Rose et Camélia au bal du Cerisier.

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Primura Tchinonamida
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Rose et Camélia au bal du Cerisier.

Message par Primura Tchinonamida » lun. 10 nov. 2008, 23:09

Avec un sifflement feutré la petite lame alla chatouiller le plafond de sa pointe argenté avant de retomber dans la main gantée de cuir de l'adolescente.
Le dos contre son lit, Primura était affalée entre deux coussins, une main soutenant son menton, l'autre lançant à intervalles réguliers le senkai ouvragé que lui avait offert Kibo vers le plafond. Depuis que Soi Fon était partie, Primura avait fait le tour de la ville et visité les restaurants que lui avait conseillé son père et les gérants de l'hotel. Toutefois elle commençait à s'ennuyer ferme. Les quelques jours avec la chunin avaient été tellement géniaux que les merveilles de la ville lui semblaient fade à présent. Il lui restait encore une paire de jours à tuer avant de reprendre le bateau.

Pour tromper son désoeuvrement elle avait demandé à la gérante si elle voulait bien lui donner des cours d'ikebana. La vieille femme flattée lui avait donc proposé de venir après le repas de midi, le temps pour elle d'aller chercher des fleurs fraîches au marché. Primura avait voulu sauter sur l'occasion pour rendre service et se dégourdir les jambes mais la gérante avait presque bondi au plafond en disant qu'une cliente n'avait pas à y aller, il en allait de la réputation de l'hôtel.
La genin avait accepté avec un sourire d'excuse et était allé attendre dans sa chambre qui bien que grande lui semblait déjà trop exigu. Yuki, la toundra, ses forêts glacées, ses pics enneigées lui manquaient tout doucement. Avec un soupir amusé elle jeta un coup d'oeil à son snowboard sagement posé contre un mur. Le pauvre avait l'air d'un objet remisé au placard ainsi.
Elle rattrapa son senkai au vol et roula sur le côté avant de se relever pour rejoindre sa planche. Tant qu'à faire autant ranger un peu tout ce qu'il y avait dedans. Ne serait ce que pour s'occuper les mains et l'esprit.

Passant la main sur les symboles stylisés gravés et peints à sa surface Primura sortit ainsi des vêtements qu'elle replia proprement, des livres de la bibliothèque qu'elle allait rendre en retard... ceux-ci elle les posa à son chevet en rougissant à l'idée des remontrances qu'allait lui faire la bibliothécaire. Elle nettoya et affûta les shurikens, kunais et makibishis stockés dans un symbole à
déclenchement rapide. Lorsque la gérante entra ce fut pour découvrir une adolescente à genoux devant une dizaine d'armes à l'aspect tranchant, piquant ou en résumé dangereuses,
nettoyant méticuleusement ce qui ressemblait à un oursin en métal. Délaissant son ouvrage, la jeune fille releva la tête avec un grand sourire pour accueillir son professeur du jour.
« Entrez, entrez, j'ai préparé le balcon ! » déclara t-elle en allant s'installer sur un coussin posé devant un drap blanc. La lumière et la température se prêtaient très bien à l'exercice et la gérante marqua un temps d'arrêt devant cet être paradoxal, aussi bien capable de nettoyer des armes que de choisir un endroit propre à la pratique de l'ikebana.
Un doux sourire éclaira le visage de la vieille gérante, la lettre du président directeur général Tchinonamida prévenait d'une certaine excentricité mais elle ne s'était pas attendu à ce genre là. Mais bon elle avait connu pire, notamment une blonde décérébrée qui promenait constamment son chihuahua avec elle...

La vieille femme s'installa gracieusement devant l'adolescente, disposant devant elle deux vases et un peu plus d'une vingtaine de fleurs sur le grand linge blanc. Ayant eu vent de l'éducation de son élève, le professeur passa tout de suite à la démonstration avec calme. La leçon était silencieuse mais les gestes parlaient d'eux mêmes. Regards, hochements de têtes, mains qui présentent, montrent, démontrent composaient l'essentiel du langage qu'elles utilisaient. Absorbées dans leur tâche elle n'avaient plus conscience du mur extérieur. Pour un profane cet art semblait flou et incompréhensible, ne sachant pourquoi cette feuille était en trop, cette branche pas assez, cette fleur pas encore... Or pour Primura ces imperfections que lui montraient la gérante au fil de la confection ressortaient aussi sûrement qu'une pustule sur le front de Wei-Chi. Son bouquet était une lettre, les fleurs ses phrases, leurs pétales ses mots. Si elle avait commencé avec un trio de roses rouges qui dénotaient d'un désir ardent, de volupté, elle termina sur une camélia tout à fait normale mais qui s'imposait dans le bouquet comme le centre même du message. Le visage de Tenki surgit dans son esprit et la chaleur de cette image sembla caresser chaque pétale de la fleur centrale.
* Je t'aimerai toujours. *

« J'envie la personne à qui est destiné ce bouquet... » fit doucement la gérante pour clore la leçon. Elle sortit après s'être inclinée, songeuse. Si jeune... Primura resta là à contempler son oeuvre, du regard de l'artiste qui a enfin fini une toile exprimant ses sentiments de l'instant. Le calme après l'ardeur du travail bien fait, la satisfaction de la tâche accomplie. Le pépiement d'un rossignol la sortit de sa rêverie et elle retourna dans sa chambre. Grimaçant devant le désordre dans lequel elle avait laissé ses armes, elle se fit un devoir de terminer le nettoyage et le rangement avant de sortir pour faire une promenade. Alors qu'elle finissait de ranger une paire de livres de cours elle découvrit un parchemin soigneusement conservé dans un petit sac de feutre.
* Ce serait... *
Son plus gros investissement du moment en terme d'argent dans l'art ninja. Le rouleau était d'un beau violet et fermé d'une fine cordelette noire. Elle avait longtemps pesé le pour et le contre à propos de cette technique avant de se décider à l'acheter. Ses doigts fins déplièrent ce qui représenterait certainement à l'avenir sa botte secrète. L'atout dans la manche. Le flocon de neige qui ferait pencher la balance en sa faveur dans un éventuel affrontement. Elle avait toujours repoussé son apprentissage à plus tard, estimant qu'elle n'était pas encore assez expérimenté dans l'art de l'escrime pour s'y atteler.
La Danse des Camélias. Primura sourit et son regard rose bonbon glissa jusqu'au bouquet demeuré sur le balcon.
* L'entraînement avec Soi Fon... et maintenant ce bouquet... serait ce des signes ? * pensa t-elle amusée en détaillant rapidement les explications et les schémas du rouleau.
Un sifflement songeur lui échappa lorsqu'elle mesura la complexité de l'exercice, suivi presque immédiatement par un sourire ravi.
* Moi qui commençait à m'ennuyer... j'ai trouvé comment utiliser intelligemment les jours qu'il me reste avant l'embarquement et le retour à Yuki. *

Elle avait retrouvé son entrain habituel et c'est avec une excitation renouvelée qu'elle termina de ranger tout son bazar avant de dévaler à toute vitesse les escaliers. Sautant dans ses bottes, elle clama un au revoir déjà lointain alors même qu'elle sortait en quelques enjambées. La chaude lumière ambiante et l’air frais termina de dissiper les brumes d’ennui qui encombraient son esprit. Elle ne savait pas où elle voulait aller, mais elle savait qu’elle voulait aller quelque part. Ses pieds l'entraînèrent à travers les rues tortueuses et animées de la ville qui débordait d’activité et de bonne
humeur. Ce joyeux capharnaüm tira pourtant une grimace à l’adolescente qui cherchait plutôt un endroit ouvert et calme. Concluant qu’elle ne le trouverait pas dans les environs elle se dirigea vers le sortie de la ville et retourna voir l’écurie où elle avait laissé son cheval à son arrivée. Là, elle loua un alezan en manque de promenade et partit au galop sur la route, les cheveux au vent et le rire aux lèvres. Après quelques minutes de course folle pour voir se que son compagnon d’une journée avait dans les pattes elle décida de quitter la route pour s’enfoncer un peu dans les plaines herbeuses qui s’offraient aux sabots de sa monture. Il y avait peu d’arbre dans les environs, souhaitant trouver un coin à l’ombre pour s'entraîner Primura se dirigea vers une forme imposante à la périphérie de son champ de vision. Sa monture rechigna un peu à laisser son coin d’herbe entamé mais la voix douce et autoritaire de la jeune fille finit par le faire fléchir et c’est au petit galop qu’il entama sa course.
Toute à sa contemplation rêveuse du paysage, la genin ne comprit pas d’abord pourquoi elle mettait tant de temps à arriver devant cet arbre… puis un examen approfondi lui révéla qu’ils s’en approchaient effectivement mais que l’arbre en question était tellement grand qu’elle croyait qu’il était proche.
Lorsqu’elle arriva au pied du titanesque végétal ses yeux étaient écarquillés et elle ne
crut à l’image qu’elle avait sous les yeux qu’une fois qu’elle en eut touché le tronc. C’était un énorme cerisier fleuri donc la première branche culminait à une dizaine de mètres au dessus d’elle. Tout autour un épais tapis de pétales recouvrait l’herbe riche qui parsemait les alentours. L’alezan se mit à brouter tranquillement de son côté alors que la jeune fille faisait le tour de l’arbre
tout à sa curiosité. Elle se sentait vraiment minuscule à côté de lui. Un sourire étira ses lèvres. Elle savait à qui elle voulait faire partager cette vision hors du temps et du commun. Sa main s’empara du senkai passé à sa ceinture et l’acier mordit presque gentiment dans la chaire de son pouce alors
qu’elle appelait son familier à elle.
* Je t’appelle Hatsuyuki, prince des farceurs, rejoins moi j’ai quelque chose à te montrer. *

Sa paume se posa sur les pétales et dans un pouf sonore le petit cheval apparut frétillant des pieds à la tête. Son tout jeune frère Mi était debout sur son dos, s’accrochant à sa crinière avec ses petites dents et à voir la façon dont il agitait sa crinière et ses oreilles il semblait tout content de revoir
l’adolescente.
« Coucou vous deux ! Contente de vous re…»
Hatsuyuki lui sauta dessus derechef et frotta sa grosse tête équine contre la joue de l’adolescente qui pouffait ravie. Mi en profita pour se fourrer dans le cou de la jeune fille et suçoter sagement une mèche de cheveux.
« Tu as vu cet arbre ? Impressionnant non ? » demanda t-elle histoire que son ami laisse sa joue se reposer un peu.
« Toi devoir appeler moi plus souvent ! Moi m’ennuyer beaucoup quand toi pas là ! En plus toi promettre jouer cache cache avec moi ! Quand ? »
« Bientôt promis, j’ai été un peu occupé ces derniers temps et je n’avais pas le
loisir de t’appeler… »
s’expliqua t-elle penaude. Le fait qu’une invocation passait difficilement inaperçu et Hatsuyuki encore moins l’avait incité à limiter ses appels ces derniers jours.
Le petit cheval sembla accepter ce fait et alla observer le végétal d’un peu plus près avant de revenir alors que Primura dépliait le parchemin. Couchée sur le dos, ses cheveux formant comme un édredon immaculé sur un draps de pétales de cerisier, elle détaillait les explications les unes après les autres. Cela semblait convenir à Mi qui avait apparemment l’intention de faire une petite
sieste là où il était. Le mufle de son invocation vint soudain s’interposer entre le parchemin et ses
yeux, ceux-ci clignant d’ailleurs de surprise devant ce volumineux appendice qui
n’avait normalement pas à être là.
« C’est un roc, c’est un pic, c’est un cap que dis je… c’est une péninsule !* »
murmura t-elle moqueusement.
« Ta bestiole est pas drôle… elle réagit pas quand je l'embête »
Primura ouvrit de grands yeux surpris. Sa bestiole ? Elle prit Mi dans ses bras avant de se redresser et repéra l’alezan qui broutait toujours paisiblement dans son coin.
« Les artistes sont souvent incompris » expliqua t-elle avec un amusement devant la mine dépitée de son ami.
« On joue à quoi aujourd’hui ? »
« A la Danse des Camélias. » répondit elle mystérieusement en déposant Mi sur le parterre de pétales près de son snowboard pour savoir où le retrouver.
« Tu vas devoir taper sur une branche avec un objet pour la secouer et en faire tomber les pétales. Moi de mon côté je devrai tenter d’en couper le plus possible. Tu devras compter le nombre de pétales que je parviens à toucher. Le jeu évoluera au fil de notre progression. »

Galvanisé par l’annonce de ce défi, Hatsuyuki réclama le fourreau de Miroku que Primura détacha de son baudrier d’arme avant de le tendre à son compagnon, s’attendant à le voir le prendre entre ses dents. Au lieu de quoi le dit fourreau lévita à côté de Hatsuyuki qui alla se placer sous l’arbre, cherchant des yeux une branche bien fournie en pétales. De son côté l’adolescente détendit ses muscles et alla jusqu’à rabattre le haut de sa robe de cuir, laissant ainsi apparaitre sa sous robe de soie légère. Cette technique allait devoir lui demander des mouvements rapides et violents, autant
mettre toutes les chances de son côté. La position de garde à deux mains lui vint tout naturellement et elle se retrouva de trois quart face au cerisier. Elle fit tourner sa lame entre ses mains pour détendre ses poignets et visualisa mentalement les différentes combinaisons de coups. Combinant attaques de tailles et d’estoc, cette attaque visait vraisemblablement à déclencher un déluge de coups sur l’adversaire si rapides qu’il lui était presque impossible d’en discerner les tenants et les aboutissants. Un programme alléchant mais complexe. Pour parvenir à une telle performance son corps entier allait devoir suivre une série de mouvements chorégraphiés pour maximiser l’illusion d’optique, la puissance des coups et leur vitesse. L’un des principal problème que le parchemin s’attachait à détailler était ce problème d’aller-retour de lame. Une arme quelle que soit son poids avait besoin d’un certains « temps » pour repartir dans une autre direction afin de porter un nouveau coup. Cela dépendait de la lame, de la force de l’escrimeur et de sa technique. On le voyait bien entre un manieur de dague et un autre d’hiroi ken. L’utilisateur de dague allait donner plus de coups dans le même laps de temps qu’un manipulateur d’hiroi ken qui lui n’en mettrait qu’un.
* Excepté avec Soi Fon peut être… *

Le créateur de la Danse des Camélias expliquait ainsi que frapper fort et vite pouvait être donné à tout le monde après un certain entrainement, mais que frapper bien et si vite qu’un adversaire normal ne puisse suivre le mouvement de la lame requérait un savoir faire particulier. Pour cela l’escrimeur devait répétait une série de coups ou katas comme des gammes ou des combinaisons, pour ensuite les lier entre elles selon les circonstances. Le choix de la fleur a été fait en fonction du nombre et de la forme des pétales de Camélia. Serrées entre elles, adoptant ainsi une forme presque hypnotique, légèrement en pointe, elles forment ainsi un écrin adaptable au corps de chaque adversaire, lui interdisant toute esquive ou parade.

Primura commença par suivre chaque combinaison posément, détaillant les poses et les différents enchainements. Il y en avait tant qu’elle estima ne pas se tromper en pensant que chaque danse était unique. Les coups partaient souvent d’un léger mouvement circulaire pour finir en ligne droite, diagonale ou pointe. Une note en bas du parchemin attira l’attention de l’adolescente. L’utilisation de la force centrifuge pour maximiser la vitesse et le changement de direction pouvait être une idée à essayer mais il était conseillé de ne pas l’appliquer qu’à la lame. La rotation du corps et des
différents membres aux moments opportuns étaient un plus à ne pas négliger. La mention « pour utilisateurs confirmés » décrocha une grimace à la genin. Peut être pour plus tard la force centrifuge.
Inspirant un bon coup elle répéta lentement un enchainement qui lui plaisait bien. La pointe décrivit un léger arc de cercle de côté avant de soudain partir vers l’intérieur en un coup tranchant, pivotant légèrement son poignet vers le bas en supination, la lame partit vers une cuisse imaginaire pour y ouvrir une entaille avant que Primura n’arme son bras pour toucher en pointe à l’épaule d’une pique ajustée en aller retour. Sur le retour elle pivota sur ses appuis pour trancher de haut en bas, embrayant cette fois sur une série de deux coups en aller retour. La genin se rendit compte que si l’aller pouvait être fait à une main pour plus de confort, le retour nécessitait non seulement qu’elle tourne son poignet en pronation mais qu’en plus elle y aille à deux mains pour ne pas que la pointe aille chatouiller les vers de terre. Pour finir, alors que la lame venait d’ouvrir une sillon dans un retour sanglant sur le torse de la silhouette imaginaire, Primura ramena à nouveau son bras en garde pour effectuer trois attaques en pointe au niveau du torse de gauche à droite.
Son statut de gauchère étant plus à l’aise avec cet ordre plutôt que l’autre. La jeune fille s’arrêta en position de fente et eut un sourire incertain en rougissant. Elle avait effectué ces mouvements tellement lentement que le créateur devait se retourner dans sa tombe. Sur le coup elle se compara à un enfant en bas âge tentant d’imiter maladroitement un danseur professionnel. L’image la fit sourire alors qu’elle relâchait sa position.
* Après tout c’est par là que tout commence… l’envie d’imiter… *

Hatsuyuki commençait à s’impatienter à entendre les hennissements bouillonnant qu’il poussait à intervalles réguliers depuis quelques instants.
« Chut tu vas réveiller ton frère ! » le sermonna Primura de manière faussement sévère.
« Prête petite rose ? »
« Prête petit flocon ! »
Le fourreau de métal vola jusqu’à la branche et la heurta avec un bruit sourd, le choc se transmit le long du bois, atteignant les fleurs puis les pétales qui n’en attendaient pas moins pour aller rejoindre leurs sœurs au sol. Celle-ci s’élancèrent au devant de la genin et de son invocation qui prit garde à rester à distance de sa maîtresse. Il ne résista pas à l’envie de sauter dans les
pétales tourbillonnantes. Attentive aux mouvements tourbillonnant des pétales, Primura fixa son regard rose bonbon sur ses cibles. Une image surgit au moment elle fit un appel du pied. Un bouquet frais, posé sur son balcon avec en son centre une Camélia. Son bras partit à toute vitesse en un léger arc de cercle de côté avant de revenir trancher de gauche à droite.

Rose, Camélia, Cerisier
Ensemble liées
Ballet
Primura Tchinonamida, anciennement kunoichi de Yukigakure No Sato à présent désertrice.

Que tous vos rêves se réalisent sauf un !

There was a chunin and his wife, and he was beautiful, a proper artist with his knife...

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Re: Rose et Camélia au bal du Cerisier.

Message par Shimone Ayanami » ven. 14 nov. 2008, 20:36

Si l’idée de base était intéressante, celle-ci présentait un défaut assez conséquent. En venant cogner la branche le fourreau avait fait tomber une véritable pluie de pétales de cerisiers, en toucher quelques-uns n’avait plus rien d’un exploit, et tous les toucher devenait tout simplement impossible. Heureusement pour Primura le but de la technique n’était pas d’enchaîner des centaines d’attaques mais quelques-unes, deux ou trois. De ce point de vu là elle réussi puisqu’au milieu de la multitude de pétales elle eut bien le temps de placer ses attaques tout en touchant un bon nombre de pétales. Il y en avait tant que d’un simple mouvement on pouvait en trancher plusieurs. Mais la vitesse, celle-ci n’était pas assez importante, loin s’en fallait.

Répéter un enchaînement de nombreuses fois était une bonne idée, puisque cela lui permettrait d’en faire un automatisme mais elle devait réellement maîtriser ce mouvement afin qu’il devienne plus que cela et qu’elle puisse placer ses frappes successives suffisamment vite pour que son adversaire n’ait pas le temps de répliquer entre deux d’entre elles.

Pour le prochain post je souhaiterais voir trois essais avec une progression le but étant d’augmenter ta vitesse de frappe en rendant ce mouvement le plus naturel possible puis en améliorant encore ta vitesse pour aller au-delà du naturel (tu n’es pas obligée d’en arriver là à la fin de ce post :P). Je donnerai le résultat du dernier essai ^^.
Au niveau de la façon dont tu t’entraînes, tu peux continuer sur les pétales bien entendu mais pour maîtriser la technique il faudra passer à un autre type de cible par la suite, mais je pense que tu t’en doutes :).
Je suis Shimone Ayanami, junin en CDI de Konoha

Au fait, je voudrais m’excuser par avance d’un problème anatomique un peu handicapant : j’entends très bien de l’oreille droite et très très bien de l’oreille gauche… Le premier qui bavarde, je l’aligne. [Dixit un prof]

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Re: Rose et Camélia au bal du Cerisier.

Message par Primura Tchinonamida » mer. 19 nov. 2008, 0:53

Tel un essaim de délicieux insectes rose pâle, des centaines de pétales se coulèrent posément vers la jeune fille au gré d'une brise fraîche et taquine qui les faisait danser ça et là selon ses envies.
* Ou comment voir la vie en rose... * pensa t-elle avec un petit sourire de défi à l'attention du paresseux mur de pétales qui s'avançait gentiment vers elle.

Son appel du pied d'appui lui donna à la fois l'élan et le signal. Sa lame vrombit sous l'effort et le changement de direction, la devise stylisée « In Nomine Revaes » brilla de mille nuances argentées alors que la lame entamait déjà son deuxième mouvement, tranchant allègrement une dizaine de pétales au passage. L'épée revint en un arc de cercle presque bénin pour soudain trancher dans le vif de droite à gauche, sa main droite vint rejoindre la première sur la poignée pour contrer l'emportement de l'élan et aida l'épée à revenir immédiatement vers l'arrière. La pointe se jeta soudain en une puissante pique au niveau de l'épaule d'un éventuel adversaire avant de revenir, retirant la lame de la plaie ouverte dans la pétale de cerisier. Le tranchant vint caresser l'oreille de l'ennemi avant d'effectuer un retentissant aller-retour en diagonale qui siffla comme un coup de fouet, découpant de nouvelles pétales au passage. L'adolescente se laissa emporter par son élan et pivota souplement sur ses talons, s'aidant de la force centrifuge pour frapper en étoile d'une main avant d'effectuer une volte en faisant tourner sa lame autour de son corps pour lui donner plus de force. Les trois estocs qui clôturèrent l'enchaînement lui tirèrent une grimace, la fatigue heurtant son épaule gauche comme un coup de marteau, elle sentit ses doigts se crisper sur la poignée et ses phalanges étaient douloureuses.
Soulagée, elle cligna des yeux et planta son épée dans le sol avant de se laisser tomber sur le dos. L'herbe grasse sous le matelas de pétales amorti sans mal le poids de sa chute et Hatsuyuki vint la rejoindre en se roulant dans les pétales qu'il avait fait tomber avec un hénissement de contentement. Quelque chose clochait dans ce qu'elle avait fait, elle en avait le désagréable sentiment. Comme quand après avoir terminé un bouquet en Ikebana, elle regardait parfois son oeuvre d'un oeil circonspecte... jusqu'à ce que l'énorme détail qui lui avait échappé jusqu'à présent lui saute au visage comme son compagnon aujourd'hui. En moins agréable quand même...

Elle se releva sur les coudes et regarda son invocation jouer dans les pétales, sa crinière ébouriffée décorée d'une parure de rose et de vert. Un vrai punk.
Finalement essoufflé il se traîna jusqu'à sa grande copine et posa sa tête équine sur ses genoux, attendant vraisemblablement des gratouillis derrière les oreilles, ce qu'elle lui accorda de bon coeur.
« N'empêche, Hatsuyuki impressionné, toi très forte. Frappes puissantes, whaou ! Oreilles de moi encore siffler de bruit de lame de toi. » la complimenta t-il certainement pour qu'elle prolonge ses caresses.
Toutefois cela eut le mérite d'ouvrir en grand les yeux de la genin au sens propre comme au figuré.
* Forte... puissante... bruit... mais c'est évident... la vitesse il me manque la vitesse... *
Elle se laissa retomber sur le dos mais continua de caresser son ami qui venait de lui donner une importante clé pour la réalisation de sa technique.
* Quand je pense que cette technique est aussi basée sur une illusion d'optique... c'est sur que si je n'y met que de la force, l'adversaire va me voir venir à deux kilomètres... qu'elle idiote je pourrai aussi bien lui annoncer à l'avance ce que je vais faire, on perdrait moins de temps... * se morigéna t-elle.
C'était tout de même le soulagement et la satisfaction qui l'emportèrent sur le reste. Après tout l'énigme avait été rapidement résolu d'un point de vue théorique, or cela aurait très bien pu lui prendre des heures voir des jours avant de trouver. Ce sont souvent les choses les plus évidentes qui passent inaperçu.
« Pas bête Hatsuyuki... pas bête... » dit elle pensivement.
Les décorations ornant la crinière du petit cheval volèrent de droite et de gauche alors qu'il se secouait l'air estomaqué.
« Quoi toi supposer vilaine rose aux épines ? Moi bête en général ? Méchante fille ! »
« Mais non, ce n'est pas ce que je voulais dire... » essaya Primura pour se rattraper « C'est juste que tes remarques m'ont bien aidé pour la suite du jeu... il y avait un défaut dans ma prestation et tu as mis le doigt dessus donc... »
« Donc j'ai droit à cinquante cookies, trente trois prosternations front contre herbe et quarante cinq " Pardonnez moi ô grand maitre des Plaine Gelées de Yuki Hatsuyuki Umanoyuki, j'implore votre grâce de..." » déclama t-il plein d'espoir.
« De rien du tout... ça me rappelle un épisode boule de neige avec Mi... tu sais quelque chose comme une mauvaise expérience qu'à eu ton frère en grande partie par ta faute... une expérience humide et froide... je suis certaine que ton père adorerait le récit complet de l'aventure... parce que je suppose que c'est toujours un secret non ? » demanda t-elle avec un charmant sourire.
« Maman dire à Papa que ça être anecdote de rencontre et que donc secret entre toi et moi... donc moi pas avoir été grondé pour ça puisque pas raconter finalement... » avoua t-il l'air boudeur.
« Bien, je disais donc que grâce à toi j'ai pu trouver un important défaut et que je vais pouvoir m'employer à le résoudre dés maintenant. On va faire encore un essai avec les pétales et puis on passera à une nouvelle forme du jeu. » dit elle l'air mystérieuse avant de se relever, le petit cheval lui lançant un grand regard larmoyant au passage... impossible de résister.
« Aller, me fais pas ces yeux là... ce soir je t'achète des friandises d'accord ? » dit elle en frottant son nez contre le front au poil rêche de son petit compagnon.
Hatsuyuki remua comiquement des oreilles avant de sauter dans tous les sens vraisemblablement heureux comme un roi.
L'adolescente accueillit cette démonstration de joie avec un sourire puis reprit son épée en la dégageant du sol. Son regard se perdit dans le vague, errant dans des bribes de souvenirs, de lectures, d'aventures ou encore de reflexions.
Soudain, portée par le temps, une image s'imposa à elle. Le Ice Stadium de Yuki, jour heureux, jour funeste... les paroles de Wei-Chi lui parvinrent à travers le filtre du temps.
"Je ne sais pas si c'est très académique, prenez ceci comme vous voulez, mais pour moi, les mouvements doivent être spontanés. L'épée ne doit pas être vue comme une danse aux pas chorégraphiés d'avance. Je n'aime pas les mouvements appris par coeur. Alors si vous le voulez bien, testons plutôt vos réflexes."

L'idée lui plut. Laisser agir, le corps, l'instinct, les réflexes, le naturel... ne pas se cantonner uniquement à des règles et à des mouvements pré-machés mais trouver son propre rythme, ses propres phases, ses propres gestes et enchaînements.
* Ne plus forcer sur les muscles... en plus mon épaule a bien senti que ce n'était pas bon... en plus je serre trop fort la poignée de l'épée... sûrement la crispation... je dois me détendre... l'idée de la force centrifuge et de chercher un chemin suivi dans la technique sont à retenir je pense... maintenant il faut que je pense plus à maximiser ma vitesse... la question est comment... d'un point de vue purement physique je devrai être en mesure de le faire... coordonner plus l'articulation de mon corps, jouer plus en souplesse qu'en force, utiliser mes doigts autant que mon dos et mes épaules... maintenant d'un point de vue plus technique... je vais réviser encore un peu les mouvements... lors de l'exercice avec Komoku-sensei mes parades étaient imparfaites dictées par l'urgence de l'assaut, la vision du danger... si j'avais appris les parades au préalable j'aurai été plus efficace... alors je vais faire les deux : commencer par travailler un peu mes mouvements, puis agir à partir de mes réflexes et de mes sens. Ne plus se laisser dominer par la logique et l'académisme... place à l'improvisation. *

Un sourire décidé sur la frimousse, la genin relut les propositions du parchemin et les reproduit une à une. Certaines subtilités qui lui avaient échappées vinrent d'elles mêmes s'imposer à ses gestes. Garder son coude fléchi lorsqu'on était en garde, ne pas rentrer complètement son bras lorsqu'on l'armait pour une estoc, privilégier les gestes simples et les passes d'armes précises. Ses pieds jouaient finalement un rôle crucial, coordonnant l'élan, permettant à la lame d'être correctement orientée afin d'optimiser l'angle d'attaque. Ses jambes étaient fléchies pour lui donner plus de force et d'équilibre, son bassin droit et son buste mobile pour lui permettre de tirer au mieux parti de ses épaules et de ses bras.
Très vite pourtant elle commença à s'essouffler. L'apprentissage lui demandait un rythme intense, ses bras et ses jambes commençaient tout doucement à lui faire comprendre qu'une pause serait la bienvenu.
Primura essuya la sueur qui perlait sur son front pâle et regarda Hatsuyuki qui piaffait impatiemment de son côté en dessinant par terre avec le fourreau toujours en lévitation.
« Je suis prête Hatsuyuki, on commence ? » demanda t-elle en détendant ses articulations.
Le petit cheval leva les yeux de son ouvrage et répondit par un hénissement de défi en envoyant le fourreau frapper une autre branche.

Un rideau de pétales se déroula lentement, avançant majestueusement, si fin qu'il en paraissait presque diaphane.
Levant son Pinceau d'acier, l'Artiste inspira profondément sans reculer devant l'épreuve. L'appel du pied retentit comme la première note d'un requiem, le parchemin était déroulé, la toile dressée, il ne restait plus qu'à y peindre la fleur désirée. Fleur sur fleur.
Son bras partit naturellement en un arc de cercle de bas en haut du côté gauche avant de soudain effectuer un violent aller retour en une diagonale inversée. La rose multicolore enchâssée dans le pommeau de l'épée se transforma soudain en un kaléidoscope évanescent alors que Primura voltait vers la gauche en faisant tournoyer sa lame argentée entre ses paumes gantées.
Tourbillonnant soudainement sur elle même vers la droite elle traça trois sillons parallalèles à l'horizontale sur le torse de son adversaire avant de voltait à nouveau vers la gauche en garde pour effectuer trois cercles avec sa lame comme une jongleuse, traçant trois nouveaux sillons parallèles sur le ventre de l'ennemi, en un cadrillage mortel.
Enfin, sa tête s'inclina vers l'avant alors que son buste pivotait de côté, les pieds éloignés, perpendiculaires. Elle salua la mort de son opposant d'un large X, frappant en deux diagonales se rejoignant au niveau du nombril.
Le rideau de pétales passa sur elle mais il n'y eut que peu de pétales sur sa tenue une fois qu'il fut passé. A ses pieds gisaient des morceaux rosés de pétales de cerisiers.
L'adolescente expira lentement, les yeux fermés avant de les rouvrir doucement.
« Comment c'était ? » demanda t-elle à Hatsuyuki.
« Joli, mais juste joli... trop brouillon même si bonnes idées, avoir l'impression de collection de jolies images mais manquer de oeuvre majeur. Toi encore au niveau de jolie image... » tenta t-il d'expliquer.
Primura accueillit la critique avec un air pensif. Ce n'était pas tout à fait faux, si elle avait réussie à augmenter sa vitesse, son enchainement avait changé du tout au tout. Envolée la belle forme de Camélia et sa beauté mortelle. Ses coups précédents avaient leur charme et semblaient être liées par leurs qualités mortelles mais ce n'était qu'un début. Ce qu'elle avait fait était un brouillon, un shéma, les prémices d'une oeuvre, de son oeuvre.
* Il me faut un support différent... * pensa t-elle.
Elle fit quelques pas, en laissant son regard traîner sur le décor et l'horizon mais rien ne lui semblait approprié.
Finalement, un sourire ravi éclaira son visage poupin.
Plongeant la main dans la terre, elle eut l'air de chercher quelques choses pendant une petite seconde avant de tirer vers le haut. Une énorme racine, semblable à un petit mur de bois se dressa soudain face à elle.
Hatsuyuki en fut comme deux ronds de jambe et demeura coït pendant cinq secondes, attestant de l'extrême surprise dans laquelle il nageait.

« Avoue... toi pas humaine... toi monstre de légende sous forme poupée moi vrai ? »
« Si tu savais... » lui répondit elle avec un petit rire « Certaines personnes font des choses encore plus impressionnantes que moi... »
« Moi pas croire toi... ou veut pas croire toi... trop effrayant... »
« Va donc te cacher... je compte jusqu'à deux cent et je viens te chercher avec Mi d'accord ?! » dit elle pour lui changer les idées.
« Ho chouette cache-cache ! »s'exclama t-il joyeusement en partant comme une fusée.
* Et il me faut du calme aussi... * pensa t-elle avec une pointe de moquerie en se tournant vers sa nouvelle toile.
Le prochain Camélia devait avoir des airs de Chrysanthème si elle voulait vraiment faire évoluer sa danse.

* Agir avec naturel... en combinant réflexes et connaissances... lier souplement les enchaînements pour former une fleur aux pétales serrées... *
Inspirant par le nez, elle se mit correctement en garde et expira posément par la bouche.
* Lentement la fleur éclot... à la lumière du jour... un coeur serré...
La pointe décrivit de tout petits arcs de cercles, presque comme si elle vibrait, seuls les doigts et le poignet de Primura étaient sollicités. Pour un observateur extérieur il y aurait eu trois lames frappant soudain d'estoc dans une toute petite surface.
* Puis tout doucement les pétales s'écartent, forment un doux écrin, un rempart protecteur... *
Son bras se mit à bouger à son tour, le reste du corps l'accompagna, le bruit de la lame heurtant ou tranchant le bois fit les percussions, son souffle et le sifflement de son pinceau argenté firent les vents. Le ballet commençait, la danse débutait.
Les arcs de cercles se muèrent en de semi-angles arrondis sur les côtés, sa robe virvolta au gré des assauts répétés et rythmés, sensuelle et dangereuse, souple comme une liane, vive comme l'air, rayonnante comme le soleil. Sur le bois s'inscrivit le symbole d'un amour fidèle. Sa lame frappait d'estoc et de taille, déployant arc de cercles, piques et passes d'armes, le corps suivait sans faiblir : voltes et entrechats, marche et retraites.
Elle termina en saluant à l'occidentale, satisfaite. Sa camélia n'était pas parfaite loin de là. Certaines pétales dénotaient d'une certaine faiblesse de son bras, et d'autres traits semblaient incertains voir incongrus. Mais on la reconnaissait, un peu comme le dessin d'un petit apprenti qui se serait appliqué pour parvenir à un résultat « ressemblant ».
Outre l'aspect puissance, précision et esthétique, le problème de la vitesse demeurait. Elle avait pu compter plus de huit secondes ce qui était beaucoup trop par rapport à son objectif premier. Il devait encore y avoir un souci quelque part.
Résolue à trouver ce que c'était puis à se lancer dans une nouvel essai avant d'aller chercher Hatsuyuki, elle suivit de la pointe le chemin qu'avait pris sa lame.
* Et puis comment créer l'illusion d'optique avec de si petits mouvements... *
Elle parvint au pétales du troisième rangs, enchâssées entre elles comme d'élégants bijoux.
* En plus si l'adversaire voit un scintillement il pourra parer... *
La pointe caressa enfin les trois grandes pétales déployées en triangle et soutenant l'ensemble. Elle s'arrêta soudain sur la bout effilé de la deuxième.
* Mais bien sur... ! L'illusion ne peut être effective qu'avec des feintes larges. On ne peut commencer un mouvement avec un approche aussi précise et minuscule que le coeur de la fleur... je dois d'abord construire ma danse sur les trois grandes pétales qui soutiennent l'ensemble avant de refermer mon emprise sur l'adversaire comme un filet... je suis sure de pouvoir faire quelque chose pour ne pas qu'il puisse parer en devinant quel sera le prochaine mouvement...
La genin se creusa la tête quelques secondes jusqu'à ce que...

« Eurêka ! » s'exclama t-elle en bondissant de joie, tel Archimède sortant de son bain après l'une de ses fameuses découvertes.
* Il suffit de marquer comme une pause hors de l'enchaînement au niveau du haut de la pétale... du coup lorsqu'il voudra parer, ma lame sera déjà en train d'entamer sa chaire autre part... une sorte de piège visuel... un feinte de coupé-coupé ou un dégagé une-deux selon la situation et le tour est joué... le changement de rythme... c'est ça la deuxième clé que j'ai oublié. C'est ce changement qui déstabilisera le sens visuel de ma cible... parce qu'il ne pourra pas comprendre pourquoi ma lame qui aurait du être à tel endroit, le frappe soudain à un autre endroit... en plus comme le nombre de pétales augmente avec le temps, il ne pourra pas trouver une suite logique... et alors avec le coeur... nul doute que cet assemblage de trois frappes sur une surface aussi petite... avec l'élan conféré par toutes les figures précédentes... *
La technique s'annonçait efficace.
Primura fit le tour de son mokushou et se posta à l'opposé de sa première figure. Elle prit son temps pour se préparer. Allongeant le bras pour être sure d'être à la distance optimale, elle étira les muscles de ses bras et de son dos avant de prendre plusieurs respirations calmes et suivies.
Elle était prête.
A présent en garde, elle visualisa la Camélia et l'apposa mentalement sur la belle surface de bois brut, comme un calque sur une feuille de dessin. L'appel du pied sonna l'entrée de la danseuse sur la scène, déjà sa fringuante cavalière entamait la danse de sa pointe effilée.

Changement de rythme
Figures naturelles
Danse
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Shimone Ayanami
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Re: Rose et Camélia au bal du Cerisier.

Message par Shimone Ayanami » mer. 26 nov. 2008, 20:22

"Hatsuyuki en fut comme deux ronds de jambe et demeura coït pendant cinq secondes" c’est très mignon mais on dit quoi, le coït, c’est l’acte sexuel ^^. Et c'est quoi un rond de jambe ?

Primura progressait et le temps d’exécution sur les quelques mouvements qu’elle avait travaillé était déjà plus court, mais pas forcément encore assez. Ça a toujours l’air fantastique lorsqu’on le fait, d’une précision extrême, rapide, harmonieux,… mais vu de l’extérieur les défauts se font jour.
Au niveau de la précision c’était assez correct, la cible étant généralement assez grosse et surtout proche, mais la rapidité n’était pas encore suffisante comme Primura s’en était elle-même rendue compte. Quant à l’esthétique de la technique cela restait effectivement encore un peu brouillon comme le lui avait fait remarquer Hatsuyuki mais à arrondir les angles et rendre plus fluides ses mouvements nul doute que la genin allait finir par faire ressembler sa technique à quelque chose, enfin peut-être :P.

Pour le prochain post, même motif même punition que pour le précédent, trois essais avec progression et je donnerai le résultat sur le dernier (enfin si on peut parler de résultat vu que je ne fais que te guider sur des coups d’épée :lol:).
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Au fait, je voudrais m’excuser par avance d’un problème anatomique un peu handicapant : j’entends très bien de l’oreille droite et très très bien de l’oreille gauche… Le premier qui bavarde, je l’aligne. [Dixit un prof]

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Re: Rose et Camélia au bal du Cerisier.

Message par Primura Tchinonamida » dim. 04 janv. 2009, 22:03

Les mains sur les genoux, Primura reprenait tout doucement son souffle. La fleur peinte par son pinceau d'acier ressemblait de loin à un Camelia mais alors de près... la jeune fille ne pouvait s'empêcher de faire la grimace en la détaillant. La première comparaison qui lui venait à l'esprit c'était celle d'un dessin de rose qu'elle avait fait quand elle avait huit ans. C'était plus ou moins du même niveau. En un mot comme en cent : insatisfaisant.

L'adolescente grimaça en se redressant et s'employa à faire quelques étirements en réfléchissant. Elle mit un bras autour de son cou et appuya avec l'autre main sur son coude. Sur l'aspect purement technique de la chose elle avait plus ou moins fait le tour. Il restait l'aspect qui lui faisait pour le moment le plus défaut à savoir, le côté physique de la technique. Pas assez rapide, pas assez forte, pas assez précise.
* Rien que ça... * pensa t-elle avec un sourire désabusé. D'un autre côté, pour le moment cette technique ne lui servait pas à grand chose dans la mesure où son but premier n'était pas rempli : blesser l'adversaire. Elle pouvait très bien s'amuser à agiter son épée dans tous les sens histoire d'améliorer sa vitesse et sa façon de faire mais elle estima que cela ne suffirait pas. Comme un oisillon, elle ne battait pas encore assez des ailes pour pouvoir s'envoler. Il allait lui falloir trouver quelque chose de plus.

Une idée commença à germer dans son esprit enfantin, complètement folle et pourtant si... logique. Lorsqu'elle réalisait une technique de ninjutsu ou de genjutsu elle usait du chakra physique et spirituel qui ne formaient alors plus qu'un. Pour une technique comme la Tsubaki no Buyou elle n'avait qu'à solliciter au moins une des deux entités qui formaient ce chakra unique, à savoir le chakra physique. Avec un sourire confiant elle plongea au plus profond d'elle même. Quel délice que de refaire ce chemin intérieur tant de fois emprunté mais toujours aussi acceuillant. Elle parvint dans son sanctuaire où l'attendait son chakra, à la fois aux aguets et somnolant. Sa main en effleura la surface sans pouvoir déterminer la sensation qui la traversait. Il était temps de procéder à l'invocation. Elle fit le geste de scinder en deux la surface et les flots avant si tranquilles se séparèrent en grondant, presque à contre coeur. Ils se ramassèrent sur eux même, changèrent de couleur, de forme, de consistance, d'apparence. Trois énormes sphères se tenaient à présent face à elle, tournant lentement sur elle même et entre elles. Le chakra physique, rouge vif aux reflets orangés et dorés. Semblable à une flamme éternel et inextinguible. Le chakra spirituel, bleu outremer aux reflets bleu clair et argentés. Semblable à une goutte d'eau pure et saine. Enfin la troisième sphère que Primura ne réussit pas à identifier, première surprise de cette composante d'elle même dont elle ignorait tout. Jaune foncé aux reflets citron et canari. Semblable à un petit soleil rassurant et lumineux. L'adolescente décida de s'en occuper plus tard, pour le moment une seule chose l'intéressait, une seule sphère avait son attention. Elle étendit ses bras en croix et fixa la sphère de son regard rose bonbon. Un concentré d'énergie rouge brûlante la frappa en pleine poitrine, enveloppant son petit corps dans un magma rubis. La jeune fille sentit ses muscles se contracter, l'adrénaline couler à flot dans son corps. Elle ouvrit les yeux.

Elle se sentait plus forte que jamais. C'est presque avec fébrilité qu'elle ramassa son épée pour se jeter sur sa cible, son bras dessinant déjà une élégante arabesque de haut en bas, premier trait du premier pétale. Sa main, son poignet, son bras, son épaule lui lancèrent un message d'alerte mais elle y demeura sourde. Sa lame trancha, tailla, frappa, transperça, éclata, brisa et arrivée au dernier trait, le corps de la genin lâcha, la jetant à genoux, épuisée. Relevant la tête, ses yeux s'arrondirent d'horreur. Le panneau de bois avait été éventré à l'endroit exacte où aurait du se trouver une fleur élégante, belle, ciselée, artistique, symbolique... Primura pouvait presque voir le sang s'échapper du coeur du bois à flots glougloutants.
Elle ferma les yeux devant cette vision affreuse et plongea presque mécaniquement dans son sanctuaire intérieur. Là un spectacle aussi inquiétant que surprenant l'attendait. Les trois spères tournaient toujours, formant un triangle, et leurs énergies se rejoignaient au milieu d'elle, formant une aura sombre et glauque, comme un tissu déchiré qui grossissait à vue d'oeil. La jeune fille cria et brisa la formation d'un coup d'épée, Miroku, sa lame salvatrice était apparue dans sa main au cri de détresse de sa maîtresse.
Primura se retrouva à contempler la voûte céleste, couchée sur le dos, haletante, les larmes aux yeux. Tremblante, elle rejoignit Mi à quatre pattes. Celui-ci s'éveillait justement en baillant largement et fixa la jeune fille de ses petits yeux ensommeillés avant de la rejoindre pour se blottir contre elle. La genin le serra contre sa poitrine, comme une enfant le ferait de son doudou quand elle vient de faire un cauchemar. Tentant de maîtriser sa voix qui commençait à trembler, elle lui murmura :

« On va retrouver ton frère ? Les 200 sont bien passés... »
Mi approuva de son petit hérissement si caractéristique et Primura choisit de le garder dans ses bras en montant sur son snowboard. La planche se mit à léviter à quelques centimètres du sol et elle appuya un peu plus fort sur sa jambe avant pour avancer à allure réduite. Scrutant les alentours, elle ne distinguait que de rares arbres et une étendue herbeuse qui lui semblait aussi vaste qu'une mer verte. Avec une touffe de crin gris au milieu ? Qui volait au vent comme un fier étendard ?
La genin leva les yeux au ciel et fit signe à Mi de ne pas faire de bruit. Ils s'approchèrent silencieusement par derrière, après avoir retiré une petite bouteille d'eau du snowboard. Hatsuyuki était bel et bien là. Ramassé par terre, les fesses en l'air, ses deux sabots avant sur ses yeux. Le vent apporta à sa maîtresse quelques paroles éparses
« Elle pas voir moi... roi du cache-cache... l'Invincible... L'Invisible... L'Introuvable... »
Une pleine bouteille d'eau versée sur son popotin si élégamment présenté interrompit sa glorieuse tirade par un glapissement surpris et un sursaut impressionnant. Le pauvre petit cheval arborait une mine toute dépitée devant les mines hilares de sa maîtresse et de son petit frère. Sa fierté repris le dessus et il releva son menton chevalin en disant.
« Vous avoir mis le temps... Hatsuyuki s'être endormis en attendant vous si longtemps... »
Primura tenta bien de contrôler son fou rire mais devant ce petit cheval à la crinière ébouriffé l'air si drapé dans sa fierté, c'était peine perdu.
Enfin calmée, ils firent la course jusqu'à l'arbre qu'ils avaient délaissés et l'adolescente laissa gagner son ami histoire qu'il ne boude plus. Mal lui en pris car l'invocation caracola autour d'elle pendant bien un quart d'heure en déblatérant des bêtises plus grosses que lui. Impayable...
Enfin, elle réussit à recentrer les esprits sur son exercice et demanda conseil à Hatsuyuki. Celui-ci sembla réfléchir intensément en balançant sa queue de droite et de gauche à intervalles irréguliers.
« Toi encore petit oisillon, devenu moineau toi t'être abandonnée à nouvelles sensations... toi devoir garder le contrôle... devenir libellule aussi... sortir de chrysalide... battre ailes si fort que voir quatre au lieu de deux... conserver image dans tête... objectif... but... »

Primura hocha la tête, comprenant où il voulait en venir. Son chakra était comme un animal rétif qu'il convenait de dresser correctement. L'adolescente plongea la main dans le sol, à la recherche d'une nouvelle racine, l'autre était à présent inutilisable. Elle fit ainsi apparaître un nouveau panneau de bois devant lequel elle se tint quelques instants immobiles. Son regard s'attarda sur le brouillon déchiré, encore debout par elle ne savait quel miracle, qui se tenait à côté. Il était temps de passer aux choses sérieuses. Sa vision se résuma à un couloir. Une couloir de trois mètres de long pour un mètre cinquante de large. Un couloir qui la menait droit vers le mokushou. Sa cible. Son adversaire. Sa proie. Son futur chef d'oeuvre.
Elle sollicita à nouveau le chakra physique qui répondit à son appel en embrasant son corps et ses sens. Ses mains se resserrèrent sur la garde de sa lame, la devise In Nomine Revaes capta un rayon de soleil avant de dessiner la première des trois pétales qui soutenaient l'ensemble. La frappe était calculée, moins forte que rapide, plus dessinée qu'assenée. La pointe remonta, taquine, agaçant le bois de son toucher froid et acéré. Primura dessina un pétale complet sans sembler s'arrêter, attaqua l'autre et finit le dernier du trio dans le désordre selon Mi, dans l'ordre de la Danse selon Hatsuyuki. Les touches s'alternaient, par deux ou trois, c'était selon, jamais semblables toujours changeante, imprévisibles. Les appels du pieds se succédaient, c'était un tango mortel, brûlant et capricieux, appelant le sang et la souffrance mais d'une beauté à faire se pâmer la plus belle des courtisanes. La pointe pourfendait, le tranchant s'abattait, la main virevoltait, le bras ondulait, les jambes suivaient. Insaisissable et subtile, elle était ombre et lumière, flamme et eau, elle était entière. Son oeuvre était au nom de ses rêves et de son amour. Un amour fidèle et indéfectible comme le symbolisait la fleur qui se teintait à ses yeux du rouge sang de son ennemi. Ainsi donc un obstacle osait s'imposer sur son chemin ? Qu'à cela ne tienne, elle lui montrerait qu'on ne le défiait impunément. La danse se fit passionnée, ardente et bouillonnante. Sa lame se fit joueuse, moqueuse, taquine. Son corps se fit érotique, concupiscent, arrogant. La Danse devint Spectacle. C'était un Ballet de Mort. La Sève devint Sang, l'Ecorce se fit Chair. Ses mouvements devinrent flous, sa lame n'était plus que Foudre abattant son Courroux sur l'Impudent.
« Et à la fin de l'envoi... » murmura la genin après une volte audacieuse qui fit tournoyer ses jupes.
« Je touche ! » termina t-elle en se fendant gracieusement. La pointe se planta de plusieurs centimètres dans le bois, pile au centre de la fleur et lorsque Primura la retira, cela dessina un splendide petit bouton, dernière touche à son oeuvre.

Hatsuyuki et Mi ne pouvaient pas applaudir et ils substituèrent à ce geste humain des claquements de sabots enthousiastes sur le snowboard de l'adolescente.
Celle-ci salua son public avant d'essuyer son front emperlé de sueur et de cligner des yeux, incertaine. La concentration que lui avait demandé sa performance lui avait fait oublier le monde extérieur et elle avait besoin d'un peu de temps pour reprendre ses esprits.
Hatsuyuki détailla la fleur gravée sur le bois sous toutes les coutures.
« Toi pas trouver que ça manquer de volume ? De relief ? Moi avoir l'impression que ça être pour toi papier... adversaire pas être papier... être plein... entier... trois dimensions... »
La jeune fille haussa un sourcil, surprise. Effectivement, ce genre d'erreur risquait de lui coûter cher en combat.
« Et puis toi encore manquer vitesse... trop concentrée sur forme... libellule encore pas assez rapide... toi devoir devenir encore plus... comme... comme... »
« Un colibri... ? » proposa l'adolescente avec un sourire.
« Quoi ça être ? »
« Un petit oiseau » répondit elle en se morigénant. Hatsuyuki ne pouvait pas connaître cet oiseau des forêts chaudes... elle même n'en avait vu que dans les livres...
L'idée lui plut. Le bec de l'oiseau était fin comme Miroku et il butinait certaines fleurs comme elle le faisait avec sa Camélia.

Primura se remit en garde de l'autre côté du premier dessin. Inspirant lentement par le nez, elle invoqua le chakra physique et tenta de garder la chaleur sous contrôle... elle menaçait encore de la dévorer... de la posséder.
Le mokushou prit une nouvelle forme dans le couloir de sa vision. Celui d'un ninja, cagoulé, en garde lui aussi, un katana en main. Elle nota un détail au passage. La garde de son adversaire lui indiquait où commencer. La Tsubaki no Buyou était donc bien une danse à part entière, si le pas de départ est connu de tous, on l'esquisse dans le direction appropriée selon la situation et les circonstances.
Par dessus cette image vint s'apposer le calque de la Camélia. Hommage à son amour, fidèle et pur comme la toundra. La fleur semblait vivante, respirant au même rythme que son adversaire. A Miroku de la taquiner, de la butiner, d'en retirer le coeur pour en faire sa pitance. Sa lame avait soif. Soif d'un art que la jeune fille commençait à peine à appréhender. Un art dangereux dont les flagrances pouvait aussi bien vous retourner l'estomac que vous perdre. Le colibri bondit gracieusement de son support terrestre et ses ailes battirent en un mouvement indécelable à l'oeil nu. Une danse hypnotique, imprévisible à un seul meneur. Au féminin.


Sensualité d'un trait
Danger de la féminité
Mortalité
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Re: Rose et Camélia au bal du Cerisier.

Message par Shimone Ayanami » dim. 11 janv. 2009, 18:48

Cette fois-ci la vitesse était bonne, les gestes moins brouillons et le rendu final était tout à fait satisfaisant. Primura savait désormais utiliser le Tsubaki no Buyou.
Par contre l'utilisation intensive d'une telle technique a laissé sa marque et outre la fatigue, Primura peut sentir certaines douleurs en elle. C'est principalement musculaire mais les tendons eux aussi on subit, ce n'est rien d'alarmant mais Primura sent quand même que l'utilisation de cette technique n'est pas bénigne pour elle.

La technique est validée, et maintenant j'aimerais simplement un post de conclusion, sans pour autant négliger tes autres topics ;). Si tu le souhaites tu peux encore ajouter un ou deux essais à la conclusion pour bien montrer que cette réussite n'est pas le fruit du hasard ^^.
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Re: Rose et Camélia au bal du Cerisier.

Message par Primura Tchinonamida » mar. 17 févr. 2009, 23:53

Miroku siffla dans l'air vivifiant de la plaine et entama profondément le bois du mokushou.
L'épée tailla, balafra, découpa, incisa, sculpta, blessa, cingla, marqua, cogna, heurta de toute la vitesse et de toute la force que sa maîtresse pouvait lui conférer dans un laps de temps si court.
Une sève collante coula du bois meurtri par l'attaque de l'adolescente, conférant à la fleur gravée en son sein à la pointe de l'acier une brillance et un relief magnifiquement mis en valeur par la lumière du jour.

Ladite jeune fille n'eut qu'à peine le temps d'esquisser un sourire ravi devant le résultat de sa prestation avant que ses jambes perdent leur force et qu'elle ne tombe sur le dos dans le tapis d'herbe moelleux.
Péripétie surprenante à laquelle elle ne s'était pas attendue. Elle jeta un coup d'oeil surpris à ses guiboles qui tremblaient légèrement avant de tenter de se redresser. Peine perdue, ses épaules et les muscles de son dos la faisaient souffrir le martyre. Il était temps de faire une pause... fermer les yeux... profiter de la quiétude du jour... sentir la douce caresse du vent sur sa...
Le contact d'une langue humide et râpeuse sur sa joue gauche lui fit ouvrir les yeux avec une grimace alors qu'une autre langue bien plus petite celle ci, vint assaillir son cou emperlé de sueur.
Hatsuyuki et Mi s'inquiétaient de la soudaine chute de leur maîtresse/amie/grande soeur à leur manière.
« Je vais bien calmez vous... » fit elle en pouffant tout en les repoussant faiblement.
« Je suis juste un peu fatiguée... » continua t-elle en fixant le ciel et les nuages qui défilaient paresseusement.
Un nouveau pas sur la voie du shinobi. Retirant son gant de cuir, elle tendit la main vers la voûte céleste et l'observa quelques instants. Une main pâle, des doigts fins, aristocratiques et soigneusement manucurés. Regardant sa paume elle eut un sourire désabusé.
* Les apparences sont trompeuses... *
Des cals durcis avaient fait leur apparition sur sa main, signe d'une pratique régulière du maniement des armes.
Primura ferma son poing et le contempla quelques secondes.
* Devenir forte c'est bien... mais au fond à quoi cela me sert ? A quoi cela m'a t-il servi ? Évidemment il faut se préparer au pire... se tenir prête pour le jour où on en aura besoin... mais c'est long... si long. Combien de temps devrai je encore attendre avant que je ne mette mes capacités à l'épreuve ? Que j'ai la preuve que tout ce que j'ai fait jusqu'à présent n'était pas inutile... mieux encore que ce n'était pas assez ! J'ai hâte... *

Mi vint se réfugier dans son corsage pour échapper au taquineries de son frère qui caressa le front de la jeune fille de sa joue aux poils rêches.
« Toi aussi Hatsuyuki tu attends ton baptême de l'action ? Moi je ne sais pas... d'un côté j'aimerai qu'il arrive vite, d'un autre je me dis que cela signifie beaucoup de choses peu agréables... en perspectives... mais après tout j'ai été formé pour ça... »
« Pas besoin penser à ça... juste attendre bon moment... patienter que ça vienne... » répliqua le petit cheval avec philosophie avant de se rouler dans l'herbe.
« Qui vivra verra c'est ça que tu veux me dire... ? Après tout tu as raison... patience... elle sera récompensée un jour ou l'autre... »
Primura tira son épée et la pointa vers le ciel avec un grand sourire.
« Ce jour là Hatsuyuki... faisons en sorte de profiter pleinement de l'instant... de donner le meilleur de nous même... » dit elle sur un ton à la fois solennelle et enthousiaste.
« Serment. » déclara simplement son compagnon qui secoua sa crinière avant de se remettre sur ses quatre pattes.
« Bon y aller on va ? Debout faignante ! »
« Attends un peu toi... » fit Primura faussement menaçante, s'appuyant d'une main sur son épée comme une canne, l'autre soutenant Mi toujours dans son corsage.

Hatsuyuki éclata de rire et fit des bonds moqueurs autour de sa maîtresse en chantonnant :
« Primura arthrite, Primura rhumatisme, Primura vieille mamie, Primura toute cassée... »
« Attends un peu toi que je t'attrape... quand j'irai mieux tu verras... Tu n'as pas encore fait connaissance avec Camila... elle adore caresser les petits rigolos dans ton genre... » termina t-elle avec un faux sourire menaçant.
« Même pas peur ! » répliqua dignement Hatsuyuki. Bizarrement il arrêta quand même ses moqueries.
L'adolescente leva les yeux au ciel avec un sourire, impossible d'en vouloir à ce charmant polisson. Elle commença à effectuer quelques étirements et un soupir de soulagement lui échappa lorsqu'elle sentit ses muscles se détendre sous l'influence de l'exercice.
Une vingtaine de minutes plus tard elle se sentait déjà mieux et jeta un coup d'oeil aux mokushou gravés. Mieux valait ne pas laisser de traces. Elle avait déjà une idée à ce niveau.
« In nomine revaes. » murmura t-elle alors que Miroku se paraît de son dangereux manteau multicolore.
Sa lame décrivit une courbe légère au rythme changeant, il sembla à Hatsuyuki que l'épée laissait une traînée unique et inconstante dans son sillage. Primura dansa au son d'un requiem pour le bois protecteur qui lui avait permis d'apprendre cette technique. Et c'est avec cette même technique qu'elle effacerait toute trace de son passage.
L'épée perfora, trancha, détruisit avec d'autant plus d'ardeur que son tranchant acéré ne l'était désormais que plus. Beauté fatale. Délicatesse trompeuse. Grâce mortelle. Élégance morbide. Finesse inquiétante. Primura et Miroku étaient cela et plus encore.
Réduit à des morceaux éparses, le mokushou gisait dignement aux pieds de la genin qui planta son épée redevenue normale dans le sol. Là, elle sortit des kunai dont le manche était entouré d'une note explosive et des cartes de visites à son nom accompagnées de la mention « Tchinonamida corporation ». Ses bras se détendirent souplement et les projectiles volèrent sur les mokushou encore debout où ils explosèrent dans un ensemble parfait.

Primura ramassa son snowboard avec un petit sourire satisfait. Excellente idée ces explosifs.
« Toi très dangereuse... » fit simplement Hatsuyuki avec un frisson chevalin.
« Je ne sais pas Hatsu... j'espère l'être assez le moment venu... enfin tout ça m'a donné faim... qui veut une gaufre ? » demanda t-elle joyeusement à la cantonade.
Mi approuva joyeusement de son cri qui semblait être la seule forme de langage qu'il connaisse et Hatsuyuki se contenta de galoper à toute vitesse en direction du pays du Malt.
C'est dans un éclat de rire enfantin que la jeune fille quitta son lieu d'entraînement, chevauchant son snowboard, les cheveux aux vents et les yeux brillants.

Plaisirs simples
Vivre pleinement
Existence
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