un linceul funèbre. Au moment où ils les enserrent, les souvenirs de ces mêmes personnes le sont également et disparaissent de la mémoire des gens qui les connaissent.’’ Étrange, quoique des trucs bizarres ça n’est pas ce qui manque dans les légendes. *Superstitions, rien de plus. J’en ai vus des trucs bizarres depuis l’académie mais c’était toujours des humains… au moins en partie, et puis il y a également nos chères mascottes mais un linceul d’ombre… Nan, c’t’une légende, rien de plus.*

‘‘Bien et au sujet de l’attraction principale actuelle, à qui profiterait-elle le plus ?’’
Absinthe s’accorda un temps de réflexion, puis répondit : ‘‘Les premiers auxquels je pense, ce sont les mercenaires. Ils sont engagés par un peu tout le monde à des tarifs variables… ils trouvent ici du travail, de l’argent, des femmes, de l’alcool et de la drogue.’’ Ça donnait envie de les engager ça… des drogués obsédés.
‘‘Le deuxième qui est un des piliers de la ville, c'est le Hiérarque. La fréquentation des temples pose même parfois problème, des gens se jettent en larmes sur les prêtres pour qu’ils les bénissent, les églises sont pleines à craquer, la ferveur de certains tend au fanatisme et cela devient inquiétant. Les dons sont parfois extrêmement élevés et le nombre d’enfants offerts pour être instruits sur la Voie n’a jamais été d’une telle ampleur.
Le troisième et dernier auquel je pense… eh bien c’est les pompes funèbres. C’est presque idiot de dire ça mais là c’est la période en or. Des gens commandent des cercueils, on inscrit déjà des noms sur les plaques funéraires histoire de ne pas disparaître, on achète des voeux et on écrit les noms des personnes chers à notre coeur sur des morceaux de tissu qu’on noue aux arbres de la Vie des temples, le tout bien sûr s’achète aux pompes funèbres. Je me demande d’ailleurs comment les croque-morts font pour garder une mine austère et triste ces temps-ci.’’
Un sourire sans joie se dessina sur son visage alors qu’elle achevait de répondre à Soi Fon.

Par la suite Absinthe les informa également que le responsable des Corporations Marchandes aurait rendez-vous avec une personne importante dans un endroit secret. *Sans doute celui que Koyuki a nommé le Marchand.* La prostituée trouvait cela louche, Soi Fon ne voyait pas exactement ce que cela venait faire dans la conversation et leva un sourcil à cette évocation, se demandant si ça n’était pas un moyen de nuire à quelqu’un par leur intermédiaire dans l’hypothèse où Absinthe aurait compris à qui elle avait à faire… *Bon, on verra ça avec le reste de l’équipe un peu plus tard.*
Recentrant sur le sujet, Absinthe leur apprit que l’une des victimes se nommait Kalan Teisei et qu’il s’agissait d’une artiste célèbre dans toute la ville. Kalan était établie dans la ville basse mais ça ne l’avait pas empêchée de vendre ses toiles dans la ville haute également, bien qu’elle ait dû prendre un chemin détourné pour cela. Absinthe leur parla d’un art sombre, même macabre qui avait su trouver son public. La prostituée leur donna l’adresse de la sœur de l’artiste, une certaine Mikan… *D’accord, là c’est certain il faut qu’on la rencontre.*
‘‘Connais-tu le pseudonyme qu’elle utilisait ?’’
‘‘Oui, c’est Haikei.’’ Soi Fon nota soigneusement ce détail dans un coin de son esprit.

La prostituée finit par leur demander de partir, l’un de ses clients n’allait pas tarder. Elle ne leur avait rien demandé pour prix de ses services, bonne chose pour elles, mais cela signifiait certainement qu’elle savait que le duo n’était pas ce qu’il prétendait être. ‘‘Merci pour cette conversation Absinthe. Peut-être pourrons-nous aider, qui sait ?’’
‘‘Pas moi en tout cas.’’ Lui répondit la prostituée tout en refermant la cloison séparant sa chambre du couloir, sans doute pour pouvoir se préparer pour l’arrivée de son client, peut-être même le magistrat dont elle leur avait parlé.

Dehors Boyard les attendait, assis sur l’escalier de quatre-vingt cinq marches qui donnait sur l’appartement où exerçait Absinthe. Se levant, il leur demanda de remettre leur bandeau puis les guida en sens inverse jusqu’à la sortie du quartier de la même manière qu’à l’aller. Une fois de retour à l’endroit où était enchaînée la croix au squelette, il les autorisa à retirer leur bandeau. Là Soi Fon se tourna vers lui, sentant la Sorcière réagir et s’étendre sur son bras. La junin la laissa faire, puis sans une once d’hésitation elle expédia son poing droit en plein dans la mâchoire de Boyard qui craqua sinistrement. *Chose promise, chose due ma poule.* Boyard fut propulsé en arrière sur huit mètres avant de tomber en arrière, la mâchoire certainement brisée. ‘‘J’t’avais bien dit que tu en viendrais à regretter la lèvre fendue de cette pauvre fille. Allez, à la prochaine.’’

Prenant le chemin inverse, les deux kunoichi prirent la direction de la fontaine pour y retrouver Miyu. Il était d’ailleurs largement temps, sans pour autant qu’elles soient en retard. Là-bas Soi Fon s’assura une dernière fois qu’elles n’étaient pas suivies puis elle rompit son henge pour retrouver le restant de l’équipe ainsi qu’un nouveau venu. La Kirienne ne fit pas de commentaire quant à sa présence parmi eux mais s’approcha de Mizaki pour lui glisser quelques mots à mi-voix. ‘‘C’est qui le nouveau ?’’
‘‘Il s’appelle Tôru, et comme tu peux voir à son bandeau il est de Suna également. Je ne sais pas exactement dans quelles circonstances il a rejoint le groupe mais je peux te dire que son arrivée dans la mission a été des plus spéciales…’’ Lui répondit Mizaki l’air légèrement amusé.
‘‘Spéciale comment ? Ah, à tout hasard, toi et Aoshi ne vous seriez pas promenés dans un quartier avec un squelette enchaîné sur une croix à l’entrée ?’’
L’air un peu étonné, Mizaki reprit, oubliant complètement la première question de Soi Fon qui ne s’arrêta pas à cela. Ça n’était pas le plus important. ‘‘Le squelette crucifié ? Oui nous sommes passés devant lorsque nous avons tenté de rejoindre la Pie. Comment sais-tu cela ? Vous étiez dans le même coin également ?’’
‘‘Ouais, on y était, c’est là qu’on a rencontré Absinthe. Boyard vous a décrits à un moment donné, parlant également d’un certain White Bear auquel vous auriez eu à faire. D’ailleurs ça s’est fini comment cette affaire ?

L’idée qu’Absinthe puisse également être la Pie était en train de germer dans l’esprit de la junin et à coup sûr dans celui de son équipier également et le fait qu’il parle simplement de tenter de rejoindre la Pie devait dire qu’ils avaient échoué de ce côté-là.
Un peu perplexe, Mizaki répondit après un instant, toute trace d’amusement l’ayant à présent quittée. ‘‘Il ne nous a pas laissés aller jusqu’à la Pie, mais il nous a livré suffisamment de renseignements pour ne pas avoir à considérer notre mission comme étant un échec. En tout cas c’est plutôt bizarre, qu’on se retrouve dans un même endroit, que Boyard soit au courant des agissements de White Bear, c’est à croire que les deux protégeaient la même personne, que la Pie n’est autre que Absinthe…’’
‘‘Ça c’est carrément pas impossible mais dans ce cas ça veut dire qu’on a bien sous-estimé l’importance de cette personne.’’ Renchérit Soi Fon, contente de voir que son équipier avait eu le même raisonnement qu’elle.

Miyu les rejoignit à ce moment, accompagnée de son contact et sous bonne escorte, mettant ainsi fin à la conversation des deux Kiriens. L’assassin salua la jeune femme puis repartit avec l’escorte en direction de la ville haute qu’il avait quittée avec la Renraku seulement quelques instants plus tôt.
‘‘Personne n’est blessé ?’’ Leur demanda Miyu sans détour.
‘‘On va bien toutes les deux.’’
Selon la junin l’affaire était encore plus complexe que prévue mais ils en reparleraient au Masque Rieur vers lequel ils se dirigeaient déjà. Pendant qu’ils marchaient, elle se tourna vers Tôru pour se présenter, sachant visiblement qui il était. Elle leur conseilla également de rester prudents sur le chemin du retour, autant pour eux-mêmes que pour leurs possessions. Soi Fon se contenta d’acquiescer à la dernière remarque de la junin, il y avait peu de chance qu’on s’en prenne à leur groupe mais ça ne leur interdisait pas la prudence.

Hormis quelques regards de travers ou enamourés ils n’eurent pas le moindre problème jusqu’à l’auberge où ils purent voir Miyu se détendre enfin. Soi Fon également était restée sur le qui-vive durant le trajet, comme dit la prudence était de mise mais une fois dans l’auberge on pouvait se détendre, au moins en partie. Rester sur le qui-vive en permanence était bien une possibilité mais c’était trop astreignant alors si on pouvait éviter… c’était pas plus mal.
Après avoir fait signe à Koyuki, Miyu monta à l’étage où ils pénétrèrent dans leur appartement. Soi Fon se détendit pour de bon et Miyu s’installa dans un fauteuil où elle se reposa durant… quatre secondes ? Soi Fon secoua la tête de gauche à droite en levant les yeux au ciel. *RI-DI-CULE.* Surtout la façon dont elle joua les piles électriques l’instant d’après… Le pire c’est que ça ne surprit qu’à moitié Soi Fon qui s’était habituée aux délires de Miyu.
‘‘Je vais nous chercher des boissons et on va faire le bilan. Qui veut quoi ?’’ Leur demanda la junin.
‘‘Un Ninja-Cola pour moi, merci.’’

Quelques minutes plus tard ils étaient installés autour de la table de la pièce principale avec leurs boissons et quelques mignardises. Miyu commença par souhaiter la bienvenue à Tôru… à sa façon, lui parlant comme s’il était déjà condamné à mort mais à voir le regard plein de malice qu’elle avait, il était aisé de voir qu’elle plaisantait, pourtant le danger était bien réel. ‘‘Bienvenu dans l’équipe, ouais.’’ Renchérit la Kirienne.

Repoussant les habituelles descriptions d’aptitudes pour la fin du débriefing, Miyu commença par leur dire ce qu’elle avait appris de son côté. Selon elle les gens de la ville haute craignaient que les Erasers soient en fait une organisation composée de gens de la ville basse qui auraient le soutien de personnes de la ville haute, autant dire que ça ne les avançait guère, et que ce serait un joyeux bordel si tel était le cas. *Ceux du haut, ceux du bas, autant dire tout le monde mais pour le moment il n’y a pas eu de disparitions dans la ville haute qu’on puisse imputer à coup sûr aux Erasers, quoique.*
Un certain "le Dandy" fut également évoqué. Un noble venu de la capitale, probablement celle de Tsuchi no kuni, et qui organisait de fastueuses réceptions pour tous les tordus et déviants de la ville haute. Soi Fon fit craquer ses phalanges en entendant cela, elle ne l’avait pas encore vu que ce type la répugnait déjà car si chacun était libre de faire ce qu’il voulait de son corps, elle doutait que les actes violents soient perpétrés sur des volontaires. Ce même Dandy promouvait également l’artiste du nom d’Haikei, soit la sœur de Mikan.

Enfin la junin leur fit savoir que le responsable des Corporations Marchandes avait un rendez-vous demain, un rendez-vous qui se ferait en toute discrétion contrairement aux habitudes de cet homme selon Miyu. *Voila qui recoupe ce que disait Absinthe.* La junin poursuivit en transmettant à Mangetsu quelques informations que Koyuki lui destinait, concernant le physique de la fille du Duc, une galerie d’art qu’avait rachetée le Dandy et enfin un receleur qui s’occupait du domaine de la peinture pour la ville basse, un certain Scarabée. *Sans doute un pseudonyme. Toujours des pseudos, des surnoms… tss. Bon, on a son adresse, peut-être était-ce lui qui s’occupait de revendre les peintures de Kalan.* Pour finir le Marchand avait un important rendez-vous prochainement, si ce n’était aujourd’hui, peut-être avec le Dandy, mais peut-être pas, ce serait un peu trop facile.

En ayant terminé, Miyu les invita à lui raconter ce qu’eux avaient appris. Ce fut Mizaki qui poursuivit, mais les renseignements qu’Aoshi, Shiyu, Tôru et lui-même avaient obtenus de leur côté semblaient bien minces, si ce n’est que les Corporations Marchandes avaient sollicité la protection d’un gang appelé le Gang de la Banquise mais que cela s’était soldé par un échec. En réalité il n’avait énoncé qu’une partie de ce qu’il avait appris et laissait le soin à ses équipiers de compléter, mais Soi Fon en profita pour prendre la parole, pensant qu’il avait fini.

Se penchant en avant, les mains jointes et les coudes posés sur la table, Soi Fon se lança dans un résumé de ce que Mangetsu et elle avaient appris. ‘‘Mangetsu, si tu vois que j’oublie un détail, n’hésite pas à compléter. Nous avons donc rencontré Absinthe.’’ Elle tourna son regard vers Tôru. ‘‘Il s’agit d’une prostituée importante. Elle n’a entendu parler que de peu de disparus mais la majorité seraient des bas quartiers et la toute première victime des beaux quartiers ne serait autre que la fille du Duc mais je doute que cette disparition soit l’œuvre des Erasers si son père est au courant.
Toujours selon Absinthe, les Erasers seraient décrits dans la légende comme des ombres entourant leurs victimes, les emprisonnant en même temps que le souvenir de ces personnes, je doute cependant qu’on ait à faire à ce genre de chose.
Maintenant pendant notre conversation, j’en suis venu à me demander si les Erasers se limitent à faire disparaître des gens, Absinthe semblait inquiète qu’ils réécrivent l’Histoire et s’ils arrivaient à faire disparaître des gens importants de la mémoire collective cette fois, je pense qu’ils en seraient bien capables ; mais bon, on va leur botter les miches avant qu’ils ne nous fassent oublier ce cher Leo.

On a également appris que les mercenaires profitent à fond du phénomène, c’est clair que ça ne doit pas être le travail qui manque pour eux en ce moment même si ceux qui peuvent s’offrir leurs services ne représentent certainement qu’une minorité et visiblement pas la plus touchée. Il y a également le Hiérarque, les gens se réfugient dans la foi, espérant que ça les sauvera, pour ma part j’en doute un peu, et enfin il y a les pompes funèbres, les gens espèrent laisser une trace grâce à des cercueils, des vœux et des décorations en tissu, le tout à leur nom pour qu’on ne les oublie pas.

Il y a également une artiste dont nous a parlé Absinthe, Kalan Teisei, la sœur de Mikan. Elle vend ses œuvres dans les bas quartiers, mais aussi dans la ville haute sous le pseudonyme de Haikei. Donc maintenant on sait qui elle était avant de disparaître. Rencontrer sa sœur ne serait peut-être pas une mauvaise idée.
Maintenant, comme le disait Mizaki, on a une petite théorie à vous soumettre au sujet d’Absinthe. On s’est tous retrouvés au niveau du même quartier, eux pour la Pie, nous pour Absinthe et que ce soit Boyard ou White Bear, ils semblaient tous deux bien décidés à protéger quelqu’un donc on pense qu’Absinthe et la Pie pourraient n’être qu’une seule et même personne, par contre bonjour l’influence dans ce cas…

Bon, par rapport à ce que tu disais Miyu, la théorie de ceux de la ville haute c’est bien gentil mais ça n’explique pas pourquoi les gens oublient. Et notre responsable des Corpo Marchandes, c’est le Marchand ? Ou bien c’est un autre gus, si c’est bien lui on peut supposer que cette personne qu’il attend, c’est pour demain. Je pense qu’on devrait lui rendre une petite visite, et ça tente quelqu’un de squatter une fête chez le Dandy ? Je ne serais pas étonnée qu’on y apprenne quelques petites choses intéressantes. Le concernant, tu sais depuis combien de temps il est là par rapport aux disparitions Miyu ?

Je pense avoir fait le tour, Mangetsu, tu vois un truc à ajouter ?’’


Lorsqu’ils se furent tous exprimés sur leurs différentes enquêtes, Soi Fon présenta ses capacités à Tôru. ‘‘Bon, parlons maintenant de nos capacités. Pour ma part je suis une spécialiste du taijutsu et des armes, mais à côté de ça je dispose également de bases dans les domaines du ninjutsu et du genjutsu.’’ Les autres en firent de même et Miyu quitta la pièce pour aller commander à manger, leur demandant de former deux équipes pour le lendemain pendant son absence. ‘‘Même si j’ai l’habitude de bosser avec Mizaki, je pense qu’il faut conserver au moins un junin par équipe, pour le reste on peut mettre un chunin et un genin dans chaque équipe ou bien la jouer de façon plus originale. Faudra voir si Miyu se joint à nous cette fois. Quoi qu’il en soit, Shiyu, je bosserais bien avec toi, t’es le seul qui avait ce qu’il fallait pour m’attaquer la dernière fois.’’ Elle ne dit rien de plus mais Shiyu avait montré qu’il pouvait être intéressant lors de son combat, ou bien c’était les deux autres qui avaient montré qu’ils ne l’étaient pas. La junin eut une pensée pour eux alors qu’ils devaient être en train de faire de l’administratif bien barbant pendant qu’eux enquêtaient ici.
Dernière modification par Soi Fon le mer. 28 oct. 2009, 1:35, modifié 1 fois.
Soi Fon Shinshun junin de Kirigakure no sato, le plus mauvais caractère du pays de l'eau
Bonne. Mauvaise. Je suis la fille avec l'hiroi ken.

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Shiyu Kûkan
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Re: La Commedia Dell' Arte [Acte I]

Message par Shiyu Kûkan » mar. 27 oct. 2009, 22:32

Juste après leur repas à Naza, le chevalier avait été pris à part par sa mentor.
La partie concernant le nouveau genin dessina un léger sourire sur les lèvres du Kûkan. Un indiscipliné à "accueillir". Cela lui rappelait le môme qui avait un jour intégrer son équipe, Chibi. Se souvenant des malheurs "accidentels" qui étaient arrivés au gamin, le franc sourire que Shiyu arborait se riva à ses lèvres.
La suite concernait la mission, là le Kûkan se concentra afin d'assimiler les informations données par sa senseï. White Bear, une brute apparemment, qu'il fallait interroger poliment. Cette dernière recommandation allait surement être dure à suivre. Les pugilistes étaient rarement disposés à livrer des informations calmement. Mais bon, il devrait faire au mieux.
Un simple hochement de tête du chevalier avait visiblement suffit pour signaler qu'il avait bien compris sa mission, car la jônin poursuivit en revenant au sujet du nouveau genin.
"... surtout ne te laisse pas faire avec lui. Avec White Bear non plus d'ailleurs."
Cette phrase fit sourire le genin, il n'était pas vraiment du genre à se laisser faire. Que ce soit par un genin ou par un ours pugiliste.
"Je te fais confiance pour rester inflexible et... convaincant."
Le clin d'œil qui termina cette phrase fit comprendre au Kûkan pourquoi c'était lui qui était assigné à cette mission. L'ombre d'un sourire de rapace flotta sur le visage du chevalier.
"Vous pouvez me faire confiance senseï, je crois que si vous m'avez appris quelque chose, c'est bien de rester inflexible et de ne pas me laisser faire"
Se reconcentrant sur sa mission, il demanda les informations qui lui semblaient nécessaires.
"Par contre j'aurais quelques questions sur le genin. Avons-nous des informations sur lui ? Compétences ? Points fort ? Points faible ? Expériences ?"
Une liste non exhaustives, mais plus il aurait d'infos sur Tôru, mieux il serait capable de s'y prendre avec lui. Une fois de plus l'ombre d'un sourire rapace flotta sur ses lèvres.

La jeune femme sortit de sa cape un petit carnet relié de cuir noir à l'aura presque maléfique qu'elle ouvrit et feuilleta pendant un trio de secondes.
"Toru Kiritani Sakyuu. Elève à problème. Très grand, plus d'un mètre quatre vingt dix. Espiègle et plutôt costaud. Cheveux vert coupés court, peau sombre, vêtements souvent plus pratiques que esthétique... aha forte tête mais peu d'intérêt dans les études... promotion à laquelle personne ne croyait... peut d'expériences de terrain... il va en avoir pour son argent."
La junin ferma son carnet.
"Je pense que ce gosse n'a pas exactement compris l'intérêt du Savoir Martial... mais je suis là pour ça après tout je suis... professeur."
Le ton employé aurait mieux convenu pour s'introduire en tant que "Préposée aux tortures et exécutions".
*Promotion à laquelle personne ne croyait ? Sympa*
"Je me demande bien pourquoi on vous envoie un élève avec des problèmes de discipline à vous" dit il d'une voie pleine d'ironie.
Vérifiant que son bandeau était bien serré et que sa lame coulissait bien dans le fourreau, le genin s'apprêtait à partir.
"Je pense que vous vous en moquez, mais cette mission me convient senseï. On se revoit à 17h30" termina t'il par une révérence exagéré, un sourire espiègle aux lèvres.
Puis il s'en alla, se dirigeant vers l'emplacement marqué d'une croix sur sa carte, vers un Tôru qui ne se rendait surement pas compte de sur quel jônin il était tombé.

Se stoppant net devant la porte, il se retourna rapidement pour s'adressa à Miyu. Il avait posé des questions sur son équipier, et en avait presqu'oublié ses ennemis potentiels.
"Dernière question, White Bear et son gang connaissent-ils les techniques ninjas ?"
"Hum... c'est un grand amateur du coup de poing dans ta machoire no jutsu... il manie plutôt bien aussi la batte clouté... si il faisait du kendo avec il serait à un niveau de maitre. Pour ses acolytes ils manient différentes armes. Couteaux, pierres, gourdins... arcs... c'est tout d'après mes souvenirs." conclua t-elle avec un clin d'oeil.
"Compris, mais sauraient ils reconnaitre une technique ninja ? Ou se laisseraient ils duper par du simple genjutsu ?"
"Ah dans ce sens là. Je pense qu'ils n'y verront que du feu. Tu peux faire un henge en toute tranquillité. Après évite de le faire devant eux... ce genre de manifestations surnaturelles laisse rarement les gens de marbre. Enfin, tu connais le topo." Dit elle en haussant un sourcil.
Ayant les réponses à ses questions, le genin s'éclipsa après avoir rendu son clin d'œil à sa mentor.


Arrivé au rendez vous, le Kûkan aperçut sans mal Tôru, faut dire que la taille aidait …
L'examinant rapidement, il eut un léger sourire en coin devant l'air arboré par le nouveau, il était presque heureux de l'air crâneur affiché par le genin, ça lui rappelait un peu Chibi (sauf vis à vis de la taille ...). Apparemment la taille du chevalier le rendait bien visible aussi, en tout cas Tôru le reconnut sans mal et s'adressa à lui plus que détendu.
"Hey ! Alors c'est toi mon nouveau coéquipier ?"
S'épargnant une entrée fracassante, Shiyu était arrivé en marchant tranquillement, son bandeau bien visible sur son front, l'épée sanglée dans son dos sous sa cape.
"Salut, ouais on dirait bien qu'on va faire équipe tous les deux. D'ailleurs on a déja une mission.
Mais avant, j'aurais voulu en savoir plus sur toi. Si on veut faire équipe faut qu'on connaisse un minimum son équipier.
Tu commences ?"

Tout du long, le Kûkan avait parlé d'une voix calme, aussi paisible que le sourire qui étirait ses lèvres.
Quand à Tôru, il n'hésita pas une seconde à lui tendre la main que le Kûkan saisit.
*Ben en tout cas, il a l'air sûr de lui. Un bon point*
"Moi, c'est Kiritani Tôru. A la base, j'aurais dû être un Sakyuu, mais le clan a préféré zapper mon talent à cause d'un mariage foireux. Enfin. J'suis un mec cool et sympa, mais ça, j'pense que ça se voit déjà, là. C'est ce qui fait souvent craquer les filles d'ailleurs. Faut dire que j'suis plutôt beau gosse dans mon genre aussi, alors forcément, ça aide."
Rien d'étonnant, ce petit discours ne fit que confirmer ce que Shiyu savait déjà. Par contre il ne s'était pas attendu à la suite.
"Et toi, t'es qui ? Hey, d'ailleurs, tu me fais carrément penser aux chevaliers qu'on voit dans les bouquins ! J'crois que t'as mal choisi ton pays, tu dois crever de chaud avec ta cape."
Eclatant de rire, le Kûkan commençait a réellement apprécié le genin. Il ne ressemblait finalement pas à l’idée dont il s’était fait de lui. Indiscipliné peut être, mais pas de quoi fouetter un chat.
"Un chevalier ? Ouais pourquoi pas"
*A quelques petites différence prêt alors …*
"Mais t'inquiètes pas pour moi, ma cape me va très bien. En tout cas c'est à mon tour de me présenter je pense.
Moi c'est Shiyu Kûkan. A la base j'appartiens au clan Kûkan, mais ça a failli être zappé à cause d'une désertion foireuse. En tout cas je suis genin comme toi, j'ai déjà mené quelque mission contrairement à toi. Pour ce qui est de la bogossitude et d'être cool, tu jugeras par toi-même quand on aura le temps"
termina t'il dans un sourire.

Sortant la carte de la sacoche sous sa cape, Shiyu poursuivit d'une voix plus sérieuse.
"Maintenant qu'on a fini avec les formalités, on va pouvoir s'y mettre. La première partie de notre mission consiste à trouver White Bear. D'après ce que j'en sais, c'est un chef de gang qui se passionne pour les combats de rue. Pour des raisons personnelles, il se défoule dès qu'il en a l'occasion.
En théorie on devrait le trouver par là"
dit il en montrant une des croix présente sur sa carte.
"Une fois qu'on l'aura trouvé, on devra découvrir ce qu'il sait à propos des Erasers, une organisation liée à Naza. Ainsi que sur les mouvements de gangs et sur les rumeurs récentes.
Nous avons pour instruction de procéder poliment."
Dit-il dans un regret ironique
"Lorsque nous en aurons terminé nous avons rendez vous avec Miyu-senseï vers 17h30 là bas" termina t'il en montrant du doigt une autre croix sur la carte.

D'une voix soudainement bien plus rieuse, il ajouta.
"Si tout se passe bien, on sera en avance sur l'horaire prévue"
*Mais bon, ça m'étonnerait que tout se passe bien. Rien n'est jamais facile*
"Voilà notre résumé de mission, si tu as des questions c'est maintenant" un léger sourire clôtura sa phrase.
"J'en ai oui. Vous avez déjà mangé ? Parce que je crève la dalle, perso."
Le Kûkan préféra ne pas répondre, laisser passer un blanc
"Plus sérieusement, ça m'a pas l'air bien compliqué. Y a juste le nom qui fait peur, mais en général c'est toujours comme ça avec les gangs. En primaire, moi et mes potes on avait formé un truc qui s'appelait les Crocs du Tigre. Tout le monde flippait, mais le jour où les mecs de l'Académie ont débarqué, j'peux te dire qu'on s'est pris une sacrée volée."
Une fois de plus il préféra ne rien dire, se contentant de se mettre en route vers l’emplacement approximatif de White Bear.

Seulement à cet endroit il n’y avait rien qui ressemblait à un quartier général, mais alors rien du tout. Et le Kûkan avait bien prendre de la hauteur pour mieux observer les environs, ils ne voyaient rien de spécial. Les deux genins se mirent donc en quête de renseignement, après tout peut être que le gang ne voulait pas être remarqué et donc qu’il se trouvait dans le coin, même si cette théorie semblait un peu tiré par les cheveux pour un gang apparemment connu.
Au final, ils demandèrent leur chemin à un mendiant, qui leur annonça que cela faisait un bon moment que White Bear avait "déménagé" …
*Faudra que je pense à dire à Miyu ce que je pense des ses infos …*

Se rendant cette fois ci au bon endroit, un endroit charmant d'ailleurs …
Faut dire que le squelette cloué et pendu en l'air … c'est la grande classe …
Le sortant de ce spectacle morbide, un sifflet retentit. Sans une hésitation, Shiyu se dirigea vers le bruit, sa main avait déjà volé vers la garde de sa lame. Jurant contre cet instinct de plus en plus sanglant, il se força à lâcher son arme qui a son tour siffla à ses oreilles.
Il dût reconnaitre qu'il avait de plus en plus de mal à ne pas dégainer à la moindre alerte.
*Mangetsu avait peut être raison en fait*
Il rejeta immédiatement cette pensée, il n'avait jamais fait plus que ce qui était nécessaire. Il en était certain.

Se recentrant sur le présent, le chevalier poursuivit sa recherche du siffleur, pour tomber sur une scène qui le poussa à nouveau à agripper la garde de l'épée. Mizaki et Aoshi étaient entourés par des dizaines de personnes. Et vu les "armes" qu'ils brandissaient ce n'étaient pas vraiment des amis.
Il pouvait aussi aisément reconnaitre White Bear. La cible de sa mission était juste devant ses deux équipiers.
Evaluant la situation, Shiyu fut ravi de constater que la plupart de leurs adversaires n'avaient rien de vrais guerriers, et leur "armes" étaient presque risible. Les 4 ninjas avaient leur chance face à une telle troupe, même s'il ne connaissait rien des compétences de Tôru, il avait pu avoir un aperçu de celles de Mizaki …
White Bear serait par contre un problème, contrairement à son gang il avait l'aura des combattants endurci et devait être vétéran de bien des batailles. Et comme si ça ne suffisait pas il devait rester vivant pour être interrogé.
Mais Shiyu et Tôru avait l'avantage de l'effet de surprise, personne ne les avait remarqué. Le Kûkan pouvait sans mal monter sur le toit pour éliminer les archers si cela s'avérait nécessaire.

Mais pour le moment il voyait que le trio parlait, et visiblement les négociations avaient réussi puisque les armes s'abaissèrent. Poussant un soupir le chevalier était heureux de la tournure des événements.
Du moins jusqu'à :
"Salut toi. On se serait pas déjà croisés par hasard ?"
*Néh ?*
Se retournant, Shiyu aperçut que le nouveau genin s'était lancé dans un plan drague.
*Mais quel con !*
"Je ne crois pas non... je me serai souvenu d'une girafe pareil..."
En plus de ça Tôru se retrouvait maintenant avec un couteau entre les cuisses, et tout le monde les avait maintenant remarqués. Comme si ça ne suffisait pas cela avait sans doute ruiné les négociations d'Aoshi et de Mizaki.
Et s'en même accorder d'importance à l'air pas commode de White Bear et des armes qui s'étaient relevés, Tôru continuait son flirt.
Là, tout de suite, Shiyu se demandait qui il allait devoir tuer en premier. Tôru ou la troupe qui n'allait sans doute pas tarder à attaquer ces ninjas qui semblaient plus que suspect ?
Dire qu'il avait commencé à apprécier le genin …

Le temps semblait comme suspendu, tout le monde attendant un signal, quel qu'il soit. Car tous (mis à part Tôru bien sûr : lol: ) étaient prêt à bondir, à attaquer, à frapper. Et il semblait que ce signal se tenait dans le poing levé de White Bear.
Mais le guerrier était visiblement de bonne humeur, car il accorda le bénéfice du doute aux shinobis. S'asseyant sur un bloc de pierre, il se proposa de répondre à leur question. Pour Shiyu sa mission était bien parti … du moins la deuxième partie, celle qui ne parla pas "d'accueillir" Tôru. Par contre il parla d'une Pie dont le Kûkan ignorait tout. Elle était sans doute liée à la mission de Mizaki et Aoshi.
L'arrivée du duo surprise avait surement fait foiré ce que ses deux équipiers avait tenté. Et pour ça le Kûkan s'en voulait, et en voulait encore plus à Tôru. Son sang bouillait contre le genin qui avait tout foutu par terre, il aurait laissé sa colère éclater si cela avait été possible dans les conditions actuelles. Mais ce n'était que partie remise.

Lorsque le chef de la Banquise se mit à parler, Shiyu put voir que Tôru continuait à brancher, il se foutait carrément de sa mission. Lui aggripant l'épaule, le Kûkan la lui broya tout en lui chuchotant :
"Au cas où tu l'aurais oublié, on a une mission"
"Je sais. C'est pour ça que si jamais t'as un problème, je suis là. Mais ça a l'air d'être bon là, non ?"
Devant cette réponse, le chevalier dût faire un sacré effort sur soi pour ne pas l'envoyer voler au loin, avec un bras en moins.
Se calmant, il poussa un long soupir.
"Il faut récolter des infos, ça serait pas mal du coup que tu t'intéresses à ce qui se dit, non ?"
Tôru se contenta de hausser les épaules, du moins celle que Shiyu n'était pas en train de broyer.
"Bah, tu me raconteras."
"Une fois quand sera rentré, faudra que je te parle, et je crois que tu vas regretter ton ancien groupe" dit il d'une voix froide, le visage fermé, ne prêtant même pas attention au regard j'men foutiste que Tôru lui lançait.
Il lâcha l'épaule du genin pour s'approcher de White Bear.

En tout cas, point positif, ce dernier répondait sans problème à leurs questions. Il leur parla d'une demande du responsable des Corporations Marchandes, refusé pour raison d'éthique. Puis des Hyènes.
Quand ce nom fut prononcé le teint du chevalier vira au blanc, il crût que sa mâchoire allait se décrocher. Refermant la bouche il déglutit difficilement, il avait totalement oublié sa colère pour Tôru.
Les Hyènes … Pourquoi fallait il qu'ils refassent leurs apparitions ? Pourquoi le Chaos s'acharnait il sur lui ?
Deux ombres surplombaient à présent le Kûkan qui malgré ses presque deux mètres semblaient s'être rétrécit. Il pouvait sentir les regards des deux présences le transpercer de tout part. Il n'était plus qu'une victime silencieuse, broyé par le poids du souvenir, écrasé par les remords, brisé par la réalité.
Pour lui tout avait disparu, ne restait plus que les ombres qui continuaient à le dominer malgré le temps qui avait coulé. La dernière fois que ces regards l'avaient pénétré, il avait failli déserter, et il n'était pas persuadé d'être plus fort qu'à l'époque.
* Pourquoi êtes-vous encore là ? Pourquoi vous acharnez vous ?*
Les présences muettes se contentèrent de continuer à le fixer, les yeux vides rivés sur le chevalier, ou plutôt sur le gamin qu'il était redevenu.
Le temps n'avait plus d'emprise sur lui, seuls les deux ombres existaient. Combien de minutes passèrent ? D'heures peut être ? Ou alors de secondes ? Il n'en avait aucune idée, mais le mouvement de ses équipiers le fit sortir de sa léthargie.
Et c'est d'une démarche fébrile qu'il suivit le groupe, se souciant à peine de la direction prise, il savait que où qu'il aille les deux le suivraient.

Il arriva à la fontaine sans même s'en rendre compte, sans même entendre les autres discuter, il restait simplement là. Immobile.
Lorsque sa mentor arriva, il n'eut même pas le piquant de lui dire que pour une fois son entré était banal.
"Personne n'est blessé ?"
Shiyu ne prit pas la peine de répondre à la question. La jônin savait certes soigner n'importe qu'elle plaie physique, mais ce n'était pas le corps du genin qui était blessé.

Sans un mot, il suivit à nouveau le groupe. Lorsque sa mentor se "reposa", il ne salua même pas le délire de celle-ci, son esprit n'étant plus qu'accaparé par une chose.
"Je vais nous chercher des boissons et on va faire le bilan. Qui veux quoi ?"
Il se serait bien saoulé pour oublier, mais la jônin ne l'aurait surement pas laissé faire. Aussi ne répondit il pas.
Une fois revenue elle leur donna les informations qu'elle avait découverte, le Kûkan n'écoutant que d'une oreille distraite. Tout comme le rapport de Mizaki et de Soi Fon.

Pourtant dès qu'il le put, il prit la parole.
"Nous avons bien rencontré White Bear, ce que Mizaki a dit à propos des Corporations Marchandes est vrai. Seulement l'émissaire a contacté à une groupuscule" Il laissai couler un léger blanc puis repris la parole, ses yeux fixant ceux de sa mentor, sa voix glacée "Vous souvenez vous des Hyènes senseï ?"
*Vous souvenez vous de la phrase que vous m'aviez dit ?*
Cette phrase était en tout cas inscrit de lettre de sang dans l'esprit du chevalier.
*Le Vent du Chaos attise les Flammes de l'Âme. Les Flammes et le Vent sont pareils car ils sont tous deux libres et complémentaires. Tu offres à ces bandits un bûcher funéraire dont tu peux être fiers...*
Lors de la mission durant laquelle il avait affronté les Hyènes, le résumé lui faisait toujours froid dans le dos. Alors qu'il avait été le leader de la mission, deux membres de l'équipe l'avaient trahi, Mangetsu avait frôlé la mort et n'avait été sauvée que grâce au talent de Miyu pour les jutsu de soin, lui-même avait fini empoisonné et bien mal en point. Mais ce qui l'avait choqué même s'il ne l'avait pas réalisé sur le coup, sans doute à cause de la fatigue et des blessures, était qu'il avait tué deux membres des Hyènes.
Son premier meurtre, et surement celui qui avait fait de lui ce qu'il était aujourd'hui. Le chevalier du Chaos.






Comme Mizaki je referais un post quand les autres auront écrit histoire de pouvoir réagir en fonction de ce qui sera dit ^^
Shiyu, chevalier du Chaos, membre du clan Kûkan

Pour faire la gueule il nous faut utiliser 65 muscles, contre seulement 10 pour un sourire. Pourquoi vous surmener?

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Re: La Commedia Dell' Arte [Acte I]

Message par Mangetsu Kukan » mar. 27 oct. 2009, 23:40

Absinthe s’écarta pour les laisser rentrer dans sa chambre. La pièce était vaste et comportait, outre le lit de rigueur, des coussins où s’asseoir ainsi qu’un minibar et une pipe à opium pour ceux que ça tenterait, sans compter les 2 gros coffres près du mur qui devaient contenir les affaires de la prostituée, que ce soit des effets personnels ou bien des accessoires de travail.
Pénétrant la première dans la pièce, Mangetsu alla s’installer en tailleur sur les coussins, face à une fenêtre tandis que Soi Fon choisit de rester debout. Lorsque le thé fut prêt, Mangetsu remercia Absinthe pour celui-ci et entama la conversation :
« Ah, merci beaucoup. C’est vraiment un plaisir que de me trouver ici mais Naza est une ville bien étrange et surtout dangereuse. Je ne parle pas des voleurs à la sauvette ou des petits agresseurs mais j’ai entendu parler de disparitions étranges, on parle d’une légende locale, celle des Erasers, cela vous dit-il quelque chose ? »
La chounin espérait ne pas avoir été trop directe et lorsque Absinthe la dévisagea, les yeux plissés, la jeune fille craignit d’avoir tout fait échouer mais elle se détendit lorsque la prostituée prit la parole pour lui répondre.
« Une organisation de plus en plus effrayante. Elle semble s'attacher à effacer purement et simplement les gens... un concept qui pour ma part m'effraie au plus haut point. Après tout, si ils peuvent effacer les gens... qu'ils effacent des gens de plus en plus élevés socialement... et donc protégés... jusqu'où seront ils capables d'aller ? A quelle échelle pourraient ils effacer ? » dit-elle, l’air soucieux avant de poursuivre sur le même ton : « On sait que l'histoire est écrite par les vainqueurs, que la vérité est une notion obscure sans cesse remise en cause... mais si une organisation pouvait effacer plus que des gens... que deviendrait il du monde tel qu'on le connaît ? Ou plutôt tel qu'on croit le connaître ? »

Mangetsu ne répondit rien mais elle hocha gravement la tête. Ces Erasers étaient une vraie menace et ce que venait de dire la prostituée venait encore le confirmer mais rien ne venait prouver qu’ils pouvaient faire plus que faire disparaître des gens.
*Allons, déjà comme ça ils n’ont pas réussi à faire totalement disparaître des mémoires certaines personnes. Mikan se souvenait de sa sœur jumelle ! Et toutes ces disparitions n’affectaient que les proches. On ne peut pas modifier l’Histoire comme ça ! Ils ne peuvent pas la réécrire, ce serait terrible !*
Sans vraiment céder à la panique, Mangetsu n’était pas vraiment rassurée par le problème que venait de soulever Absinthe et même si son henge le dissimulait, elle était tendue, son pouls s’était accéléré et elle devait maîtriser sa respiration, ce qui n’était pas facilité par cette pièce fermée, sa maison aux grandes baies vitrées lui manquait déjà.

Soi Fon demanda alors ce qu’il en était des prostituées, si elles avaient également été victimes des Erasers. Que ce soit physiquement ou bien dans leur commerce elles avaient pu être affectées par les disparitions. D’après un magistrat qui couchait avec Absinthe il y avait eu plusieurs cas de disparitions du côté des prostituées mais également chez les mendiants et les voleurs. Une fois encore elles apprenaient que les Erasers n’avaient pas de cible privilégiée même si ça n’était pas la question de la jounin. Absinthe leur dit aussi que c’était en s’en prenant à des cibles plus importantes que les Erasers s’étaient fait connaître. Elle avait réfléchi au processus utilisé par cette organisation, si c’en était bien une, mais pour le moment elle ne comprenait pas comment ils s’y prenaient pour faire disparaître les gens jusque dans les mémoires de leurs proches. Elle eut un petit sourire d’excuse en leur répondant, certainement désolée de ne pouvoir leur en dire plus, ou bien c’était pour totalement autre chose.
*Ça pourrait être un genjutsu, cette possibilité a d’ailleurs déjà été évoquée.*

Soi Fon poursuivit en demandant s’il y avait un point commun entre les disparus, c’est vrai que même si jusqu’à maintenant on leur avait dit que ça n’était pas le cas, peut-être qu’Absinthe serait au courant de quelques chose, mais la prostituée leur répondit qu’à part le fait que la majorité des victimes dont elle avait entendu parler venaient des bas quartiers, elle ne voyait pas de point commun entre-elles. Elle avait également évoqué la fille du Duc comme première victime du côté des privilégiés, ce qui fit tiquer Mangetsu qui pensait que c’était une disparition normale puisque Koyuki craignait la réaction de son père, à moins qu’en fait son père l’ait bien oubliée mais que connaissant le problème des Erasers il ait prit des mesures en apprenant qu’il avait un jour eu une fille et qu’il l’avait oubliée.
*Ce doit être horrible comme sentiment, découvrir qu’on a un enfant, qu’on l’a chéri durant des années et qu’il a été enlevé mais pire que tout, qu’on a oublié jusqu’à son nom, jusqu’à son apparence. Ce doit être vraiment horrible, et ces victimes qui savent que personne ne se soucie d’elles, parce que leurs proches ne se souviennent pas d’elles. Heureusement que le processus ne s’étend pas à tous et que certaines personnes ont remarqué le phénomène, on doit réussir à lever cette malédiction. Il faut qu’on réussisse… quoi qu’il en coûte.*

« Ce magistrat a-t-il déjà obtenu des résultats avec son enquête ? Je veux dire en dehors du fait qu’il ne sait pas encore comment les Erasers s’y prennent pour faire disparaître les gens. » demanda Mangetsu, pleine d’espoir.
« Pour l'instant non, rien. Ou bien il ne m'en informe pas. Il faut croire que l'organisation fait bien son boulot. »
La réponse la déçut un peu mais il fallait s’y attendre, même si Absinthe savait quelque chose, elle n’accepterait pas forcément de trahir la confiance du magistrat.

Soudain un coup de sifflet retentit et Soi Fon se dirigea vers la porte, aussi surprise que Mangetsu qui se demandait ce qui se passait à l’extérieur car ça n’avait pas l’air d’être un simple sifflement d’enfant, quel enfant viendrait jouer ici d’ailleurs ? Boyard pénétra alors dans la pièce, couteau à la main et l’air très énervé alors qu’il mettait en garde Absinthe et lui transmettait ses recommandations :
« On a un problème. Si tu entends un deuxième coup de sifflet tu te prépares à partir. » dit-il.
Puis il se tourna vers les 2 kunoichi et reprit :
« Un blondinet avec un arc et un homme brun qui a l'air d'une bête tatouée ont pénétré dans le territoire sans autorisation. White Bear va sûrement les buter mais je me demande si cela n'a pas un rapport avec vous... »
En entendant cela, Mangetsu sentit l’inquiétude monter en elle, Aoshi et Mizaki étaient en danger ! Elle avait envie d’intervenir, mais si elle faisait ça elle risquait de briser leur couverture. Elle devait leur faire confiance et les laisser s’en tirer tout seuls, Aoshi était très fort, quant à Mizaki, pour l’avoir affronté la jeune fille savait à quel point il était puissant.

*On doit leur faire confiance, maintenant il faut convaincre Boyard qu’on ne les connaît pas.*
Comme Soi Fon avait commencé à s’en charger, Mangetsu préféra contempler sa tasse, faisant mine de ne pas se préoccuper du tout de la situation mais en réalité elle faisait ça pour éviter qu’on puisse lire ses sentiments. Oui, elle était inquiète, pour un ami et pour le garçon qu’elle aimait. Elle ne voulait pas qu’il leur arrive quelque chose, ni à l’un, ni à l’autre.
*Faites que tout se passe bien.*
Seule chose positive, en arrivant Boyard avait ouvert en grand la porte de la chambre et Mangetsu sentait à présent le souffle de l’air sur elle, ce qui lui faisait du bien. Mais même sans ça, elle ne se sentait pas enfermée dans cette pièce, il y avait la fenêtre qui donnait sur l’extérieur et puis elle n’était pas bloquée à l’intérieur d’un petit espace.

« Seraient-ce des menaces que je perçois ? Et pourquoi leur présence devrait-elle avoir un rapport avec nous ? » avait demandé Soi Fon, la main sur la poignée de son épée.
« C'est le mot je crois oui, mercenaire. Le rapport est dans la fonction. Ils ont tout de guerriers étrangers et l'un d'eux a des cheveux blonds comme ta maîtresse. L'autre est du genre sauvage comme toi et il dégage le même genre d'aura de danger. Ils évoluent en duo tout comme vous. Je me permets de supposer qu'ils sont de votre secte... un brin parano je vous l'accorde mais le moins que l'on puisse dire c'est que la ville grouille d'étrangers et de plus de dangers que d'ordinaire... » répondit Boyard, son couteau toujours à la main.
Boyard venait de faire remarquer d’étranges similitudes entre les 2 équipes, la jeune fille n’y avait pas pensé mais maintenant qu’il le faisait remarquer cela paraissait évident, pourtant c’était de sa grand-mère que Mangetsu avait prit l’apparence.

Soi Fon se fit provocante en évoquant le hasard, qui était en fait effectivement responsable des similitudes entre Mangetsu et Aoshi, ainsi qu’entre Mizaki et Soi Fon. Finalement Absinthe coupa court à la conversation en refermant violemment son éventail, attirant ainsi l’attention de Boyard qui après lui avoir jeté un regard désapprobateur, qui n’échappa pas à Mangetsu qui avait enfin levé les yeux de sa tasse, quitta la pièce, fermant derrière lui. Mangetsu aurait préféré qu’il laisse ouvert, pour pouvoir sentir la caresse du vent sur son visage un petit peu plus longtemps mais tant pis.
« Où en étions nous... ? » leur demanda Absinthe avec douceur.
Mangetsu ne lui rappela pas qu’elles parlaient des Erasers, se doutant qu’elle le savait très bien, mais elle lui posa une nouvelle question afin de reprendre leur conversation là où elles l’avaient laissée avant d’être interrompues par Boyard
« Je me demande, ces Erasers, quelqu’un les a-t-il déjà vus ? Et comment sont-ils décrits dans la légende ? »
« Dans la légende urbaine ? Ce sont soit disant des ombres qui entourent leurs victimes d'un linceul funèbre. Au moment où ils les enserrent, les souvenirs de ces mêmes personnes le sont également et disparaissent de la mémoire des gens qui les connaissent. »
C’était une description plutôt inquiétante mais avec une telle histoire autour il fallait s’y attendre.

« Bien et au sujet de l’attraction principale actuelle, à qui profiterait-elle le plus ? » questionna Soi Fon.
Absinthe réfléchit tout d’abord un peu à la question, ce qui laissait supposer que la réponse allait être plutôt élaborée et effectivement la prostituée leur donna de nombreux détails à ce sujet. Les personnes qui tiraient profit de la crise étaient en premier les mercenaires, tout le monde voulant être protégé, puis il y avait le temple et le Hiérarque dont elles avaient déjà un petit peu entendu parler, ceux qui ne pouvaient pas s’allouer les services d’un garde du corps se tournant vers les dieux et enfin il y avait les pompes funèbres. La présence de ces dernières là-dedans surprit un peu Mangetsu au départ mais au final c’était assez logique car depuis toujours on se souvenait des disparus grâce aux tombes mais la chounin trouvait cela plutôt de mauvais goût et franchement inefficace. Les gens verraient juste un nom sur un cercueil mais s’ils avaient oublié le disparu, ce nom n’évoquerait rien pour eux. Le sourire sans joie sur le visage de la prostituée ne mentait pas, elle aussi trouvait probablement cela bien triste.

Absinthe leur révéla encore que le dirigeant des Corporations Marchandes devait rencontrer une personne importante le lendemain soir mais que le lieu du rendez-vous était secret, ce qui était étrange selon elle sans pour autant qu’elle puisse l’expliquer. Elles apprirent aussi qu’une artiste réputée avait disparu, une certaine Kalan Teisei. La prostituée leur parla des peintures de cette femme, un art sombre qui en fascinait certains et en effrayait d’autres mais qui ne laissait personne insensible. Elle vendait ses toiles dans la ville haute sous un pseudonyme qu’elle leur révéla après que Soi Fon ait posé la question, mais également dans la ville basse, preuve que même au cœur de la misère il restait des gens pour apprécier l’art et sans doute cela voulait-il également dire que l’artiste ne pratiquait pas des prix inabordables pour ceux de la ville basse.

Le choc ce fut lorsque Absinthe leur donna l’adresse de la sœur de la disparue, Mikan !
*Mikan, encore elle. Il faut à tout prix qu’on la retrouve. J’en parlerai à Miyu tout à l’heure.*
Absinthe semblait penser qu’ils pourraient trouver un indice chez Mikan. Mangetsu le pensait aussi, elle s’était souvenue de sa sœur ! Si l’indice les guidait simplement sur la piste de cette femme et non sur celle des Erasers ce serait déjà un fantastique bond en avant !
Un peu plus tard, Absinthe leur demanda de la laisser, sans rien leur demander en échange de son temps, l’un de ses clients allait arriver. Elles la saluèrent et prirent congé d’elle, retrouvant Boyard à l’extérieur qui les attendait, assis sur les escaliers qui les avait menés jusqu’ici.

Boyard leur demanda de remettre leur bandeau sur leurs yeux, ce que Mangetsu fit de mauvaise grâce, puis elle se laissa guider en sens inverse, prenant garde à ne pas chuter lors de la descente de l’escalier qui lui sembla durer une éternité, puis elle entendit leur guide les autoriser à retirer leur bandeau après avoir refait le chemin en sens inverse, aussi bien mentalement que physiquement, Mangetsu ne se faisant pas prier pour cela.
Soi Fon profita de ce moment pour régler ses comptes avec Boyard en lui envoyant son poing au visage, le faisant littéralement voler après que la jounin lui ait probablement fracturé la mâchoire.
*Il ne l’a pas volé, sans mauvais jeu de mot mais cette femme est vraiment monstrueuse.*
« J’t’avais bien dit que tu en viendrais à regretter la lèvre fendue de cette pauvre fille. Allez, à la prochaine. » conclut la jounin.

Après cela, elles partirent retrouver les autres, les garçons les attendant déjà à la fontaine. Là-bas les 2 kunoichi rompirent leur henge. Ils étaient tous là, Aoshi, Mizaki et Shiyu. Ils semblaient tous aller bien et il y avait même un nouveau. Mangetsu le dévisagea un instant, il était grand… en s’approchant elle finit par remarquer le bandeau de ninja qu’il portait et supposa que c’était du renfort. Elle s’installa alors sur le sol, adossée contre le rebord de la fontaine et attendit le retour de Miyu, laissant les 2 Kiriens parler entre eux.

Toujours accompagnée de son escorte, Miyu finit par revenir de la ville haute, avec son contact qui après l’avoir saluée la laissa avec son équipe comme prévu.
« Personne n'est blessé ? » leur demanda Miyu sans détour.
Soi Fon répondit qu’elles allaient bien et Mizaki fit signe qu’il n’était pas blessé. Puis leur disant que l’affaire était encore plus intéressante et complexe que prévue, Miyu les invita à regagner l’auberge. Connaissant la jounin, Mangetsu était certaine que la complexité de l’affaire la rendait heureuse.
Miyu se présenta au nouveau venu qu’elle appela Tôru, le gratifiant de l’un de ses légendaires sourires carnassiers. Elle les enjoignit à la prudence sur le retour et hormis quelques regards déplacés on les laissa tranquille, ce qui n’empêcha pas Mangetsu d’avancer en effleurant continuellement le pommeau de ses l’âmes.

De retour à l’auberge ils retrouvèrent leur appartement et s’installant dans l’un des canapés Mangetsu commença à se concentrer sur le fait que la pièce était vaste et que même s’il n’y avait pas d’ouverture apparente, elle n’avait pas à s’inquiéter. Malgré tout, pour leur prochaine mission elle aimerait bien avoir une chambre avec une fenêtre.
Miyu s’installa elle aussi dans un canapé, pour se reposer selon elle mais sa sieste ne dura pas plus de quelques secondes. Mangetsu avait tout d’abord eu un regard surpris, puis elle avait souri lorsque Miyu avait rouvert les yeux et commencé à bondir dans tous les sens.
« Je vais nous chercher des boissons et on va faire le bilan. Qui veux quoi ? » leur dit-elle.
« De l’eau pour moi simplement, merci. »

Lorsque la jounin fut de retour, ils s’installèrent autour de la table avec leurs boissons et quelques amuse-gueules pour patienter jusqu’au repas. Miyu parla la première, leur faisant le compte rendu de son enquête et Mangetsu prit quelques notes pendant qu’elle parlait, des fois qu’un élément gagne en importance par la suite mais avant cela Miyu souhaita la bienvenue dans l’équipe à Tôru, laissant sous entendre qu’il n’en reviendrait pas vivant, Soi Fon faisant de même, les sous-entendus en moins.
« Bienvenue, tu vas voir on ne s’ennuie jamais. » dit-elle avec un sourire.

De ce que dit Miyu, Mangetsu nota que certains dans la ville haute pensaient à un complot pour faire disparaître les gêneurs mais en admettant que ce soit vrai cela n’expliquait pas pourquoi les proches des disparus les oubliaient, il y avait également un homme qui était le centre de l’attention dans la ville haute, un noble selon le contact de Miyu qui organisait de grandes soirées où tous les vices étaient permis et qui était un mécène pour des artistes comme Kalan. Cet homme savait peut-être des choses sur les circonstances de la disparition de la peintre. Enfin le responsable des Corporations Marchandes devait rencontrer quelqu’un demain mais contrairement à ses habitudes lorsqu’il accueillait quelqu’un, il tentait de garder la chose aussi secrète que possible.

Puis sortant une feuille de papier, Miyu s’adressa à Mangetsu :
« Koyuki est très occupé ce soir donc il m'a transmis ça... c'est les réponses à tes questions Mangetsu alors... fille du Duc, un mètre cinquante longs cheveux noirs comme l'encre, yeux violet profond, fine de taille, elle a eu quelques problèmes de santé ce qui fait qu'elle est d'ailleurs plus fine que maigre... aha... Galerie Prestige récemment rachetée par... le Dandy... amusant... un seul receleur qui s'occupe de la peinture dans la ville basse... le Scarabée... il a même son adresse génial. Pour le marchand il n'a pas de nom mais apparemment il attend quelqu'un aujourd'hui, demain ou après demain. »
« Ah ! Merci beaucoup. » dit-elle en achevant ses notes.

C’était maintenant à eux de lui raconter ce qu’ils avaient appris et Mizaki fut le premier à prendre la parole. Il commença en disant qu’ils n’avaient pas pu rencontrer la Pie mais lui et Soi Fon avaient une hypothèse à ce sujet et apparemment ça concernait également Absinthe.
*Est-ce que c’était le fameux client qu’elle attendait quand on est parties ?*
Les garçons avaient appris que le responsable de la Corporation Marchande avait tenté d’engager un gang pour assurer sa protection mais pour une obscure raison celui-ci avait refusé mais cette préoccupation montrait bien qu’il se passait quelque chose d’important chez ce responsable pour qu’il s’entoure d’autant de protections entre le secret et ces gardes.
Mizaki s’arrêta-là, les laissant un peu sur leur faim car c’était plutôt maigre. Soi Fon prit la suite, prenant bien plus de temps pour leur raconter ce qu’elles avaient appris de leur côté et invitant Mangetsu à compléter si jamais elle oubliait quelque chose, la jeune fille acquiesçant en réponse à cela.

Mangetsu eut un regard vraiment étonné en entendant qu’Absinthe et la Pie pourraient n’être qu’une seule et même personne, n’ayant pas entendu la conversation entre les 2 Kiriens, elle ne s’y attendait pas et surtout si c’était bien la même personne, pourquoi se prostituait-elle ? Si elle dirigeait le milieu des voleurs, elle n’avait pas besoin de ça.
Lorsque la jounin eut finit de parler et qu’elle invita Mangetsu à prendre la parole pour compléter, la jeune fille consulta rapidement ses notes et Shiyu en profita pour donner un complément d’informations, mentionnant le groupe des Hyènes auquel lui, Mangetsu et Miyu avaient déjà eu à faire. Ensuite la jeune fille entreprit de donner ses propres conclusions en complément de celles de Soi Fon :
« Absinthe nous a aussi dit que c’était en prenant des cibles plus importantes que les Erasers s’étaient fait connaître, on peut donc penser qu’ils ont gagné en assurance depuis le début et donc certainement en puissance et en influence. D’après la légende, les Erasers seraient en fait des ombres qui pourraient entourer leurs victimes d’un linceul sombre et les feraient disparaître en même temps que les souvenirs rattachés à cette personne, enfin chez les proches.

Concernant Mikan je trouve qu’on en parle souvent, de même que de l’art et sa sœur était une artiste donc on devrait aller la voir, Absinthe nous a donné l’adresse de Kalan, on y trouvera peut-être une piste. Je pense aussi qu’on devrait s’intéresser à son receleur et au Dandy. Je me fais peut-être des idées mais j’ai l’impression que Kalan et Mikan pourraient bien être la clef de cette affaire. La sœur jumelle de Mikan a disparu mais pourtant elle s’est souvenue d’elle, sombrant malgré tout dans la folie. Je pense qu’elle peut nous guider jusqu’à Kalan et une fois qu’on l’aura retrouvée, on en saura plus. Voila, je pense que c’est à peu prêt tout pour nous, et vous les garçons vous n’avez rien appris d’autre ?. »
les taquina-t-elle gentiment.

Après ça ils se présentèrent à Tôru, Soi Fon commença en se définissant comme une experte en corps à corps et en armes, sans mentionner le fait qu’elle était une espèce de bourrine incontrôlable.
« Je suis Mangetsu Kukan, heu donc j’utilise les techniques de mon clan ainsi que quelques armes comme mon fouet. »
Miyu quitta ensuite la pièce pour aller chercher à manger, leur demandant de former 2 équipes pendant ce temps. Travailler avec Soi Fon n’avait pas été si désagréable en fin de compte mais la jeune fille aurait bien aimé faire équipe avec Mizaki et Aoshi, même si c’était mal parti puisque si on voulait équilibrer les équipes il y aurait un chounin par équipe.
« J’ai bien aimé travailler avec vous Soi Fon. Vous me faisiez un peu peur, en fait vous me faites toujours un peu peur mais c’était plaisant de travailler ensemble. Avant de faire des équipes, je pense quand même qu’il faudrait qu’on en sache un peu plus sur les objectifs à venir pour pouvoir se répartir en conséquence. »
Elle n’exprima pas de vœu pour être avec une personne en particulier, ne voulant pas vexer.

C'était loooooooong :cry:
Mangetsu Kukan chounin de Suna

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