[Biographie]Anji Shirasagi

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Hyodo Hyakujuunoou
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Message par Hyodo Hyakujuunoou » mar. 14 févr. 2006, 13:54

Nom : Shirasagi
Prénom : Anji

Age :
26 ans

Taille :
1m79
Poids : 74 kg

Sexe : Masculin

Histoire :

1- Une naissance ? Et alors ?

Auprès d’une oasis, perdue au milieu d’un désert de sable, où souffle le vent cette nuit, se trouve une maison. Là bas, dans la discrétion la plus totale, et aidée seulement d’un médecin et de deux infirmières, une femme donne la vie. Ce qui devrait être une fête sans précédent dans les dix dernières années d’histoire du clan, n’est finalement pas le cas. La faute à qui ? A l’enfant. Ou plutôt à son sexe… Dans la chambre auxiliaire à celle où la mère a eu le petit, les deux femmes et le docteur discutent en même temps qu’ils vérifient qu’ils ne se sont pas trompés… Ce n’est pas le cas, c’est bel est bien un mâle.

« - C’est un garçon…
- Cela veut dire que …
- Oui. Il faut le dire à Asuka-Sama. C’est un échec, encore un.
- Je ne sais pas si c’est le bon moment, la dernière fois…
- Oui, elle n’a pas pu le supporter et n’a même pas voulu voir son fils… Et je doute que cela ne change quoi que ce soit. De toutes façons il n’a pour le moment pas ce que l’on peut appeler un rôle important. »


Les deux infirmières se regardent, puis hochent les épaules. Après tout le médecin est un homme, et il ne peut avoir qu’un avis d’homme. Elles prennent le bébé, et le lavent machinalement. Le nouveau-né est alors mis dans un landeau, sans étiquette, qui est poussé dans un coin de la chambre. Pendant ce temps, le médecin est allé dans la chambre voisine informer la femme. Une voix fatiguée, mi-déçue, mi-indignée s’élève dans la maisonnette…

« - Encore ?
- Oui madame. Il semblerait que…
- Je sais. Les deux autres étaient aussi des garçons mais… J’eus tant espéré. Vous savez ce qu’il faut faire maintenant, n’est-ce pas ?
- Oui. Voulez vous le ...
- Non. Je ne veux pas le voir. C’est inutile.
- Bien. »


Le médecin ressort alors de la salle, en s’inclinant avec respect devant la chef spirituelle et politique du clan. Cette femme, qui vient de donner la vie, est Asuka Ayamatsu, chef du clan des Ayamatsu. Ce clan, l’un des plus puissant de Kaze no Kuni, tire son importance des pouvoirs héréditaires de leurs membres féminins, qui, malgré leur importance, restent encore inconnus de nos jours.

La femme est bien évidement déçue. Elle avait tant prié, pour que ce soit une fille, et que le clan ait enfin une descendance légitime. A la place il s’agit encore d’un … garçon. Un bête garçon totalement inutile pour la famille, du moins pendant cinq ans.

L’homme s’approche du landau, et soupire. * Cet enfant ne sait pas ce qui l’attend… Et c’est peut-être mieux ainsi. S’il savait… Il ne garderait pas ce sourire. Quoi qu’il en soit, les ordres sont les ordres. * pense-t-il. Prenant le petit dans ses bras, il l’emmène dans une chambre, où trône un petit lit, seul. Pas de jouets pour le recevoir, seulement un coussin et une couverture. * C’est bien peu pour un enfant. Il ne connaître peut-être pas l’amour…* se surprend le docteur à penser * De toutes façons c’est ainsi que ça fonctionne. * Tente-t-il de se justifier, vis-à-vis de sa conscience.

Quelques jours plus tard, la femme n’est plus là. Le médecin et les deux infirmières non plus d’ailleurs. A leur place une personne… La seule que cet gamin va connaître pendant les premières années de sa vie, peut-être les seuls d’ailleurs. Il s’agit de Sae Nataka, la nounou que le clan a dépêché pour s’occuper du gosse. Bien évidement, elle sait qu’il ne faut pas qu’elle s’attache. Dans cinq ans, si une fille ne naît pas, elle aura perdu son temps, et probablement plus si elle n’arrive pas à faire abstraction de ses sentiments. C’est donc pour se protéger qu’elle décide de ne pas s’accrocher au petit, sans savoir que l’enfant va être marqué par cela, probablement toute sa vie.

La femme regarde le nouveau né dormir. Il est beau, mais ne connaîtra vraisemblablement jamais sa mère… Quand à son père, personne ne pourra juger de qui il s’agit. Afin de préserver un tant soit peu d’indépendance pour l’élevage du gamin, il a été décidé par les membres influents du clan, que tous les pères potentiels ne pourraient s’approcher de la maison.

« - Petit garçon deviendra grand, j’en suis convaincue. J’ai un bon pressentiment, tout va bien se passer… » dit-elle à haute voix, comme pour se convaincre de cela. Parfois, on ferait mieux de se taire.


2- Fantôme, je m’appelle Fantôme.

La solitude. Le manque d’amour. Deux choses capables de transformer profondément un enfant qui y est confronté. Indirectement il est peu probable que ce soit volontaire. En effet on ne peut pas refuser de l’amour à un gamin délibérément. Par contre il est totalement possible de feidre cet amour, afin de ne pas s’impliquer émotionnellement. Il fait bien sur faire attention à ne pas se trahir… Et Sae excellait dans le domaine de la manipulation morale et sentimentale.

C’était une belle femme. Il n’y avait pas de doute sur ce point là. Son teint mat, ses longs cheveux soyeux, ses yeux étrangement bleus, sa peau qui sentait la canelle… Elle gardait constamment ce drôle d’air, comme si quelque chose venait de l’étonner sur le moment. Enfin, elle riait souvent, pas toujours de bon cœur, pas toujours véritablement, mais au moins, pour le gosse il y avait quelque chose de bon en elle… Il n’avait pas connu d’amour, pas connu d’affection, alors tout ce que cette personne pouvait lui apporter, même si pour elle cela ne représentait rien, pour lui ce n’était pas tout à fait la même chose… C’était ce qu’il considérait comme de l’amour, et il ne cherchait pas plus loin.

La nounou du petit garçon, se fichait éperdument de celui-ci, toutefois il fallait le garder en vie, et surtout en bonne santé, physique mais bien sur aussi mentale. Pour un enfant de moins de cinq ans, ne pas voir ses parents était bien difficile, alors il avait fait une sorte de transfert d’amour. Sae était et son père, et sa mère … du moins à ses yeux. Bien entendu il ne pouvait se douter du stratagème de la jeune femme. Celle-ci, finalement, ne faisait qu’obéir aux ordres, et cela pour le bien du clan.

C’était donc pour cela qu’elle ne cessait pas de lui rabacher les oreilles avec des théories sur la supériorité des femmes sur les hommes, où sur cette petite sœur qu’il allait devoir défendre, en sacrifiant sa vie pour elle si c’était nécessaire. Ce genre de procédé avait eu pour conséquence de programmer le garçon à une vie future, que probablement il ne connaîtrait pas…

Parfois l’enfant demandait ingénument des câlins à sa nounou, qui s’empressait de lui dire que les démonstrations d’affection étaient une bassesse à laquelle il ne fallait pas se frotter. D’autres fois, le garçon ne demandait rien d’autre que l’on lui lise une histoire, lorsqu’il faisait noir à l’extérieur, et qu’il avait peur. Ces fois ci la jeune femme s’empressait de lire un conte rapidement, sautant des parties entières, histoire de se libérer de ce genre d’obligations. Enfin, il y avait quelques fois où le garçonnet se posait des questions, peut-être pas existentielles, mais importantes à ses yeux… et parfois à ceux de sa nourrice.

Alors qu’il venait tout juste d’avoir quatre ans, le petit s’était approché de Sae. Il avait une question qui lui trottait dans la tête depuis fort longtemps, mais sachant que la jeune femme ne répondait que peu – et parfois même, pas du tout – aux questions qu’il se posait, il avait attendu son anniversaire. Il avait bel et bien compris qu’elle n’allait répondre que si il avait un bon argument…

« -Sae… Ze peux te poser une questiooooon ?

- Bien sur mon ange ?
- Hmm… Pourquoi z’ai pas de nom ? »

La jeune femme, qui tricotait à ce moment, ne pu s’empêcher de lever le regard, étonnée, vers l’enfant. Pour la première fois de la vie du gosse, elle ne savait pas quoi répondre. Bien entendu, il était normal pour des adultes de ne pas donner un nom à un mort en sursis, mais pour le môme, il n’était pas logique que seuls les adultes aient un patronyme…

« - Hmm, mon chéri c’est parce que les enfants n’ont jamais de nom.

- Mais, … et dans les histoires ?
- Ah, mais les histoires c’est pas pareil, c’est parce que c’est très loin ! Ce n’est pas dans ce pays.
- Bah moi alors j’aurais aimé pas naître dans ce pays… »


La jeune femme hocha les épaules. Finalement elle s’en était bien sortie, mais le gamin commençait à l’irriter. Ce fut donc quelques mois de tension qui suivirent cet évènement. La date fatidique approchait à grands pas après tout. Le gamin avait bientôt cinq ans, et sa mère n’était toujours pas enceinte…

Un soir, un homme que le garçon n’avait jamais vu entra dans la maison. Il était grand, fort, et était habillé chaudement. Dehors, la nuit était tombée, et le froid du désert avait envahi l’entrée lorsque l’homme s’était engouffré dans ma porte. Ce n’était pas un message, non. Il s’agissait de Hiroyuki Ayamatsu, le précepteur officiel du clan. Cela ne voulait dire qu’une seule chose… Lorsque Sae le vit traverser la porte, ses yeux luirent d’espoir.
« Alors ? » demanda-t-elle. L’homme se contenta de sourire et de hocher la tête. La jeune femme sourit alors et étouffa un cri de joie. « Et lui ? » demanda-t-elle à la suite, montrant de la main le petit garçon qui entrait alors dans la chambre. « Il s’appelle Anji. » dit alors Ayamatsu, qui profita pour se mettre à genoux et prendre le garçon par les épaules.

« - Tu as de la chance Anji.
- C’est moi Anji ?
- Oui, désormais c’est ton prénom. Il te plait ?
- Je ne sais pas trop… Vous êtes qui vous ?
- Je suis Hiroyuki Ayamatsu… et je suis surtout ton nouveau professeur. Tu as cinq ans dans un mois… On peut dire que tu as de la chance.
- Oui, j’ai bientôt… cinq ans ! » dit alors Anji en souriant et montrant la paume de sa main, les cinq doigts dépliés, puis il continua « Mais vous êtes mon professeur de quoi ?
- Et bien mon petit Anji, tu vas devoir apprendre à défendre ta sœur.
- Mais … je n’ai pas de sœur monsieur… »

L’homme ne répondit que par un sourire, et passa la main dans les cheveux du gamin… Un entraînement intensif l’attendait. Et il n’allait pas forcément l’apprécier.

3 L’Avant et l’Après

Ce ne furent que six mois. Six simples mois, qui d’ailleurs ne représentent pas grand-chose au niveau d’une vie, encore moins au niveau d’une génération. Et puis quand ces six mois se déroulent alors que l’on a cinq ans, on les oublie vite… C’est dommage car ce furent peut-être les seuls six mois de bonheur dans la vie d’Anji. Le matin il se levait, prenait rapidement un petit déjeuner, qui toutefois se devait d’être copieux, et s’habillait. Ils étaient au milieu du désert, donc il n’était pas nécessaire de porter grand-chose, toutefois le garçon refusait d’être mal habillé. Sûrement un trait de famille ?

La matinée était réservée à l’entraînement purement physique. Selon le climat, s’il ne faisait pas trop chaud, la course dans les dunes de sable pour endurcir les jambes, les allez retours à la nage dans la grande oasis, le levage de rochers – petits pour commencer – etc. Anji n’aillant jamais eu l’habitude de faire d’efforts physiques poussés, ne savait pas trop comment réagir. Les premières fois il détesta cela. Se fatiguer au soleil, à quoi bon ? N’étaient-ils pas mieux dans l’eau où à l’ombre ?

« -Anji, cela suffit ! Tu dois être en mesure de défendre ta sœur !
- Mais pourquoi c’est à moi de la défendre Hiroyuki-senseï ?
- Elle est plus jeune que toi, et elle sera la détentrice du pouvoir du clan !
- C’est quoi ça le dentifrice du pourboire ?
- … C’est pas grave Anji, on continue…
- Oui sensei… »

Les conversations de ce types furent légion au début, mais au fur et à mesure, le bambin comprit qu’il s’agissait finalement de son devoir que de défendre sa sœur. Son destine en quelque sorte… D’ailleurs souvent, Anji se demandait à quoi elle pouvait ressembler. Cela l’aidait dans son effort, et puis finalement, Hiroyuki était plutôt sympathique comme personne… Bientôt il commença à apprécier ces entraînements.

Les après midis, elles, étaient plutôt dédiées à la théorie. Chakra, techniques diverses, sceaux à réaliser avec les mains, … Toutes ces notions étaient totalement inconnues aux oreilles du petit Ayamatsu. Il n’était pas l’élève le plus doué qu’Hiroyuki avait eu, mais il compensait son manque de pratique par une motivation sans failles. Finalement, Anji aimait ces cours qui le sortaient de son quotidien. Et puis après tout c’était à lui de protéger sa sœur non ?

Malheureusement ce bonheur ne dura pas très longtemps. Exactement onze mois après la naissance de la sœur d’Anji, une tragédie arriva au clan. Ne sachant pas ce qui se passait le précepteur Hiroyuki retourna auprès de la lignée principale. Son retour fut un choc pour le duo Anji, Sae.

L’homme entrait tout juste dans la maison, qu’il la refermait la porte derrière lui et tournait la clé. Il était taché de sang… Affolée et le teint blafard , Sae lui apporta un kit médical, ainsi qu’un grand nombre de serviettes propres, tout en lui demandant, d’une voix cassée :

« -Alors, il s’est passé quoi ?
- Ils ont … Ils ont… prit la fille. »


Le silence sépulcral qui régna mit mal à l’aise Anji, qui était tranquillement assis en train de jouer avec un bilboquet. Il cessa aussitôt, comprenant de qui il s’agissait…

« - Comment ça, ils l’ont prise. Qui ca ils ?
- Ce n’est pas sur. Des gens de Suna. Mais … ce n’est pas la plus mauvaise nouvelle. Nos frères ont attaqué le village, car ils refusaient de nous livrer les ravisseurs et … »
l’homme s’arrêta aussitôt, la voix brisée. Une larme venait de mouiller ses joues…

« - Elle … ils … tous… » essaya-t-il de continuer, se passant la main devant le visage. « Asuka-sama, et … nos frères et amis… sont …
- NON ! »
cria Sae en mettant aussitôt les mains devant la bouche.
« - Si… Le plan… de survie. Il a été déclanché. Le clan … il est… Il est décimé. Nous ne sommes plus que nous trois plus les hommes dispatchés. Il faut les rappeler… Il faut…
- Fuir, et vite. »
finit-elle la phrase de son compagnon. « Les Suniens… Ils vont tenter de nous détruire. Et lui ? On en fait quoi ?
- C’est le dernier héritier. S’il venait à disparaître, le clan partirait avec lui. On a toujours une chance de récupérer la petite, mais… Il va falloir le former, … à tout. »


Quelques semaines plus tard, les derniers hommes du clan des Ayamatsus avaient rejoint le campement provisoire. Il était à une centaine de kilomètres au sud de Suna, dans une sorte de massif montagneux, où coulait une petite rivière. Les conversations n’étaient pas des plus joyeuses à vrai dire… La plupart portaient sur ce que le clan devait faire. Une seule option était envisageable, c’était celle de rester un minimum dans l’ombre, de présenter leurs excuses au village caché de Suna, puis de tenter de récupérer la jeune héritière. Cela impliquait qu’il fallait faire du petit Anji, une machine à tuer. Il devait trouver, et ramener sa sœur. N’était-ce pas son devoir après tout ? La deuxième solution était à plus long terme. Si elle ne pouvait être récupérée, il fallait perpétuer la lignée, et seul Anji pouvait le faire. Toutefois cela ne pouvait pas encore s’appliquer, donc il allait falloir former le jeune garçon…

Une personne se proposa pour former le garçonnet. Il s’agissait de Jirono Ayamatsu. Il fut accepté à l’unanimité. Si les résultats étaient surs d’être là, Jirono étant un grand maître reconnu par ses pairs, les méthodes n’étaient pas du tout les mêmes que celles d’Hiroyuki. Alors que ce dernier tentait d’approcher l’entraînement comme un jeu, le nouveau maître considérait que la punition seule était une méthode suffisante pour tirer le meilleur de son nouvel élève.

Jirono était, aux yeux de beaucoup, un pervers sadique. Aux yeux d’Anji c’était tout simplement le diable réincarné. Il était imposant, beaucoup trop pour être rassurant. A vrai dire … Anji avait simplement peur de lui, peur qui au fur et à mesure qu’il le connaissait se transformait en haine. Pour Jirono c’était simple, la peur entraînait le respect… Il ne pouvait donc pas se douter que sous ses airs soumis, le garçon n’avait qu’une envie, lui planter un kunai entre les omoplates…

Pendant trois ans, il subit l’entraînement, les insultes, les punitions morales et les douleurs physiques que cette personne lui infligea. Il ne se passait pas une demi heure sans que son nouveau senseï lui crie dans les oreilles que c’était de sa faute si sa sœur n’était plus parmi eux, qu’il était leur dernier espoir et qu’il le tuerait de ses propres mains s’il décevait le clan. Si Anji était un enfant plutôt silencieux mais toujours de bonne humeur auparavant, cet entraînement eu un effet radical sur son comportement. Au début il pleurait un peu, puis il essaya de se rebeller contre les pluies d’insultes et de coups. Finalement il se résigna. Il fallait se taire. A chaque fois que le gamin ouvrait la bouche, qu’il décevait son professeur – et cela n’était pas rare -, où qu’il avait l’air d’être ailleurs, il se faisait reprendre mentalement, ou physiquement.

Ce furent trois années de cauchemar, qui eurent au moins le mérite de forger un caractère et de préparer Anji à ce qui allait être sa vie future… Une vie de douleur, de haine, passion, de tristesse, et parfois d’un peu d’espoir…

4 Elle.

Les jours se suivaient et se ressemblaient. Douleur, peine, chagrin, effort… et rien en retour. Pas un encouragement, pas un semblant d’intérêt dans les yeux de son maître. Rien. Difficile de vivre dans de telles conditions… Mais plus que vivre, Anji survivait. Plaies, coups de fouet, coupures, foulures, sang, étaient son quotidien désormais. Il savait qu’un entraînement de ninja ne pouvait être facile, mais là il était sur le point de craquer. La douleur, n’était bien entendu pas que physique, mais mentale.

Pendant quatre ans encore, il subit les exercices physiques et mentaux que son professeur lui préparait. Un enseignement cruel, où il était question de torture mentale autant que de vrais exercices. Par exemple alors qu’il n’avait que quinze ans, son maître lui amena deux petits chats…

« - Anji, il faut que tu choisisses lequel des deux va mourir.
- …
- Tu ne m’as pas compris ?
- Si maître, mais comment dois-je faire mon choix… Ils sont si … innocents.
- Tu dois le faire et c’est tout. Sache que l’un d’entre eux est déjà condamné… Ou imagine le si cela peut te faire plaisir.
- Maître… Je, ... je ne peux pas.
- Très bien… »

Sur ces paroles, Jirono sortit un poignard, et blessa à mort les deux animaux, alors qu’Anji ne bougeait pas, horrifié. Puis, l’homme s’approcha de l’adolescent, et lui assena un violent coup de poing au visage, ce qui eut pour conséquences de briser une dent du gamin. Le professeur se plaça alors derrière celui-ci, et lui tint la tête avec les deux mains, en le forçant à regarder l’agonie des deux petites créatures qu’il avait traversé de sa lame auparavant. Tentant de se dégager Anji ne parvint qu’à se faire encore plus mal. La douleur dans sa bouche était insupportable, mais en plus son senseï semblait s’amuser à lui ouvrir les yeux, pour qu’il ne perde pas une miette du spectacle…

« - S’il vous plaît…
- Cesse de pleurnicher ! Vois les conséquences de tes actes. Tu as refusé de prendre la responsabilité de choisir. J’ai choisi à ta place. » Puis après l’avoir lâché : « Tu es un bon à rien… Je savais qu’on ne pourrait jamais rien tirer de toi. Va, j’en ai ma claque de voir ta sale gueule… »

Puis le noir. Ce n’était pas la première fois que le jeune homme perdait connaissance, mais ce fut la première fois qu’il ne se réveilla pas seul. Allongé sur son lit il ouvrit un œil et la vit. La pureté personnifiée. Le regard brouillé, il n’arriva pas à voir son visage tout de suite… Avant de tourner de l’œil de nouveau, il eu le temps de voir ses cheveux, noirs comme l’ébène, et de sentir ce parfum de vanille. Lorsqu’il revint à lui, elle était toujours là, souriante. Tout d’abord il se demanda qui elle pouvait bien être, mais il se ravisa… Elle lui avait bandé la mâchoire et il ne pouvait donc que difficilement parler. Comme si elle avait lu dans ses pensées, elle répondit à la question.

« - Je suis Aria. J’aide Sae-sama d’habitude, et comme elle est partie à l’étranger, je dois veiller à votre confort. »


Quelque chose ne tournait pas rond. Cette fille lui parlait comme à un être humain, alors qu’il n’était qu’une erreur, un homme, qui avait perdu la sœur qu’il devait défendre… Non quelque chose n’allait définitivement pas. Cette fille … d’où sortait elle ? Après quelques jours, lorsque son bandage ne fut plus, il lui posa la question. Elle provenait d’un village des environs, elle était orpheline et Sae l’avait recrutée pour veiller sur lui. Etonnant de la part de la nourrice, mais peut-être qu’au fond d’elle-même elle savait que laisser Anji à Jirono seul, c’était le destiner à une mort à petit feu…

L’arrivée d’Aria dans la vie du jeune homme fut un déclic. Elle était douce, gentille, belle, … Etonné d’avoir droit à de tels égards, Anji redoubla d’effort… Et ce qui devait se passer, arriva. Les deux adolescents tombèrent amoureux. Le plan de Sae avait enfin prit forme.

Le garçon ne le savait pas, mais si sa nounou avait recruté cette jeune fille, si belle, si intelligente et si gentille pour son petit protégé, ce n’était pas par gentillesse. Elle avait eu vent que Remi, la sœur d’Anji, était morte. Information véridique ou non, elle ne pouvait tomber entre de mauvaises mains. De plus dans ce cas là, il fallait une succession au clan… et seul Anji pouvait la donner.

Pendant presque un an, les deux jeunes gens se tournèrent autour, sans s’avouer les sentiments qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre. D’un côté, Anji ne savait pas comment s’y prendre, il n’avait jamais connu de fille et de toutes façons, il avait une si basse opinion de lui-même qu’il était à ses yeux impossible qu’une fille puisse le regarder. De l’autre Aria avait eu quelques problèmes avec des garçons, et tentait d’être sure de ce qu’elle ressentait, ne voulant pas être déçue. Lorsque le jeune homme se déclara il avait dix-sept ans, et la jeune femme se jeta dans ses bras. Elle avait tant attendu ce moment… Tout comme Sae, qui s’en frottait les mains. D’ici trois ans, elle aurait son nouveau-né souhaité, peut-être même une fille… à ce moment le petit couple n’aurait plus aucun intérêt.

Lorsqu’ils eurent vingt ans tous les deux, Anji et Aria se marièrent. Ce fut le point culminant de la vie d’Anji. Tout ce qui se déroule après n’est plus qu’une spirale de désespoir…

5 A quoi bon ?

Il va s’en dire que ce furent les plus belles années de la vie du jeune homme. D’une pierre deux coups comme on dit. D’un coté, il avait trouvé une raison à sa vie. C’était elle. Il basa son existence même sur sa simple présence. Un simple contact de sa peau douce et il se sentait revigoré, une seule parole de sa part et il était remotivé, une seule absence et il en était meurtri.

De l’autre cela l’aidait à mieux supporter les entraînements du sadique professeur. Il subissait toujours la torture, physique et mentale, mais, quelque part, il avait un jardin secret, un monde à lui, où il pouvait se cacher, … protéger son intégrité mentale. Quelque part, c’était aussi à elle qu’elle devait le fait de survivre à une formation à laquelle qui aurait du lui laisser de terribles séquelles émotionnelles. Bien entendu cela était tout aussi voulu que préparé à l’avance. Si le jeune garçon restait, quelque part, peu sur de lui, il serait plus facile à manipuler. Puis une fois son enfant conçu, on pourrait le laisser vivre la vie qu’il souhaiterai, le forçant bien entendu à concevoir plus d’enfants…

Finalement s’il attendait quelque chose plus que tout, au cours de la journée, c’était de revoir sa douce femme, la rejoindre dans la maison familiale, passer du temps avec elle, et bien entendu consommer le mariage dans le lit nuptial. Ce fut donc sans surprise que la jeune femme tomba enceinte quelques mois plus tard. Le comble du bonheur pour Anji, qui, bien qu’il s’y été préparé, ne s’attendait pas à devenir père aussi vite. La grossesse se déroula sans aucun problème majeur. Quelques vomissements par ci, quelques demandes étranges au niveau de la gourmandise par là. D’ailleurs, comme on le dit souvent, Aria était resplendissante.

Anji, le Ayamatsu, savait qu’il fallait que l’enfant soit une fille. Anji, l’homme s’en fichait. Mais il fallait faire attention, il connaissait les coutumes du clan, et il en parla à sa compagne… qui en fut fort étonnée et dégoûtée. Il lui expliqua alors qu’il n’était pas d’accord avec celles-ci, et que personne ne toucherait un cheveux de la tête de son enfant, quelque soit le sexe de celui-ci, et cela eu pour résultat de calmer un peu sa femme. Quatre mois plus tard, naissait un enfant… Un garçon.

Si cela aurait pu n’avoir aucune conséquence pour le couple, il n’en fut pas ainsi. En effet, pendant l’accouchement, il y eu une certaine complication… Le docteur fut forcé d’opérer la jeune Aria. Les effets secondaires de l’opération furent désastreux pour la jeune femme… Elle termina stérile. Le docteur informa Anji, qui lui demanda de ne pas le dire à sa femme, elle n’était pas prête, et puis, après tout, elle ne comprenait pas ce que cela voulait dire.

* Elle est stérile, et notre enfant est un garçon… Cela veut dire que si il reste, il est condamné… Et elle aussi. Ils ne me laisseront pas rester avec elle si … Non. C’est hors de question. Je ne peux accepter cela. Je dois… je dois lui parler. Lui expliquer… Il est … impossible de rester ici.*

Une seule chose était clair dans l’esprit du jeune homme désormais, il ne pouvaient pas rester là, attendre les cinq ans, et laisser l’enfant se faire assassiner, puis qu’Aria se fasse supplanter par une femme quelconque. Non. Cela n’était pas acceptable pour lui. Il fallait fuir…

Lorsqu’il présenta son plan de fuite à sa compagne, celle-ci fut dans un premier temps horrifiée. Comment voulait-ils qu’ils s’en sortent, quitter le clan, et avoir une chance de s’en sortir, avec un bébé sur les bras. Le fait est que plus tard elle accorda à son mari que c’était sûrement la seule manière pour que le dit enfant survive…

Un soir d’été ils fuguèrent donc, mais le fait est qu’ils échouèrent. Non pas que le plan n’était pas bon, il était même parfait. Ils avaient créé une diversion, en mettant quelques feuilles à brûler dans un entrepôt. Ils avaient aussi réussi à passer entre les gardes sans se faire repérer, tout en aillant chloroformé l’enfant afin qu’il ne braille pas. Le fait est qu’ils n’eurent pas de chance… Un garde isolé. Un seul carreau d’arbalète avant qu’il n’alerte les Shinobi du village… Un seul carreau d’arbalète avant qu’ils ne soient rattrapés… Un seul carreau d’arbalète qui avait fait mouche, et qui d’un coup avait lui aussi tué deux personnes… Un seul carreau d’arbalète qui détruisit le peu qu’il restait d’Anji.



La bio est pas finie, loin de là même ^^...

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